La bible!

La bible!
Mon frère est Chrétien mais pas moi. Pourquoi je dis ça? Parcequ'un jour j'ai voulut lire sa Bible pour passer le temps et la première phrase que je lut est: "Dieu créa l'homme à son image". Et là, j'ai eut l'idée que je cherchais depuis un moment, celle de créer une pièce de théatre entièrement délirante et reprise à partir de la Bible!

On me d
ira sans doute que ce n'est pas bon de d'humoriser la religion, que c'est tabou...etc! Mais c'est parceque c'est tabou que j'ai envi de faire cela! Alors je m'explique. Et si Dieu n'était pas comme nous le croyons? Et si Dieu avait créé l'homme et la femme uniquement sous l'effet de l'ennuie? Et si Dieu avait créé l'homme et la femme pour qu'ils l'idolatrent et pour analyser les différents comportements qu'ils peuvent avoir? Ainsi, Dieu agirait comme un apprenti Emile Zola, observant l'espèce humaine avec une loupe, leur donnant les idées racistes, les faisant prier le Seigneur, uniquement pour observer leurs réactions.

Le
but ne serait en aucun cas de critiquer puisque je parle en terme de "si". Et SI Dieu n'était pas comme on le croyait? Le but de cette pièce de théatre aurait un interet purement humoristique et délirant mais je tiens à avoir votre avis, en sachant que je l'ai déja commencé et que même mon frère a trouvé cela amusant^^
En att
endant, je continue en même temps la Pierre des cinq lois puisque cette pièce de théatre est incroyablement facile à réaliser, le tout étant surtout reprit de la Bible. Alors, votre avis?

# Posté le dimanche 20 juillet 2008 06:46

chapitre 2 Pierre des cinq lois TOME 2

Chapitre 2



Il faisait encore sombre pourtant...la nuit n'avait toujours pas lâché son emprise sur le monde ! Alors, malgré sa fatigue évidente, pourquoi Davita s'était-elle réveillée ? Elle tourna son visage épuisé vers les cendres rouges et encore chaude qui représentaient le reste du grand feu. Elle savait que, tôt dans la matinée, elle devrait le rallumer à la demande de son maître...mais il était encore trop tôt, beaucoup trop tôt !
Son sang se glaça lorsqu'elle entendit un bruit de verre brisé suivit d'un horrible juron : Il y avait quelqu'un à l'intérieur de la taverne de Po'Merleau !
Du calme, pensa t-elle, respire et reprend toi...ce n'était que le maître, après tout elle avait reconnu la voix ainsi que l'injure qu'il aimait à employer. La jeune Navïn se mit donc à genoux, se déplaçant pour faire face à la table où le maître Po'Merleau était attablé.
Cet humain était encore ivre...assit de biais sur l'une des nombreuses chaises de la table, il achevait de boire le contenue du bouteille dont l'odeur était si forte qu'elle parvenait jusqu'aux narines sensibles de Davita. Le maître avait beau être un humain aussi cruel que ses semblables, elle savait qu'il était tout aussi malheureux. Il était très malade, était sujet à de courantes déprimes qui le faisait parler tout seul et l'amenait à s'enivrer pour oublier. Davita avait beau le détester, elle le prenait un peu en pitié, bien qu'elle ait beaucoup de mal à le reconnaître.
Po'Merleau tourna ses yeux vitreux vers son esclave alors que celle-ci se raidissait, se laissant choir par terre et faisant semblant de dormir. Peine perdue ! Il se leva avec une extrême lenteur, s'appuyant contre la table en tremblant comme si ses pauvres muscles étaient aussi malades que l'esprit de ce terrible humain. Davita avait peur...Davita avait vraiment très peur ! Et il commençait déjà à s'approcher avec beaucoup de précaution, franchissant le cercle de territoire de la jeune Navïn.
-Ne...ne fais pas...se...se...semblant de dormir, petite...sotte ! Je n'aime pas ce...cette attitude ! J'ai l'im...j'ai l'impression que tu...m'espionne quand tu...tu agis de la sorte !
Par tout les Reeyaks, il sentait fort ! Il sentait même plus fort que d'habitude ! Davita connaissait les effets néfastes des décoctions humaines sur leur esprit, ça les rendait fous, sans aucune conscience et les faisant agir d'instinct ! Lorsque le maître la toucha du bout de sa semelle, l'esclave Navïn se redressa aussitôt, faisant le tour du reste du feu pour se tenir éloignée de son maître.
Elle savait qu'elle n'avait pas le droit ! Po'Merleau n'aimait pas la désobéissance...mais il lui arrivait de se montrer clément alors...peut-être que cette fois-ci...non, il ne fallait pas trop rêver non plus !
-Que...que fais tu ? Tu as peur ? Al...allons, viens par...ici !
Davita n'obtempéra pas tout de suite mais fut très vite forcée d'obéir lorsque le maître haussa le ton, lui faisant signe de venir du bout du doigt. La jeune Navïn s'approcha à genoux lentement...très lentement...sans doute cela aura agacé son comportement puisqu'il la saisit par les cheveux, la forçant à se relever avant de la protéger en dehors du cercle de territoire.
Horrifiée, Davita tenta de s'arrêter, de rester à l'intérieur du cercle, griffant le sol de ses pattes en agitant les oreilles en tout sens. A peine son corps eut-il franchit le périmètre du cercle qu'une violente douleur se répandit dans tout ses muscles, la faisant hurler comme elle hurlait à chaque que son maître la torturait ainsi
Ses anneaux en or se mirent à scintiller tandis qu'une force incroyable essayait de la tirer vers le cercle, attirant chacun de ses quatre membres. C'était comme si quatre paires de bras s'en étaient prises à elle, la maltraitant, la frappant et la tirant en tout sens.
Davita retomba sur le dos à l'intérieur du cercle, haletante, sans aucune égratignure mais les muscles endoloris...comme toujours ! Cette fois, elle ne put empêcher ses larmes de couler, poussant de légers feulements de tristesses avant de se recroqueviller sur elle-même.
-Horrible petit...créature ! se mit à hurler son maître avec beaucoup de peine. C'est tout ce...ce que tu mérite et pourtant...c'est...ce n'est rien comparé à...ce que moi j'ai...en...enduré dans ma vie !
Il s'approchait de nouveau, ses bottines trainant sur et le faisant tituber. Mais il était hors de question pour Davita de se laisser faire une nouvelle fois ! Se retournant sur le dos avec le peu de force qui lui restait, elle se mit à quatre pattes, tout les poils de son corps se hérissant alors qu'elle retroussait ses babines, montrant les crocs à son maître. Ses griffes grattèrent le sol, tentant de le menacer par leur simple présence.

C'était encore une nouvelle erreur...Po'Merleau savait très bien, tout comme son esclave, que la jeune Navïn n'avait nulle intention de le blesser ! Une gifle magistrale la refit chuter à terre, lui laissant un goût de cuir sur sa langue. Cette fois-ci, elle était allé trop loin !
-Petite effrontée ! Je m'en vais te...t'a...t'apprendre la politesse...moi !
Il relevait la main pour la saisir mais Davita fut plus rapide, la lui griffant terriblement. L'humain hurla, se tenant le bras avant de chuter par terre, la mixture forte achevant de faire son effet dévastateur sur le corps de cet homme cruel.
-Maudite...je...je vais te tuer !
Davita ne comprit pas ce qu'elle était en train de faire, agissant sous l'effet de la peur. Ses bras s'agitèrent en tout sens, canalisant sa Source et faisant remonter son pouvoir vers le bout de ses doigts.
Les cendres brûlantes du feu s'envolèrent avec légèreté, tourbillonnant sur elle-même avant de se jeter sur leur victime. Tentant de s'insinuer par toutes les cavités de son visage, elles entreprirent de dévaster l'intérieur de son corps, brûlant tout sur leur passage. Le maître aurait voulu hurlait...mais il ne pouvait pas, agité de spasmes avant de s'immobiliser définitivement. Le maître...il dormait de son éternel et dernier sommeil...
C'était fait...c'était enfin fait...Cela faisait depuis tellement longtemps que Davita voulait le faire ! Mais en agissant de cette façon, elle savait très bien qu'elle venait de signer son arrêt de mort, elle connaissait en partie les lois de ces humains, sans compter qu'ils détestaient les représentants de leur espèce !
La jeune Navïn regardait le corps de son maître. Celui-ci semblait en bon état si on ne prenait pas en compte l'odeur de brûlé qui agressait ses narines. Ses membres se mirent à trembler, refusant de la maintenir debout plus longtemps. Elle tomba donc à genoux, les yeux rouges de peur et de tristesse. Où était Maman Navïn ? Davita aurait bien voulut avoir quelques paroles réconfortantes ou même recevoir la langue maternelle qui lui léchait affectueusement le visage et les pattes avant. Mais c'était révolu tout ça, Maman Navïn ne la sauverait pas de la loi des humains !
Davita se roula en boule, entourant son corps de sa queue avant de se mettre à geindre et à miauler de peur. Elle était seule...elle était toute seule ! Pas un bruit, pas un souffle, pas même une petite lumière réconfortante. Et ce cadavre qui empestait !
-Bon sang...quel pagaille ici...
Ce son, cette voix...la jeune Navïn se remit sur ses pattes, les oreilles aux aguets. Qui avait dit ça ? Encore un humain ? Et qui allait découvrir son maître...ou plutôt ce qu'il en restait ? Mais elle n'avait pas du tout le courage de se défendre une nouvelle fois ! Alors pourquoi ? Pourquoi maintenant !
Ses yeux peinaient à voir dans le noir...dans le temps elle parvenait à confondre le jour et la nuit, mais la fatigue était désormais telle que même cette faculté de base avait presque disparu ! Elle dû donc se résoudre à écouter, ses oreilles se tournant dans divers sens à l'affût du moindre bruit et du moindre frottement.
Davita sembla l'apercevoir : une silhouette qui se tenait comme elle, à quatre pattes, et qui s'avançait dans sa direction. Effrayée comme jamais elle ne l'avait été, elle tenta de reculer du mieux qu'elle pouvait, manquant de toucher le petit reste de cendre chaude dans l'âtre.
Finalement, elle avait eut peur pour rien...Une étrange petite créature blanche était en train de flairer le corps du maître, touchant l'une de ses jambes du bout du museau avant de reculer, sans doute dégouttée par l'odeur. La jeune Navïn écarquilla les yeux au moment où elle la reconnaissait.
C'était la dormeuse de cette après-midi ! Celle qui avait dormi sur les genoux du vieil humain ! Mais alors, cela voulait dire que c'était elle qui venait de parler ? Davita avait beau ne s'étonner de rien, à part les humains elle n'avait jamais vue une seule bête parler leur langage !
-Mathilde ! Chipie de première catégorie ! Où donc es-tu encore passée cette fois-ci ?
Cette fois-ci elle en était certaine : C'était un humain qui venait de parler. L'esclave Navïn se mit à plat ventre, espérant pouvoir se camoufler sur le sol. Mais elle n'avait pas encore beaucoup de poils à cause de son jeune age et, de toute façon, le pelage Navïn n'était pas fait pour le camouflage !
Au lieu de s'en aller, l'étrange créature blanche repéra Davita, trottinant vers elle comme pour comprendre pourquoi elle tenait de se cacher. Son museau se frotta contre l'une de ses joues, la flairant tandis que ses yeux curieux l'observaient. Pour finir, elle poussa un bêlement joyeux, faisant sursauter la tueuse de maîtres. Quelle idiote petite chose ! Davita voulait la repousser d'un coup de patte...mais c'était un peu trop tard maintenant !
-Ah te voilà ! Et je vois que tu t'es faites une nouvelle copine en fin de compte !
Le sang de Davita ne fit qu'un tour avant de se geler, une sueur froide venant remplacer la transpiration salée qui avait coulé sur son corps durant toute la journée. Fichu...elle était fichu !

Une silhouette se dessina enfin dans l'ombre, près de la table où le maître Po'Merleau s'était installé pour boire. Il allait s'approcher...il allait voir le corps du maître...il allait la mettre à mort ! Les oreilles plaquées sur son crâne, elle ne bougea pas d'un cil, alors que la stupide bête trottinait gaiement autour d'elle.
-Encore une pauvre victime de l'alcool...tu peux te relever mon enfant, tu n'es pas encore aussi douée que tes semblables pour le jeu du cache-cache.
Qu'avait-il dit ? Encore un humain qui se moquait d'elle ? Comme prévu, il s'approcha tranquillement du cercle de territoire. Par contre, ce qui était surprenant c'était que cet humain était le vieil homme qui avait commandé du « lé » ! Ainsi donc, la petite créature ne se déplaçait jamais sans ce qui semblait être son maître !
Lorsqu'il eut franchi le cercle de territoire, la jeune Navïn en déduit, épouvantée, qu'elle était définitivement fichu, se redressant brusquement avant de reculer jusqu'aux limites du cercle derrière elle, le poil hérissé par la peur.
Le vieil humain se pencha sur le cadavre avant de reculer prestement. Lui aussi avait senti la terrible odeur d'alcool qui se dégageait du maître car il se pinça le nez avec sa main ridée, posant ses yeux sur la jeune Navïn tremblante.
-Nous allons dire que c'est l'alcool qui l'aura tué, il suffira juste d'apporter sa bouteille tout près de son corps. Et pour ton cas, il ne sera pas compliqué d'inventer ton...excuse moi...meurtre.
Son meurtre ? Alors cet humain voulait la tuer ? Elle le savait, ils étaient tous aussi perfides les uns que les autres ! Ses griffes se tractèrent, alors qu'elle grondait furieusement, prête à se jeter sur lui s'il faisait le moindre faux mouvement. Après tout, il devait très très vieux et ses lents et délicats mouvements trahissaient sa faiblesse !
Pourtant il se mit à sourire, tremblant, pendant qu'il tentait de se relever du mieux qu'il pouvait. Par tout les Reeyaks, que ce bonhomme pouvait être vieux !
-Tu m'as mal comprise, mon enfant ! Ces bracelets que tu portes, je connais très bien leurs effets. Vu qu'il t'es impossible de sortir d'ici avec ces bracelets, on va dire que des être malfaisant son venu, ont profité de la mort du tavernier Po'Merleau...ou à la limite l'on provoqué, t'on tué avant de traîner ton corps ailleurs pour en faire je ne sais quoi. Je sais que ça peut paraître...choquant à première vue. Mais crois-moi, on se fait vite à la raison que les gens te croient décédée, et il vaut mieux que ce soit le cas pour toi, quand penses-tu ?
Une chose était certain, elle ne comprenais rien à ce qu'il disait, sans compter le fait que ce soit un bavard sans double doublé d'un radoteur ! Mais peut-être que, à bien y réfléchir, il ne voulait pas de mal...Son attitude était différente des autres humains qu'elle avait côtoyé.
Le vieil homme s'approcha un peu plus de la jeune Navïn sans être trop près non plus, ramenant ses jambes vers lui pour les placer en tailleur. La petite bête blanche en profita pour s'y installer confortablement, mettant son museau entre ses pattes avant.
-Nous n'avons pas toute la nuit, mets prends le temps de m'écouter un peu, jeune craintive. Qui sait si tu ne trouves pas ma proposition intéressante.
Fallait-il lui faire confiance ? Dans le fond qu'avait-elle à perdre désormais ? Davita s'installa sur les fesses, les genoux repliés vers elle alors qu'elle était toute ouïe. Il y avait quelque chose qu'il fallait qu'il lui explique cette histoire de bracelet car, jusqu'à maintenant, elle ne connaissait qu'un homme qui était au courant de tout les secrets de ces chaînes maudites...le même homme à qui elle devait son malheur !
**



-Kannan sera là dans deux semaines ? D'où tiens-tu ces informations, Apolïncer ?
-Tout le monde en parle dans la cité ! Il n'a même pas voulu cacher son arrivée ! Ses émissaires cours les rues pour prêcher sa bonne parole ! Ils doivent penser que les habitants du Célénistie sont aussi moutons que ceux de Shihab !
-Mais c'est une catastrophe ! Nous n'avons toujours aucune information concernant le lieu de détention du porteur !
Emeline se mit à faire les cents pas à l'intérieur de la pièce, ses griffes sortant et se rétractant sous la panique. Apolïncer aussi avait du mal à garder son anxiété pour lui...Alisha, par contre, était toute occupée à surveiller un blessé dans l'unique lit de la pièce, remplaçant l'éponge de son front par une autre beaucoup plus froide, dans l'espoir de faire descendre sa température.
Cet homme, ce Jeulin...Apolïncer ne savait s'il devait le respecter ou le blâmer ! Après tout, c'était un peu à cause de lui que Tenak s'était fait prendre ! Il n'aurait pas été surprenant qu'il ait prit le jeune berger en chasse depuis Shihab ! Mais, le jour fatidique, il avait été suffisamment courageux pour se dresser contre les traqueurs, renonçant au dernier moment à la capture de Ten, à ses dépens !
La blessure de la lame qui l'avait traversé était profonde...mais c'était un homme chanceux ! Alors que ses deux camarades qui l'avaient accompagné étaient mort sur le coup, aucun de ses propres organes ne semblaient avoir été touché. Une chance de seigneur ! Sa vie à présent hors de danger, il fallait tout de même attendre qu'il se remette en état pour le laisser tranquille...et ça, Alisha y tenait beaucoup !
-Il faut trouver une piste !
-Pardon ? s'étonna le contrebandier qui reprenait ses esprits.
-Je disais, recommença la Navïn aux yeux jaunes, qu'il faut trouver une piste aujourd'hui ! Plus nous attendons et plus le porteur risque de se mettre en danger. Nous n'avons peut-être qu'une semaine, tout au plus !
-Pardon ? Une semaine ? Mais Kannan vient dans...
Non, mieux valait laisser tomber ! Ces Navïns parlaient par énigmes depuis quelques jours et cela devenait parfois difficile de les comprendre. Il valait mieux se concentrer sur le fait que les indices récupérés étaient simplement inexistants !
-Il faudrait quelqu'un en qui on puisse avoir confiance ! commença Emeline. Mais avec les humains on ne sait jamais si...
-Ça veut dire quoi ça ? s'exclama le contrebandier.
-Apo...
Apolïncer se tourna vers Alisha qui l'avait appelé, n'adressant qu'un bref regard au pauvre blessé. Patient, il attendit que la Navïn ait vérifié une nouvelle fois la blessure de ce Jeulin avant de se relever, léchant un doigt sur lequel perlaient quelques gouttes de...sang ! Sans doute que la blessure n'était pas encore refermée...bêtes immondes !
-Apo...te souviens de cette femme avant notre dernier départ de la cité ?
-De cette femme ? Quelle femme ?
-Mais si ! Réfléchis un peu !

C'est ce qu'il fit. Apolïncer se mit donc à réfléchir, tentant de se remettre à l'esprit ses derniers souvenirs. Des femmes, il en connaissait beaucoup, alors comment pourrait-il...
Soudain, tout devint plus clair ! Oui, Alisha était en train de parler de la belle fleur Karine ! Cette magnifique et ravissante créature à la chevelure flamboyante ! Celle qui lui avait tendu un sale coup à l'Auberge de la Bonne Fortune et qui en avait, pour ainsi dire, provoqué son incendie. Oui, Apolïncer s'en rappelait très bien.
-Oui, c'est de Karine que tu parles.
Alisha approuva de la tête, rejoignant Emeline qui regardait par la fenêtre de l'auberge dans laquelle ils se trouvaient. Une auberge où les deux Navïns avaient du se faire discrètes pour ne pas être remarquées !
-Oui, c'est ça. Karine ! Connais-tu assez bien cette femme ? Quand je l'ai vu la dernière fois elle semblait craintive.
-Plus ou moins, oui...disons que nous avons passé la nuit au coin du feu.
Un léger sourire radoucit son visage. Elle avait eu quoi être craintive, la pauvre petite fleur. C'était à elle qu'il avait demandé de lui apporter tout le matériel d'ascension vers le col de Jilimaro. Depuis lors, elle avait très certainement retenu la leçon.
-Est-elle digne de confiance ?
-On va dire que maintenant oui ! dit-il sans hésiter. Mais où veux-tu en venir à la fin ? Non, ne dis rien...tu veux la questionner ?
Approuvant une nouvelle fois, Alisha leva les yeux vers le plafond, regardant dans l'un des quatre angles. Suivant son geste, le contrebandier aperçut également la petite toile d'araignée était presque camouflée avec la couleur blanche de la pièce.
-Écoute, j'ai un plan. Mais pour moi il me paraît assez complexe alors ouvre bien grand ce qui te sert d'oreille.
En résumé, elle proposait d'abords de questionner Karine puis de créer une sorte de filet avec les autres amitiés de la femme rousse. En plus simple, Alisha proposait de transformer la cité portuaire en un véritable nid d'espion !
Apolïncer en resta abasourdi...comment une femelle Navïn avait pu avoir une idée aussi...aussi...aussi humaine ! Non, pas humaine...plutôt risquée et réalisable en même temps.
-Je connais ce procédé. J'emploie le même dans la ville de Tanempa. Tu veux créer une véritable toile d'araignée ? Et en quelques jours seulement ?
-Et pourquoi pas ?
Pourquoi ? Mais c'était impossible enfin, et c'était surtout très saugrenu ! Mais c'était pour ça que ce plan lui plaisait ! Oui, même si Apo détestait les Navïns, il trouvait cette idée tout simplement superbe, un véritable chef d'½uvre ! Comme ce genre de petits moments lui manquait à Tanempa...il fut une époque où il pratiquait ce genre de plan tout les jours !
-Alors ? s'impatienta la Navïn blonde.
-Comme tu l'as dit : pourquoi pas ?
-Juste un léger problème : il faut savoir où la trouver.
-Ne t'en fais pas, ma grande ! Je sais où la belle fleur bleue se cache ! Mon vrai souci personnel est de savoir si elle sera contente de me voir.
**



Le Célénistie était presque deux fois plus grand que Tanempa ! Aussi Apolïncer n'avait-il pas honte d'utiliser la carte qu'il s'était procurée voilà une semaine maintenant. Il était sorti du quartier des jeux, franchissant la zone marchande pour arriver à la limite de la zone portuaire. Ce simple déplacement avait prit presque un quart de journée, mais le plan d'Alisha lui chatouillant toujours le ventre, il avait trouvé cette balade très reposante !
Il n'en était pas de même pour Emeline qui ronchonnait depuis le début du trajet. Tout d'abords parce qu'elle aurait voulu rester auprès de celle qu'elle appelait « l'humain Jeulin » à la place de son amie à la chevelure dorée. Et ensuite parce qu'elle ne supportait pas être chapeautée de la sorte, sans compter son nouvel habillage qu'elle trouvait horrible.
Les Navïns raffolaient des tuniques courtes, pratiques pour leurs déplacements de félin. Désormais, Emeline était obligée de porter une longue robe bleue qui cachait des pieds qu'elle avait refusé de chausser, ainsi qu'un beau chapeau à fleurs dignes des plus riches courtisanes !
-Aaaaaah ! s'exclama le joyeux homme. Quelle magnifique journée qui commence ! Pleine de promesses, de rires et de couleurs ! Tu ne trouves pas, Mimine ?
-Ne m'appelle pas comme ça ! cracha Mimine, au bord de la crise de nerf.
-Sinon quoi, Mimine ?
Apolïncer s'arrêta, lui offrant un beau sourire amusé tandis que la Navïn aux yeux jaunes détournait le regard aussi sec, d'un seul coup gênée par la bonne humeur de celui qui devait la haïr. Dans tout les cas, le contrebandier était beaucoup trop joyeux pour haïr qui que ce soit, aujourd'hui.
-Dis, Apo...
-Oui ?
-Tu...tu te souviens bien de ce jour quand...quand tu étais un tout jeune petit marchand et moi une Navïn qui ne savait même pas encore parler le langage commun ?
-Euh oui...où veux tu en venir ?
Le couple qu'il formait s'était arrêté, dépassé par plusieurs autres couples qui ne leur prêtaient pas attention. Partout, ils étaient entourés par les belles auberges de la cité portuaire...l'idée qu'ils ressemblaient tout deux à un couple ne laissait pas le contrebandier de marbre, maintenant qu'il y pensait.
Emeline ne devait même pas y penser, se mordillant la lèvre inférieure de ses canines pointues tout en cherchant un objet sur lequel elle pourrait poser son regard.
-C'est depuis ce jour que...non, on va passer je ne veux pas raviver des choses assez...
-Pour l'amour du ciel, où veux-tu en venir ?
Cette fois, ses yeux jaunes se posèrent dans ceux d'Apolïncer. S'était-il déjà rendu compte qu'elle avait de très beaux yeux.
-Ce jour-là...j'ai fait une très, très grosse bêtises, pas vrai ? J'ai commis l'irréparable ?
-Cela dépend du sens dans lequel tu t'exprimes, Mimine. Si tu veux savoir à propos de...
-Tu sais très bien de quoi je veux parler ! Et arrête de m'appeler comme ça s'il te plait, c'est...c'est dégradant !
Apolïncer savait très bien de quoi elle parlait, en effet. Depuis ce jour funeste, c'était la première fois qu'elle osait lui demander ce qu'il s'était véritablement passé. Le contrebandier pouvait presque entendre les gémissements, les hurlements, les cris de ce jour-là...
-Tu es courante d'une petite partie, ma grande. Tu m'a vue, tu m'as charmé pour t'amuser avec tes copines à poils. Tu m'as rendu fou amoureux de toi et voilà, fin de l'histoire.
-Il manque la fin, pourtant, celle que je ne connais pas.
Enfin elle voulait savoir ! Enfin elle voulait connaître le mot-clef de cette mauvaise histoire ! Dans un sens c'était touchant, mais il n'avait pas envi de parler ! Non, pas aujourd'hui alors qu'il était de très bonne humeur. Puisant dans les dernières forces des muscles de son visage, il lui fit un sourire radieux, lui offrant un belle vue sur ses dents blanches.
-Pour pardonner, je ne suis pas prêt...en tout cas, pas encore. Par contre, j'ai la tête emplie de choses et d'autres en ce moment. Alors ce qu'on va faire ce que l'on va attendre d'avoir mis la main sur Tenak et on s'explique à deux dans...pas dans la bonne ambiance mais presque. Marché conclu ?
Emeline devint écarlate l'espace d'un instant, les yeux grands ouverts. Son visage se dérida et elle poussa un miaulement joyeux, faisant sursauter les passants qui se trouvaient autour d'eux.
-Ce n'est rien ! tenta de s'expliquer Apolïncer. Ma femme est ventriloque !
Il ne fallut qu'un instant pour que tout le monde reprenne ses occupations, y compris le fameux couple qui se trouvait en joie. S'il y avait bien quelque chose de meilleur que la plus belle transaction du monde enfin réussit ou bien que le pistage d'une affaire qui sentait l'or, c'était bien un cessez-le-feu avec une Navïn ! Ça soulageait...juste un peu bien sûr, mais ça faisait beaucoup de bien en tout cas !

Il ne se passa pas une minute avant qu'Emeline ne l'arrête une nouvelle fois, sa main griffue se refermant sur son bras.
-Qu'est ce qu'il y a encore ? demanda le contrebandier.
-Le collier.
-Quel collier ?
-Celui d'Alisha.
Apolïncer la regarda sans comprendre. Il était au courant que cette Navïn avait un collier en métal, il était même assez concerné par cela. Mais bon, en quoi voulait-elle en venir ? Voyant qu'il peinait à comprendre, elle remit son superbe chapeau en place pour la centième fois avant de répondre à sa question silencieuse. Il n'avait jamais remarqué que les pupilles Navïns étaient en fait allongées comment en lignes fines...il n'y avait jamais vraiment fait attention auparavant.
-Tu vas le lui laisser longtemps autour du cou avant de te décider à le lui ôter ou pas ?
Ah tiens oui, c'est vrai ! Il n'y avait toujours pas songé ! Apolïncer se gratta la nuque d'un air embarrassé, offrant tout de même un sourire à la Navïn déguisée.
-Et bien, tu vas peut-être rire...ou pas. Mais il faut une clef pour pouvoir l'ouvrir. Vous n'avez pas essayé la manière forte encore ?
-Non, il serait trop dangereux de le faire fondre. Et nous n'avons pas réussi à l'ouvrir d'une autre façon. Cette clef, tu n'as surtout pas intérêt à me dire que tu l'as perdu, Apo !
-Moi ? Perdre une clef ? C'est la dernière chose qui me passerait pas la tête ! Non, cette clef, c'est mon cher Ten qui l'as en sa possession.
Emeline resta interdite l'espace d'un instant, les yeux grands ouverts et la bouche fermée. On aurait presque pu la prendre pour une statue grandeur nature très bien reproduite, un peu comme celles qui entouraient le grand château de Shihab.
-Le porteur ? Le porteur qui a la clef ? Ce n'est pas ce que m'a dit Alisha ! Tu es encore en train de te moquer de moi ?
Ça c'était un peu fort ! Apolïncer la fixa de ses grands yeux bruns, nullement impressionné par le fait que cette femelle était capable de le mordre ou de le griffer sans la moindre difficulté ! Mais le fait est que jamais personne, à part le jeune Ten bien sûr, n'avait été capable de l'impressionner d'une quelconque façon !
D'ailleurs, cette maudite Navïn ne tarda pas à détourner ses yeux si particuliers, les posant sur la belle cape du contrebandier.
-Excuse-moi...Le courant semble avoir encore beaucoup de mal a passer entre moi et...
-C'est une sorte de dette. Lors d'un combat à main nue, c'est mon cher Ten qui a vaincu ta Alisha ! Sans arme et sans aucun problème ! Il a fait ça le plus simplement du monde. Il a pu en faire sa propriété, on va dire, l'arrachant aux pattes sales de ces marchands d'esclaves ! Puis nous avons eut une dispute lui et moi, bien plus tard. Je voulais que l'on garde cette femelle attachée et lui, voulait lui retirer ses liens ! Encore plus tard, il m'a sauvé la vie ainsi que celle de tout un équipage en tranchant net la pince d'un Crabe géant, une crabe démon échoueur ! Il a failli se noyer pour ça, alors que j'avais été à deux doigts de me faire trancher net par cette saleté ! Lorsque j'ai voulu me faire pardonner, il a voulu garder la clef en échange. Pas pour imposer sa loi sur cette esclave, non...j'ai tout de suite su que, malgré mes interdictions, il avait l'intention de la libérer...il n'agit que de lui même et n'écoute pas les autres ! Il n'en fait qu'à sa tête ! Tout ce qu'il veut c'est aider les autres ! Et regardes ! Regardes tout ce qui lui arrive ! Regardes les malheurs qui tombent sur cette pauvre petite tête chétive !
Il fallait que cela sorte. Cela faisait depuis tellement longtemps qu'il avait ça sur le c½ur...Il comprenait pourquoi il tenait tant à ce berger, maintenant. C'était parce qu'il lui ressemblait beaucoup ! Mais il y avait une chose qui les différenciait : Apo était parti de rien pour ensuite tout gagner alors que Ten avait simplement tout perdu avec le temps...perdu son oncle, sa maison, peut-être sa mère dont il lui avait parlé, avait des saletés noirs à ses trousses ainsi qu'une bande de traqueurs, une autre bande d'hommes inconnus et le seigneur lui même pour accompagner le tout. Un mélange incompatible qui aurait fait craquer n'importe qui...et Ten risquait de craquer, il le savait pertinemment !
Emeline avait compris le message apparemment puisque un sourire timide apparut sur ses lèvres, alors qu'elle regardait une auberge à sa droite sans vraiment la voir.
-Oui...j'ai moi-même pu le constater...le porteur est un être d'une gentillesse incomparable. La Pierre des cinq lois était la pire qui puisse lui arriver...Comme tu l'as dit toi-même, il ne tiendra pas longtemps. Et c'est pour cela que nous devons le trouver au plus vite.
Apolïncer approuva silencieusement, prenant la main de sa compagne pour qu'il puisse reprendre la route. Elle avait finalement compris ce qu'il voulait qu'elle comprenne, alors inutile de perdre plus de temps ! Au moins, il n'avait pas à courir, ne se trouvant plus dans le quartier où résidait les trous de renards. Néanmoins, il devrait faire profil bas par ici...cela faisait depuis si longtemps que cela n'était pas arrivé ! D'abords Shihab puis le Célénistie ! Tenak ne lui apportait que des problèmes !
Bientôt, les rues en bois de la cité portuaire devinrent plus fréquentées, obligeant le fameux couple à faire plus attention à sa démarche, de peur d'attirer l'attention. Les maisons se firent moins hautes mais mieux entretenues, ce qui prouvait l'incroyable inégalité des statuts qui résidaient également dans cette cité.

En définitive, ils s'arrêtèrent devant une grande boutique aux murs peints et bien cirés avec une porte munie d'un très joli loquet en métal sombre. Comme toujours, les deux fenêtres de « Au trouve-tout » avaient leurs rideaux fermés, ce qui empêchait de voir l'intérieur de la boutique. Manifestement, La Navïn sembla se détendre à la vue de cette belle bâtisse.
-Je me suis toujours demandé pourquoi les humains persistent à construire des « maison », mais je dois admettre que le propriétaire de bâtiment doit avoir beaucoup de goûts.
-Tu l'as dit, Mimine ! pouffa le contrebandier. Et si tu aimes l'extérieur, attends-toi à être subjuguée par l'intérieur !
Apolïncer savait quelles surprises attendaient Emeline à l'intérieur de cette boutique où l'on trouvait vraiment de tout ! Il y a une semaine, ce fut ici qu'il alla compléter un équipement qui ne lui avait définitivement servi à rien, sans parler d'un canasson qui avait déguerpi à toutes pattes avec ces affaires. Le jeune Ten l'avait appelé Alexandre, ce poney des montagnes qu'Apolïncer avait acquit « Au fer la Chance ». Il y avait tant de souvenirs récents...mais cela semblait fort lointain désormais.
-On entre ? S'exclama Emeline qui serra un peu plus le bras de son compagnon, trépignant d'impatience.
L'homme se décida donc à pousser le battant de la porte, tandis qu'une terrible odeur âcre et forte vint leur chatouiller les narines !
Il fait très sombre « Au trouve tout » et c'était tant mieux car le désordre à l'intérieur aurait paru plus terrible encore ! Partout des parchemins entassés, des vases fragiles empilés les uns sur les autres ou des couverts plantés dans des pièces de bois. Il y avait parfois de beaux objets comme des bijoux suspendus à des crochets ou des perles de nacres exposés...et il y avait aussi un crâne humain et cette jolie fleur bleu en forme de soleil dont il se rappelait très bien !
-C'est...c'est vraiment un bel endroit ! s'enthousiasma davantage la Navïn aux yeux jaunes.
Apolïncer pensa avoir manqué quelque chose car ce n'était pas du tout la réaction à quoi il s'était attendu. Lâchant le bras du contrebandier qui avait certainement fini par rougir, Emeline se mit à inspecter chaque objet, cassé ou pas, qui tombait entre ses pattes, les observant et les reniflant parfois presque. Il lui arrivait parfois de ne pas comprendre les femmes...mais là ça dépassait l'entendement !
-Euh...ne touche pas à tout ! C'est certainement défendu !
-Tu sens cette odeur de temps anciens ? C'est magnifique ici, il a du falloir des lunes pour rassembler un tel trésor !
Il sentait bien une odeur, mais ce n'était sans doute pas celles des temps anciens ! Alors qu'elle passait sous une table pour tenter d'y dénicher quelques trésors enfouis, une petite tête émergea d'un gigantesque pot en terre. Avec un sourire malicieux, Apolïncer observa le fameux « Trouve tout » sortir de son pot, passant une main munie d'une longue canne noir par-dessus son nid avant de se redresser bien droit.
Ses yeux morts scrutèrent un moment ses deux clients sans les voir, frappant ensuite de sa canne par des gestes agacés.
-Aaaaaah de la visiteeeee ! Mais quel vacarme par contre ! Faites cessez ce boucan et ne touchez à riiiiiien ! Vous êtes en train de trouver l'harmonie des places !
Ce radoteur n'avait pas changé d'un pouce. Apolïncer avait beau être amusé, cet aveugle était capable de retrouver n'importe quoi dans son magasin, du moment que l'harmonie des places n'étaient pas troublées. Il se trouvait que c'était le père de Karine...un homme autoritaire qui réprimandait souvent sa fille !
Bien que ce geste soit inutile, le contrebandier prit son chapeau, saluant courtoisement le vendeur d'un revers du bras pendant qu'Emeline continuait sa quête objets cassés et vieillots, n'ayant sans doute pas entendu la voix du « Trouve tout ».
-Salutation, vieil homme ! Je suis venue en ton humble demeure pour venir parler affaire avec ta fille !
Le vieil homme plissa ses yeux blancs, semblant réfléchir un moment. Finalement, il ouvrit grand sa bouche, exhibant quelques dents qui peinaient à rester accrochées à sa mâchoire. Il pointa un long doigt dans sa direction, le désignant comme s'il pouvait le voir. Apolïncer n'en fut pas surpris...ce marchand très particulier.
-Vous ! Je vous reconnais, je crois ! Vous êtes un graaaaaand et honnête client à moi ! Que puis-je faire pour vous rendre serviiiiiice ?
Apolïncer savait aussi que la mémoire du vieil aveugle était plus trouée qu'une passoire, ce qui ne rendait pas la conversation facile avec lui. Le contrebandier pris une grande inspiration mais se ravisa au moment où la farfouilleuse émit un couinement de joie de dessous sa table.
-Par le ciel ! Un sac avec du savon de massage en poudre ! Et presque en bon état en plus !
C'était bien la première fois qu'il avait envi de bâillonner une femme...mais il ne pu s'exécuter car le vieil homme fut beaucoup plus rapide que lui !
Franchissant en un temps records la distance qui le séparait de table, il se mit en devoir d'en frapper le dessus avec sa canne, poussant des cris sauvages alors que la pauvre Emeline se cognait la tête sous la surprise, sortant enfin de sa cachette pour faire face à un aveugle furibond.
-Qu'est ce que j'ai dit ? Hein ? Qu'est ce que j'ai dit ? Il ne faut pas toucheeeeeer à la place des objets ! Ça détruit toute l'harmonie !
La pauvre Navïn se massa la tête qui était dégarnie de son chapeau, celui-ci ayant glissé à terre sous le choc. Encore que ce marchand ne pouvait que le brouillard de ses yeux morts...quels hurlements il aurait poussé en apprenant qu'une Navïn se trouvait dans sa boutique.
-Pardon, pardon ! Je vous prie d'accepter mes plus sincères excuses ! Mais je n'ai pas pu résister à la tentation en apercevant ce superbe poisson-chat empaillé en dessous du meuble.
Poisson empaillé ? Apolïncer l'aperçut et s'amusa à reconnaître qu'il y avait un petit d'air de ressemblance en lui et la fouineuse. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, un sourire satisfait s'étira sur le visage fripé du marchand, pendant qu'il s'appuyait à deux mains sur sa canne en bois.
-Ah ouiiiii, oui ! Très belle pièce, ma foi ! Il prend la poussière mais un bon nettoyage et même le haut seigneur viendra en personne pour venir se l'offrir !
-Je n'en doute pas ! Et cette peau tannée, là, c'est bien une peau d'ours ?
-Ouiiiii, tué par un grand chasseur ! La peau était toute trouée lorsqu'il me l'a offerte mais je l'ai bien recousu ! Il a même encoooooore ses griffes !
-Ah mais oui ! Je ne l'avais pas remarqué ! Par contre, il ne faudrait pas mettre cette roche volcanique par-dessus, ça risque de l'abîmer d'avantage, non ?
-Ah mais non, c'est un ours brun dans son dernier cycle ! Le cuir est très solide à cet age, c'est pour ça que le chasseur a du la trouer pour pouvoir le mettre à terre !
-Non, c'est vrai ?
-Mais ouiiii ! D'ailleurs, figurez vous que...
-Euh...s'il vous plait. Tenta le contrebandier en levant discrètement le doigt.
C'était inutile, le vieux marchand était tout occupé à montrer toute un tas de babioles aussi hideuses que ridicule à cette maudite Navïn qui, elle, buvait ses paroles. A bien y réfléchir, avait-il bien fait de l'emmener avec elle ? Alisha était peut-être moins cordiale, elle avait le mérite de se tenir tranquille, au moins !
Et ça continuait de parler à n'en plus finir ! Les deux personnages avaient déjà disparu de son champ de vision pour passer derrière une pile de livres qui partaient en poussière, pendant que l'aveugle insistait pour lui parler de ses registres qui ne semblaient pas intéresser Emeline, trop occupée à lui poser des questions sur un soi-disant magnifique coussin qui semblait bien doux et confortable au toucher.
-Mais j'hallucine ? Il me laisse là, tout seul, sur place ! Ce n'est pas digne d'un vendeur ! cracha le contrebandier exaspéré.

Bon...puisqu'il n'aimait pas parler tout seul et être laissé de côté...Un fin sourire détendit son visage, alors qu'il tendait le cou pour voir où étaient passés les deux phénomènes. Tout va bien, ils se trouvaient débout sur des chaises en bois, observant des fresques sur des ardoises. S'il se déplaçait doucement, c'était jouable !
Avec beaucoup de précaution, Apolïncer posa prudemment un pied en avant, puis un autre, prenant gare à ne pas marcher sur quelques uns des objets éparpillés sur le sol. L'aveugle avait l'oreille et il ne se trouvait pas en bonne entente avec sa fille...et cela avait du empirer depuis le soir où Apo avait fait promettre à Karine, après l'incendie de l'auberge, d'avouer toutes ses frasques à son père et de ne plus jamais fréquenter les gens louches. C'était juste une pauvre jeune fille qui avait mal tourné avec un père trop sévère et qu'il fallait remettre sur le droit chemin, rien de plus.
Il ne s'était jamais enfoncé très loin dans la boutique et il fut très étonné de constater qu'elle soit incroyablement longue ! C'était un véritable labyrinthe d'objets en tout genre, mis en tas, et qui touchaient parfois le plafond. Si tout avait été en parfait état, le propriétaire aurait fait fortune !
Les voix des deux énergumènes ne tardèrent pas à êtres étouffées par la masse de toutes ces choses qui faisaient vivre le magasin...on aurait presque pu se croire dans une grotte ancienne. Oui, il pouvait enfin respirer l'odeur des temps anciens, pensa t-il avec un rire de gorge.
Finalement, il trouva enfin la sortie de la grotte, débouchant devant deux portes identiques à celle de l'entrée. La première porte qu'il poussa grinça horriblement, lui offrant la vue d'une chambre identique au reste du magasin. N'étant pas d'humeur à s'offrir un mal de tête avec tout ces outils par terre et sur les murs, il se contenta de refermer cette porte pour ouvrir la deuxième...et là, il fut agréablement surpris !
C'était une chambre peu décorée mais très bien entretenue. La seule fenêtre était celle qui se trouvait au plafond, permettant à la lumière du soleil de pénétrer directement dans la pièce. Les draps du lit étaient très bien pliés, avec une jolie fleur bleue en forme de soleil, la même que celle de tout à l'heure, installée par-dessus. Les seuls meubles étaient un bureau installé contre le mur de gauche ainsi qu'une chaise. Et sur cette chaise, une ravissante femme rousse en robe bleue était toute occupée à écrire sur du papier jaunit à l'aide d'une plume d'aigle, ses lèvres reproduisant les mots qu'elle était en train de créer de cette façon.
Apolïncer toussota, une main devant sa bouche, alors que la femme à la chevelure de feu se tournait vers lui en un sursaut. Ses yeux s'agrandirent de stupeur alors qu'elle le reconnaissait, sa plume glissant de ses doigts pour tremper le sol de son encre. En une semaine, le contrebandier ne s'était pas attendu à la voir changée...et il avait eut raison !
Avec un sourire radieux, il la salua chapeau à la main, comme on aurait salué une princesse de haut rang, avant de se redresser.
-Bien le bonjour, très chère Karine.






chapitre 2 Pierre des cinq lois TOME 2

# Posté le dimanche 20 juillet 2008 07:00

Prologue "Dieu créa l'homme à son image"

Prologue
Ange Gabriel, Satan

L'ange Gabriel tourne en rond. Satan entre sur scène.
Il ne remarque pas la présence de Satan. Satan toussote.


Ange Gabriel. Ah, cher Satan ! Comme je suis bien content de vous voir !

Satan. Moi de même, très cher Gabriel, moi de même.

Ange Gabriel. Comment se porte Madame la Diablesse ?

Satan. On fait aller. Elle reste couchée la plupart du temps à cause de sa chute de température. Je me suis fait prescrire du feu pour la gorge, ça l'adoucit.

Ange Gabriel. J'aurai tendance à vous conseiller un cumulo-nimbus aromatisé. Ça a également le mérite de faire blanchir les plumes d'ailes.

Satan. Ne m'en parlez pas ! En enfer, nous n'avons pas de cumulo-nimbus aromatisé, et le paradis est un peu trop blanc à mon goût. Je ne sors de ma fournaise que pour venir amuser le seigneur Dieu. Je suis d'ailleurs, mon cher ami, venu quérir les nouvelles du jour de sa Sainteté.

Ange Gabriel. Mon cher Satan, il était justement de mon devoir de vous prévenir, maintenant que vous m'y faites penser.

Satan. Que se passe t-il ?

Ange Gabriel. Une rechute.

Satan. Encore ?

Ange Gabriel. Hélas ! Et les maladies de l'esprit sont les plus redoutables, c'est bien connu.

Satan. Certes. Pensez-vous qu'il puisse oser mettre fin à ses jours ?

Ange Gabriel. Le Seigneur Dieu ? Vous plaisantez, j'espère, Satan !

Satan. Une simple petite plaisanterie de mauvais goût, je le reconnais. J'aurai bien envi de lui offrir un séjour dans mes enfers. L'ambiance y est brûlante mais le Seigneur Dieu dit ne pas aimer l'accueil qu'il trouve trop chaude à son goût. Pourtant, nous avons de très bons joueurs de Poker !

Ange Gabriel. Pensez-vous vraiment que le Seigneur Dieu ait le temps de jouer au Poker ? Il a des responsabilités ! Mais l'ennui le ronge, la déprime le creuse, il ne sait plus que faire pour passer le temps. Je dois moi-même admettre que l'éternité, c'est très long.

Satan. Ce n'est pas moi qui vais vous contredire, mon cher ami.

Ange Gabriel. Aussi-je vous demande de me conseiller. Que dois-je faire ? Même le Seigneur Fils, Monsieur Christ est accablé de voir son père dans un tel état de dépérissement.

Satan. Proposez-lui un Poker.

Ange Gabriel. À part cela ?

Satan. À part cela je ne vois pas.

Ange Gabriel. Sûr ?

Satan. Sûr.

Ange Gabriel. Certain ?

Satan. Certain.

Ange Gabriel. Vous ne m'aidez pas beaucoup, mon cher Satan.

Satan. Et que voulez-vous que je vous dises ? Demandez conseille à la Dame de sa Sainteté ! Elle sera bien mieux placée que moi.

Ange Gabriel. Vous savez pourtant, comme moi, que le Seigneur Dieu n'a pas de dame et n'en a jamais eu.

Satan. Ah oui. J'oubliais. Un phénomène étrange puisque j'en arrive encore à me demander comment sa Sainteté peut avoir Monsieur Christ en tant que fils. Il y a bien des mystères en ce...

Ange Gabriel. Alors vous n'allez absolument rien faire ? Et moi qui avais reposé tout mes espoirs sur vous ! (il se met à sangloter)

Satan. Alors, mon cher Gabriel. Ce n'est pas le moment de vous laisser aller à l'émotion, voyons.

Ange Gabriel. Comprenez-moi, mon bon Satan, le seigneur Dieu est comme un père pour nous tous. Il devrait avoir plus de gens pour l'honorer, pour l'idolâtrer. Mais hélas, il est si seul. (il continue de sangloter)

Satan. Seul ? Idolâtré ? Cela me donne une curieuse idée.

Ange Gabriel. Que voulez-vous dire ?

Satan. Je vais aller rendre visite à sa Sainteté.

Ange Gabriel. Oh merci, mon vieux Satan ! Je ne sais ce que je ferais sans vous !

Satan. Ce n'est pas non plus la peine de m'embrasser. Je n'ai pas envie que votre blancheur immaculée ne déteigne sur moi.

Ange Gabriel. Quand allez vous lui rendre visite ?

Satan. J'y vais de ce pas. Mais je ne sais si, malheureusement, il en résultera quelque chose de bon.






Prologue "Dieu créa l'homme à son image"

# Posté le dimanche 20 juillet 2008 14:33

Modifié le mardi 22 juillet 2008 08:00

Chapitre 3 Pierre des cinq lois TOME 2

Chapitre 3



-Non ! Non, je n'ai rien fait cette fois ! Je le jure, je ne fréquente plus les mauvais endroits ! Je n'ai presque plus bougé d'ici depuis la dernière fois !
C'était une réaction à prévoir...Karine s'était brusquement levée pour s'adosser au mur du fond lorsque le contrebandier s'était approché de quelques pas, les mains plaquées contre ce mur derrière elle.
Apolïncer n'était pas étonné puisque, il y a une semaine, il l'avait menacé, gentiment, mais menacé quand même à la suite de ce fameux incendie. Elle devait croire qu'il était revenu pour se venger ou pour achever quelque chose...c'était triste de savoir ce qu'elle pensait de lui. Il agita une main devant lui pour essayer de la rassurer, remettant son chapeau sur sa tête par la même occasion.
-Ne le prends pas ainsi, très chère Karine. Je ne suis pas venue pour une mauvaise raison.
Elle ne le croyait pas, cela se voyait dans son regard. Et avec le père aveugle qui pouvait accourir d'une minute à l'autre, il devait vite expédier cette affaire pour éviter tout problème.
-Si tu veux, tu n'as qu'à t'asseoir et moi je reste ici, debout. Contentes-toi de m'écouter un petit moment car je n'ai que peu de temps en ce moment pour un gros problème.
-Un problème ?
Il avait touché sa curiosité ! Apolïncer eut ainsi la satisfaction de la voir revenir s'installer à son bureau après avoir redressé sa chaise, tandis qu'elle ne le lâchait pas des yeux par crainte. Certainement, c'était vraiment décourageant si ça commençait de cette façon !
Avant qu'il ne commence à parler, son regard d'aigle se posa sur les feuilles jaunies et noircis d'une écriture ronde et bien soignée. Ayant presque oublié la venue de sa visite, il tenta de déchiffrer quelques mots de l'endroit où il se trouvait, ne bougeant pas de place et tordant légèrement le cou.
-Qu'est-ce que tu écris de beau ?
Aussitôt que cela fut dit, Karine retourna ses feuilles, les froissant, comme si elles s'avéraient être plus précieuses encore que sa propre vie. Ses yeux glissèrent jusqu'à la jolie fleur qui détourna aussitôt la tête, les joues rouges de...honte ? La toute première fois où ils avaient discuté, elle n'avait pas cette attitude...qu'est ce qu'elle pouvait avoir changé en l'espace d'une semaine ! Néanmoins, un nouveau sourire s'élargit sur ses lèvres, comme preuve de sa bienveillance.
-Tu ne veux pas me le dire, c'est ça ? Après tout, cela ne me regardes pas, c'est vrai.
-C'est...une histoire...
-Une histoire ? Quelle genre d'histoires ?
-Et bien...c'est seulement que...
Karine qui se mettait à écrire. Ou bien qui écrivait déjà depuis un certain temps. Quoiqu'il en soit, il était vraiment fier de cette femme ! Les histoires, ce n'était pas vraiment ce qui l'intéressait, mais il était prêt, aujourd'hui, à en écouter une.
Karine, les joues toujours empourprées, se mit à se tordre les doigts, regardant tout ce qui lui permettrait d'immobiliser ses yeux un court instant. Apolïncer savait très bien ce que cela voulait dire : elle avait simplement honte d'avoir été découverte de cette façon. Sans doute que ses écrits parlaient de quelque chose de très personnelle, ce qui était tout à fait compréhensible vu son attitude.
-Depuis quand l'as-tu commencé, cette fameuse histoire.
-C'est...c'est papa. Je ne sors presque plus depuis...enfin il m'empêche de sortir lorsque je lui ais dit que...Je veux dire que j'ai commencé alors que je ne savais que faire pour passer le temps, lorsqu'il était occupé à ses petites affaires. Mais depuis que j'écris et bien je...j'ai envie de faire...
-Mais parles, voyons. Je ne vais pas te manger pour autant, je n'ai pas la dent dure.
Karine regarda un instant ses feuilles de papier jaunies avant de se décider à se tourner vers le contrebandier, les lèvres tremblantes. Cela se voyait qu'elle en avait bavé depuis une semaine, son visage était marqué par l'autorité de son père gâteux.
-J'aimerai devenir...écrivaine...Allez vas-y ! Moques-toi comme tu sais si bien le faire ! De toute façon, je me moque de ce que vous pensez-toi et mon père !
La brutalité de ses propos avait changé l'expression de son visage du tout au tout ! C'était comme le souffle d'une grande bête puissante qui décidait enfin de s'imposer dans la vie ! Un souffle si retentissant, si chaud, qu'Apolïncer recula comme sous l'effet d'une gifle Cette fois, il en était certain ! La jolie petite et fragile fleur bleue s'était munie d'épines !
« Clap, clap, clap », firent les mains du contrebandier pendant qu'il applaudissait « l'écrivaine ». Ce fut au tour de Karine d'être surprise, les sourcils froncés.
-Et bien voilà ! Tu vois quand tu veux, n'est-ce pas ? Bon trêve de bavardage, je ne veux pas te déranger plus qu'il ne le faut. Comme je le disais, j'ai un problème...un gros problème même.
-Je t'écoutes alors.
Karine lui fit un grand sourire, un sourire qui lui avait vraiment manqué ! Apolïncer n'arriverait jamais à imiter les sourires des femmes joyeuses car c'étaient les plus beaux au monde. Ainsi, il lui expliqua toute l'affaire, racontant ce qui aurait pu être une véritable histoire à retranscrire dans un livre.
**



Alisha se mordilla le bout de la queue, de plus en plus nerveuse. Deux jours s'étaient passés depuis qu'Apo avait fait sa demande d'aide à l'autre humaine. Mais deux jours, s'était déjà beaucoup trop long !
Emeline avait beau être heureuse de se rendre utile de la sorte, elle avait très bien compris l'anxiété de son amie. Si jamais il ne retrouvait pas le porteur à temps...mais l'humain blond avait tout de même raison de positiver puisqu'ils avaient effectivement fait d'incroyables progrès en deux jours !
Cette Karine était chargée de tisser la fameuse toile d'araignée, parlant avec d'anciens soudards de sa connaissance. Ceux-ci venaient ensuite se rendre auprès de leurs propres amis qui eux-même visiteraient leurs propres amis...ainsi, aucune information aussi petite et insignifiante soit-elle ne pouvait plus leur échapper !
Karine devait, pour finir, retranscrire toutes ces informations dans un registre qu'on lui avait confié avant de le leur remettre au bout du troisième jour, soit demain. Un temps très court mais en même temps trop long ! C'était vraiment difficile de pouvoir faire quoi que ce soit dans ces conditions. Mais il faut positiver, qu'il disait Apo. Positiver encore, et encore, et encore...
Alisha était la seule à se sentir parfaitement inutile. Certes, elle tentait de remettre l'autre humain en état du mieux qu'elle pouvait, mais enfin...Le soir où le porteur s'était retrouvé en mauvaise posture, elle avait fui au lieu de lui venir en aide ! Dans le fond, c'était un peu de sa faute s'ils étaient tous dans cette situation !
-À....à...à boire...se mit à gémir une voix derrière elle.
Avec un soupir de résignation, Alisha attrapa l'éponge qui se trouvait près d'une bassine d'eau et la plongea dedans. Se rendant ensuite près du lit où se trouvait l'humain Jeulin.
Celui-ci avait fini par se réveiller, bien qu'il daigne garder les yeux fermés pendant un moment encore. Le front trempé de sueur, il ne cessait de gémir dans son sommeil, répétant toujours et encore le même nom : celui d'une certaine Bénédicte.
La jeune Navïn s'approcha du lit, levant l'éponge au-dessus de la bouche ouverte de ce Jeulin avant de la tordre laissant l'eau froide couler par grosses gouttes directement au fond de sa gorge.
Une fois que sa soif se fut éteinte, l'humain se décida enfin à ouvrir lentement les paupières, ses yeux se posant sur la Navïn qui l'observait à son tour, assise sur le bord du lit. Ses lèvres s'entrouvrirent, alors qu'il murmurait quelques faibles mots.
-Une...une. Navïn ? Pour...quoi une Navïn...s'est mise en tête...de me soigner ?
-Si cela vous dérange, dites le moi de suite, que je vous jettes tout de suite dehors comme un vulgaire ramasse-poussière !
Il préféra garder le silence, préférant apparemment profiter encore un peu du moelleux du lit sur lequel il reposait. C'est qu'il n'allait pas non plus passer toute sa vie dedans ! Ces humains étaient si faibles...même les mâles Navïns n'étaient pas aussi faiblards qu'eux !
-Pourquoi...dit-on que les...Navïns sont perfides...et cruels ?
-Parce que ce n'est pas le cas. Tout ça n'est que du bourrage de cervelle. Mais ne vous en faites pas, beaucoup des nôtres pensent la même chose de vous autres humains.
L'humain referma les yeux, de l'eau coulant de ses lèvres humides. Du bout de doigt, Alisha nettoya cette trace transparente, comme elle l'aurait fait avec un bébé de quelques mois. Tout dans le muscle et la carrure, mais une égratignure et il se recroquevillait sur lui-même ! Ce n'était pas une personne faite pour le combat, oh non ! Quel imbécile d'avoir voulut jouer au héros !
-J'ai peur...
-C'est normal. Tu as failli y passer, mon grand. Mais ne t'en fais pas, tu sera sur pied dans peu de temps.
Voilà qu'elle se mettait à parler comme Apo ! Décidément, il avait une très mauvaise influence sur elle, il fallait qu'elle fasse attention ! La jeune Navïn nettoya le front du pauvre homme à l'aide de son éponge, écartant ensuite quelques mèches de cheveux bruns qui se perdaient devant ses paupières.
-Non...j'ai peur pour Bénédictine...
-Ah. Et c'est qui cette Bénédictine ? Une bonne amie, ta fille, quelque chose dans ce genre-là ?
-C'est...la mère de Tenak...

La mère de Tenak...cet homme avait donc un lien plutôt serré avec le porteur ? Le puzzle commençait enfin à se compléter, ressemblant à quelque chose. Mais il manquait toujours quelques pièces importantes pour qu'elle comprenne définitivement cette histoire. Qu'elle le veuille ou non, Alisha avait toujours détesté ce type de coïncidences ! Cela pouvait vous mettre les nerfs à fleur de peau ! Sous l'effet de cette nouvelle, sa longue queue avait même commencé à se hérisser, augmentant de moitié par rapport à son volume initial. Il fallait vraiment qu'elle se calme...ce n'était pas dans ses habitudes de se comporter d'une pareille manière...
-Veux-tu bien m'expliquer pourquoi tu en avais après Tenak ? Et surtout pourquoi tu fréquentais les hommes en noirs ?
-Oui, je veux...C'était pour la récompense...
-Quelle récompense ?
-Celle du...seigneur Kannan...il avait promis...une somme importante pour...la capture du présumé Tenak.
-Ah donc c'était l'appât du gain qui t'as attiré. Tu voulais devenir riche.
Ces humains convoitaient ces pièces brillantes qu'ils appelaient or. Cela pouvait les rendre fous et leur faire commettre des absurdités. Cette espèce était assez décadente.
Mais Jeulin hocha négativement de la tête, se mordant les lèvres sous l'effet de la douleur que cela provoqua. Comme une mère auprès de son enfant malade, Alisha le borda avec une infinie patiente, caressant sa joue du bout des doigts.
-Non...pas devenir riche...je voulais juste rendre...Bénédicte...heureuse.
-L'argent ne rend pas les gens heureux. Ce que je sais en tant que femel...femme, c'est que les mères sont heureuses uniquement si elles savent leurs enfants en sécurité et en bonne santé.
C'était parfois dur de s'exprimer comme une humaine...Les humains disaient avoir un goût très prononcé pour ne pas s'identifier aux autres, pensant être une race unique. Mais comme toutes les espèces, ils avaient leurs propres lois et ils ne dérogeaient pas non plus aux lois primaires !
Quand à Jeulin, il s'entêta dans ses délires, pensant avoir raison. Sans doute allait-il dire qu'une mère ne méritait pas d'avoir en enfant qui était, soi-disant, infidèle aux lois de son peuple !
-Mais...mais Bénédicte serait malheureuse si...si elle apprenait que son fils...Tenak...était un...grand criminel. Car c'est un criminel...
-Et si on vous avait fait chanter depuis le début ? Et si vous viviez dans le mensonge et le doute pour le plaisir d'un seigneur sénile ?
-C'est vous qui mentez !
Il eut tort de tenter de se lever puisqu'il se mit à gémir, retombant mollement sur le lit. Une tache de sang commença à s'élargir sur les draps, au niveau de son ventre, formant un cercle rouge humide et odorant.
-Imbécile ! Si vous voulez vous tuer, dites le aussi, que l'on en finisse maintenant et que je ne me décarcasse pas pour rien !

D'un geste presque rageur, Alisha retira ce maudit drap, se retrouvant en face de la fameuse blessure de cet humain, qui venait de se rouvrir. Et dire que c'était en bonne voie de cicatrisation...
-Vous pouvez crier autant que vous voulez, par contre pas d'injures ! Ça, vous l'aurez bien mérité !
Imbibant son éponge d'eau, elle l'appliqua sur la blessure avant d'aller chercher une serviette propre dans un tas, sur un coin de la chambre de l'auberge. Le temps de revenir et l'éponge était déjà imbibée du sang de Jeulin, ayant prise une teinte rougeâtre. Et cet idiot qui s'était presque mis à pleurer !
Une fois que la blessure eut fini de couler et qu'elle fut bien propre, Alisha se coucha à même le sol, léchant ses doigts griffus qui étaient recouverts de fluide vital encore tiède. Le sang humain n'avait décidément pas la délicieuse consistance de celui des animaux des bois !
-Pourquoi ? Pourquoi pensez vous...que l'on nous ment ?
-Et bien parce que j'ai été l'esclave, durant un temps, du jeune Tenak.
Esclave...en y repensant son cou lui fit mal. C'était le jeune berger qui avait les clefs de son collier ! Elle avait vraiment hâte de retrouver le porteur, cette chose métallique commençait vraiment à lui râper le cou !
-Je savais bien...que ce bandit était mauvais...pour prendre des esclaves sous son...contrôle...
-Détrompe toi, ignorant. Tenak est la créature la plus gentille et la plus douce qui soit ! Il est aussi courageux que maladroit et ce n'est que parce que les Reeyaks sont avec lui qu'il n'a pas encore succombé après avoir sauvé la vie de nombreuses personnes.
-Comment ça ?
Alisha se mit à sourire en se remémorant quelques bons souvenirs. Oui...Tenak était doux et gentil...
-Et bien, il m'a déjà soigné une fois lorsque je m'étais blessé la nuque, il a voulu me libérer de nombreuses fois mais n'a pas pu à cause de...de quelqu'un, il s'est même disputé avec ce quelqu'un uniquement parce qu'il voulait que l'on me respecte. Le jeune Tenak vit dans un monde bien à lui où toutes les créatures de cette terre sont sur le même pied d'égalité.
Jeulin sembla ne pas croire à un seul de ces mots. Ou bien il s'en moquait. Mais Alisha aussi se moquait que cet humain la croie ou pas ! Non, le simple fait de se remettre à l'esprit ces beaux souvenirs la mit de bonne humeur.
L'homme blessé rouvrit les yeux, détournant la tête alors qu'il sortait enfin son bras droit dessous ses draps, se frottant les joues. Il allait mieux...même sa voix avait reprit de l'assurance.
-Il n'empêche que c'est un bandit...et un tueur...il n'hésiterait pas à me tuer s'il en avait l'occasion.
-Alors explique-moi pourquoi ton tueur a versé des larmes le jour où les hommes en noir, qui travaillent pour ton seigneur, t'on fait la blessure qui te fait tant pleurer ?
Elle n'avait pas assisté à la scène en personne, mais Apolïncer lui avait expliqué ce qu'il s'était passé. Les traqueurs avaient trahi le pauvre Jeulin et ses compagnons, ayant décidés de tous les massacrer. Voir une telle chose avait bouleversé le jeune berger...et c'est dans la rage que Tenak a voulut venger l'homme qui avait pourtant décidé de le vendre au seigneur !
Sans la Pierre des cinq lois, le porteur n'aurait certainement pas réagit ainsi, provoquant l'homme noir en duel. Il aurait peut-être fuit...mais à aucun moment il n'aurait éprouvé de la haine envers Jeulin !
-Il a versé des larmes ?
-Parce qu'il t'as crut mort sur le coup. Alors un conseil, humain, prends exemple sur lui car c'est toi qui mériterais d'être envoyé dans un des cachots sombres et humides du château de ton seigneur. Mais peut-être as-tu déjà suffisamment payé...Médites sur ton sort, cela te fera grandir !
Sans une parole de plus, Alisha s'installa à l'autre bout de la pièce, près de la cheminée. Après avoir allumée l'âtre avec un briquet d'amadou, elle se lova en boule contre cette chaleur réconfortante, observée par un humain dérouté et perplexe. Il était toujours difficile de voir la croyance d'un seigneur que l'on considérait comme un dieu s'effondrer comme un vulgaire château de petits cailloux. Il suffisait de peu...Oh oui, il suffisait de peu !
**



-Et celle-ci alors ? « J'ai souvent aperçu des gens louches, au niveau du port. Ils ont tous le crâne rasé, sont souvent armés de couteaux et leur carrure ne m'inspire pas confiance. Il ne serait pas impossible qu'ils soient à l'origine d'un enlèvement. »
-Ce sont des renards ça, jolie fleur ! Et puis ce n'est pas très solide comme témoignages, tu ne trouves pas ?
-Quand même...pas un seul poil sur la tête...ils doivent avoir froid, non ?
Karine et Apolïncer se tournèrent tout deux vers Emeline, se demandant pourquoi elle avait dit ça. Enfin, le contrebandier comprenait en partie...mais le problème était que Karine ignorait totalement que la Navïn habillée de sa robe bleue et de son chapeau à fleur était une Navïn, justement !
Se rendant compte qu'elle était regardée bizarrement, Emeline remit correctement son chapeau sur sa tête avant de croiser les bras d'un air boudeur.
-Je disais juste qu'il devrait porter euh...un chapeau ! Ainsi ça serait plus esthétique !
-Quelle merveilleuse remarque ! Et si inattendue ! s'exclama le contrebandier. Bon, où en étions-nous ?
Ainsi donc, Karine et Apolïncer se replongèrent dans le fameux registre des témoignages. A l'aube du troisième jour, ils avaient en main un énorme livre sur lequel toutes les étrangetés et autres évènements louches, qui avaient eut lieux dans la cité portuaire, étaient directement retranscrites. Karine avait été incroyablement efficace pour cette fois-ci, et le contrebandier recommençait enfin à espérer ! Comme tout ceci était vraiment...excitant ! Il se sentait revivre !
Dans la chambre de « Chez trouve-tout », ils cogitaient tout les trois depuis plus d'une heure avec l'autorisation du père, non sans une certaine compensation économique. Pour le moment, ils n'avaient absolument rien trouvé qui vaille la peine d'être exploité...mais ils n'en étaient encore qu'à la moitié du tiers du quart du registre !
-Et ceci ? Je te lis : « Dernièrement, j'ai fait la connaissance d'une bizarre personne qui dit être en relation avec les esprits de l'eau. De plus, nous sommes d'accords sur le fait qu'il doit exister une harmonie des places et... »
-C'est ton père là.
-Ah oui...maintenant que tu m'y fais penser...
-Vous n'êtes pas bien efficaces vous deux ! railla la jeune Navïn penchée par-dessus l'épaule du contrebandier.
Apolïncer sentit son sang bouillir. Habituellement, il voulait bien accepter les mauvaises plaisanterie d'Emeline, mais ça commençait à faire beaucoup maintenant. Il prit donc le livre des mains d'une Karine aux yeux rougis par le manque de sommeil avant de le tendre à cette Navïn hypocrite, un grand sourire narquois aux lèvres.
-Et bien prends, ma grande. Fais nous l'honneur de nous illuminer de ton intelligence et de ton efficacité !
-Avec plaisir !
Aussitôt dit, Emeline attrapa le registre, s'installant ensuite en tailleur à même le sol et feuilletant les pages une par une avec une rapidité incroyable, ses étranges yeux parcourant les lettres plus vite qu'on ne pourrait l'imaginer.
-Je n'en puis plut...je n'ai jamais aussi peu dormit de toute ma vie...et crois-moi, il m'est arrivé de faire des sottises pendant de très longues nuits !
Apolïncer resta silencieux. Il est vrai qu'il lui en avait beaucoup demandé en si peu de temps...et pas une seule fois elle ne s'était plaint, leur fournissant un travail remarquable. Sa dette de vie était largement rachetée !
-Tu ne veux toujours pas me dire de quoi parles ton histoire ?
Karine se raidit aussitôt, posant une main sur son tas de feuilles jaunes. Qu'est-ce qu'elle pouvait être secrète décidément ! Son comportement était vraiment amusant. Mais il ne fallait pas insister si elle ne voulait pas en parler, c'était la première des politesses.
-Tu vas te moquer de moi si je t'en parle !
-Mais non, mais non !
La jolie fleur hésita, claquant plusieurs fois sa langue dans sa bouche. Pour lui offrir un peu moins de pression, le contrebandier alla s'installer sur le petit lit, retirant son chapeau qu'il posa sur ses genoux avant de libérer ses cheveux de son bandeau.
Il était bien rare qu'il découvre ses magnifiques cheveux blonds de cette façon...et surtout en public ! Habituellement, il préférait se balader chapeauté, mais il lui arrivait de se découvrir s'il voulait mettre une personne en confiance. Le gros Denmar, celui qui gérait la contrebande de l'abri à Tanempa, trouvait cela ridicule ! Et pourtant, il arrivait que cela marche.
-C'est...c'est l'histoire d'une fée des fleurs qui tombe amoureuse de...d'un humain.

Elle avait dit cela d'une si petite voix...Elle avait peut-être changé d'horizon, elle avait encore besoin d'avoir plus de confiance en elle-même ! Karine se tourna vers lui et le contrebandier lui fit un sourire, l'incitant à continuer.
-Cette fée...elle devint triste en s'apercevant que l'humain qu'elle aimait ne l'aperçoit même pas, tant elle est si petite...Elle décide donc d'affronter de nombreux périls pour tenter d'attirer l'attention de l'humain, se mettant à le suivre partout où il va. Et puis...et puis voilà, je n'en suis pas plus loin...
La jolie fleur sembla d'un seul coup inévitablement embarrassée d'avoir tant parlé sur son histoire. Elle se retourna en face de sa table de travail, tripotant ses feuilles du bout des doigts.
Une fée amoureuse ? Ce n'était pas bien banal...Apolïncer se pencha vers la Navïn qui était toujours occupée à tourner les pages du gros registre, se mettant à chuchoter vers l'endroit de son chapeau où était censée se trouver son oreille.
-Hey, Mimine...les fées, ça existe ?
-Plus ou moins. Répondit-elle d'un air rêveur.
-Tu veux dire qu'il existe des petites femmes avec des ailes de papillons qui virevoltent parmi les fleurs ?
-C'est une fausse idée que vous avez des fées ça ! pouffa t-elle une main devant la bouche. D'abords, on appelle pas ça fées mais Reeyako. Ensuite elles n'ont pas du tout l'apparence de petits insectes comme ça ! Enfin je crois...il paraît qu'elles ne sont jamais trop loin d'un Reeyak.
-Reeyak ? Un esprit tu veux dire ? J'en ai un jour vu un...En fait, non, je crois bien avoir rêvé finalement !
-Comme tu veux.
Après être sorti de Tanempa en toute discrétion en compagnie de Tenak, Apolïncer et lui avait coupé vers une grande forêt pour rejoindre Shihab plus rapidement. Il se souvenait très bien de cette petite fille aux cheveux d'argents, aussi transparente qu'un fantôme et qui s'était amusée à lui jouer de sales tours ! Qu'est ce qu'il pouvait détester tout ce qui avait un rapport avec la magie ! Au moins, les histoires de fées, c'était déjà beaucoup plus charmant !
Aussi se rendit-il auprès de Karine qui avait la tête entre ses douces mains, lui tapotant l'épaule comme il l'aurait fait avec un bon camarade.
-Je dois être bien stupide maintenant ! maugréa t-elle entre ses dents.
-Une personne stupide est une personne qui ne sait pas assumer ce qu'elle aime faire. En tout cas, c'est mon avis personnel. Tu me feras lire une fois que ça sera fini ?
Karine se tourna vers lui, stupéfaite de sa réaction, avant de rougir. On aurait pu lui faire le plus beau cadeau du monde, elle aurait très certainement réagit de la même manière.
-Et bien...euh...oui...une fois qu'il sera terminé...si tu veux oui.
-On va voir comment se débrouille notre chère intellectuelle ?
Un nouveau sourire. Elle allait vraiment beaucoup mieux maintenant, cela se voyait ! Ils se tournèrent donc tout deux vers la Navïn aux yeux jaunes qui était toute absorbée par son travail. Yeux jaunes...c'était à se demander pourquoi la jolie fleur ne s'en étonnait pas !
-Alors ? Tu nous illumines maintenant, Mimine ?
-Attends ! répondit-elle, surprise. J'ai mis des marques pages...ah voilà ! Bon je commence dans l'ordre. « Depuis un moment, dans le quartier riche, j'aperçois toutes les nuits une personne en noire qui fume la pipe. Je peux facilement la voir de ma fenêtre et j'en ai parfois du mal à dormir tant sa silhouette ne m'inspire pas confiance. » Ensuite : « Cela fait depuis près de plus de quatre jours, même plus, que je vois un homme habillé tout en noir et au visage caché qui fait les mêmes gestes chaque nuit. Tard le soir il sort, il fume un moment, puis repars peu de temps après. Je ne l'avais jamais vu avant et pourtant je connais très bien le quartier, cela se situe dans le quartier riche ! » Attends j'en cherche un autre...zut, j'ai perdu le marque-page ! Bon tant pis, j'en ai un dernier « Alors que je me promenais, il y a deux nuits, j'ai entendu un homme et une femme qui se disputaient. Curieux, je me suis approché des voix et je l'ai est aperçu, entièrement vêtus de noir et presque caché dans l'ombre. La femme, paraît-il, fumerait trop et devrait passer plus de temps à surveiller quelqu'un. Lorsqu'ils m'ont vue, ils ont interrompu leur conversation et sont partis. Ça m'a fait froid dans le dos. ».
Emeline referma le registre d'un coup sec avant de se mettre à quatre pattes, s'étirant sur toute sa longueur pour ensuite bailler longuement.
-Il n'y a pas à dire : ces recherches sont vraiment ennuyeuses comme ça devrait être interdit.
Alors là...le contrebandier était vraiment sidéré ! C'était un mot pas bien joli, mais il était le plus adapté en ce moment même ! Karine aussi ne semblait pas en revenir tant la Navïn avait été efficace !
-Emeline, s'écria le contrebandier...
-...tu es tout simplement...la coupa Karine...
-...géniale ! s'exclamèrent-ils ensemble.
Emeline leur fit un grand sourire, dévoilant ses crocs d'une blancheur immaculée.
-Ça, je le sais !
**



Du poisson cru et frais ! Depuis le temps que Davita en rêvait, autant dans ses rêves que dans ses pires cauchemars ! Ouvrant grand la bouche, elle la plongea dans la chaire tendre et délicieuse de ce beau poisson, ignorant les fines écailles qui recouvraient sa peau. Affamée comme jamais, elle dévora chaque muscle, chaque fibre, chaque organe sauf bien sûr ceux de la tête, rongeant parfois quelques arrêtes. Une fois fini, elle poussa un profond soupir, léchant ses doigts qui sentaient maintenant bon...qui sentaient le poisson frais !
Jetant la carcasse du poisson dans la rivière, Davita observa le courant l'emporter loin d'ici. En regardant les ombres sur le tapis de l'eau, la jeune Navïn eut de nouveau faim. C'est que le poisson sec, elle avait du en gober pendant trop longtemps ! Maintenant qu'elle avait une rivière à portée de main, elle allait en profiter jusqu'au bout !
Davita se posta donc au bord de la rivière, la patte levée, ses yeux observant chaque mouvements, chaque gestes de ces petites créatures aquatiques. Son bras fusa, sa pattes griffus traversa l'eau, éclaboussant tout sur son passage...raté ! Les poissons s'étaient enfuis avant qu'elle n'ait eut le temps d'en attraper un autre !
Et bien tant pis, elle se contenterait que d'un poisson ! C'était bien maigre, mais il ne fallait pas trop se plaindre non plus ! Après s'être longuement étiré, elle pu enfin entreprendre une véritable toilette. C'est que, à être resté longtemps sur la poussière du cercle de territoire, ses poils s'étaient tout salis ! Sans compter que, depuis que ses bracelets d'or avaient été ôtés, elle avait découvert avec horreur que sa peau des poignets et des chevilles était légèrement pelée. En résumé, le moment de se refaire une beauté était enfin venu !
Elle allait se mettre à l'½uvre lorsqu'un bêlement joyeux résonna derrière elle. Surprise, Davita se releva aussitôt, manquant de basculer dans la rivière. Cette bête toute blanche était vraiment stupide !
Mathilde, comme elle s'appelait, se mit à lui tourner autour, gambadant gaiement comme si elle trouvait cela amusant. Si la jeune Navïn n'avait pas été aussi réticente, elle l'aurait jeté à l'eau aussi sec ! Mais c'était quand même un peu trop cruel...
-Mathilde, veux-tu bien cesser ces infantilités !
La bête blanche se coucha sur l'herbe verte, les yeux ne se détachant pas de Davita. Ridicule, lui lança la Navïn du regard, tu es tout simplement Ri-di-cu-le !
L'homme à la barbe grise, celui qui avait parlé, fit irruption près de la rivière, une grosse branche à la main pour s'aider à se déplacer. Davita avait tout de suite deviné la première fois qu'elle l'avait vu : il était vraiment très vieux !

Après s'être assit près de la bête blanche, il se mit à masser ses genoux noueux, s'humectant ses lèvres sèches.
-Tout ces déplacements...ce n'est plus de mon age...heureusement que je n'en ais plus pour très longtemps, sinon c'est la fatigue qui aura raison de moi.
Ça oui il n'en aurait plus pour très longtemps ! Peut-être un an ? deux ans ? Certainement pas plus, il était beaucoup trop vieux !
Après avoir calmé la douleur de ses genoux, le vieil humain prit sa branche qu'il posa sur ses jambes, passant ensuite une main ridée dans ses cheveux blancs. Il était bien différent des autres humains...mais ce qui le rendait étrange c'est qu'il ne l'accable pas comme ils le faisaient tous si bien ! Il y avait quelque chose de louche chez ce vieux !
-Je dois te répéter ce que tu devra faire pour moi ?
Davita fit non de la tête, commençant à se lécher les avant-bras. Sa toilette n'avait que trop attendu !
-Je vais quand même te le répéter, deux fois est toujours plus pratique qu'une fois ! Il y a, logiquement, quelqu'un de ma connaissance qui passera par ici dans peu de temps. Ton rôle sera simplement de le prendre par surprise est de l'immobiliser du mieux que tu peux, rien de plus. Avec ton agilité, cela ne devrait pas être trop difficile, puisque ce n'est qu'un humain...mais n'oublie pas : par surprise ! Il est beaucoup trop dangereux pour que tu te jettes sur lui de front !
C'est bon, elle avait compris ! Elle n'était pas aussi stupide que cela ! À force d'être restée cloîtrée dans cette auberge, son agilité s'était amoindrie...mais un peu d'exercices physiques et il n'y paraîtrait plus, c'était sûr !
Cet humain dont-il parlait, cela ne devait sans doute pas être un bon ami à lui...En tout cas, il était certain qu'ils devraient camper ici jour et nuit pendant un bout de temps ! Et après cela...oui, après cela...Elle serait libre de repartir chez les Navïns ! De retrouver Maman Navïn ! Tout ce temps perdu...les humains étaient cruels ! Enfin, pas tous, bien sûr.
-L'après-midi commence. Je crois que je vais aller faire un petit somme, je suis épuisé. Tu peux te promener dans les environs, chasser, utiliser ta Source si tu veux. Mais tu as interdiction de toucher à ma petite Mathilde !
Le vieil humain lui fit un clin d'½il alors que Davita regardait la bête blanche. Celle-ci était toute occupée à brouter un pissenlit ! De toute façon, cette bestiole, à force de galoper dans tout les sens, devait avoir une viande un peu trop dur !
-Et ne t'approche pas de la grande ville. Enfin, si tu ne veux pas retourner chez eux bien sûr et te faire...
Oui bon ça va, elle avait compris ! Satisfait, le vieil homme se coucha sur l'herbe verte de la clairière, ses mains reposant sa tête.
Il devait vraiment bien connaître les Navïns pour savoir que ceux-ci avaient un code d'honneur ! Ainsi, Davita ne s'enfuirait pas avant d'avoir fait ce qu'on lui avait demandé, en reconnaissance. Mais si jamais il la trahissait...vieux ou pas, elle n'en ferait qu'une bouchée !
La jeune Navïn lissa sa longue queue avant de se lever, l'oreille droite la démangeant terriblement. Tout ce bon air frais...toute cette verdure bonne pour la digestion...tout ces beaux arbres et ces beaux oiseaux ! Tout ça lui avait terriblement manqué !
Se rendant près d'un pin près de la rivière, Davita sorti ses griffes, grattant ensuite l'écorce de ses ongles noirs pour les user. Quel bonheur ! Incapable de s'en occuper là où elle s'était trouvée, ses griffes avaient commencé à lui faire sérieusement mal. Cela faisait un bien fou de pouvoir enfin se décrasser comme il fallait !
Une fois ses griffes aiguisées, la jeune Navïn pu enfin se gratter l'oreille droite, ronronnant de plaisir. La belle vie...c'était vraiment la belle vie ! Elle se sentait enfin revivre ! Tout à l'heure, elle chasserait le lapin. Avec un peu de chance, s'il aimait la viande, le vieil humain accepterait un morceau !
Debout sur ses pattes, Davita pouvait voir la grande ville pas très loin. Les humains avaient forcement du se rendre compte de la mort du maître Po'Merleau...étaient-ils partis à sa recherche ? Une mort de Navïn, c'était pas bien grave pour eux...mais si une Navïn tuait un humain, cela les mettaient toujours dans une colère terrible !
En pensant à cela, elle se tourna vers le petit sac qui se trouvait près du vieil homme. Dedans, il y avait ses fameux bracelets...bracelets qu'il avait enlevé le plus simplement du monde, sans aucune magie ! À croire que n'importe qui pouvait les ôter, sauf celui ou celle qui les portait ! Mais qui était donc ce vieil humain ? Il avait vraiment quelque chose de louche...il en savait trop, beaucoup trop !






Chapitre 3 Pierre des cinq lois TOME 2

# Posté le mardi 22 juillet 2008 02:51

Modifié le dimanche 03 août 2008 15:35

(titre de l'article à trouver)

(titre de l'article à trouver)
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Tout dans le titre et tout dans le titre! Voila! Alors comme j'en ais un peu assez de toujours parler de moi, alors c'est à votre tour. Que voulez-vous, ce n'est pas toujours à moi de mâcher tout les articles de ce blog! Pardon? Oui, c'est mon blog et alors? Alors participe qui veux ^_^. Le principe est trés simple: il suffit de parler de ce que vous voulez sur cet article...mais on va s'arrêter à cinq en tout. Donc, cet article pourra comporter jusqu'à cinq titre et cinq sujet. Alors, à vous l'honneur! Oui? Allons plus vite que ça, j'attends!

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# Posté le mardi 22 juillet 2008 07:16