Epilogue Pierre des cinq lois

Épilogue


-Vous...toutes aussi lâches les unes que les autres ! Vous qui vous prétendez être des guerrières, vous avez fui devant l'adversité !
-Tu as la langue pendante, humain ! Je te conseille de la garder derrière tes dents !
-Sinon quoi ? Un gamin, un berger pour tout dire, à peine plus expérimenté pour le combat qu'un forgeron, se trouve avoir plus de courage qu'une troupe de pseudo guerrières réunies ! Et pourtant, il était mort de peur ! Comment ? Comment justifier cela ?
-C'en est de trop cette fois !
La Navïn abaissa sa lance, prête à embrocher le contrebandier de sa longue pointe. Il en fallut de peu qu'Emeline s'interpose entre Apolïncer, qui n'avait pas esquissé un geste, et la sentinelle qui jeta brusquement son arme dans les airs, de peur de blesser son amie. La lance voltigea avant de se planter dans la terre boueuse des bois de Jilimaro.
-Carmeilla, modère tes sentiments ! Il n'a pas tout à fait tort et vous quereller là-dessus ne nous permettra pas de régler la situation.
Apolïncer sentait une colère presque oubliée bouillonner dans ses veines, se retenant de gifler violemment l'impertinente. Il ne devait pas frapper une femme...jamais !
Mais c'était également la défaite qui causait un désespoir grandissant. Il avait tenté d'aider Tenak, mais celui-ci avait déjà été blessé, avant d'être capturé par ces maudits traqueurs. La bête noire avait alors refait surface, les intimidant pour les empêcher d'accomplir une quelconque folie.
-Il est hors de question que vous m'accompagniez ! Vous et vos magies, vous avez déjà assez fait de dégâts comme cela !
Elles ne pouvaient rien dire. Après tout, que pouvaient-elles dire ? Apolïncer les jaugea méchamment, se mettant déjà à réfléchir sur la méthode qu'il pourrait utiliser pour sortir Tenak de ce pétrin. Avec un soupir, le contrebandier leur tourna le dos, bien décidé à mettre le plus de distance possible entre lui et ces animaux arrogants, pensant plus à la force qu'à la réflexion.
Après une longue marche, ses pas le ramenèrent au plateau rocheux, là où il avait vu la danse Navïn. De là, il pouvait presque voir la cité-portuaire, là où Tenak était retenu...à moins bien sûr qu'il soit déjà embarqué pour Shihab.
-Pitoyables Navïns...c'est tout ce qu'ils savent faire !
-Tu tiens beaucoup à ce jeune homme, n'est ce pas ?
Apolïncer préféra ne pas se retourner, tandis que la Navïn Alisha venait se placer à côté pour observer le soleil passer au dessus des bâtiments du Célénistie.
-Qu'est ce que tu peux comprendre à tout cela ?
-Cet humain possède quelque chose que les autres humains ont oublié...même toi ! L'innocence et la capacité d'aimer toutes les belles choses de cette terre.
-Etonnant que tu comprennes cela...pour une Navïn !
Alisha tourna son regard aux yeux verts vers Apolïncer, l'observant d'un regard inexpressif.
-Nous ne sommes pas aussi dépourvus de sentiments que vous vous obligez à le croire. Nous devons simplement nous adapter à un monde en perpétuelle évolution. Cette évolution, le jeune Tenak ne l'a pas comprise et c'est pour cette raison qu'il a été l'injuste cible de tout le monde.
Le contrebandier dut admettre qu'elle n'avait pas tort. Tenak avait un don incroyable pour s'attirer les pires ennuis. Cela devait provenir de cette marque qu'il avait aperçue la première fois dans l'abri de Tanempa. Il avait souvent pu observer ces étranges lumières de couleurs et constater l'inquiétude du berger à propos de ce tatouage.
-Comment vont les autres ?
-On a pu mettre la main sur le cheval et Marnalema a réussi à le calmer. Deux des hommes sont morts mais le troisième à survécu. Il dit s'appeler Jeulin et délire souvent à propos d'une Bénédicte. Il n'aura pas de séquelles mais s'en sortira sans séquelles.
Apolïncer acquiesça silencieusement. C'était déjà la première bonne nouvelle de la journée. Apolïncer se prépara à descendre du plateau rocheux, mais Alisha l'arrêta par ses paroles, ne détachant pas son regard du spectacle qu'offrait la cité portuaire.
-Que comptes-tu faire maintenant, Apolïncer ?
-Tiens, elle connaît mon nom !
La jeune Navïn ne répondit pas à cette tentative de provocation, croisant les bras sous sa poitrine. Le contrebandier soupira...ces femmes étaient de plus en plus curieuses...et un rien agaçantes !
-Je vais aller trouver Tenak ! Voilà ce que je compte faire !
-Tout seul ?
Cette fois, ce fut Apolïncer qui se retourna, le regard interrogateur. N'était-elle pas en train de lui proposer son aide ? Une partie de son être demandait à la repousser méchamment...mais l'autre partie désirait ne plus être seule...il ne voulait plus être seul !
-Je n'ai pas l'intention de...
-Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, la coupa-il, j'apprécie autant ce petit humain que toi. Alors voilà ce que je te propose ! On oublie les rancoeurs humain-Navïn et on s'associe le temps de retrouver le jeune Tenak. Après cela, chacun repart de son côté comme il l'entend.
Le contrebandier la jaugea de son regard d'aigle avant de tourner la tête vers l'horizon, portant son regard sur la Grande Mer et au delà. Tout ce qu'il voulait, c'était sauver Tenak, rien de plus. Son père avait été un homme mauvais et idiot, ne faisant jamais attention à l'aide que pouvaient lui proposer ceux qu'il considérait comme ses ennemis...même s'ils étaient sincères. Ne pas faire attention aux erreurs du passé impliquait de les reproduire à nouveau !
-Et quand tu dis « on », tu parles de toi ?
-Non, je viens aussi ! hurla Emeline derrière eux.
Cette fois, Apolïncer crut que son c½ur allait jaillir hors de sa poitrine à cause de la fureur qui l'habitait. Cette femelle qui lui proposait de l'aider ? C'était déjà hors de question ! Le contrebandier leva le doigt, prêt à lancer une réplique cinglante, mais Emeline fut la plus rapide.
-Un jour, un petit garçon m'a dit : peu importent les races et les m½urs auxquelles nous appartenons, il faut toujours s'entraider lorsque nous sommes confrontés à un problème commun.
-Tiens, tu suis mes conseils maintenant ?
La jeune Navïn baissa les yeux au sol, le regard triste. Apolïncer, qui connaissait bien les femmes, savait reconnaître la sincérité chez elle. Il en fut presque ému...mais presque seulement !
-J'étais jeune et idiote...
-Alors ? Que décides-tu, Apo ?
Apolïncer les regarda l'une après l'autre avant de reposer ses yeux bruns sur la cité portuaire au loin, la gorge nouée. Il savait qu'il ne pouvait pas refuser...Sa fierté allait en prendre un coup, mais il aurait besoin de leurs aides ! Il allait répondre lorsqu'il sentit comme un regard peser sur lui, un regard perçant les cieux. Mais il avait beau regarder aux alentours, il ne vit rien...Sans doute son imagination !
-C'est d'accord...mais, pour une fois, vous ferez à ma manière !
-C'est d'accord !
-Entendu !
Et ces trois personnes frappèrent dans leurs mains pour resserrer ce début d'alliance.
**



Le visage de l'homme blond portant un chapeau disparut dans les flammes, remplacé par celui du jeune berger. Le jour de flûtes avait changé ses notes, produisant une mélodie différente mais tout aussi délicieuse à écouter. Couchée dans l'herbe verte, ses pattes avant en tailleur pour soutenir sa tête, elle broutait distraitement cette herbe généreuse, ne détachant pas ses petits yeux des flammes dansantes.
Si elle tournait la tête à droite, elle pouvait voir à travers les arbres, du haut de la colline où ils se trouvaient, la très grande ville avec le grand château en son centre. Tant de bruits inconnus, d'odeurs bizarres et fortes...et surtout tant de ces créatures se déplaçant sur leurs deux pattes arrière ! C'était comme un conte de fée ! Bien sûr, l'absence de Marguerite lui manquait, mais c'était peu de chose comparée à ce qu'elle avait découvert.
Elle leva la tête lorsqu'elle reconnut le jeune garçon, ce petit berger qui avait disparu du jour au lendemain sans donner de ses nouvelles...cela devait remonter à l'attaque de ces gigantesques loups noirs à l'odeur de charogne ! A bien y réfléchir, elle n'avait pas revu les autres membres du troupeau depuis ce jour-là. Ils avaient sans doute été mangés...
Ce visage qu'elle connaissait si bien avait pourtant quelque chose de différent. Il paraissait inquiet, triste, colérique...et aussi plusieurs autres expressions qu'elle ne lui avait encore jamais vu arborer. Elle le voyait parler alors qu'il se trouvait tout seul dans ce feu, ses cheveux rouges couleurs de flammes grésillant parmi les branches.
Le joueur de flûte abaissa son instrument et le feu redevint aussitôt normal, ses flammes tourbillonnant et baissant déjà d'intensité. Elle poussa un bêlement de protestation...elle aurait aimé savoir la suite ! Mais le vieil homme à la longue barbe tourna son visage ridé vers elle, un sourire triste affiché en guise de désapprobation.
-Nous avons vu ce que nous voulions voir, inutile de nous attarder davantage. La nuit va bientôt tomber...Et dire que ça doit être la nuit tous les jours en ce moment pour le gamin...dit-il plus pour lui même.
Le vieux berger se leva, époussetant ses vêtements avant de gémir, massant son pauvre genou. C'est qu'il se faisait vieux cet homme ! Pourquoi marcher autant quand on était aussi vieux ! Il jeta sa flûte dans l'herbe verte avant d'en sortir une autre de sa besace, celle-ci confectionnée de façon plus...embellir que la première ! Après avoir ramassé sa nouvelle canne en bois, fabriquée dans la journée, il allait repartir avant de se retourner, lui jetant un regard plein de reproche.
-J'ai dit, on s'en va, Mathilde ! Et tout de suite, sinon les loups te mangeront !
Non, pas les loups ! La petite Mathilde se leva, étirant ses petites pattes avant de venir trottiner autour du vieux berger qui avait déjà repris sa marche. La musique de sa flûte emplit les bois, alors que le soleil se couchait au loin...




FIN DU TOME N°1
Epilogue Pierre des cinq lois

# Posté le jeudi 06 mars 2008 13:01

Modifié le samedi 05 juillet 2008 14:46

Corrections

Corrections
Bon voila, j'ai commencé les corrections de la Pierre des cinq lois, ce qui devrait durer un petit moment je pense. Mais bon, à l'aide des propres corrections d'une personne qui m'aide beaucoup en ce moment, je pense tout de même avancer un peu plus vite que prévu. C'est principallement sur cet article que vous allez pouvoir lancer les mauvaises critiques: c'est à dire tout ce qui ne va pas dans ces deux histoires. Alors profitez en, ce n'est pas tous les jours que je vais vous offrir une telle opportunité.
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# Posté le dimanche 16 mars 2008 18:01

Nouvelles spéciales

Nouvelles spéciales
Je m'occupe des corrections, mais entre temps, je n'aime pas rien faire ni ne rien présenter sur mon blog. Donc d'ici quelques jours, je vais commencer des nouvelles courtes d'un genre assez particulier dans je vais en faire le résumé sur cet article. Je laisserais ainsi ce type de nouvelles, avec parfois des changement, jusqu'à ce que je soit en mesure de commencer le deuxième tome de Projet Alpha Zero ou de la Pierre des cinq lois.

C'
est fou ce que l'on peut voir dans les tramways. Tant de visages inconnues et que nous pouvons parfois retrouver plusieurs fois. Je me plais à observer ces gens qui ne disent rien mais qui ont pourtant tout à dire dans leurs gestes et leurs regards. Chaque nouvelle représentera donc à chaque fois une personne qui m'aura inspiré et que j'aurai observé plusieurs fois dans un tramway, en sachant qu'un visage inconnu peut trés vite devenir familier aux yeux de ceux qui savent voir et observer. J'espère que ces textes, particuliers en somme, vous plairont et vous feront passer un agréable moment à chaque lecture.

# Posté le jeudi 20 mars 2008 15:25

Modifié le samedi 22 mars 2008 12:05

L'artiste

1. L'artiste

Il est des hommes, on se pose parfois des questions sur leurs qualités, sur ce qu'ils sont encore capables de faire lorsque certains atouts leur ont été ôtés. Il est des hommes que l'ont n'osent pas regarder en face, de peur de les gêner ou de paraître grossier. Et pourtant, il est des hommes que l'ont ne peut s'empêcher d'observer avec curiosité lorsqu'ils se mettent à accomplir des choses qui nous semblent...difficiles, alors qu'eux même sont, d'après les dires, handicapés !
Je le revois dans son fauteuil roulant, sa main resserrée autour de la barre centrale pour éviter que les roues ne dérivent à cause des secousses de notre moyen de transport à tous. A certain moment, il quitte son fauteuil, sans doute pour une révision ou un examen, pour se déplacer comme tout le monde...ou presque ! Les jambes dans une position grotesque, ses pieds de travers, il avance en se tenant à tout ce qui pourrait le tenir, une fois sa destination atteinte.
Je le revois, préparant sa cigarette qui coince entre ses dents, attendant l'ouverture des portes automatiques pour pouvoir l'allumer avec un geste impatient, armé d'un briquet en forme de buste de femme...sans doute un coquet cadeau offert par un ami proche. Mais de quoi est donc capable cet homme à la langue tout de même bavarde et habile, engageant la conversation avec des gens assis qui n'osent lui répondre que par des sourires gênés ? Sans doute de rien puisque, après tout, il est handicapé et qu'il faut avoir pitié de lui, la morale le dit !

Depuis quelques temps, cet homme à un hobby. Mais un hobby qui me laisse encore perplexe en sachant que je ne puis dire si je serais un jour capable d'un travail ! Je le revoies, ses jambes autour de la barre centrale pour se tenir, tandis que l'aiguille qu'il tient dans la main traverse le carré de tissu, le fil noir accroché à l'extrémité de cette petite pointe métallique qui créé doucement une sainte marie. Ses lèvres se forment, ses yeux fermés montrent une expression de calme surnaturel, ses mains en signe de prière sont levés vers le ciel et un fin sourire se forme sur son visage plein de vie.
Je le revois tandis qu'il créé chaque jour de nouvelles ½uvres tel un chien de chasse tenant un canard dans sa gueule, un homme noir au sourire éclatant, un château ancien. Je puis vous dire que les regards ne se sont plus baissés après l'apparition de ce nouveau hobby, le respect ayant remplacé le gène et la pitié. Il est des hommes dont il ne faut pas se fier à la première apparence : ils ont parfois beaucoup de choses à vous montrer !




L'artiste

# Posté le jeudi 20 mars 2008 18:10

Modifié le samedi 22 mars 2008 11:53

La musique

2. La musique

Cela a sans doute du vous arriver une fois lorsque vous prenez les transports en commun. Mais si, voyons ! D'un age ne dépassant pas les vingt-cinq ans, les cheveux recouverts de gèle transparent, vêtement d'une marque prédéfinie et le regard dans le vide.
Quoi qu'il en soit, c'est comme cela que je le voyais, alors qu'il prenait sans doute la destination qui la ramènerait chez lui après une dure journée, une journée comme toutes les autres en somme. Le voilà qu'il dégaine une paire d'écouteurs, les plaçant dans chacune de ses oreilles encore bourdonnantes. C'est une vision qui est tout ce qu'il y a de plus banal, me direz-vous. Après tout, quoi de plus naturel que de voir quelqu'un écouter de la musique ? En y repensant, je me demande où il a bien pu acheter ses écouteurs, sans doute pour un prix bon marché
Voilà des hurlements incongrus et des frappes de batteries qui résonnent dans le tramway, alors que tout les passagers sursautent sous l'effet de cette attaque sonore. Le perturbateur ne semble pas remarquer ce qu'il se passe, pianotant avec rythme de ses doigts habiles sur la barre métallique rouge criarde, produisant une seconde légère répercussion qui fait crisser les dents de la pauvre dame assise à côté.

Qui est observateur voit ses lèvres bouger, alors que l'on tente de discerner quelques paroles cohérentes dans cette « musique ». Certains rient en sachant que ce jeune homme est seul dans son monde, chuchotant entre eux, tandis que d'autres le regardent férocement, comme si un simple regard pouvait faire disparaître ce qu'ils qualifient de vile créature.
Cela a sans doute du vous arriver une fois lorsque vous prenez les transports en commun, alors que vous vous demandez si cette personne, aux tympans incroyablement résistants, a déjà écouté un jour une musique calme, douce et sereine.
Un regard, un simple regard et il a compris la gène qu'il occasionnait. On le voit presser un bouton sur sa machine infernale, alors qu'un silence incroyablement pesant tombe dans le wagon. On entend seulement le crissement de la rame, tandis que la double porte s'ouvre pour laisser sortir cet individu. On a juste le temps d'entendre un dernier hurlement sortir de ses oreillettes avant que la porte ne se ferme...ouf, sauvé ! pense les gens.




La musique

# Posté le samedi 22 mars 2008 17:47