Rei chapitre 2: La couleur de l'infinie partie1

Rei Chapitre 2: La couleur de l'infinie partie1


Tant de nuages dans un ciel pourtant si souvent dégagé...tant de nuages qui provoquaient une ombre rafraîchissante sur Devdan, le don de Dieu. Sa curiosité s'amplifiant à cause de cet étrange changement climatique, Rei ne faisait que peu attention à ce qui l'entourait. De toute façon, il y avait si peu de choses à voir dans cette ville sinistre ! Les rues avaient beau parfois être presque désertes, les souterrains regorgeaient de gens malhonnêtes, d'escroqueurs, de vendeurs au marché noir...et malgré cela, elle restait une cité au tempérament très calme...comme quoi il ne fallait pas se fier aux apparences, et de toute façon la jeune fille en avait suffisamment vue pour le reste de sa vie !
Mais Rei n'était pas d'humeur à ruminer de sombres pensées ! Ses nouveaux vêtements sur le dos, sa sacoche bien placée en bandoulière et son ocarina enfin récupéré, elle attendait avec impatiente devant la grande porte de pierre effondrée, essayant de deviner les formes que les cumulus pouvaient bien représenter. Elle ne sursauta même pas lorsqu'une main gantée se posa sur une épaule, tandis qu'elle tournait un visage souriant vers Kimiko...la Kimiko redevenue un homme dans ses habits blancs et au bas de visage caché.
D'un simple signe de tête, elle lui fit signe de la suivre, prouvant qu'elle venait de régler les derniers détails avec la personne qui avait été censé s'occuper d'elle. Rei se sentait libre...maintenant que Kimiko s'était enfin décidée à la prendre avec elle, ayant expliqué « qu'elle ne devait pas avoir sa mort sur la conscience ». C'était un prétexte, sans aucun doute et la jeune fille avait très envie de savoir ce qui se cachait derrière ce prétexte.
Pour le moment, elle préféra se précipiter à la suite de la femme blanche, dérapant maladroitement sur le sol caillouteux avec ses nouvelles sandales. Quel serait le chemin qu'elles prendraient ensemble ? Rei s'en moquait éperdument, cela contait Kimiko qui serait avec elle...encore...le plus longtemps possible ! Oui et peu importe les dangers...elle ferait tout de même de son mieux pour épargner quelques désagréments à la guerrière...
S'était déjà raté puisque la jeune fille manqua de se tordre une cheville, les genoux s'écorchant sur ces pierres rugueuses alors qu'elle tombait main en avant. Pas de larmes, pas d'impression de douleur, juste la sensation d'avoir encore l'air parfaitement inutile. Kimiko ne tarda pas à revenir sur ses pas avec un profond soupir, tandis que Rei retrouvait sa place sur les épaules de sa débitrice. Comme elle aimait voir le monde d'aussi haut !
Le temps passa, alors que la forêt de Palomba se rapprochait doucement et sûrement. Le passage de la plaine en sens inverse fut agrémenté par plusieurs interprétations de « tempête »...manifestement, cela ne sembla pas gêner la femme blanche puisque celle-ci avait pour habitude de toujours critiquer lorsque quelque chose l'agaçait ! Ce n'était pas une tendre avec Rei...ou alors peut-être une démone aux allures angéliques ! Cela lui rappela ces bandits qui l'avaient séquestré et qui avaient insinué être confronté à une démone...sans doute parce qu'il était impensable qu'une femme sache se battre !

À bout de souffle, Rei ôta son instrument de ses lèvres, décidée à se reposer en observant de nouveau les nuages...et ce qu'elle vit la laissa perplexe. Les nuages se tenaient à bonne distance du soleil...ils étaient partout dans le ciel mais un cercle parfait de vide se trouvait entre eux et l'astre lumineux. C'était si curieux qu'elle ne fit pas attention à ses cuisses qui s'étaient resserrées autour de la gorge de Kimiko, la forçant à s'arrêter et à regarder ce qui intriguait la jeune fille.
-Ah ! Une corona ! fit-elle après avoir enfin retiré le bandeau qui cachait sa bouche. On appelle ça la couronne solaire ! On dit que ce phénomène se produit lorsque le Dieu solaire jette un regard sur le monde d'en dessous. Cela ne se produit que rarement et je dois dire que ce n'est que la deuxième fois que je vois une corona.
C'était perturbant de savoir qu'on était peut-être observé par un Dieu curieux. Après avoir soulagé la propre curiosité de sa protégée, Kimiko reprit sa marche vers les bois de Palomba, sans aucun doute bien décidée à l'atteindre avant le début du midi. Le monde paraissait bien silencieux aujourd'hui...pas une once de vent, pas même un craquement de branches ou une brise légère, rien du tout ! Ce n'était pas très inspirant pour la jeune fille qui avait décidé de créer une nouvelle sérénade. Tant pis, elle essaierait plus tard !
La forêt fut atteinte à l'heure prévu, tandis que Rei retrouvait le sol jaune de la grande plaine. Curieusement, la guerrière ne semblait pas avoir l'intention d'aller plus loin, retirant le sac accroché autour de l'une de ses épaules et le jetant vulgairement par terre. Lui jetant un regard curieux, elle ne tarda pas à avoir sa réponse.
-Nous passerons simplement la nuit ici ! C'est inutile d'aller plus loin car je n'ai aucune destination précise pour le moment, alors autant profiter un maximum du paysage, n'est-ce pas ? Tiens, rejoue-moi ta comptine de tout alors, Rei !
Aucun sourire, juste un regard insistant et pénétrant. Ce fut assez pour motiver la jeune fille qui ne se fit pas attendre, jouant « tempête » comme jamais encore elle ne l'avait joué. C'était bien la première fois que Kimiko lui faisait une telle demande et, dans un sens, c'était vraiment très encourageant !
Il y avait tout de même quelque chose qui la surprenait, c'était le fait que la femme blanche ne sache vraiment pas où aller. Elle avait la récompense pour la mort de Sato : avec ça, elle pouvait s'offrir une petite place pour tout un mois dans les plus riches cités qui soient ! Mais non, elle préférait rester ici et attendre...attendre quoi au juste ? Trop de questions pour une si petite tête.
Kimiko ne tarda pas à se mettre à l'aise, retirant ses grosses épaulières et encore tout le matériel trop encombrant avant de s'asseoir par terre. Il y avait autre chose qui occupait l'esprit de Rei, c'était ces symboles sur le corps de sa débitrice ainsi que les évènements de la nuit dernière. Il y avait eut des traces de bagarres partout mais aucun corps...comme s'ils s'étaient volatilités ! D'un seul coup, la jeune fille eut très peur : se pourrait-il que les voleurs soient retournés à l'état de poussière ? Mieux valait imiter Kimiko et se reposer...et puis, de toute façon, elle était vraiment très fatiguée !

Une tête roulante, un rire glacial, des mains qui la retournaient, la frappaient, la maltraitaient...Rei se réveilla en sursaut, le front trempé d'une sueur froide et collante. Le silence de la journée avait laissé la place à un très léger concert de criquets musiciens, jouant leur sérénade à l'aide de leurs pattes arrière. Une véritable manifestation musicale mais la jeune fille n'était pas d'humeur à écouter, encore tremblante à l'idée de ce terrible cauchemar.
Ce n'était pas la première fois qu'elle se réveillait en sursaut depuis son escapade dans la forêt...mais chaque fois c'était d'avantage pire, comme si les évènements passés étaient encore plus vrai que cette réalité !
Rei voulait tenter de venir se serrer contre sa sauveuse...mais celle-ci avait une nouvelle fois fichu le camp en laissant tout son équipement...à part son épée. Pas de panique, c'était une habitude, elle n'allait pas tarder à revenir. Mais quelle étrange habitude tout de même ! Rei jeta un léger coup d'½il vers les ténèbres de la forêt et frissonna aussitôt à l'idée de quelques bêtes sauvages tapies dans l'ombre, prêtes à bondir sur cette proie parfaite. Hors de question de jouer de l'ocarina pour tenter de sa calmer, cela risquait d'alerter les fauves ! Mais alors que faire ? Attendre ? Il n'y avait que ça comme solution...
Une passa et Kimiko n'était toujours pas de retour. La jeune fille n'avait pas peur pour sa débitrice mais plutôt pour elle-même. Maintenant qu'elle y repensait, elle était vraiment une petite créature fragile, innocente et inutile, perdue dans ce vaste monde imposant. Une branche craqua...du calme, c'était elle qui avait simplement fait un pas en arrière ! Etait-ce son c½ur qui produisait ce bruit de tam-tam ?
Morte de peur, la jeune fille déroula la cordelette de sa sacoche, saisissant son instrument entre ses petits doigts avant de produire une fausse note. Ah...horrible son, il fallait vraiment qu'elle se calme sinon ce serait vraiment quelque chose d'hideux ! Mais rien à faire, elle avait beau tenter de calmer son c½ur affolé et de respirer convenablement, sa musique était tout simplement fausse !
D'avantage épouvantée de se savoir aussi émotive, Rei se rassit à même le sol herbeux, ramenant ses genoux contre son ventre alors qu'elle se trouvait à l'affût du moindre bruit. Ces maudits criquets ne pouvaient vraiment pas se taire ? Cela commençait à devenir infernal ! L'ocarina était une véritable bénédiction, c'est vrai...mais il ne servait qu'à parler avec la nature et non à pouvoir chasser les angoisses : sa musique était beaucoup trop stridente.
Déçue de devoir reconnaître les défauts de son instrument, la jeune fille ferma les yeux, espérant pouvoir s'endormir sur place. Il était bien dommage que Kimiko n'ait pas pris la peine de pouvoir allumer un feu...sans doute parce que les prédateurs de la nuit n'attaquaient jamais en terrain découvert. Mais si une sale bête décidait de déroger à cette règle ? Si un loup affamé ayant jeûné beaucoup trop longtemps ne pouvait résister à la tentation de refermer ses mâchoires sur une proie aussi facile d'atteinte ?
Elle l'avait entendu...la jeune fille était certaine de l'avoir entendu ! À force d'écouter avec attention tout ce qui l'entourait, ses facultés auditives s'étaient accrues, lui permettant de percevoir les sons les plus infimes. C'était le bruit de l'herbe sèche écrasée par une semelle : il y avait quelqu'un tout près...et ce n'était pas Kimiko car elle n'avait pas entendu le cliquetis si singulier de ses bottines !

Rei se releva subitement, essayant de discerner quelques silhouettes cachées parmi les ombres de la nuit. Pourtant elle ne voyait rien, vraiment rien. Il était aussi possible que son imagination se mettait à percevoir d'horribles choses. Soudain, la jeune fille se raidit, se mettant à trembler de tout ses membres et regardant droit devant elle. Il était étonnant qu'elle ne l'ait pas remarqué plus tôt...mais il y avait réellement quelqu'un, à seulement quelques mètres de sa position, quelqu'un qui était très certainement en train de la regarder.
Surtout ne pas respirer, ne pas bouger....rester calme et attendre qu'il s'en aille. Si ça se trouve, il ne l'avait même pas vue, en fait. Il y eut un mouvement vers ce qui ressemblait à sa tête. Il la regardait...Rei en était sûr désormais : il était en train de la regarder ! Mais où était Kimiko ? Et puis pourquoi ne pouvait-elle pas bouger ? C'était comme si ses muscles s'étaient ankylosés.
Il fit un pas, puis un autre, et encore un autre, sa silhouette se faisant plus nette à mesure qu'il se rapprochait de sa proie. Les yeux révulsés, la mâchoire tremblante, Rei était terrifiée par cette apparition venue d'outre-tombe. Il était si près maintenant, la jeune fille pouvait voir un long bras enroulé dans de l'étoffe se déployer vers elle, une main aux ongles griffus se dessinant sur la lumière de la lune...une main dont l'annuaire possédait une bague dont la forme laisser penser à une crâne humain avec des cornes de boucs. C'était un fantôme...seul les fantômes se déplaçaient la nuit à visage recouvert ! Partir...elle devait vite partir !
Il y a une légère lumière, suivit d'un tintement de métal pur. L'homme avait arrêté son mouvement alors que la lame de Kimiko se trouvait à quelques centimètres de sa gorge cachée par l'étoffe. La clarté de la lune renvoyait sa lumière sur la lame, illuminant le visage de l'intrus et celui de la femme blanche. Rei, quand à elle, se renversa en arrière, reculant le plus loin possible de cette main griffu.
-Ne t'approche pas de cet enfant !
Quel soulagement ! Encore une fois, Kimiko était arrivée à temps, comme à chaque fois ! La silhouette recula de trois pas, son visage caché se tournant vers l'intéressée dans un froissement d'étoffe tandis que Kimiko gardait toujours son armée en direction de la gorge de l'intrus.
-C'est comme cela que tu m'accueille ? Kimiko...tu deviens bien arrogante !
Une seconde...quelque chose n'allait pas...comme se faisait-il qu'il connaisse la guerrière ? Et pourquoi cette dernière rengainait son arme derrière son dos ? Non...quelque chose n'allait vraiment pas...d'autant plus que les yeux de la femme blanche n'affichait aucune haine ou colère, seulement une neutralité qui lui était propre en période de repos. Le singulier personnage s'installa sur l'herbe de la plaine, imité ensuite par guerrière tandis que Rei les regardait tout deux sans comprendre. D'un geste de la main, Kimiko lui fit signe d'en faire de même, ramenant ses genoux contre elle.
-Je ne pensais pas que viendrais si tard...Ce n'est pas dans tes habitudes de te faire passer pour une ombre parmi les ombres !
-Dis toi bien que je suis une ombre parmi les ombres, Kimiko ! Mais trêve de bavardages, quels sont tes résultats ?
Résultats ? Que se passait-il ? Quel était cette histoire de fous ? La jeune fille vint se lover contre sa protectrice, ses mains attrapant le bras de la guerrière sans que celle-ci ne réagisse, sans doute occupée à « bavarder » avec ce mystérieux inconnu. Peu importe, elle ne l'avait pas repoussé et c'était ça qui comptait !
-J'ai pu facilement suivre les traces du trio. Leurs pas les ont mené jusqu'à la forêt de Palomba juste derrière nous. J'ai abattu le dénommé Marlin ainsi que le bandit Sato. J'ai avec moi la récompense pour sa tête.
-Bien, bien...railla cet individu à la voix grave. Donne !

D'un geste de la main, la femme blanche attrapa le sac empli de lingots davdaniens qui reposait non loin, le tendant à l'étrange personnage tandis qu'il ne se faisait pas prier pour demander son reste...elle le lui donnait comme cela, sans réticence de sa part et simplement parce qu'il le lui avait demandé ! Rei ne comprenait décidément rien à rien, mais elle se sentait tout de même bouillonner de l'intérieur, essayant de discerner les traits du visage de Kimiko.
-Tu ne m'as pas tout dit ! Et le troisième ? Qu'est-il advenu du troisième ?
-Il s'est enfui.
Un silence pesant vint accompagner cette réplique, alors que Rei commençait à se demander si cet homme n'était pas une sorte d'employeur...non, c'était impossible ! Pas avec le caractère de Kimiko ! Après tout, c'était elle qui s'était mise en devoir de débarrasser le monde du monstre qu'était Sato ! Finalement, l'homme encapuchonné agita le bras, pointant la guerrière de son doigt bagué.
-Peu importe, nous n'avons aucune information à son sujet, seulement qu'il accompagnait deux tueurs bien connus par la populace ! Rien ne prouve qu'il ait pu commettre le même type de crimes que ses comparses...et pour l'amour des Dieux, peux tu m'expliquer ce que fait cette enfant ici !
Rei se raidit aussitôt, cachant son visage contre la femme blanche alors que celle-ci l'enlaçait d'un bras réconfortant. Quel sinistre personnage...Se mettre à crier simplement à cause de la présence d'une enfant !
-Elle a été une première fois la victime de Sato, puis d'un groupe de voleurs de Devdan. La laisser seule plus longtemps aurait pu la mettre d'avantage en danger et tu ne veux pas de victimes inutiles, n'est-ce pas ?
-En effet...et à ce propos, as tu épargné ces voleurs ?
-Que crois-tu !
Un rire gras s'échappa de sa gorge, alors que Rei se mettait à sangloter silencieusement contre sa débitrice. Elle détestait cet homme...oh oui, elle le détestait ! C'était comme si elle n'était qu'un simple objet de conversation, quelque chose de méprisable ! On l'avait déjà méprisé par le passé...mais la façon dont il parlait d'elle dépassait le supportable !
-Tu vas retourner à Devdan ! Nous avons une nouvelle cible nouvellement découverte dans les quartiers riches, mais il te faudra enquêter. Dans quelques jours se déroulera la cérémonie du carnaval qui durera une semaine. Tu as donc une semaine pour démasquer la cible, la trouver et l'éliminer, et cela sans éveiller le moindre soupçon et sans brusquer la foule. Inutile de te préciser que si tu échoues, la sanction sera sévère !
-Le niveau de dangerosité ?
-Niveau trois !
-Déroulement de l'enquête ?
-Le registre est presque incomplet, tu devras donc le commencer à son point de départ. Encore une fois, la discrétion sera à privilégier avant tout. Si tu dois mourir, cela doit être fait dans l'ombre !
-Très bien !
Comment rester impassible ? Ce n'était pas une menace de mort...mais c'était comme s'il paraissait évident que la mort serait l'unique sens interdit de ce chemin sans bifurcation. Et puis, tout était dit avec une étonnante facilité...la vie n'était alors qu'un simple objet fragile qui était à jeter une fois qu'il était endommagé ou périmé ? Et s'il fallait parfois se remettre en question ? Et si cet homme et Kimiko avaient raison de penser de cette façon ?
Rei se serra contre la femme blanche, alors que l'homme mystérieux remettait ce fameux registre à l'intéressée. C'était en fait un livre particulièrement volumineux, comportant de nombreux marque-pages ainsi qu'une cordelette au bout de laquelle un crayon de papier était rattaché. La jeune fille n'avait pas envie de savoir ce qui allait se passer ensuite, ses yeux se fermant contre celle qu'elle ne voulait pas quitter.






Rei chapitre 2: La couleur de l'infinie partie1

# Posté le mardi 03 juin 2008 16:38

Rei chapitre 2: La couleur de l'infinie partie2

Rei Chapitre 2: La couleur de l'infinie partie2


-Tu es bien distante aujourd'hui, Rei ! Je dois dire que ça commence réellement à m'irriter !
Rei préféra ne pas réagir, gardant les yeux baissés sur l'herbe jaune de la plaine au moment où Kimiko posait son butin à même le sol : Des fruits divers et variés cueillit du matin ! Cela serait, d'après la femme blanche, le seul repas jusqu'au soir, mais la jeune fille ne se sentait pas d'humeur à manger du sucré aussi tôt. Elle ressassait toujours cet étrange rendez-vous avec le « supérieur de Kimiko »...cet homme qui, au moment où Rei avait ouvert les yeux, était déjà parti avant même que le soleil ne commence sa montée vers le ciel. Tant mieux, elle n'avait aucune envie de voir à quoi pouvait ressembler son visage, s'il en avait un !
-Manges ! Ca serait ridicule que je te force à avaler quoi que ce soit si c'est pour le régurgiter après !
Manger ? Elle n'en avait vraiment pas envie...elle préférer concentrer son regard sur le registre qui se trouvait juste à côté de la guerrière assise en tailleur. Pourquoi Kimiko ne pouvait pas tuer les voleurs de lingots ? Pourquoi elle et son employeur n'accordaient que peu d'intérêt à sa vie ? Pourquoi tant de mystères et de doutes sur une seule et même personne ? La femme blanche avait repéré les yeux couleurs de ciel de Rei qui était rivés sur le gros livre...avec un sourire, elle jeta sa pomme à peine entamer avant de se lever, se diriger vers la jeune fille, puis s'installer juste à côté d'elle. Sa voix était presque douce...Rei en eut des frissons dans le dos !
-Bon, qu'est-ce qui ne va pas ? C'est ce type d'hier soir qui t'a mise dans cet état ?
La jeune approuva d'un hochement de tête, les lèvres pincées et les ongles grattant le sol sec de la plaine. Elle aurait du « dire » non...mais elle n'avait jamais apprit à mentir non plus ! Comme les mains de Kimiko semblaient chaudes sur ses épaules.
-Et c'est seulement pour ça que tu fais cette grise mine ? Ou alors quelque chose dans ce qu'il a dit de gène ?
Pourquoi ne savait-elle pas parler comme n'importe qui ? Il était évident que ce n'était pas en jouant à question/réponse que cette conversation pourrait vraiment avancer ! De toute façon, dans son état, elle n'avait jamais appris à converser ! Donc le problème était réglé ! Néanmoins...elle avait tout de même envie d'essayer quelque chose...
Ses doigts cherchèrent la cordelette qui fermait sa sacoche, l'ouvrant ensuite d'un geste lent et malhabile alors que sa main cherchait l'instrument dans les replis de ce petit sac. Ses lèvres accueillirent généreusement l'embout de l'ocarina, alors que « tempête » venait remplacer les sons de ce début de journée ensoleillé. Evidemment, Kimiko regarda la jeune fille sans comprendre, essayant de deviner les paroles qu'elle était en train d'émettre.
-Attends voir...c'est un jeu c'est ça ? C'est cette histoire d'enquête qui te mets mal à l'aise ?
Une fausse note...une seule mais terrible ! La femme blanche grinça des dents pour montrer son indignation avant de d'assimiler que cette fausse note avait été voulut. Comprendrait-elle où la jeune fille voulait en venir ? Celle-ci commença une première reprise, les vents tumultueux produisant un véritable orchestre symphonique malgré leur absence.
-Je connais cette chanson...c'est toi qui l'a inventé, n'est-ce pas ?
Il n'y eut pas de réponses...mais c'était peut-être une réponse en elle même ! Tout en jouant, Rei observait les rides qui se formaient sur le front de la guerrière en train de réfléchir. Allait-elle réellement comprendre ? Elle posa une question simple et qui coulait de source : une simple question qui confirmerait ses soupçons.
-Si je me rappelles bien, il a fait un temps particulièrement pluvieux hier.
Une nouvelle fausse note dans un timing parfait après cette réponse tout simplement fausse, elle aussi. Le visage de Kimiko se dérida et sembla s'illuminer l'espace d'un court instant. Ca-y est, elle avait enfin compris !
-Alors comme ça, une note ratée équivaut à une négation ? C'est...ingénieux comme système.
Rei cessa ce petit manège, essoufflée mais satisfaite d'elle même. Cela devait être la toute première fois que lui Kimiko lui faisait un tel compliment. Et celle-ci laissait paraître un visage curieux, ses yeux observant tour à tour l'instrument et les lèvres de la jeune fille. Ses propres lèvres s'étirèrent, se détendirent, tandis qu'un très léger sourire apparaissait comme un soleil, plus magnifique encore qu'une corona. Alors, même les personnes sans émotions pouvaient sourire ? Bien sûr que non...cela impliquait donc que la guerrière au c½ur aussi froid que la pierre était pourtant capable de ressentir comme une véritable être humain. L'avait-elle oublié ? En cas, Rei était heureuse de lui avait fait se souvenir cette chose si indispensable...oui, elle était heureuse !

Kimiko soupira, frottant ses paupières du bout des doigts comme si cette simple découverte lui avait pompé une grande partie de son essence vitale. La jeune fille, quant à elle, rangea son instrument, persuadée qu'elle n'en aurait plus besoin pour le moment.
-Alors comme ça, tu t'inquiètes pour moi et sur ma façon de gérer ma vie personnelle ? C'est bien ça, Rei ?
Rei approuva, un grand sourire s'épanouissant sur son visage à la peau si blanche. Décidément, cette femme était loin d'être une idiote ! La femme blanche sembla hésiter pendant le temps d'un battement de c½ur avant de tourner la tête vers l'horizon, le regard redevenu incroyablement sérieux.
-Ecoute, il y a une chose qu'il faut que tu sache c'est que cet homme que tu as vue et moi attachons une grande importance à la vie de la plus insignifiante créature qui soit. C'est en partie la raison pour laquelle je n'ai pas tué tes voleurs. Enfin en partie...disons que c'est la moitié d'une raison mais je t'expliquerai plus tard. Il est inutile de faire couler le sang
lorsque cela n'est pas nécessaire.
Rei pencha la tête de côté, ayant l'air de celui qui n'avait rien compris à ce qu'on venait de lui expliquer. Kimiko parlait par énigme...et de toute sa vie, la jeune fille n'avait jamais eut affaire à la moindre énigme ! Il faudrait un jour qu'elle fasse un résumé des maigres compétences que la nature lui avait attribué !
-Bon...imaginons que...que la vie était comme...comme un...
La femme blanche laissa son regard voguer sur tout ce qui l'entourait, semblant chercher quelque chose sans savoir vraiment quoi. Lorsque ses yeux se posèrent sur l'un des nombreux fruits par terre, ses mains en saisirent un, la tenant à bout de bras devant la jeune fille qui l'observait avec attention. Rei avait du mal à imaginer que la vie pouvait être un simple fruit...mais la guerrière semblait si sérieuse qu'il valait mieux la laisser parler ! C'était une belle poire chaude, sans une seule écorchure ou saleté, dont la tige avait été finement tranchée...une poire parfaite pour le goûter ! Non, décidément, cela semblait irréaliste qu'une poire puisse représenter une vie !
-Tu as ton fruit, avec sa chaire, sa peau et ses pépins. En général, pour mieux l'apprécier, il faut l'éplucher, n'est-ce pas ?
Cela semblait si logique que Kimiko n'attendit pas de réponse, saisissant son épée qui reposait non loin. Après l'avoir posé sur ses genoux, elle fit tourner la poire contre son fil, enlevant sa peau avec précision alors qu'un jus transparent coulait maintenant sur ses doigts gantés. De cette façon, cela semblait savoureux, mais la jeune fille du avouer que son appétit n'était toujours pas revenue.
-Comme ceci...la vie c'est pareil ! Pour l'apprécier à son commencement, il y a quelques petites choses qui semblent nécessaire comme apprendre à marcher !
Vue comme cela...Rei du admettre que la femme blanche n'avait pas tort. Mais où était le rapport ? Il valait sans doute mieux la laisser finir ! Kimiko porta la poire à ses lèvres, mordant doucement dedans alors que son doux fluide coulait maintenant sur son menton par petites gouttes. Elle ne prit pas même la peine de l'essuyer, par ailleurs !
-À chaque moment qui passent, tu dévore un peu plus de ton fruit. Certains savent l'apprécier comme il faut et prennent le temps d'en profiter. D'autres, bien moins malins, le mange beaucoup trop vite ! Au final, il ne restera que le trognon...mais il est dommage de gâcher un beau fruit en ne prenant pas la peine d'en apprécier chaque morceau de sa chaire, chaque goutte de sa sève, chaque sensation alors que les papilles réagissent à ce délicieux contact !
Dit de cette façon...Rei se sentait comme transportée par les paroles de Kimiko, buvant son regard en même qu'elle dévorait ce fruit des yeux. Cela semblait bien plus claire...mais la jeune fille avait encore envie d'écouter ! Elle voulait connaître toutes les facettes de ce qu'une vie était une vie, justement ! La guerrière s'essuya le menton d'un revers de main, tenant sa poire par le bout de la tige et la faisant tourner entre ses doigts tout en observant les gouttes couler le long de sa chaire à vif, les yeux rêveurs.
-Certains s'évertuent à croire qu'il faut prendre son temps pour le manger et l'apprécier...c'est vrai et faux ! Un fruit est capable de pourrir si on ne se dépêche pas non plus, le temps est capable de faire des ravages et on ne peut pas le contrôler. Quoiqu'il en soit, pour manger ton fruit, il faut avant tout le cueillir, n'est-ce pas ? Le prendre délicatement et couper la tige qui le retient à son arbre !
C'était la naissance...Rei en était certaine ! Ensuite que se passait-il ? Elle voulait savoir...el voulait absolument savoir car c'était la première histoire qu'on lui racontait...quelle étrange mais belle histoire ! Les beaux yeux de la guerrière se posèrent sur l'intéressée qui frémit, ses doigts arrachant machinalement de grosses touffes d'herbes.
-Les pépins de ton fruit représentent des obstacles à éliminer. Que serait la vie sans obstacles ? Certains renoncent et préfère jeter leur fruit ou le mettre de côté, ce qui est bien dommage. D'autre préfère retirer de grosses parcelles de chaire pour retirer ces fameux noyaux...pour ma part, je me contente de les avaler !

C'était donc ça que la jeune fille devait faire ? Ignorer les pépins et les avaler tout rond ? Mais il y en avait tellement...Kimiko soupira, sa main libre caressant cette fois la surface de sa large épée.
-Chaque fruit a un goût différent...Et des profiteurs n'hésitent parfois pas à mordre dans le fruit d'autres personnes sans demander l'autorisation. Pire encore, ils peuvent parfois le leur voler définitivement ! Mon rôle premier est, avant tout, d'arrêter ces voleurs de fruits !
Rei porta une main à sa bouche, tremblante. Elle comprenait maintenant...oui, elle comprenait vraiment ce que la femme blanche voulait dire...c'était ce genre de personnes que Kimiko devait arrêter...les empêcher de faire du mal aux autres ! La femme blanche poussa un nouveau soupir avant de tendre la belle boire vers Rei, ses yeux brillant d'un éclat plus puissant encore que le soleil.
-Mais plus important encore...ce qu'il faut s'avoir c'est que nous avons la possibilité de partager notre fruit avec la personne de notre choix !
La jeune fille abhorra un sourire timide avant de saisir la poire que lui tendait Kimiko. Après un signe de tête sa part, elle n'hésite plus et dévora le fruit avec appétit ! Quelle belle journée qui s'annonçait !

***

Que Devdan semblait envahi pas les bruits aujourd'hui ! Les prochains jours de carnaval commençaient vraiment à se faire savoir ! Evidemment, Rei aurait pu assister à scènes de carnaval, car étant originaire de la cité...mais ayant été également une pauvresse depuis sa naissance jusqu'à aujourd'hui, elle était exclue de ce genre de choses. En effet, les jours de fêtes étaient uniquement réservés aux personnes nobles de la ville et toutes les sous-classes étaient obligées de se replier vers le fond de Devdan, dans les taudis et les souterrains.
À Devdan, le taux de pauvreté était bien faible, ce qui n'était pas le cas de l'insécurité. Les vols étaient si fréquents...mais encore une fois, les jours de fêtes, tout était prévu pour que les habitants respectueux et respectés puissent passer une semaine dans le bonheur, la gaieté et l'ivresse...une sorte de débauche pour riches en quelque sorte. Un vieux radoteur aux cheveux grisonnant le lui avait déjà raconté : Le carnaval était quelque chose d'incroyablement coloré, avec des banderoles et des lumières partout. Durant cette semaine, personne ne dormait et la musique battait son plein jusqu'à tard le soir...la musique...en y repensant, elle aimerait vraiment assister un jour au carnaval ! Mais avait-elle seulement le droit, même aujourd'hui ?
Il y avait tant de visages différents dans ces rues, tant de passants à la mine joyeuse qui marchaient à grands pas, faisant diverses emplettes dans des étales nouvellement installés. Des femmes élégamment habillées jacassaient comme de véritables pies en comparant des étoffes et des habits tandis que les hommes faisaient le marché aux victuailles tout en achetant, comme leurs comparses, divers objets inutiles et autres objets à revêtir pour la fête.
Sa criait, sa courait, sa bousculait et cela dans un certain désordre. Rei se sentait si petite et fragile dans ce monde qui n'était pas le sien...elle se pressait contre la jambe « du guerrier », n'osant jeter que quelques coups d'½il rapide sur ce qui l'entourait. Etrangement, les riches gens évitaient de percuter la femme devenu homme, comme si la poignée de l'arme dépassant de derrière son dos suffisait à leur dire que ce n'était pas une personne dont il fallait troubler la marche !
Nombreuses sont les fois où Kimiko s'était arrêté pour demander son chemin, posant toujours cette même et unique question : « La place centrale, je vous prie ! ». Cette question était à chaque fois posée d'une voix incroyablement grave, comme si le guerrier était capable d'insister sur ses cordes vocales pour en changer la tonalité. Rei avait déjà entendu des personnes changer leur voix par jeu et par amusement...Oh, comme elle aurait aimé pouvoir parler elle aussi ! En fait elle parlait, oui, mais à sa façon...et peut de personnes ne pourrait la comprendre !
La place centrale était sans doute le grand endroit où aurait lieu une majeure partie de la fête à venir...Par rapport à ce qu'elle avait compris, Rei savait que Kimiko devait supprimer une dangereuse personne. Mais qui ? Et pourquoi ? Le guerrier ne le savait pas non plus puisqu'il était chargé d'enquêter ! Mais cela n'était pas rassurant du tout ! Après tout, le souvenir des voleurs de lingot et du trio était encore bien encré dans son esprit et l'idée que cela pourrait peut-être se reproduire à l'avenir ne l'inspirait guère.
Kimiko posa une main rassurante sur son épaule, la frottant très doucement de sa main gantée comme jamais elle ne l'avait fait auparavant. Cette simple marque d'affection dissipa en partie les craintes de la jeune fille alors que celle-ci se laisse mener par le guerrier, se dirigeant donc vers la place centrale. Rei avait beau se le répéter encore et encore, néanmoins elle restait surprise que Devdan, le don de Dieu, puisse être aussi gigantesque ! Les minutes passées avaient semblé durer une éternité avant qu'ils n'atteignent ensemble la place centrale.
D'où son nom, c'était l'épicentre de toute la cité, le c½ur palpitant et chaud de Devdan ! Reprenant la forme géométrique de l'ovale, elle était dégagée de tout étalages et de tout bâtiment en son intérieur. Entourée par les maisons et les auberges les plus riches qui soient, c'était censé être la principale zone touristique de la cité...et ce qui faisait son charme était l'imposante statue en son centre
-Les créateurs de Devdan...souffla Kimiko. Les Dieux de la création en personne !

Et quels Dieux ! Rei était peut-être originaire de Devdan, c'était la première fois qu'elle voyait cette grande statue de pierre de ses propres yeux ! Elle représentait un homme et une femme, les bras levés vers le ciel en guise de salut et offrant leur bénédiction à la cité de pierre. Le don de Dieu...c'était un nom très bien trouvé !
-À partir de là, on va trouver un endroit où passer la nuit durant la prochaine semaine et, là, je t'expliquerai comment ça va se passer !
Comment cela allait se passer...Rei ne savait pas si elle trépignait d'impatiente où si elle redoutait ce qui allait se passer, justement !
Plusieurs autres minutes passèrent, alors que la jeune fille posait maintenant les yeux sur un lit magnifique, taillés à même un tronc d'arbre centenaire et donc les anneaux représentant son age formaient plusieurs cercles superposés à la base du lit. Et les draps...d'une seule pièce dans une étoffe bleue, il semblait si doux au toucher...Kimiko n'avait pas pris l'auberge la plus chère de tout la place centrale, mais ce n'était pas non plus la plus économique ! Dans tout les cas, Rei refusait de connaître la façon dont elle s'était procuré tout l'argent se trouvant dans une bourse de cuir accrochée à sa ceinture...bien qu'elle se doutait tout de même de cette raison !
La guerrière respira enfin à l'air libre, son visage libéré de cette entrave qui gâchait sa peau et ses lèvres. S'installant à même le sol, elle entreprit de se déshabiller de tout l'équipement qui lui était inutile, non sans avoir donné à la jeune fille la recommandation de fermer la porter de la chambre à clef...comme quoi, il pouvait aussi exister des portes à Devdan !
-Rei, connais-tu la principale activité des gens les jours de Carnaval ?
Rei répondit pas un « non » de la tête, le visage honteux tandis qu'elle regardait ses sandales. Ne pas connaître les coutumes de sa propre cité, cela semblait cocasse ! Mais Kimiko ne riait ni ne souriait, ôtant ses bottines de métal qu'elle rangea proprement au pied du lit, suivit ensuite de sa cape pliée qui était recouverte d'une très fine couche de poussière : la poussière habituelle de la cité de pierre.
-Il y a une chose que les bonnes gens aiment, avant tout, c'est de se déguiser ! Les méthodes de déguisement sont très diverses et la plus classique est de recourir à des vêtements de déguisement.
Oui, cela semblait en partie logique. Mais où voulait-elle en venir ? Qu'elle allait devoir se déguiser pour pouvoir passer inaperçus au travers de la foule ? Ca aussi, c'était logique ! Mais Kimiko ne semblait pas avoir finit de parler, mieux valait donc écouter jusqu'au bout.
-Les classes riches et très aisées utilisent une méthode un peu moins classique et recours aux déguisements par la couleur. En plus simple, ce procédé implique de se faire peindre l'ensemble du corps tout en veillant bien à ce que cela représente un symbole de leur caste ou à autre chose de motivant...tant que cela représente un déguisement !
Qu'est-ce que cela impliquait ? Que la guerrière était décidée à en faire de même ? C'était son bon droit, alors pourquoi lui en parler ? Rei n'était qu'une petite fille ignorante et sans aucune valeur, cela ne servait à rien de lui demander son avis ! Kimiko fit glisser son épée hors de sa sangle, la cachant ensuite sous le lit. Une fois donc débarrassée, elle pu enfin se relever, adressant enfin un regard à la jeune fille depuis qu'elles avaient toute deux pénétré dans la chambre !
-Je vais donc recourir à ce système de déguisement pour pouvoir me fondre dans la masse. On pourra donc appeler ça un déguisement à double usage, non ? Enfin peu importe, il serait inhumain que je te laisse donc enfermé dans cette pièce jour et nuit ! Tu me suivra donc le matin, histoire de te faire un peu profiter du carnaval, puisque tu étais décidée à me suivre !
Rei était reconnaissante à la guerrière pour cette proposition. Mais la façon dont elle le lui avait annoncé semblait étrange ; Kimiko avait très certainement autre chose à lui dire !
-Tu ne peux pas te balader ainsi, tu attirerais l'attention ! Donc, toi aussi tu te déguisera de la même manière.
En ce moment même, Rei ignorait si elle était enthousiasmée à cette idée ou si elle était horrifiée que l'on doive peindre son corps pour la bonne marche de cette enquête. Avait-elle bien fait de se décider à suivre la femme blanche comme son ombre ? Une chose était sûre : elle ne regrettait rien jusqu'à maintenant...Et si cela changeait à l'avenir ? La jeune fille espérait que non !




Rei chapitre 2: La couleur de l'infinie partie2

# Posté le vendredi 06 juin 2008 13:24

Vendredi 13

Vendredi 13
Vendredi 13...Oh Vendredi 13! On dit que ce jour porte malheur? Certain y croient et d'autres pas...moi j'y crois, et pourquoi? La réponse est évidente: J'ai du couper la moitié de mon second chapitre de Rei pour pouvoir faire cet article puisque ce jour-ci serait le seul un tel sujet serait abordable cette année! Mais certains me diront "pourquoi vouloir a tout prix faire un article aujourd'hui?" Tout simplement, encore une fois, parceque ce sujet est bigrement intéressant, voila tout.

Pa
rlons donc ces superstitions. Non, je ne parle pas de tout ce qui est peur et compagnie puisque j'ai déja abordé ce thème auparavant! Non non...Je parles, par exemple, de ces fameux chats noirs, animaux de compagnie préféré des sorcières, dont la simple présence maudirait les passants! Ou alors le fameux coup du miroir brisé qui infligerait sept ans de malheurs au malheureux et maladroit individu qui aurait commit ce délit! Et il en éxiste bien d'autre encore! C'est d'ailleurs grâce...ou plutôt à cause des superstitions que l'on peu comprendre certains tics comme celui de devoir compter dix à vingt objets se ressemblant commes des vaches, des hommes en noirs, des taxis et autres, tout cela pour pouvoir éviter de grands malheurs. J'en arrive, pour finir, à un sujet que VOUS, amis blogeurs, devaient trés bien connaître! Et oui, je parle de ces lettres de chaînes dont voici un parfait exemple:

lis cette lettre et tu verras du changement dans ta vie ! Ceci n'est pas
une blague une fille a ignorée cette lettre et maintenant elle vit
toute seule depuis 4 ans et plus personne ne veut d'elle, la pauvre Si
tu ne veux pas qu'il t'arrive la même chose fait ce qui est demandé

Ferme les yeux et pense très fort à la personne que tu aimes.

Pense à ce que tu aimerais faire avec elle/

Ferme les yeux et pense très fort à la personne que tu aimes.

Pense à ce que tu aimerais faire avec elle/lui.

Maintenant dis 3 fois a voix haute son prénom ainsi que son nom de famille.

Fais 1 voeu en pensant très fort à elle/lui.>

Maintenant tu dois faire suivre cette lettre sur un maximum de blog avant
demain Si tu l'envois à :
-0 personne, ta vie sentimentale sera un enfer
toute ta vie, tu seras poursuivi par la malchance

-5 personnes, ton voeu se réalisera mais pas tout de suite

-10 personnes, ton voeu se réalisera.

Doit-on y croire? Ne doit-on pas y croire? C'est la question que je vous pose aujourd'hui...

# Posté le vendredi 13 juin 2008 15:43

Rei chapitre 2: La couleur de l'infinie partie3

Rei Chapitre 2: La couleur de l'infinie partie3


Deux jours...deux jours s'étaient écoulés depuis le grand retour à Devdan, le don de Dieu. Deux jours à rester dans cet auberge magnifique ! Deux jours à attendre le retour de Kimiko...Car Kimiko était partie il y a maintenant deux jours, disant « s'absenter pour un lapse de temps », principalement pour faire des repérages et se renseigner sur le carnaval et cette histoire de déguisement.
Les consignes de Rei ? Prendre deux repas par jour, un le midi et un le soir, vérifier que l'équipement caché dans la chambre était toujours à sa place et donc veiller à ce qu'aucune personne ne vienne faire le ménage de la pièce, ne toucher à rien du tout et surtout par à l'épée de la femme blanche et ne pas s'éloigner ! En échange, la jeune fille avait la possibilité de se balader où bon lui semblait dans la place centrale.
Au départ, cela avait été très intéressant d'écouter les conversations des « riches », de pouvoir se faire passer pour l'un d'eux ! C'était même une sorte de jeu : paraître naturel avant tout. Il y avait également la statue des créateurs qu'elle ne se lassait pas de contempler, les banderoles et tout un tas de torches qu'on était en train d'installer sur l'ensemble de la place, le nettoyage générale des rues...bref, au début cela avait été fascinant, mais à mesure que l'absence de la guerrière se prolongeait, tout devenait répétitif, ennuyeux et monotone.
Oui, Kimiko et ses brimades lui manquaient cruellement ! Enfin ses brimades...ces derniers jours, les railleries de la femme blanche s'étaient atténuées mais peu importe ! C'était sa présence qui comptait avant tout !
Rei était donc restée enfermée dans sa chambre durant toute la matinée du deuxième jour, essayant de tuer le temps à l'aide de son ocarina. Mais elle avait beau se concentrer et s'armer de motivations, ses effets s'étaient presque estompés ! La jeune fille en était certaine désormais : elle pouvait lier son instrument aux bruits de la forêt ! Lorsqu'elle ne pouvait entendre le gémissement du vent à travers la ramure des arbres, il n'y avait rien de particulièrement inspirant ! De plus, l'ocarina ne se contentait que de produire des sons stridents, ne produisant aucune harmonie dans la cité de pierre.
La jeune fille était déçue, vraiment déçue...bien que, faute de pouvoir continuer sa recherche des sons, elle avait pu s'entraîner et exploiter cette curieuse façon de parler. Si seulement l'ocarina avait été capable de produire des sons plus mélodieux et plus doux à l'oreille...
Ainsi s'écoula cette matinée beaucoup trop longue, durant laquelle Rei divisait son temps entre guetter l'arrivée de Kimiko et continuer son apprentissage personnel de la « parole ». Cela devenait si lassant...La seule chose qu'elle voulait, à présent, était de pouvoir se jeter dans les bras de la femme blanche et d'ignorer les reproches qu'elle lui ferait. Rei savait pertinemment que la guerrière n'avait que peu d'amour à lui offrir...mais ce peu serait largement suffisant, si elle acceptait seulement de lui en faire don.
Oui, c'était à ça que la jeune fille pensait, assise sur le grand lit de la chambre, les yeux rêveurs, bercée par une étrange complainte. Maintenant qu'elle s'en rendait compte, il y avait vraiment quelque chose de changer dans l'air : ces étranges sons qui ne ressemblaient à rien de ce qu'elle avait pu entendre jusqu'à maintenant ! Comment Rei avait pu ne pas entendre ces étranges vibrations ? Et d'où cela pouvait provenir ?
C'était comme si ces bruits passaient par un trou de sourire, se répercutant sur les murs et enrobant la jeune fille de leur présence. Cela pouvait certainement provenir de sa tête...non, c'était trop pur pour qu'elle ait pu l'imaginer ! Mais par les Créateurs de Devdan, que cela pouvait être beau...rien à voir avec son ocarina !
Rei aurait voulu se laisser aller sur le lit, fermant les yeux et écoutant cette douce complainte, mais l'idée de ne rien savoir de cette étrangeté la mettait dans tout ces états ! Alors que l'ocarina était capable de reproduire les sons de la nature, cette mélodie, elle, imitait les chants humains...car il n'y avait pas de doute là-dessus, c'était une chanson ! Il fallait absolument savoir de quel endroit cela pouvait provenir ! Et si la musique passait à travers la grande fenêtre ?

Rei s'y précipita, se coinçant légèrement un doigt en voulant l'ouvrir trop vite. Une fois la fenêtre relevée, la jeune fille plongea la tête par l'ouverture, l'air sec de Devdan mordant horriblement son visage. Pas de doute, cela venait de l'extérieur, et le pire...le pire, c'est que c'était vraiment tout près ! La jeune fille referma la fenêtre après s'être dressée sur la pointe des pieds, mordillant ses ongles pour réfléchir sur la conduite à adopter. Kimiko lui avait permis de se promener sur toute la grande place. Mais Rei avait envie d'être dans la chambre au moment où ma guerrière rentrerait enfin de cette longue escapade. Que faire alors ? Tant pis, elle ne jetterait qu'un simple petit coup d'½il, l'envie d'accueillir joyeusement la femme blanche étant plus forte que sa curiosité.
Surtout, ne pas faire de bêtises non plus, autrement Kimiko serait furieuse ! Rei vérifia donc que l'arme de la guerrière était hors d'atteinte des yeux indiscrets puis ouvrit la porte doucement, très doucement, comme par peur qu'un personnage malveillant se soit caché derrière et qui se jetterait ensuite sur la pauvre fille innocente...bien sûr, c'était tout bonnement ridicule, mais on était jamais trop prudent.
En descendant les escaliers, Rei n'avait pu s'empêcher de passer sa main sous sa tunique, tâtant son torse et son ventre et constatant avec satisfaction qu'elle ne sentait plus ses côtes et que son ventre était plat, et non creux comme il y a quelques semaines encore. Elle avait reprit du poids et peut-être que la femme blanche serait ravie de l'apprendre ! Si seulement la jeune fille pouvait enfin trouver un moyen pour remercier sa sauveuse plutôt que de devenir une ombre aussi agaçante et collante que la sève des pins !
Une fois dehors, Rei retrouva l'atmosphère chaude et sèche de la cité de pierre, comme si elle ne l'avait jamais quitté. Mais peu importe, ce qui comptait avant tout c'était de trouver l'origine de la musique qui était devenue silencieuse. Devant elle, se trouvait la grande place, alors peut-être quand faisant le tour de l'auberge elle pourrait aisément découvrir l'origine de chant de sirène. Oui, c'était une bonne idée, simple et faisable !
Sa joie fut indescriptible lorsqu'elle entendit le murmure de ce qui avait été une complainte entêtante. Et plus elle longeait les murs de son auberge, plus ce murmure se changeait en chuchotant puis en une douce voix.
Avant cela, Rei était persuadée qu'il était impossible de pouvoir chanter lorsqu'on était muet comme une carpe. Bien sûr, elle avait pu imiter le chant de la forêt, mais ce n'était pas un vrai chant comme les humains étaient capables de produire par le simple son de leur voix. Et bien désormais, la jeune fille avait la preuve que tout ceci était faux et que l'impossible devenait réalisable !
Rei l'aperçut alors que celle-ci était installée contre un mur de pierre, assise sur plusieurs jolis coussins qui protégeaient ses vêtements de la poussière du sol. Quel age avait-elle ? Il était en tout cas certain qu'elle était plus vieille que Kimiko, vue les rides qui commençaient à creuser son visage à la peau tendue. Ses cheveux, par contre, gardaient toujours la couleur d'un brun éclatant, rattachés en deux longues tresses derrière ses oreilles. Les quelques passants qui se trouvaient sur place ne lui accordaient qu'un vague regard, continuant leur chemin comme si de rien n'était. La jeune fille, elle, préférait rester à l'angle du mur de l'auberge, observant les doigts de la « chanteuse » qui produisaient cette musique fascinante.
Jusqu'à maintenant, Rei avait compris que le souffle pouvait, malgré tout, produire des sons à l'aide d'instruments. Pourtant, le souffle ne semblait pas indispensable en fin de compte...où alors cette femme accomplissait un véritable prodige ! Mais qu'était donc cette chose qu'elle tenait à la main ? Elle possédait une tige principale alors que tout le reste de son corps retenait un nombre indéterminé de cordes. Le bout de son corps s'appuyait sur l'épaule de la propriétaire de cette chose en bois alors que des doigts agiles venait glisser contre ces cordes tendues, se frottant doucement à elles...et à chaque frottement, un chant mélodieux s'en échappait, plus magnifique encore que les sérénades des beaux oiseaux du matin.
Malheureusement, la jeune fille ne pu écouter d'avantage car cette incroyable femme s'était tournée vers elle, les mains reposant sur ses genoux alors que l'instrument, car s'en était bien un, venait s'appuyer contre le muret. Elle n'eut que le temps de lui adresser un sourire chaleureux avant que Rei ne s'enfuie à toutes jambes, se demandant sans doute pourquoi cette fille maigre lui portait tant d'intérêt.
Cette fameuse fille n'avait pas mit longtemps à monter quatre à quatre les escaliers qui menait à sa chambre, le front en sueur, avant de se jeter sur le lit, sanglotant silencieusement comme elle le faisait à chaque fois qu'elle se sentait mal au plus profond d'elle même.
À quel moment de la journée la porte s'ouvrit-elle pour laisser la place à Kimiko ? Rei n'en avait aucune idée, bien qu'elle n'hésite pas une seule seconde à se jeter sur la femme blanche qui fut réellement surprise par un tel accueil. Une tache sombre se formait sur la tunique de la guerrière, à l'endroit précis où Rei avait posé son visage tout en agrippant ses bras pour ne surtout pas la lâcher.
-Holà, Rei, que t'arrive-il encore ?
La jeune fille ne pouvait pas répondre...et même si elle en avait eut la possibilité, elle ne l'aurait tout simplement pas fait ! Oh et puis peu importe, pour l'instant elle voulait oublier...tout oublier...elle voulait rester avec cette femme au c½ur de pierre pour le restant de ses jours...oui...pour toujours !
Kimiko souleva la malheureuse avec beaucoup de douceur, l'amenant sur le lit avant de s'asseoir et de la poser sur ses propres genoux. Elle fit alors quelque chose Rei avait déjà connut par le passé mais qui semblait si loin maintenant...d'une autre vie ! Pourquoi la berçait-elle ? Pourquoi l'enlaçait-elle de ses bras puissant tout en murmurant des paroles apaisantes ? Pourquoi avait-elle changé comme cela ? La jeune fille ne considérerait jamais Kimiko comme une mère...non...elle serait bien plus que ça ! Ainsi, se laissa aller au calme, tandis que les doigts de la guerrière, ceux qui étaient capables de tuer, découvraient une nouvelle fonction : la tendresse et la douceur !

***

Rei avait redouté ce jour proche. Pourquoi ? Elle n'en avait aucune idée, mais cette idée de déguisement par la peinture ne lui inspirait aucune confiance ! C'était comme si on lui proposait de changer de personnalité et de corps, comme si on lui demandait de ne plus être elle-même et de devenir un objet de décoration ! Mais, maintenant qu'elle regardait la guerrière blanche, elle commençait à douter de ses propres paroles. Pouvait-elle, d'ailleurs, la considérer toujours la considérer comme une guerrière désormais ? Rei se sentait tout de même un peu gênée de voir Kimiko presque nue, car seul une pièce de vêtement cachait son la nudité de son bassin...mais ce sentiment de gène fut très vite oublié par ce qu'elle voyait de ses propres yeux !
Tout son corps, à l'exception de ses beaux cheveux blonds, avait été peint d'un jaune soleil très lumineux ! Juste sous son nez et autour de ses yeux, de grosses taches blanches venaient contraster cette luminosité alors que des traces brunes et irrégulières parsemaient l'ensemble de son corps. Son visage avait été si bien retravaillé à la peinture, le bout du nez rosé et des moustaches grises ajoutées, que Rei avait la réelle impression de se trouver devant une tigresse ! Qu'elle femme à la beauté incroyablement féline...Le peintre derrière lui se frottait les mains, sans doute très satisfait de son travail puisqu'un grand sourire encadrait son vieux visage.
-Cela m'aura prit moins de temps que prévu mais je pense sincèrement qu'il n'y a plus rien à rectifier...vous êtes une véritable source d'inspiration, ma Dame ! Alors quand pensez vous ?
Kimiko abandonna la jeune fille pour se tourner vers le miroir d'obsidienne qui se trouvait à sa gauche, s'observant d'un ½il critique et soulevant régulièrement ses longs cheveux blonds pour mieux observer le résultat.
-Je vous remercie, vous êtes allé au-delà de mes espérances.
-Je ne vous aie jamais vue ici ! C'est la première fois que vous venez fêter carnaval ?
Pendant un temps incroyablement cours, la femme-chat sembla observer cet homme âgé à l'aide du miroir, ses yeux soupçonneux se plissant sous la concentration. Pourtant, avec ses cheveux courts, son tablier maculé de peinture et son beau sourire, il paraissait être un homme sans problèmes...mais Kimiko, d'après ce que Rei avait compris, devrait se méfier de tout le monde à Devdan !
Finalement, un magnifique sourire agaya son visage : un sourire comme la jeune fille n'avait encore jamais vue chez Kimiko ! Mais elle n'était pas dupe pour autant, car elle savait très bien que c'était un sourire faux !
-Oui ! Ma fille et moi ne venons ici que pour profiter de cette fête tant attendue ! Mais ne vous leurrez pas : nous repartirons dés le lendemain de sa fin car nous avons de la route à faire !
-Quel dommage...les jolis minois ne manquent pas à Devdan. Mais il est rare de rencontrer des corps aussi exotiques que les vôtres !
-Vil flatteur, veuillez vous taire !

Dégoûtant...cet homme était tout simplement dégoûtant ! Comme bien d'autres hommes, en somme ! La guerrière semblait si bien entrer dans son jeu, alors que ces deux là riaient comme des enfants indisciplinés ! Rei se retint de tirer la langue à ce vieux sénile qui gardait des pensées aussi perverses.
-Pensez vous que vous pourrez vous occuper de ma fille avant la fin de la journée ?
La jeune fille se figea, comme frappée par la foudre alors qu'elle réalisait à nouveau qu'elle allait devoir se laisse tripoter par ce peintre si elle voulait ce fameux déguisement des couleurs...Mais l'idée de devoir s'offrir comme cela ne lui plaisait pas, mais alors vraiment pas du tout ! Après tout, les hommes ont des idées si impures et incorrectes !
-Cela ne pose aucun problème ! Revenez à l'heure du douzième carillon, j'aurai beaucoup de temps à lui consacrer !
Dit-il avant d'adresser un dernier sourire à Rei, ce qui eut pour effet de lui retourner l'estomac. Kimiko attrapa ses vêtements qui reposaient dans un angle de la bâtisse de pierre, passant ensuite une très longue cape sur ses épaules qui cacherait sa nudité passagère, le temps de trouver quelques autres vêtements qui seraient mieux adaptés pour le carnaval.
Lorsqu'elle retrouva l'air sec de Devdan, la colère de Rei s'évapora pour laisser la place à une jalousie intense : qu'est-ce qu'elle pouvait être belle...non, ce n'était pas de la jalousie mais plutôt une sorte de vénération ! La femme blanche était naturellement belle...mais ce costume très particulier ajoutait quelque chose de vraiment grand, de vraiment imposant. La jeune fille dut avouer, à contrecoeur, que l'artiste avait fait de l'excellent travail. Mais l'idée de devoir passer à son tour sur la table de travail ne l'enchantait toujours pas !
Malgré cela, les passants n'adressait pas le moindre regard à la femme ainsi décorée, comme si cela paraissait naturel ou bien qu'ils attendaient tout simplement l'arrivée de la fête pour pouvoir s'extasier devant la beauté et l'originalité de tout les déguisements qui seraient présent. Dans le fond, cela avait un côté réellement luxurieux !
Leur marche se fit dans le plus grand silence, tandis qu'elles se dirigeaient vers l'auberge pour pouvoir « faire le point », comme Kimiko l'avait prévue. Une fois que la porte de la chambre se fut refermée derrière elle, la guerrière masquée laissa cette cape grossière glisser le long de ses épaules, tandis qu'elle remettait les vêtements qui la transformaient en homme. Une fois parée, son épée néanmoins toujours bien cachée, elle ramassa le registre laissé dans un coin de la pièce.
Depuis que l'homme en noir le lui avait confié, Kimiko ne l'avait pas ouvert une seule fois...mais aujourd'hui semblait un jour différent puisque le crayon de bois gratta sur le papier pendant de très longues minutes. Ainsi donc, elle avait déjà commencé sa fameuse enquête ? Comme Rei ne pouvait pas aimer cela...l'idée de pas réussir à imaginer ce qui était en train de se produire l'oppressait terriblement...et en même temps elle savait qu'elle ne supporterait être au courant de tout ce qui se passerait dans les prochains jours. La femme blanche...elle n'était pas là pour profiter d'une fête en l'honneur des Dieux. Non ! Si elle était ici, c'était pour tuer et rien de plus ! Peu importe ce qu'avait bien pu faire cette personne pour mériter le châtiment ultime : un c½ur s'arrêterait de battre avant la fin de la prochaine semaine.
-Rei, je vais partir en...exploration pendant un temps, mais je reviendrai peu avant l'heure du douzième carillon. D'ici là, tu fais comme d'habitude et ne t'éloigne surtout pas.

Elle disait cela le plus simplement du monde, tout en noircissant les feuilles du registre. Kimiko était, décidément, une très bonne comédienne ! Son sourire si charmeur avait totalement disparu, laissant la place à des lèvres serrées et à un froncement de sourcil qui indiquait sa réflexion. Une fois qu'elle eut finit son office, elle accrocha son registre à la ceinture de sa tunique, comme si elle préférait le prendre avec elle de peur que la jeune fille le lise...de ce côté-ci, elle n'avait pas à s'en faire puisque Rei n'avait jamais apprit à lire !
-Rei, promets moi...promets moi que tu ne fera rien qui pourrait te mettre en danger...promets le moi, Rei !
Rei sursauta, ne se rendant compte qu'à l'instant que la femme blanche s'était tournée vers elle, le visage grave et terriblement sérieux. Pourquoi une telle recommandation ? Ne la prenait-elle pas au sérieux ? Ou bien...s'inquiétait-elle ? La jeune fille baissa la tête, ses petits doigts se mettant à trembler. Alors, sans un bruit, elle se jeta dans les bras de sa sauveuse, ses bras enlaçant son cou à la peau rose et si douce...Les propres mains de Kimiko enlacèrent le corps fragile et tremblant de Rei, la protégeant de toute sa force et de tout son courage.
-Promets le moi, Rei...
La jeune fille leva son visage vers Kimiko, le nectar salé qui coulait de ses paupières créant de toutes petites rivières sur ses joues. Un fin sourire embrasa son visage, alors qu'elle hochait de la tête. Ses lèvres s'entrouvrirent, lentement, doucement...elles bougeaient avec précision, comme si Rei voulait que la femme blanche tente de lire les mots qu'elle tentait de lui transmettre.
-Ki...mi...ko...je...t'ai...me...
Pas un son, pas un mot...seulement un sourire. Non, pas un sourire comme celui qu'elle avait offert à l'artiste ! Non, un vrai sourire...un sourire comme un soleil !





Rei chapitre 2: La couleur de l'infinie partie3

# Posté le samedi 14 juin 2008 16:43

Rei chapitre 2: La couleur de l'infinie partie4

Rei chapitre 2: La couleur de l'infinie partie4


Elle était là, ses doigts glissant avec habilité sur les cordes tendues, comme si elle caressait un petit animal affectueux. Et comme il était beau, cet animal...c'était bien plus que tu bois rude comme l'ocarina, mais bien quelque chose fabriqué avec les matériaux les plus beaux qui soient !
Son corps avait été travaillé dans un bois de chêne, ce qui lui assurerait une certaine dureté. Il était composé en deux parties : d'abords un arc de cercle assez courbé puis d'une longue tige qui venait s'emboîter aux deux extrémités de cet arc de cercle. Les cordes étaient donc placées entre cette grande pièce de bois, bien tendues comme il le fallait, et la tige devait bien mesurer un avant-bras !
Quelques pièces métalliques avaient été appliquées ici et là, sous des formes variées et ajoutant une certaine complexité à cet instrument...Car c'était un instrument, Rei en était à présent certaine ! De plus, d'étranges figures avaient été sculptées à sa surface avant d'être peint d'un rouge coquelicot. Tout en cette chose exprimait une harmonie, une stabilité renversante, comme si seule sa présence suffisait à embellir les lieux. Et pourtant, rares étaient les personnes qui s'arrêtaient pour voir cette femme jouer de son instrument, comme s'ils avaient tout simplement l'habitude d'entendre sa chanson tout les matins de Devdan.
La jeune fille avait commencé à l'observer en cachette depuis que Kimiko était repartie, restant cachée derrière son angle de mur et ne se lassant pas de l'écouter avec intérêt. C'était très indiscret, elle le savait...mais sa timidité était telle qu'elle n'osait déranger la musicienne ne pleine création de peur de recevoir ses brimades ou tout simplement de faire cesser sa mélodie.
Elle aurait sans doute dut se faire plus discrète puisque les yeux de la vielle femme se tournèrent lentement vers elle, alors que Rei rentrait aussitôt la tête de derrière son angle de mur. Elle ne l'avait pas vue...elle ne pouvait pas l'avoir vue, sinon elle aurait cesser de faire jouer ses doigts sur les cordes ! Aussi, la jeune fille se risqua t-elle une nouvelle fois au-dehors...pour se rendre compte avec gène que la musicienne avait ses yeux rivées sur elle, un grand sourire trônant sur son visage ridé.
-Pourquoi te caches-tu, petite ? Viens voyons, je ne vais pas te manger !
Les vieux...c'était bien connut : ils étaient tous débordant de gaieté et de gentillesse ! Mais Rei était bien trop timide pour faire un pas un avant, son regard planté dans cet instrument si merveilleux.
-Je t'ai vue hier, tu sais ? Est-ce ma harpe qui te plaît tant ? Approche toi voyons, tu ne vas pas rester cachée toute la journée tout de même !
Une harpe...cet instrument qui était capable de reproduire des voix mélodieuses s'appelait une harpe...Rei fit un pas un avant, puis deux, les mains bien cachées derrière le dos tandis qu'elle s'avançait doucement, ses yeux regardant le sol de pierre. Lorsqu'elle ne fut qu'à un mètre de son interlocutrice, elle s'arrêta, tandis que la musicienne cessait de jouer de son instrument.
-Assieds toi, je t'en prie ! dit-elle en lui désignant l'un des nombreux coussins qui formaient son petit « lit de rue ».
La jeune fille obtempéra, se mordant légèrement sa lèvre inférieur qui ne pouvait s'empêcher de trembler. La musicienne avait beau être une gentille personne, Rei agissait toujours ainsi en présence de personne qu'elle ne connaissait...oh bien sûr, Kimiko avait été une parfaite exception, mais peu importe !
-Alors dis moi, quel est ton nom ma grande ?
La jeune fille osa enfin poser son regard sur la musicienne, ses yeux glissant le long de ses quelques rides pour remonter vers ses pupilles couleur pomme. Elle n'était pas spécialement belle et élégante, mais elle arrivait tout de même à inspirer une certaine force de l'âme ! Rei entrouvrit les lèvres avant de les refermer précipitamment, balayant du regard tout ce qui était bon à observer. On l'avait souvent insulté lorsqu'on lui avait adressé la parole et qu'elle n'avait pu exprimer une réponse suffisante...sans doute qu'il en serait de même avec cette vielle personne ! En fait, non, il n'en fut rien. La vielle se contenta d'un simple toussotement avant de sourire de toutes ses dents, ses doigts ramenant des mèches de cheveux blancs derrière ses oreilles.
-Ce doit être tes parents qui t'on apprit à ne pas te confier à des inconnus. Cela doit prouver une très bonne éducation de leur part, tu ne penses pas ?
La jeune fille se sentait réellement gênée cette fois-ci. Pourquoi lui parlait-elle d'éducation et de parents alors que la concernée s'était mise en devoir de l'espionner pendant un moment ? Non...ce n'était pas de l'espionnage mais de l'observation ! Rei n'était pas une fille qui commettait ce genre de délit portant atteinte à l'intimité des autres ! De plus, si cette vielle femme jouait dans la rue, s'était pour être écoutée, non ? Alors quel mal pouvait-il y avoir à cela ?
Devant tant de timidité et de gène, la vielle femme se mit à rire de bon c½ur, jouant de sa harpe pour accentuer cet effet de décontraction. Essayez t-elle de la mettre mal à l'aise ou bien tentait-elle, au contraire, de la détendre ? Rei se moquait de la principale raison ! La seule chose qui l'intéressait, c'était de pouvoir suivre des yeux la course des doigts frêles qui parcouraient les cordes de l'instrument de musique. Alors que c'était le souffle qui animait l'ocarina, les doigts d'une personne suffisaient amplement à sortir la harpe de sa torpeur...il existait alors beaucoup d'autres façons de parler ?
-Alors j'avais raison ? C'est ma harpe qui t'intéresse autant ? Viens, approche. N'aie pas peur !
Sans un mot de plus, la vielle dame lui prit délicatement la main, l'amenant vers les cordes de son instrument. C'était rugueux, tendu...le contact n'était pas spécialement agréable, la musique qui en résulta était la plus belle chose qui puisse être entendu ! Comme Rei n'avait que légèrement frotté les cordes, elle n'entendit qu'un faible murmure. Mais lorsqu'elle y mit plus de conviction, ce fut un véritable éclat de voix, comme si une personne s'était mise à hurler tout près de son oreille !

La jeune fille se raidit, bouchant ses oreilles, imitée de près par la musicienne qui se retenait d'éclater de son rire si aigu.
-Doucement, voyons ! Ce n'est pas comme un objet d'art que l'on peux tripoter dans les sens que l'on veut ! C'est plus, beaucoup plus que cela ! Laisses toi aller et taches de ressentir plutôt que d'écouter.
Rei approuva de la tête, laissant la vielle musicienne prendre définitivement possession de sa main et de ses doigts. Ce n'était plus que de vulgaires objets servant à mettre en marche la voix de l'instrument, et c'était la vielle dame qui manipulait ces objets, les plaçant, les déplaçant, les frottant contre les cordes de la harpe, et tout cela à sa guise ! Ses mains ridées n'étaient pas aussi chaudes et accueillantes que celles de Kimiko, sans foute à cause de sa force de l'age...mais la jeune fille pouvait ressentir une certaine autorité, une expérience qui prouvait que la dame aux cheveux blancs gardait un véritable puit de connaissances en son moi intérieur.
-Tu la sens maintenant ? Fermes les yeux, petite. Oublies ce qui t'entoure et contentes d'écouter !
Mais elle ne faisait que ça, enfin ! Non...c'était ce qu'elle croyait jusqu'à ce qu'elle l'entende vraiment : une vibration qui se répercutait dans tout son corps, dans toute son âme d'enfant...Comme si ses cordes vocales avaient grandi et que la moindre parcelle de son corps était devenue une note de musique. Alors c'était vraiment ça chanter ? Comme c'était beau...comme c'était triste...
Rei en avait presque oublié les doigts de la musicienne qui des déplaçaient ses propres humains sur les cordes vocales de l'instrument, se contentant uniquement de chanter, tout simplement. Se rendait-elle seulement compte qu'elle était elle-même devenue musicienne ? Les mains de la vielle femme avaient fini par la lâcher, tandis que Rei continuait de chanter instinctivement, comme si c'était naturel, comme si elle avait fait cela toute sa vie.
-Allez stop ! Il ne s'agirait pas de te laisser dépérir de cette façon !
Le contact fut rompu, alors que la jeune fille ré ouvrait les yeux, éblouie par le soleil de Devdan et étonnée d'entendre tant de bruits autour d'elle...une véritable cacophonie de sons aussi perçants que troublant ! Ses yeux se tournèrent, incrédules, vers la musicienne dont les paupières papillonnaient doucement, ses lèvres tremblant sous le fou rire qu'elle tentait, apparemment, de contenir.
-Tu devrais voir ta tête, mon enfant ! Je te jure qu'il faudrait absolument l'immortaliser sur une toile de maître, cela en vaut vraiment la peine !
Sans la ridiculiser d'avantage, elle se mit en devoir de refaire chanter sa harpe, seule avec elle même, tandis que Rei ruminait intérieurement cette humiliation que la vielle était en train de lui faire subir. Elle devait vraiment la prendre pour cette enfant idiote qui ne savait rien faire et que la jeune fille avait été encore il y a quelque jour...
Mais ce qu'elle ignorait, c'était que Rei était capable de jouer avec le vent ! Sa cordelette glissa le long de sa pochette, tandis que l'ocarina libéré s'extirpait gracieusement de sa prison de cuir. Déjà la joueuse d'harpe l'observait avec étonnement, n'arrêtant pas pour autant les mouvements de ses doigts sur son merveilleux instrument. C'était enfin au tour de « l'enfant » de ridiculiser la vielle !
La brise des vents et le martèlement de pluie de Tempête vint accompagner le chant de la musicienne, s'accompagnant délicatement à celle-ci. Au loin, l'heure du douzième carillon se mettait à sonner.

***

Finalement, cela a été plus terrible que prévu...Rei était persuadée que ce soi-disant artiste profitait du corps nu de ses modèles, ses longs doigts parcourant leur peau, les découvrant, les caressant, comme s'il aurait suffit ensuite d'un simple attouchement pour qu'il se rappelle aussitôt du corps de n'importe laquelle de ses modèles ! C'était, en tout cas, la sensation qu'elle en avait gardé avant qu'il ne commence à faire ses premiers dessins avec ce qui ressemblait à du fusain.
Les premières touches de peintures avaient ensuite recouvert une partie de sa peau...Dieu, que ça pouvait être froid ! Le peintre n'avait cessé de lui rappeler de ne pas bouger, étant parfois obligé de demander de l'aide à l'une de ses collègues pour pouvoir maintenir la jeune fille en place, allongée sur une table de travail au matelas incroyablement doux.
Rei n'avait qu'une envie : c'était de se tortiller comme un ver de terre pour échapper aux mains de son tortionnaire pour ensuite se carapater vite fait bien fait ! Mais sans doute que Kimiko n'apprécierait pas...Dans tout les cas, la jeune fille avait cessé de contorsionner une fois que la guerrière blanche avait fait irruption dans la salle du peintre pour « vérifier si tout se passait bien ». Il était certain qu'elle savait que ce peintre était un fief pervers et, comme par enchantement, celui-ci n'avait pas tardé non plus à arrêter ses attouchements. Inutile de préciser que le reste du maquillage recouvra le reste du corps de Rei beaucoup plus rapidement que prévu, et ce qu'elle avait en face d'elle...face au miroir d'obsidienne, dépassait tout ce dont elle avait pu imaginer ! L'artiste eut juste le temps de placer une étrange par dessus les cheveux de la jeune fille avant que celle-ci ne constate le résultat final.
-Je l'ai appelé la Nuit ! Alors ? Quand penses tu, gamine ?
La Nuit...alors lui aussi donnait des noms à ses compositions artistiques ? La Nuit...avec ses mélanges de noirs et de bleus, de violets et de blancs...Des symboles sombres se dessinaient sur ses cuisses et ses bras, comme des tridents tordus de démons farceurs. Un collier jaune avait même était peint autour de son cou, si réel qu'il faudrait uniquement approcher la main pour pouvoir le saisir sans difficulté.
Mais c'était d'avantage qu'une simple représentation, qu'un simple ensemble de touches de couleurs harmonieusement disposées. Il y avait un message derrière de bleu et ce noir, un message qui voulait clairement dire : « J'aime ce que je fais, j'aime créer la beauté et aucune langue de vipère ne pourra gâcher mes ½uvres par de perfides paroles empoisonnées ! ». Rei avait beau continuer à penser que ce peintre était un fief pervers, elle du tout de même admettre la transformation dont son corps avait été le sujet était sublime...extraordinaire !
-Elle ne parle jamais votre gamine ? Elle a mangé sa langue ?
-Ne vous faites pas de soucis à ce sujet, ma petite Rei n'a plus laissé sortir sa voix d'entre ses lèvres depuis la nuit des temps !
-Ah...déjà que j'ai eut beaucoup de mal à avoir son consentement, j'ai clairement l'impression qu'elle se moque éperdument de son maquillage !
Il était susceptible l'ami...mais dans un sens, la jeune fille le comprenait puisque c'était exactement ce qu'elle avait ressenti pendant un temps. Mais, désormais, elle se sentait intimidée tant son déguisement de couleurs était superbe.
On lui avait offert la survie, de superbes vêtements, la possibilité d'assister à la fête du Carnaval et même d'y participer ! Et elle ? Qu'avait-elle offert ? Tout en ignorant les deux adultes, Rei se rendit près de ses vêtements qui avaient été soigneusement pliés puis posé sur une chaise de pierre fixée au sol. Repoussant sa tunique du bout des doigts, elle découvrit sa sacoche, l'ouvrant fébrilement et cherchant ses possessions à l'intérieur avant de revenir vers l'artiste, les mains fermées et placées derrière son dos.
L'homme au tablier recouvert de peintures la fixa silencieusement, ses sourcils se fronçant sous la préparation de la prochaine insulte de la part de la jeun fille. Mais il n'en fut rien ! Rei tendit sa main droite, écartant doucement ses doigts tandis que la brillance du lingot Davdanien qu'elle contenait venait se refléter dans les pupilles de l'artiste. Incontestablement, Kimiko avait aussi beaucoup de mal à contenir une stupéfaction qu'elle n'avait sans doute jamais ressentie.
-Que...que veux votre fille avec ce...cette petite fortune ?
-Prenez le...

Il se tourna vers la guerrière, ayant probablement du mal à se rendre compte sur ce qui était en train de se passer. Rei était peut-être en train de commettre la pire stupidité qui soit...mais elle aimait être stupide et faire des choses que personnes n'oserait faire !
-Pardon ? Vous...vous plaisantez j'espère ! dit-il dans un murmure avant d'hausser le ton, paniqué. Attendez, je ne peux pas ! Je ne veux pas avoir affaire à des voleurs ! Je...vous...partez, s'il vous plait !
-Grand idiot ! Elle est en train de vous faire un cadeau !
-Vous voulez dire que...que...
Qu'il était lent d'esprit celui-ci ! Kimiko avait approuvé de la tête alors que Rei n'avait pas bougé d'un cil, la main toujours aussi généreusement tendue vers le peintre, ne clignant pas même des yeux. Finalement, il se tourna enfin vers elle, la lèvre tremblante alors que ses yeux alternait entre ce lingot davdanien était le visage on ne peut plus sérieux de la jeune fille. Leurs doigts se rencontrèrent et le lingot changea de propriétaire. Une bêtise...elle était en train de faire une bêtise...mais c'était une bêtise dont elle était particulièrement fière, et personne ne pourrait la contredire !
-Merci petite...merci beaucoup !
Rei se détendit, lui offrant un magnifique sourire sincère, ce que le peintre en tablier...ce peintre pauvre qui vivait de sa passion, s'empressa de lui rendre.
-Votre fille est toujours aussi généreuse ?
-Je dois admettre que jusque-là...je ne la connaissais pas !
Rei non plus ne se reconnaissait pas...Peut-être que, au fond, elle n'avait jamais appris à se connaître elle-même ! En ce cas, elle avait encore beaucoup, beaucoup de progrès à faire ! Les deux déguisées franchir ensemble le seuil du bâtiment de pierre, se dirigeant cette fois-ci vers la place centrale. La jeune fille se savait observée, alors qu'elle marchait tout en regardant ses bras recouverts de ce qui semblait être une seconde peau colorée. Le travail avait tellement bien fait...elle n'avait pas eut affaire à un débutant !
-Rei ? Pourquoi avoir dépensé une telle somme pour un simple maquillage ? C'est du gâchis ce que tu viens de faire !
L'intéressée haussa des épaules, tournant ses beaux yeux couleurs ciels vers Kimiko qui la regardait également, plus désorientée qu'en colère. Désormais, il ne lui restait qu'un lingot davdanien...un seul qui valait tout de même de quoi se faire une place loin de la poussière pendant au moins une saison complète ! Un seul lingot qui susciterait beaucoup de convoitise si sa propriétaire l'exhibait en publique. Rei en avait réellement conscience, alors pourquoi se désintéressait-elle totalement d'une telle fortune ? Elle qui avait fait des quartiers pauvres sa demeure pendant toutes ces années qui avaient précédé sa rencontre avec la guerrière blanche.
-J'ai parfois du mal à comprendre tes intentions, jeune fille ! Mais...tu n'est pas comme les autres. Tu as beau être peureuse et pleurnicharde, tu es aussi généreuse...c'est une qualité rare.
Rei fit ce qui ressemblait à un rire, les yeux plissés et les lèvres figées en un rictus amusé. Kimiko en fit de même...son premier vrai rire depuis qu'elle la connaissait ! Et ce rire était plus beau que les plus magnifique mélodie qu'une harpe était capable de produire. Oui, beaucoup plus beau !
De retour dans leur « chez eux de Devdan », ces deux personnes entreprirent de se préparer pour la fête de tout à l'heure. Rei se contenterait d'une simple robe sombre légèrement transparente qui aurait pour utilité de ne faire rien perdre de son superbe maquillage...avec bien sûr quelque chose qui cacherait la nudité de son bassin, soit un vêtement tout aussi sombre que la Nuit.
Kimiko, quand à elle, s'était réservée un habit bien plus singulier, histoire de profiter de sa nouvelle félinité ! De fausses oreilles en triangles avaient été placées par-dessus sa chevelure blonde, elle-même coiffée sous la forme de deux tresses, donnant un air tout aussi enfantin que dangereux. Ses faux ongles ressemblaient presque à de véritables griffes, prêtes à tomber sur une proie pour pouvoir s'en servir et pour éviter de la laisser s'échapper. C'était terrifiant et brutal...oui, une beauté brutale qui lui allait très bien !
De sa chambre, Rei pouvait nettement entendre la foule de gens qui commençaient à se presser vers la place centrale, tous parés de leur costume qu'il croyait à chaque fois unique, sensationnel, inimitable ! Un costume qui ferait d'eux le clou de cette semaine de fête et de détente ! Comme les riches pouvaient mener une vie paisible, avec des infantilités en guise de problèmes...
-Il va être temps d'y aller ! Une fois le carnaval commencé, je te donnerai tes nouvelles consignes pour que ton déguisement puisse servir. Mais rappelle toi que mon but à moi est avant tout d'enquêter, et non de m'amuser ! Ne l'oublie surtout pas, histoire de te mettre un minimum en sécurité !
Rei le savait très bien, oui ! Ce qu'elle savait aussi, c'était que la soirée et les prochaines soirées encore risquaient d'être incroyablement longue. C'était très certainement pour cela qu'elle tremblait de tout ses membres.






Rei chapitre 2: La couleur de l'infinie partie4

# Posté le vendredi 20 juin 2008 11:08

Modifié le lundi 23 juin 2008 14:55