Acte 3, scènes 5 et 6 "Dieu créa l'homme à son image"

ACTE TROISIEME

SCENE 5. Satan, Dieu, Jeanne d'Arc, Lilith, Alexandre IV, Moïse, Jesus-Christ, Anges, Diablotins,

Il y a une grande table. Tout le monde est attablé, sauf Dieu.
Dieu entre sur scène. Il est très bien vêtu.


Dieu. Je suis en retard, je sais.

Anges. Vous êtes tout excusés, seigneur Dieu. Nous nous languissions de vous.

Satan. Pour tout te dire, nous n'attendions plus que toi pour festoyer. Il aurait été discourtois de commencer sans la présence de notre invité principal.

Dieu. Certes, je le sais très bien. Et je vois que tout le monde est déjà ici. Comment allez-vous ?

Tout le monde. Nous nous portons à merveille, seigneur Dieu.

Satan. Je t'ais gardé une place ici. Ma perle de vinaigre, veux-tu bien ouvrir la première bouteille ?

Lilith. Avec plaisir, mon doux époux.

Dieu (il s'installe à côté de Moïse) Mais, je te reconnais toi. Tu es cet uluberlu qui a coupé la mer rouge en deux ! Comment vas-tu ?

Moïse. Plait-il, Monsieur ?

Dieu. Je te demande comment tu vas. La dernière fois que je t'ai vue c'était...c'était...

Jésus-Christ. Un moment avant ma naissance, mon Papa. Vous l'avez foudroyé sur Terre en disant que son art était abject.

Dieu. Je m'en souviens. J'espère que tu ne m'en veux pas. (tout le monde boit)

Moïse. Le temps s'écoule comme la rivière suit son cours. Mais la rivière peut-être aussi mortelle que le temps est éternel.

Satan. Laisses tomber. Tout le monde dit que son esprit a complètement grillé...c'est peut-être pour ça qu'il dégage une étrange odeur de brûlée !

Dieu. Je sens ça, oui.

Lilith. Je n'aime pas sa compagnie. Il débite ses âneries à longueur de journée et appelle tout le monde Monsieur. Pour moi, c'est un mufle.

Diablotins. Laisse-nous te servir, Seigneur Dieu.

Dieu. Avec plaisir ! (il vide trois fois son verre) C'est délicieux cette boisson ! Qu'est-ce que c'est !

Jeanne d'Arc. C'est du vin de messe, seigneur. C'est très apprécié chez les Chrétiens. Malheureusement, je n'aime pas trop son goût.

Dieu. Ah oui ? C'est très curieux venant d'une femme qui se fait passer pour un homme.

Jeanne d'Arc. Je préfère ignorer cette futile tentative de provocation.

Diablotin. Donnes-moi un morceau d'hostie, l'auréolé.

Ange. À tes ordres, le cornu. Au fait, Madame la Diablesse, comment se porte votre fils ?

Lilith. Il a un peu mal à la tête, ces derniers temps. Ce sont ses cornes qui poussent vite. Mais cela passera.

Moïse. Le pouce de l'infini n'a de limite que son nom.

Dieu. Faites le taire ou je sens qu'il va me donner mal à la tête.

Jésus-Christ. Il faudra le supporter, mon Papa. C'est un invité comme les autres. J'y pense, je voulais vous remercier pour ces gants que vous m'avez tricotés, Madame la Diablesse. Il est dommage que cela dégage une forte odeur de souffre, mais cela me fait plaisir.

Lilith. Non, tout le plaisir est pour moi. Veux-tu bien couper le pain en deux ? Je sais que tu as l'expérience, Jésus.

Jésus-Christ. Avec plaisir, Madame la Diablesse.

Moïse. Pas touche, Monsieur ! Il n'y a que moi qui sais couper les choses en deux à la perfection.

Jésus-Christ. Comment ? De quoi te mêles-tu, magicien de pacotille ? Je te rappelle que les hommes m'applaudissent lorsque je fais le partage du pain, sous leurs yeux ébahis ! Et toi ! Qu'as tu fais ?

Moïse. Je m'en moque ! Je dois couper ! Je dois tous vous sauver ! Je dois couper en deux ! (il regarde le pain et se concentre.)

Satan. C'est fini vous deux ? Tiens, sers toi encore un peu, Seigneur.

Dieu. Ce n'est pas de refus.

Alexandre IV. Excusez-moi de vous déranger dans votre dégustation, Grand Créateur. Mais il y a un petit sujet, à mon propos, que j'aimerais bien aborder avec vous, si ce n'est point abuser.

Dieu. D'accords si tu me sers à boire. Alors, Jeanne ? Comment se passe ton petit séjour en enfer ?

Jeanne d'Arc. Je ne vois pas l'intérêt d'une telle question. Je pensais être acceptée au Paradis après ce que j'ai accompli. Mais j'ai la nette impression de m'être fait rouler dans la farine.

Dieu. Mais tu n'as rien fait, justement ! Tu n'as rien accompli ! Toi, donnes-moi du sang de mon fils. (il rit)

Jésus-Christ. Je ne sais ce qui m'as pris de dire « ceci est mon sang... »lors de ce fameux banquet avec mes apôtres.

Jeanne d'Arc. J'ai bouté les Anglais hors de France, moi, Seigneur ! Et vous ?

Dieu. Moi ? Mais moi, pucelle d'Orléans, j'ai créé le monde, moi ! J'ai créé le ciel, la terre, l'homme et tout ce qui va avec. (il boit encore)

Jeanne d'Arc. Oh, si peu !

Alexandre IV. Puis-je à présent vous parler de...

Dieu. Parles vite, je suis occupé ! Ne le vois-tu donc pas ?

Alexandre IV. Certes, Grand Créateur. Et bien, j'avoue avoir fait certaines choses incorrectes sur Terre. Je mérite amplement ma punition d'être en enfer, mais je pense avoir suffisamment payé mes pêchés. Aussi vous demande-je si je puis retourner...

Dieu. Tu es accepté au Paradis et tu deviendras mon grand conseiller ! À présent chantons ! (Dieu récite « notre père qui est aux cieux » en chantant)

Jésus-Christ. Il est bien joyeux...

Lilith. Ce petit banquet me semble réussi, n'est-il pas mon tendre époux ?

Satan. N'est-ce pas, ma dragonne à la langue fourchue.

Alexandre IV. Portons un toast pour le Seigneur Dieu. (il lève son verre, imité par tout le monde. Jeanne d'Arc ronchonne et Dieu se lève pour danser le french cancan )

SCENE 6. Satan, Dieu, Ange Médecin, Ange Gabriel, Ange Militaire, Diablotin Journaliste, Jésus-Christ

Il n'y a personne qui scène

Dieu. (Entre sur scène, inquiet) J'espère qu'il ne m'a pas vue. Oh moi-même, j'espère sincèrement qu'il ne m'a pas vu. Autrement, je ne sais ce que je pourrais trouver comme excuse. Je vais lui dire...je vais lui dire que je suis occupé car je cherche ma Bible. Oui, voilà une excuse digne de moi et...non, il faut que je la retravaille, ce n'est pas suffisant.

Satan. (Entre sur scène) Ha te voilà. Je t'ai cherché partout, mais tu étais étrangement introuvable.

Dieu. Damned, je suis fait ! Oui. En fait Non. Enfin oui, car je cherchais ma Bible et...

Satan. Je crois qu'un de ces hommes te l'a volé, ce qui ne m'étonne qu'à moitié. Que cela ne tienne, je t'aiderai à la retrouver après que tu aies résolu mon problème.

Dieu. Un problème ? Mais quel problème ? Ton problème est probablement une belle invention de ta part.

Satan. Ne fais pas l'innocent ! Je viens te voir car mes enfers sont saturés. Nous sommes compressés comme des petits pois noirs dans une boîte de conserve trop petite. Il va sérieusement falloir penser à trouver un endroit où les compartimenter à leur mort, car nous n'avons plus du tout de place. Ou alors tu leur offre l'immortalité dont ils rêvent et que l'ont en parle plus ! Je commence à en avoir par-dessus la corne de tout ceci.

Dieu. Mais tu sais bien que c'est impossible, j'ai...

Jésus-Christ. (Entre sur scène) Ha, j'ai l'impression que je tombe mal. Vous dérange-je ?

Satan. Non, pas du tout. Enfin si, juste un peu mais ce n'est pas grave. Que veux-tu ?

Jésus-Christ. J'ai deus ou trois petites choses à dire à mon cher Papa avant de m'en retourner à mes occupations.

Dieu. Ciel ! Je crois que j'ai oublié quelque chose sur un nuage en venant ici. Attendez-moi sagement, je reviens vite fait bien fait.

Jésus-Christ. Pas avant que tu n'aies entendu ce que je dois me dois te dire, mon Papa.

Dieu. Soit, fais vite !

Jésus-Christ. C'est à cause du compteur de population. Nous commençons sérieusement à saturer dans notre Paradis. Avec tout ces hommes qui meurt tout les jours, le compteur risque de sauter. (une explosion retentit)

Satan. Ah, je crois qu'il vient de sauter à l'instant. Bigre, ça devient une vraie crise.

Jésus-Christ. Hélas. Maintenant, nous avons un gros problème sur les bras, mon Papa

Satan. Deux !

Dieu. Certes, je vais m'en occuper quand je le pourrais. À présent, je dois...

Ange Gabriel. (Entre sur scène en courant) Seigneur Dieu ! Mon Seigneur Dieu, c'est terrible, par tout les Saints esprits !

Dieu. Allons bon, que se passe t-il ?

Ange Gabriel. Les hommes des enfers sont en train de se disputer avec les hommes du Paradis. Les premiers n'arrêtent pas de critiquer les seconds et les seconds ridiculisent les premiers. Je crains qu'ils ne veuillent en venir aux mains.

Satan. Bigre, cela prend de grandes proportions et en peu de temps. J'ai juste le temps de sortir de mon chez-moi que cette confrontation commence déjà.

Jésus-Christ. Vous remarquerez que c'est, encore une fois, à cause des hommes que nous sommes en train de discuter ici en ce moment même.

Ange Gabriel. Il faut faire quelque chose. Leur comportement risque, pardonnez-moi Seigneur Dieu, de tout détruire.

Dieu. Je m'en irais les calmer, foi de moi-même. Ceci étant dit, j'aimerais bien maintenant que...

Diablotin Journaliste. (Entre sur scène) Oh oh, je vois déjà qu'il y a un beau paquet de monde.

Dieu. Que viens-tu faire ici, parasite qui se cache dans des trous nauséabonds ?

Diablotin Journaliste. Une simple petite formalité sans grande importance. Tout les spectateurs de Radio infernale vous écoute ! Si vous pouviez répondre à quelques questions. Voyons...sa Sainteté peut-elle nous donner quelques mots à propos de l'expulsion des Diablotins hors des enfers ?

Satan. Une expulsion ? Je n'étais pas du tout au courant. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Diablotin Journaliste. Comment, vous n'êtes pas au courant, maître des feux d'artifice ? Les hommes ont mis à la porte tout les diablotins de l'enfer pour faire de la place et accueillir leurs compatriotes. Une sale affaire, je peux vous le dire.

Ange Gabriel. C'est terrible !

Satan. Mais tout allait bien avant que je ne parte. Quand est-ce que cela s'est déroulé ?

Diablotin Journaliste. Il y a un peu moins d'une heure. L'information circule très vite avec la Radio infernale.

Jésus-Christ. C'est vraiment de mieux en mieux. Tant d'évènements qui se produisent le même jour.

Dieu. Tu peux toujours t'arracher les cornes, oiseau de mauvais augures, je ne répondrais à aucune de tes questions.

Ange Médecin. (Entre sur scène) Sa Sainteté a oublié de prendre sa potion, ce matin.

Dieu. Hors de question ! Je ne suis pas d'humeur à prendre quoi que ce soit.

Ange Médecin. Il faut prendre votre potion, autrement vous allez faire une rechute.

Ange Militaire. (Entre sur scène et fait le salut militaire) A vos ordres, Général Paradisiaque. Je viens vous faire part des résultats de ma mission d'éclaireur derrière les lignes ennemies.

Dieu. Que se passe t-il encore ? N'aurais-je dont jamais la paix ?

Ange Militaire. La paix est une insulte ! La paix n'existe pas ! Il n'y a que la guerre qui compte, Général Paradisiaque.

Ange Gabriel. Pourtant, je me suis souviens avoir écris les droit de l'ange et du diablotin.

Ange Militaire. J'ai joué du lance-flamme dessus ! Votre Génialissime Grandeur, je vous demande de me fournir toutes les troupes à notre disposition. La Seconde Guerre mondiale vient d'éclater sur Terre.

Satan. C'est une blague ? Nous allons passer au-delà de la saturation, avec tout les morts que cela va engendrer.

Jésus-Christ. Quand je pense que même les files d'attente sont déjà complètes.

Dieu. Oui, je vais essayer de...

Satan. Il faut résoudre le problème des enfers maintenant !

Jésus-Christ. Et celui du Paradis également, pendant que nous y sommes.

Dieu. Certes, mais...

Ange Gabriel. Je les entends ! Ils sont en train de se frapper ! Il faut vite les séparer !

Ange Médecin. Votre potion, Seigneur Dieu.

Ange Militaire. Je vous demande d'adopter une mesure offensive pour préserver notre force sur le monde.

Diablotin Journaliste. Un petit mot pour les résultats médiocres de votre ½uvre ?

Dieu. (Il hurle) Silence ! Je demande le silence ! Non mais, pour qui vous prenez-vous ? Et pour qui me prenez-vous ? Vous croyez vraiment que vos problèmes m'intéressent ? Vous vous trompez. Vous vous trompez grandement. Vous vous plongez le doigt dans l'½il jusqu'à l'aile. Alors vous vous débrouillez entre vous et moi je vais me coucher. (Il sort de la scène, tout le monde est stupéfait)

Baissé de rideaux. Tout est fini. Mais un Ange quelconque traverse le rideau. Il regarde partout

Ange. Hein ? Hého. Il y a quelqu'un ? Pourquoi ce silence, maintenant ? Pourquoi ce calme ? C'est étrange, ça hurlait à tout va il n'y a que quelques secondes et maintenant plus rien. Il se passe quelque chose de louche ici, je le sens. La façon dont ils ont disparus me laisse perplexe.

Diablotin. (Traverse le rideau. Il cache quelque chose) Tient, un auréolé. Qu'est-ce qu'il fait ici ?

Ange. Un cornu ? Tu m'as fait peur et je pourrais te poser la même chose.

Diablotin. Certes. Je reviens de mes emplettes lorsque j'ai remarqué qu'il n'y avait plus personne.

Ange. Donc tu as remarqué aussi ?

Diablotin. Oui, j'ai remarqué aussi.

Ange. C'est étrange, ne trouves-tu pas ?

Diablotin. Oui, je trouve que c'est étrange.

Ange. Et que caches-tu dans ton dos, le cornu ?

Diablotin. Moi ?

Ange. Oui, toi. C'est un secret ?

Diablotin. Voilà, c'est un secret. Je veux bien te le révéler si tu promets de ne le dire à personne.

Ange. Croix de bois, Croix-de-Fer si je mens je vais sur Terre. Alors ? Qu'est-ce donc ?

Diablotin. Du vin de messe. Je l'ai substitué au Papa.

Ange. Au Pape, tu veux dire ? Je pensais que les hommes de foi n'avaient pas le droit à l'alcool.

Diablotin. Justement, c'est une astuce. Ils font croire que c'est la boisson du Chrétien (il prononce le H) et en profitent pour mettre beaucoup de bonnes choses dedans. C'est divin.

Ange. Ils sont malins, ces Chrétiens. (il prononce aussi le H)

Diablotin. A qui le dis-tu. D'ailleurs, j'ai appris qu'il existait des religions Sataniques.

Ange. C'est ton patron qui doit être content.

Diablotin. Plus ou moins. D'ailleurs, figure toi que...(ils sortent de la scène. Cette fois, c'est vraiment fini)




Fin de la Pièce









Acte 3, scènes 5 et 6 "Dieu créa l'homme à son image"

# Posté le mardi 23 septembre 2008 15:51

Nouveaux horizons

Nouveaux horizons
Bon, et bien la seule que je puis dire est que ma pièce de théatre est finie...oui, vous l'avez sans doute remarqué! Je pense que ce fut un parcours qui fut à la fois brillant et trés instructif, et je me suis fait plaisir avec ces personnages loufoques que nous connaissons tous mais dont j'aiinven le caractère! Je n'ai pas encore finis le deuxme tome de la Pierre des cinq lois, seulement je veux pvoir à l'avance les futurs projets. Et le probme est que je ne sais vraiment par lequel commencer ni si ces projets peuvent être de quali. Hors je m'en remets à vous, chers lecteurs, pour venir me donner vos avis et vos impression sur les courts sumés que je vous proposent et de me donner le nom de celui qui pourrait vous plaire le plus. Et s'il y en a aucun que vous aimez, c'est pas grave, ce blog est avant tout fait pour s'exprimer, comme dit le vieux sage en équilibre sur une branche-du-haut-du-grand-sapin-sans-épine-qui-danse-durant-les-tempêtes-de-minuit.

Projet Beta Zero

Erik Von Dumm est un héros...d'aprés ce que l'on dit, il aurait traversé la jungle de la planète Callisto, sauvé de trés nombreux otages au péril de sa vie, aidé à l'annihilation des terroristes qui infestaient les lieux et fait s'échouer les plans du Général Mac Gallan! Mais la victoire...si l'on peut apeller cela une victoire...est amère pour le médecin, qui revient enfin sur Terre en compagnie de la turbulente et perturbée Léïtia.
L'enfant va devoir réapprendre à vivre, suivre une scolarité normale et subir des éxamens pour trouver le remède ultime à sa dépendance. Ce n'est pas toujours facile, sans compter ces camarades de classe qui en voient en elle une perturbatrice et une créature qui ne reflète aucune émotion: une machine! Seulement, cette tranquillité sera à nouveau menacée lorsque le proviseur vint à annoncer qu'un nouvel arrivant viendrait en classe: un jeune garçon, possédant le même regard que Léïtia ainsi que le même bracelet et dont les intentions sont loin d'être amicales.

Les nouvelles du tramway

Et c'est reparti pour cette année avec les nouvelles du tramway! Au programme, quelques anecdotes fort croustillantes dont toutes sont tirées d'une réalité qui nous entourent! "La braderie", spécialitée du nord, "Le siège toujours vide" ou encore "La princesse", tout ces personnages, humains ou objets, vous pourrez peut-être les rencontrer un jour, qui sait? Alors venez les découvrir tout de suite, et je vous promets que vous ne serez plus jamais réticents à prendre les transports en commun!

La Rose avait des épines
titre non définitif

"Ma vie est la vie typique d'une lilloise du Nord. Ja la mène en pensant, comme beaucoup de ce monde je pense, que c'est la vie la plus ennuyeuse et la plus pourrie qui puisse exister. Entre mon travail en tant qu'enquêtrice, les mecs dragueurs-mal-rasé-qui puent-l'alcool et mon chez moi, je me dis souvent qu'il n'y a pas photo! Enfin, je me plains beaucoup mais peut-être que je suis heureuse au fond...je sais rien...au fond, je m'en fout! Je sais qu'il y a pire que moi, comme cette jeune SDF à l'allure japonaise que je vois traîner dehors depuis un moment...
Les cadavres froids des appartements, résultats de règlements de compte ou de problèmes de couple, c'est mon petit train de vie, mon gagne pain si on veut. Mon boulot, c'est de foutre les responsables derrière les barreaux et de faire en sorte qu'ils y croupissent jusqu'au bout! Seulement, y'a un bémol...nous commençons à retrouver des corps sans vie, mort dans les conditions les plus...hum...curieuses, je dirais. Je commence à détester mon métier maintenant!"

histoire non définitf

Retour au lycée
titre non définitif

Vincent ne croit pas aux fantomes. Mais, à l'age de 27 ans, il profite de la paranoïa des autres pour pouvoir mener sa vie tranquillement. Avec un groupe de chasseurs de fantomes, qui croisent dur comme fer aux phénomènes paranormaux, ils se rendent dans les maisons hantés pour éclaircir les étrangetés de ces endroits...jusqu'au jour où Vincent en a assez et abandonne cette vie qu'il trouve définitivement minable.
Le téléphone sonne. C'est la directrice d'un lycée qui a besoin d'aide! Encore un appel pour une histoire de fantome! Et Vincent qui a toujours détesté le lycée! Le jour, il ne se passe rien, les élèves travaillent et mangent à midi la nourriture écoeurante qu'on leur sert en gamelle...mais la nuit, alors que l'internat est désert depuis près d'un an, des bruits de pas se font entendre, un petit garçon chante doucement des chansons morbides, les casiers s'ouvrent pour répandre leur contenue, une atmosphère oppressante s'installe...Les fantomes existent vraiment ou pas? Vincent va arpenter les couloirs du lycée en tant que chasseur de fantome...pour la dernière fois!

histoire non définitif

# Posté le jeudi 25 septembre 2008 14:30

Modifié le samedi 27 septembre 2008 13:48

chapitre 12 Pierre des cinq lois TOME 2

Chapitre 12



-Shihab...La cité la plus riche et la plus puissante de toute, mais aussi la cité de mon enfance...C'est l'endroit où je serais le moins en sécurité et pourtant...
-Et pourtant tu avais hâte d'y être, gamin.
Tenak leva les yeux au ciel, observant un moment la lune qui commençait à se reformer. De sa pâle lumière, elle éclairait faiblement la cité de Shihab, siège des plus grandes infamies qui soit mais également maison de sa mère, la dernière membre de sa famille disloquée. Le jeune berger essuya son nez avec une feuille de chêne froid provenant de la forêt froide. Avec toutes ces péripéties dans ce lieu plus propice à la mort qu'à la vie, le rhume avait été tout simplement inévitable.
Néanmoins, il l'avait fait...il avait réussit à faire l'impossible et dans de mauvaises conditions ! Il ne se sentait pas spécialement fier, seulement satisfait. Le pire était peut-être derrière lui après tout.
-Ne te repose pas sur tes lauriers, fit la voix froide, tu ne sera jamais en sécurité avec le seigneur au pouvoir.
-Je le sais bien, mais si je sais me rendre invisible à son regard...
La voix se mit à glousser dès que Tenak observa la petite flamme de ce qu'il restait de sa dernière torche. Une chaleur agréable, une lumière rassurante mais des ombres qui lui inspiraient crainte et effroi parmi les nombreux arbres qui l'entouraient.
-Alors non, tu ne sais pas. Ses traqueurs continueront de te pourchasser, ses créatures te suivront à la trace et il n'aura de cesse de t'avoir posé la griffe dessus avant de pouvoir souffler. Et dans ces moments-là, tu seras obligé d'utiliser la dernière solution qu'il te restera.
Tenak le savait...il avait pris la vie du traqueur Arka ! Enfin, c'était plus Lilyamon que lui...mais c'était sa main qui avait tenue l'épée, celle qui avait traversé sa peau, ses muscles puis son c½ur !
Le jeune berger posa la torche sur le sol de terre avant de la recouvrir de poussière, éteignant sa flamme par la même occasion. Derrière lui s'étendaient plusieurs centaines d'arbres ainsi que la lisière de la forêt froide. Aussi étrange que cela puisse paraître et sans qu'il s'en rende compte, Tenak avait pris de l'altitude, ce qui faisait qu'il se trouvait à bonne hauteur de la belle cité. Cela ne le gênait pas plus que cela puisqu'il suffirait de suivre une longue pente qui dégringolait sur plusieurs dizaines de mètres plus bas. À partir de là, il resterait toujours en hauteur, mais il serait alors plus aisé de trouver un moyen de se rendre à la cité portuaire et là...il aviserait !
-Prends garde tout de même...le sol n'est plus si sûr maintenant qu'il a plut...prends tes repères et ne commets pas de nouvelles imprudences.
Il n'avait pas pensé à la boue...et bien tant pis, il se contenterait de faire attention ! De plus, dans ses vêtements de berger, il se sentait plus léger, comme si l'odeur du troupeau venait à nouveau se faufiler jusqu'à ses narines...mais ce n'était qu'une impression fausse.
-Ne laisses pas tes souvenirs t'obscurcir la vue ! Tu connais pertinemment le chemin que tu risques d'emprunter, celui qui te mènera dans une impasse et qui t'empêchera de faire marche arrière !
Oui, ça aussi il le savait ! Mais il voulait revoir Bénédicte encore une fois...elle était certainement la seule à croire que les délits dont Tenak était faux, que son fils n'était pas capable de faire cela ! Elle le savait et elle n'avait pas fait le rapprochement dès le début parce qu'elle connaissait son fils, sa propre chaire et son propre sang !
-Tu ne m'écoutes donc pas ? Que viens-je donc de te dire ? Ecoutes-moi et crois-en mon expérience !
-Ça va j'ai compris ! Tes conseils valent de l'or, je le sais bien maintenant. Mais c'est...difficile !
-C'est difficile parce que tu le souhaites ! C'est toi qui as le contrôle de tes souvenirs et de tes pensées, pas moi !
Tenak se frotta l'épaule, observant la sombre lueur et violette qui émanait de dessous sa tunique. La marque des cinq lois semblait toujours le croire fou...mais elle était très bien capable de se tromper ! Il avait agit par folie il y a peu de temps, c'est vrai, ayant détruit de nombreuses choses dans son ancienne chambre. Mais c'était passé maintenant, il savait qu'il n'était plus fou...non, il n'était pas fou !
Mais...et si ces lois n'étaient qu'un fruit de son imagination, engendrée par la magie des cinq lois ? Alisha lui avait parlé d'une sorte d'Illusion sensorielle, crée par exemple par les flûtes de charme...non, il avait vu en personne Lilyamon et Sophitia dans ses rêves, il leur avait parlé ! Cela avait été beaucoup trop net pour qu'il puisse simplement les imaginer ! Donc, il n'était pas fou, en effet !

Rassuré, il examina la pente qui lui faisait face. Quelques arbres frêles poussaient en travers mais c'était globalement de la boue, l'herbe verte ayant été recouverte. On aurait également dit que plusieurs plaques de terres s'étaient détachées, dévalant la pente jusqu'en bas avec la tempête.
Ce n'était vraiment pas solide en apparence ! Cette pente lui rappelait celle à l'orée de la forêt de Gluïndémielle, là où la petite Matilde avait dégringolé en tentant de partir en exploration. C'était ce jour même où il avait entendu le hurlement d'un Sans-Nom pour la première fois...
Désireux de ne pas se faire réprimander encore une fois, le jeune berger revint un peu sur ses pas, fouillant le sol à la recherche d'un bon gros bâton bien solide, ceux qui ne manquaient pas dans la forêt froide vu que même la moisissure peinait pour pouvoir en faire son domaine.
Une fois muni de sa branche, Tenak retourna vers la pente, jetant un rapide coup d'½il sur sa surface pour repérer un endroit plus solide qu'un autre. Il y appuya ensuite le bout de sa branche, tâtant le sol pour en constater sa solidité. Satisfait, il mit pied-à-terre avec une extrême prudence, des picotements froids parcourant chaque parcelles de sa peau.
-Fais très attention. Il ne sera pas impossible que la boue et la pierre se dérobent sous ton poids.
-Je sais bien ! maugréa Tenak.
C'était bien pour cette maudite raison qu'il s'était muni d'une branche d'arbre solide. Il recommença donc son manège avec plus de circonspection, guettant l'arbre penché le plus proche qu'il pourrait atteindre, car il était évident qu'il ne pourrait pas faire toute la pente sans pause, son sang-froid ne le lui permettrait sûrement pas !
-Pourquoi tiens-tu autant à ta chère mère ?
-Elle m'a mis au monde, elle m'a élevé, m'a nourrit et m'a apporté son amour maternel. Je lui suis largement redevable et elle me manque beaucoup. Est-ce une raison suffisante ?
-Mais elle t'as abandonnée, non ? Tu as beaucoup plus de souvenirs avec ton oncle qu'avec elle.
Le jeune berger atteignit le premier arbre, non sans versée sueur froide et effort de contrôle. Une chute le long de cette bande de boue serait peut-être égale à des os fracturés dans le meilleur des cas ! Sans compter les rochers et cailloux qui pouvaient êtres traîtreusement cachés sous cette terre humide, gluante et froide !
Il posa son pied sur la base du tronc penché, s'appuyant ensuite à deux mains sur son écorche rigide pour souffler, sans pour autant lâcher son fidèle bâton de bois. Il était rassuré...ses péripéties dans la civilisation ne lui avait pas fait perdre les réflexes apprit avec Jonathan !
-J'ai raison, tu le sais. Tu as tout appris à ta bergerie maintenant réduite en cendres de bois et en cadavres de moutons. Tes maigres connaissances, tu ne les dois qu'à une seule et unique personne, maintenant six pieds sous terre. Et tu t'obstines pourtant à rejoindre une personne insignifiante, bête de surcroît et qui ne t'apportera rien d'autres que d'avantages de problèmes à une liste déjà fort longue. Pourquoi ?
Étonnamment, ces insultes ne l'atteignirent pas, tandis qu'il plantait son bâton à sa droite, constatant que la terre se détachait très facilement. Malgré la concentration qu'il espérait garder pendant un temps, il se détendit, le visage de Bénédicte lui faisant oublier le paysage, ses ennuis, ses voyages récents...absolument tout !
-Tu veux vraiment le savoir ?
-J'ai de grandes expériences autant dans la vie que dans la mort, mais je suis capable de me remettre en cause. Donc oui, je veux savoir !
-Il n'y a pas de raisons. Je l'aime parce qu'elle est ma mère. Et elle m'aime parce que je suis son fils. Vengeur et destructeur après la naissance...même la plus singulière brute, même la créature la plus dangereuse et la plus mauvaise qui soit a connu l'amour maternel.
-Et que fais-tu des orphelins ? Des enfants abandonnés vivants comme des bêtes, tuant pour vivre puis parfois pour le plaisir, après avoir adopté définitivement le goût du sang ?

Tenak doutait sincèrement ces propos qu'il savait désarmants. La voix fluide et glaciale tentait avant tout de le déstabiliser ! Il plissa les yeux, se demandant pourquoi la faible lumière de la lune avait tant diminué. C'est le ciel couvert de nuages qui lui donna la réponse ! Il n'aimait pas quand cela arrivait, mais c'était moins pire que de sentir approcher quelques odeurs de décomposition !
Il bailla longuement avant d'éternuer, clignant des yeux pour se maintenir éveillé. Il n'était pas fatigué...ou presque pas en tout cas ! Mais la nuit était là depuis peu et son sommeil avait été maltraité par le froid, le vent et l'inconfort, ces derniers jours. Mais il ne pouvait installer un léger bivouac près de Shihab, des soldats patrouillant peut-être dans les environs. Dans la forêt froide, il était assuré de ne pas être dérangé, mais ce n'était plus la même chose désormais !
-Descends. Cela te fera penser à autre chose, d'autant plus que tu es une proie facile, gamin, de là où tu es. Et fais attention à la racine, près de ton pied droit.
Cette voix était bien différente des quatre autres...elle ne lui faisait que rarement des commentaires plaisants ou déplaisants, ne lui donnait des conseils quand cas de nécessité et se manifestait que bien rarement. Il lui arrivait d'employer de grands mots lorsque le jeune berger n'en faisait qu'à sa tête, mais il restait quelqu'un de fiable, Tenak était souvent tenté de l'écouter jusqu'au bout si sa propre conscience ne le mettait pas en garde sur certains gestes et certaines paroles.
-J'ai réfléchi à ce que tu as dit et je reste sur ma décision. Même un orphelin a connu la naissance comme n'importe quelle créature. Et s'il n'a plus de mère, il peut toujours se raccrocher à l'idée qu'il a été aimé, même l'espace de quelques secondes seulement.
-Tu refuses de changer de position. Soit, retourne à Shihab ! Mais cela pourrait bien te perdre. À moins, bien sûr, que tu ne le sois déjà.
Ce calme dans sa voix, cette sincérité dans ses propos...Il avait touché un fil très sensible de l'âme de Tenak qui avança vers la gauche, bien déterminé à descendre la pente raide une bonne fois pour toute. Mais la contrariété ayant amoindri ses réflexes, et les ténèbres obligeant à cela, le jeune berger en oublia la racine de l'arbre, son pied droit trébuchant contre celle-ci.
Comme prévu, la boue était froide et gluante. Comme prévu, il y avait de nombreux cailloux qui étaient dissimulés sous la terre humide. Et c'est ainsi que l'on pouvait voir un jeune homme, qui avait été un peu trop intrépide, dévaler cette inclinaison du sol, s'écorchant bras et jambes, essayant tant bien que mal de ralentir sa chute avec son gourdin en bois. Il n'avait pas peur, il était beaucoup trop secoué pour avoir peur !
Finalement, il se retrouva sur le dos, continuant de glisser à une vitesse démesurée. Ballotté de droite à gauche à mesure qu'il dégringolait, Tenak recracha une bonne portion de boue dégouttante, essuyant ses paupières également recouvertes par cette mixture écoeurante dans l'instant présent...et ce fut pour voir les nombreux rochers, à moitié ensevelis pour certains, qui parsemaient le bas de cette pente monstrueuse.
-Par les esprits malins, je vais me briser sur ses rocs ! parvint-il à dire entre deux halètements, son c½ur commencement maintenant à s'emballer.
-Sur la droite, gamin ! Vers le bas !
Il y avait un tronc mort et fin et qui se rapprochait rapidement vers sa droite. Le jeune berger avait gardé sa branche en main nonobstant la chute...Il savait ce qui devait se passer, alors qu'il passait la main à cet assassin dont il ne savait rien.
Tenak roula sur le côté, lançant le bras, qui tenait sa branche, vers ce tronc qu'il avait repéré. Son autre main eut juste le temps de saisir l'embout libre du bâton, tandis que ses bras se tendaient brutalement avec une impression de disloquement. Désormais, il se trouvait presque suspendu à son outil de fortune, ses pieds pataugeant sur la boue avec l'espoir insensé de pouvoir se reposer sur quelque chose. C'est que, vu d'ici maintenant, la maudite pente était bien plus penchée, ce qui occasionnerait une chute plus rapide et un choc plus douloureux ! Tenak se sentait bête...vraiment très bête même, suspendu à son bout de bois lui-même bloqué derrière un tronc mort ! C'était à celui qui casserait le premier !
-C'est une situation fort délicate ! maugréa la voix froide. Même moi, je n'ai jamais du la subir !
-J'avais pensé pouvoir être aidé par Al. L'agilité des Navïns n'est pas à critiquer, je crois.
-Al ?

Cet homme ne parlait jamais en présence des autres...il n'en connaissait peut-être aucun ! À présent, il paraissait tout à fait normal qu'il ne connaisse le nom d'aucun d'entre eux !
-Almarine. C'est la jeune danseuse. Si je l'appelle...
-Cela ne servira à rien. Tout d'abords parce qu'il faut que tu apprennes à te débrouiller par toi-même, et ensuite parce qu'ils n'ont décidé, tout ces quatre imbéciles, de se manifester uniquement le jour.
Le jeune berger ne comprenait vraiment pas ! Il entendit un profond soupir dans un coin de sa tête, alors qu'il commençait à ressentir des fourmis dans les bras. Pour finir, ce serait certainement lui qui lâcherait prise, arrivé au bout de ses forces !
-Je vais faire vite, je n'aime pas les explications inutiles sur un sujet pareil. Une manifestation est moins facile que tu ne le crois. Comme des bêtes enfermées dans des cages, nous sommes des âmes calfeutrés. Nous extraire un temps de notre prison sous forme de manifestation orale nous demande de l'énergie.
Ceci expliquait pourquoi l'assassin n'intervenait que le soir, bien à l'abri des autres ! C'était compréhensif, en somme. Mais en ce cas, un être avec la marque des cinq lois pouvait devenir bien moins dangereux à certaines périodes ? Cela semblait un peu ridicule...il ne savait pourquoi, mais il doutait grossièrement des paroles de cette entité glaciale ! Une idée ridicule mais tout de même possible germa dans sa tête : et si il lui mentait depuis le début ? Cette envie de vouloir affronter Kannan pour être à l'abri de son joug, ce mépris envers la famille et sa manifestation nocturne...c'était stupide, bien sûr, mais on lui avait souvent conseillé d'être prudent...il était peut-être temps de savoir ce que cette fameuse marque avait réellement de particulier !
-Ne t'y trompe, ce serait trop dangereux pour toi. En te hissant sur le tronc et si tu es assez prudent, tu pourra peut-être remonter. De là , cherches à faire le tour, ce sera moins risqué.
Tenak ne répondit pas, réfléchissant en silence sur la manière de pouvoir utiliser la magie de la Pierre des cinq lois. À chaque fois, c'était les entités qui l'habitaient qui se manifestaient d'elles-mêmes pour le sortir du pétrin. Mais que se passerait-il s'il tentait de les utiliser sans leur consentement ? C'était un risque à prendre ! L'assassin n'insista pas, comme à chaque fois où le jeune berger n'en faisait qu'à sa tête, ce qui était rare.
Quelles capacités pouvaient lui servir ? Pas celles de Lilya ou de Sophitia en tout cas ! Masam, peut-être, mais il ne voulait se risquer à la magie alors qu'il ne connaissait qu'à peine les principes de bases. Il restait Almarine, la danseuse Navïn. Son habilité pouvait peut-être faire l'affaire...mais représentait-elle la peur ou la colère ? Ces deux lois étaient apparues presque en même temps...Il ôta pour la peur, puisqu'il devait s'aider du hasard pour choisir. Finalement, il ne se sentait pas si sûr de lui, sans compter qu'il était toujours suspendu à sa branche.
-Que dois-je faire ? Je me sens...désemparé !
-Foutaises ! Remonte sur ce tronc, c'est la seule chose à faire.
Le bâton se mit à gémir, commençant à céder sous ce poids trop lourd. Il devait prendre le risque...et ce fut instinctif ! L'image des Sans-Noms lui revinrent aisément à l'esprit, ces bêtes au pelage noir, sortant de l'ombre comme des fantômes malveillants. Une de ces créatures lui sourit, découvrant ses crocs démesurés, tandis qu'un rire glacé emplissait l'air, la torturant horriblement. Ses mâchoires s'ouvrirent, prêtes à se refermer sur leur proie.
Tenak sursauta, lâchant sa branche, alors qu'il dégringolait de nouveau la pente. Quelques secondes après et il se retrouva dans les airs, à près d'un mètre au-dessus du sol, tandis que ses mains venaient s'accrocher au tronc fin d'un arbre tordu. Le tronc, qui avait été fragilisé par la tempête, céda directement, et ce fut dessus que le jeune berger se mit à glisser le long de cette pente vertigineuse, ne reconnaissant pas ce nouvel équilibre qui était désormais sien.
Avant que le tronc de l'arbre ne se plisse sous la pression, Tenak s'était déjà élancé vers une autre prise de fortune. Ses doigts n'étaient qu'outils, ne ressentant ni douleur, ni fatigue, se contentant de s'agripper à tout ce qui pouvait servir. Mais c'était encore quelque chose de nouveau, quelque chose de surréaliste, et le jeune berger n'était pas habitué à se déplacer aussi légèrement et aussi habilement que le plus habile des félins !
Il manqua sa dernière prise, trébuchant maladroitement sur la boue froide et disgracieuse. Tenak tomba lourdement sur l'herbe fraîche, les mains à plat sur le sol et ses narines respirant l'odeur de la terre. Heureusement qu'il avait réussi à atteindre la fin de cette descente, autrement la chute aurait pu être douloureuse !

Courbaturé après cette courte et spectaculaire prestation, il se releva, massant son dos endolori. Même ses doigts peinaient à se refermer correctement. À croire que l'escalade acrobatique n'avait pas que du bon ! À travers sa tunique, le jeune berger pouvait distinctement voir une lueur verte filtrer doucement, baissant déjà d'intensité avant de s'éteindre complètement.
Tenak soupira, observant du coin de l'½il, et malgré les ténèbres de la nuit, l'exploit qu'il venait d'accomplir. C'était haut, tout de même ! Avait-il vraiment fait cela ? Et les arbres utilisés étaient bien plus éloignés qu'il ne l'aurait pensé. Ses yeux n'avaient plus été les mêmes pendant un instant, nullement gêné par le noir et recherchant tout les prises possibles qui lui auraient permis de descendre. Il savait que ce n'était pas lui qui venait d'accomplir ce miracle...Un demi-sourire apparut sur ses lèvres, tandis qu'il frottait ses yeux fatigués.
-Merci, Al...les autres ont tort de te critiquer de la sorte...et toi, j'attends tes explications !
-Je n'ai pas à me justifier. Le fait est que je ne savais pas cela possible. N'abuse pas de ces capacités, nous ne savons pas quels impacts négatifs pourraient bien s'encrer en toi.
-Et s'il y en a pas ? demanda le jeune berger, amusé d'avoir piégé l'assassin.
-Il y en a forcément, rappelles toi ce que t'as dit la Navïn aux cheveux blonds, cette reine Alisha.
Ce que Alisha lui avait dit ? Oui...leur conversation sur le col de Jilimaro. L'histoire de la Pierre des cinq lois. Ce n'était pas récent, mais il s'en souvenait très bien. « Mais notre désir de vengeance n'avait d'égal que notre lassitude, et nous commencions à voir dans la Pierre des cinq lois une menace sans précédente. Que se passerait-il si l'élu perdait le contrôle de la Pierre ? ». Tenak soupira une nouvelle fois, essayant de frotter ses vêtements couverts par la boue froide.
-Foutaise, je dis. Je suis persuadé qu'elle m'a toujours mentit uniquement pour me tenir éloigné de cette puissance qui sommeille en moi, désormais. La vraie question est de savoir quels étaient ses intentions. Mais cela n'a plus d'importance !
Oui, cela n'avait plus aucune importance puisque Alisha ne l'impressionnait plus. Lors de leur première rencontre, il avait été capable de la maîtriser sans le vouloir. Maintenant qu'il se sentait capable d'apprivoiser pleinement le pouvoir de la Pierre des cinq lois, rien n'y personne ne pouvait lui faire du mal...il pourrait enfin protéger ceux qu'ils aiment...et qui sait, même le seigneur Kannan en personne ne pouvait sans doute plus le gêner ! Le jeune berger sentit comme une jubilation dans le tréfonds de son esprit, ou plutôt un soupir de satisfaction. Son propre sourire s'élargit.
-Voilà la façon dont tu dois penser. Ainsi, tu seras en mesure de défendre ta propre vie !
Cet assassin était un ami, pour finir ? Il ne savait que penser, mais peu importe ! Il n'avait que trop traîné en forêt et il avait vraiment hâte de retrouver le toit accueillant de sa maison d'enfance ! Oui, il était grand temps de se remettre en route !
Tenak marcha, ignorant le froid qui engourdissait ses membres. La boue allait finir par sécher, cela ne faisait aucun doute. S'il pouvait trouver une rivière pour se débarbouiller un peu...
Les esprits étaient avec lui, s'en était certain car il ne tarda pas à tomber sur une petite rivière dont le cours d'eau était calme et posé. L'herbe qui entourait la rivière était aplatie et de grosses mottes de terre avaient été détachées, sans doute à cause d'une crue de cette rivière avec la tempête ! Le jeune se contenta de laver son visage et ses bras, ne voulant pas être mouillé par une eau froide si tard la nuit...il en avait plus qu'assez du froid !
Tenak humecta l'air humide après s'être passé les mains dans sa chevelure mouillée. La nature lui avait tant manqué ! Cela lui rappelait la bergerie, un endroit où lui et son oncle devaient parfois suer sang et eau pour pouvoir survivre face aux intempéries, sans compter que le troupeau de Jonathan était la première chose qui l'inquiétait par-dessus tout.
-La nuit est bien trop calme. Je n'entends pas le chant des grillons, comme s'ils ont été dérangés il n'y a pas longtemps.

Aucune réponse. Il parlait dans le vide. De plus, quelque chose captiva son attention à terre, tout près de la petite rivière. Il du s'agenouiller pour devenir la silhouette de carcasses de poissons. Ils n'étaient pas cuits et portaient encore quelques marques de dents. Sans doute une bête sauvage...une bête sauvage peut-être proche et qui avait dérangé les insectes ! En tout cas, ce n'était pas l'½uvre d'un Sans-Nom, c'était évident !
Non loin de là, il y avait une petite colline, face à la rivière. C'est en courant que Tenak s'y rendit avant de se retrouver devant la glorieuse ville de Shihab...une nouvelle fois. Elle semblait maintenant plus proche, ses bâtiments ayant pris de plus grandes proportions. Il devait certainement exister un passage pour descendre rapidement ! Mais ses portes étaient-elles ouvertes la nuit ou bien devrait-il se trouver une cachette pour dormir ? Il verrait sur place !
-Shihab plongé dans le sommeil...c'est la première fois que je vois ce spectacle !
Seules les lumières du grand château étaient allumées, la propre lune de la grande ville. Une lune corrompue de l'intérieur mais dont l'extérieur reflétait un semblant de pouvoir et de dignité. Si seulement l'extérieur suffisait...et puis, pourquoi s'énervait-il comme cela tout à coup ? Le mieux était qu'il reprenne sa route pour se forcer à penser à autre chose. Ce n'est qu'après s'être retourné qu'il vit enfin la créature qui avait fait taire les grillons.
Ses pupilles étaient tournées vers lui. Des pupilles d'un noir étrange...un noir qui brillait dans la nuit. Elle ne bougeait pas. Même sa queue et ses oreilles paraissaient comme si elle n'était qu'une statue...une statue qui n'est pas à sa place. En fait, ses yeux étaient la seule chose qu'il pouvait voir précisément, le reste n'étant que silhouette sombre. Une silhouette de petite taille malgré tout, comme celle d'un enfant. Dans le temps, il en aurait eu peur, oui...dans le temps...
-Que fait une Navïn si proche des humains ? Retourne d'où tu vient, cela vaut mieux !
L'enfant ne bougea pas, ne clignant pas même des yeux. Tenak fit un pas sur le côté et ses iris suivirent son mouvement. Il sentait la terre froide sous ses pieds, il sentait le vent froid sur sa nuque et ces yeux froids ne le lâchaient pas du regard. Amie ou ennemie ? Et que faisait-elle ici ?
Dans un geste presque doux, le jeune berger porta la main à son sac, cherchant son arbalète parmi ses autres objets. Mais ce simple geste fit réagir l'enfant Navïn, ses oreilles en pointe bougeant vers la droite avant qu'elle ne prenne la fuite, les ténèbres se refermant sur elle. Quelle curieuse réaction ! Il était évident qu'il ne l'avait jamais vu, elle ne pouvait pas faire partie des sentinelles Navïns de Jilimaro. Alors pourquoi, encore une fois, se trouvait-elle en ces bois, si près de Shihab alors que tout le monde sait que ces curieuses créatures n'osent s'approcher si près de la grande ville !
-Il se passe quelque chose de curieux...murmura t-il, persuadé d'être de nouveau seul.

Un cri retentit dans sa tête. Non pas un cri, mais plutôt comme un signal d'alarme. On aurait dit une cloche que quelqu'un venait de frapper. Cette cloche ne produisait aucun son, seules ses répercussions résonnaient...Tenak avait déjà ressenti cette sensation lorsqu'il s'était trouvé en danger, comme à l'auberge du voyageur quand il avait été en compagnie de trois soudards au torse musclé. Bref, il avait très bien compris de ce quoi ce signal voulait l'avertir et eut juste le temps de se coucher au sol au moment précis où quelque chose sifflait près de ses oreilles.
C'est instinctivement qu'il roula sur le côté pour éviter le coup de bâton que lui portait son adversaire. Au moment de se relever, l'une des lanières de son sac céda, le forçant à le jeter à terre pour se retrouver plus libre de ses mouvements, et fit face à son agresseur.
L'enfant Navïn l'observait de nouveau, sa branche d'arbre, cassée sous le choc, entre ses mains tremblantes. Tenak se frotta le bras droit, les sourcils froncés. N'avait-elle vraiment rien à voir avec les sentinelles ? Et pourquoi n'était-il pas aussi surpris qu'une jeune fille décide de s'en prendre à lui, la nuit, sans raison ?
-Fais attention à toi. Il n'est pas normal qu'une enfant, Navïn ou pas, ait le culot de s'attaquer à la première personne venue !
Le jeune berger observa l'enfant, évitant de faire le moindre geste brusque qui aurait pu la faire bouger de nouveau. Elle avait beau s'être merveilleusement bien située pour pouvoir facilement disparaître dans l'ombre, Tenak pouvait distinctement voir les moins détails de sa personne, de ses vêtements courts et en mauvais états jusqu'à ses jambes et ses bras encore imberbe et qui tremblaient, sans doute à cause du froid.
-Ce n'est qu'une petite fille ! Elle n'a pas encore la fourrure des adultes et elle tremble de tout ses membres ! Je suis persuadé qu'elle a dû se perdre et qu'elle meurt de faim, ce qui expliquerait son attitude. Elle n'est pas dangereuse.
Méfit toi quand même, pensa t-il pour lui même. C'était ce genre de réflexion qui lui avait valu quelques ennuis par le passé. La Navïn leva un doigt grelottant vers lui, un doigt couvert de boue et dont l'ongle sale était tracté. Elle ne voulait sans doute pas faire usage de ses griffes...ses lèvres frémirent, tandis qu'elle prononçait un nom.
-Teeeenaaaak.
-Que...
Tenak était stupéfait. Le connaissait-elle ? Non, c'était impossible ! De nom seulement ? Et comment cela se faisait-il ? Malgré l'envie qui tiraillait ses jambes, le jeune berger ne recula pas, faisant toujours face à celle qui avait bien essayé de l'assommer.
-C'est l'une des leurs, gamins ! Ils te cherchent, ils veulent te trouver ! Débarrasses toi d'elle.
-Non, je...je ne peux pas...ce n'est qu'une enfant...
Alors que Tenak tentait de se remettre de sa stupeur, l'enfant avait une nouvelle fois disparu. Etait-elle à droite ? Ou bien à gauche ? Derrière lui ? Il regarda également vers le ciel caché par les branches des arbres, mais dont la lumière de la lune parvenait à filtrer au travers. Pourquoi avait-il si peur ? Pourquoi son corps battait-il si vite ?
-Elle veut te faire du mal, tu l'as bien vue. Elle veut peut-être te tuer ! Va tu te laisser frapper uniquement parce que c'est un enfant ? Un biche se laisserait-elle dévorer vivante par un tout petit louveteau avec pour unique prétexte que c'est un enfant ?
-Je ne peux pas !
Une douleur atroce s'en prit à son épaule droite, engourdissant sa peau. Tenak tomba à genoux dans un gémissement retenu entre ses dents avant de tourner la tête vers la Navïn qui la frappait. La voilà qui relevait déjà son arme de fortune, l'abaissant pour porter un nouveau coup, de sang froid. Par réflexe, Tenak voulu se protéger avec le bras de son épaule touchée, commettant une nouvelle erreur. En effet, la branche se cassa, ses débris s'éparpillant dans les airs alors que le choc occasionnait une nouvelle douleur à sa victime.
La petite Navïn fit aussitôt un bon en arrière après avoir jeté son arme brisée, observant celui qui gémissait misérablement tout en tâtant son bras endolori. C'était horrible ! Il ne pouvait en être ainsi !
-J'ai mal ! Par tout les esprits, j'ai mal ! Je n'arrive plus à bouger mon bras ! Maman, j'ai mal !
-Elle te l'a sûrement cassé, idiot. Ne te laisse pas plumer comme un oiseau ! Défends-toi !
Il ne pouvait pas se défendre dans cet état ! Ou plutôt, il ne voulait pas ! Mais avait-il seulement le choix ? La petite leva les bras vers le ciel, un claquement se faisant entendre. L'instant d'après, elle s'élançait vers le jeune berger sans défense, toute griffe dehors, sans un bruit, sans un avertissement...elle voulait le tuer !
Tenak était mort de peur. C'était pire encore que lors de sa dernière rencontre avec une créature noire. Une enfant qui voulait mettre le premier homme venu à mort, sans un mot et le plus simplement du monde ? C'était une vision terrifiante, suffisamment terrifiante pour que la lumière verte puisse briller au travers de la tunique sale du jeune berger.

Sa vision des choses était brouillée par la douleur. Ce n'est que lorsqu'il cligna des yeux qu'il se rendit compte de l'état des choses : Il se trouvait en face de cette Navïn, debout, tout simplement. Que s'était-il passé ? Venait-il d'esquiver sans s'en apercevoir ? Même la petite violente semblait ne pas croire ce qui venait de se produire. Elle était peut-être agacée puisqu'elle se jeta sur lui une nouvelle fois, comme une furie, les canines à découvert.
Un coup de griffe sur la gauche ! Tenak bougea son corps de quelques centimètres, laissant le bras siffler dans le vide. Une nouvelle attaque cette fois vers la droite. Le jeune berger se contenta d'un simple pas vers l'arrière, les griffes ratant son visage de peu.
Cette folle avait beau se déchaîner, frapper, agiter les bras en avant, aucune de ces tentatives n'atteignaient leur but ! L'un de ses bras fut même arrêté par la seule main valide de Tenak qui la souleva comme poids plume, la laissant suspendre comme un poisson au bout d'un hameçon. Il n'avait plus peur...il n'avait même plus mal ! Mais son esprit était embrouillé. Avait-il affaire à une enfant ou bien à un animal dangereux et sanguinaire. Il ne le savait pas...il ne savait plus !
-Tu vas te calmer, effrontée ! Puis tu va m'expliquer ce qui te prends d'agir ainsi ! Je ne suis pas ton ennemi !
Il n'était pas son ennemi, certes, mais elle ne voulait pas l'entendre de cette oreille apparemment. Un simple coup de pied habilement placé à l'estomac lui suffit à le faire lâcher prise, tandis qu'elle recommençait son manège. Attaque et esquive. Frappe et pas sur le côté. Une danse mortelle ! Etait-ce un jeu, dans le fond ? Un bien mauvais jeu, en tout cas !
-Ne te contente pas d'esquiver, elle ne se lassera pas ! Frappes là, défends-toi, gamin !
La loi de la peur était activée. Chacune de ces lois s'était activée une à une. Mais était-ce possible d'en activer deux en même temps ? Tout en se focalisant sur la lumière verte qu'il percevait, Tenak pensa à la bergerie détruite. Il n'avait jamais pu revoir son oncle, qui n'avait pas pu accomplir sa promesse de le rejoindre à l'auberge du voyageur en parfaite santé. Il lui avait menti...pour le protéger, mais il lui avait menti. Sa demeure n'était plus que bois calciné, désormais. De son rêve, de son troupeau...de ce qu'il considérait comme étant une véritable famille, il ne restait plus rien. Son bâton à musique fendu...ses brebis mortes...spectacle de tristesse et de désolation...
Tenak senti le bois d'un pin contre son tronc. La jeune Navïn devait certainement pensé qu'elle avait gagné la partie. Et bien, il allait lui prouver qu'elle avait tort !
L'enfant tomba lourdement sur le dos avant de rouler sur elle-même, tenant son ventre à deux mains. Elle était agile, mais elle n'avait pas encore les pleines capacités des Navïns adultes. Pauvre petite inconsciente ! Le pied du jeune berger retrouva le sol humide et la terre froide, sentant encore le poids de la petite avant de la projeter.
Elle s'était déjà relevée, sautant vers l'arbre le plus proche pour prendre appuie dessus avant de s'élancer une nouvelle fois vers le jeune berger, toutes griffes vers l'avant. Savait-elle ce qui signifiait ces deux lumières tremblotantes, bleues de la mer et vert de la feuille, pour prendre autant de risque ?
Les adversaires commencèrent une danse bien différente, une danse où le premier qui perdait serait sans doute celui qui tomberait ! Tenak avait beau être désavantagé à cause de son bras cassé, ce même bras dont l'épaule possédait la marque des cinq lois, il ne s'était jamais senti aussi fort, aussi sûr de lui. Cette idiote ne devait faire qu'une seule faute pour qu'il puisse prendre le dessus ! Oui, une simple et unique faute ! Et cette faute, elle la fit bien vite, tentant désespérément de mordre la nuque du jeune berger.
Le plat de sa main vint à la rencontre de cette gorge qui lui était offerte, frappant furieusement sans réfléchir. C'était un ennemi qu'il fallait abattre, la voix l'encourageait et l'approuvait !
-Tue là, abas tes ennemis ! qu'elle disait !
L'enfant se prit la gorge à deux mains, peinant pour respirer et toussant fortement. Elle fut très vite à terre, ses jambes fauchées comme de vulgaires fétus de paille. Et l'instant d'après, il était enfin sur elle, prêt à la frapper jusque ce que mort s'ensuive. Son poing se leva, mais ne frappa...pourquoi tremblait-il ?
-Tue ! Tue ! Elle veut ta mort ! Elle te hait, cela se voit dans son regard !
Un regard meurtrier ? Tenak ne voyait que des yeux terrifiés qui étaient rivés dans les siens, ses mains enserrant sa gorge. Elle tenta de balbutier quelques mots, mais ne parvint à produire que quelques bruits de respiration forcée avant de cracher un épais fluide chaud qui s'écrasa sur le visage du jeune berger. Ses doigts rencontrèrent cette substance collante avant qu'il ne l'amène sous son champ de vision. Sa main trembla...ce fluide épais et rougeâtre qui coulait doucement ses doigts...Il venait de blesser une enfant !
-Qu'attends-tu ? Elle ne te laissera pas de deuxième chance, s'en est certain ! hurlait la voix, le forçant à achever ce qu'il avait commencé.
-Je...je...
Que se passait-il ? Une partie de lui voulait étrangler cette tueuse ! Mais une autre partie de lui refusait, prenant la défense de l'enfant. Quel camp choisir ? Et pourquoi devoir choisir un camp ? Sa main, couverte d'un sang qui n'était pas le choix, s'approcha de la nuque dégagée de la jeune fille, qui peinait encore pour respirer, les yeux fermés et tremblant de tout ces membres. Non, il ne voulait pas ! Son bras s'arrêta à temps, tandis que la Navïn le regardait sans comprendre, sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration bouleversée.
-Elle te déteste pour ce que tu es ! Elimine tes ennemis si tu ne veux plus vivre dans la peur !
-Non, je...je ne veux pas...vas t-en !
-Oh si, tu en meurs d'envie ! Tu ne le sais pas toi-même, même tu en as terriblement envie, car ça serait si facile de le faire !
-Tenak, ne fais pas ça ! hurla une voix qu'il connaissait.

Sa tête se tourna vers l'endroit d'où venait la voix...alors, il sentit son c½ur s'emballait sous la colère qui nourrissait son âme. La couleur rouge vint accompagner ses deux s½urs, créant des effets lumineux sur ses habits. Trois lois activées...à cause d'Alisha la menteuse qui l'avait enfin retrouvé !
La jeune femme se trouvait à plusieurs mètres de lui, à demi cachée par un arbre et ses yeux laissant paraître une frayeur qu'il ne lui connaissait pas...encore un mensonge !
-Tenak, je t'en supplie, ne fais pas ça ! Tu es en train de te perdre !
-Tu m'as menti, Alisha ! Tu m'a toujours menti et tu m'a abandonné ! Je te déteste !
-Oui...laisses toi bercer par tes émotions...ce sont elles qui te guident...murmura la voix, comme une douce plainte à son oreille.
Alisha voulut s'approcher, mais le jeune berger la menaça de frapper la pauvre petite, ses yeux enragés et grands ouverts la regardant avec fureur. C'était donc bien un piège...et cette enfant avait été envoyé en pâture pour que cette sotte d'ancienne reine Navïn puisse le capturer aisément !
-Tu l'as envoyé pour me tuer, n'est-ce pas ? Vous avez tous peur de moi à cause de la Pierre des cinq lois ! Tu m'as abandonné, Alisha !
-Non, Tenak, ce n'est pas ce que tu crois ! Par pitié, écoutes-moi !
Et cet assassin qui continuait de lui demander d'achever l'enfant...Tenak se rencontra sur ce triste spectacle, perdu. Que devait-il faire ? La Navïn avait fermé les yeux, gémissant misérablement. Il aperçut ses larmes, comme de petites perles, qui roulaient le long de ses joues, laissant un long sillage transparent derrières elles.
Le jeune berger se releva maladroitement, son bras pendant mollement près de son corps tandis que son autre main se posa contre son front brûlant. Il avait mal...il avait mal au plus profond de lui. Mais que se passait-il, enfin !
-Pitié, Tenak...calme toi, je t'en supplie, répétait-elle sans relâche, se mettant à pleurer à son tour.
-Laisses la gamine à terre, elle est neutralisée ! Maintenant, élimine cette femme avant de te mettre plus en danger ! Elle te trompe, comme elle l'a toujours fait avec toi !
-Vas-t'en ! Sors de ma tête !
Tenak senti des picotements dans son épaule, tandis que la cinquième loi s'activait, celle de la folie. Plus qu'une seule...que se passerait-il si les cinq lois s'activaient en même temps ? Il ne voulait pas le savoir ! Il voulait dormir ! Ou même mourir, pour mettre fin à ce cauchemar !
-Par les Reeyaks ! La dernière loi ! Nous allons le perdre !
Il n'entendit pas les autres mots, seulement quelques restes de phrases incompréhensibles. Tenak mit un genou à terre, essayant de repousser l'entité de son esprit par tout les moyens possibles. Mais c'était dur...dur et douloureux ! Il avait l'impression que sa tête était plongée dans de l'huile bouillante !
-Jonathan ! Pourquoi m'as-tu abandonné, toi aussi ? Jonathan, aides-moi !
-Je suis là, gamin, calme toi !
Sa voix...cette voix qui était la sienne...il était devenu vraiment fou alors ! Mais qu'importe ! Il se concentra sur cette voix, comme un rondin flottant sur une mer déchaînée. Il senti de grandes mains sur ses épaules qui le forcèrent à se coucher. Si seulement il avait pu se dégager...mais il n'avait plus la force de bouger, ni même de voir, ses yeux étant devenu comme aveugle. Tenak eut peur, tentant de se relever et de s'enfuir. Mais les mains le retenaient, le plaquant au sol. Combien y en avait-il ? Trois ? Cinq ? Il ne savait pas...il ne voulait pas savoir, se mettant à hurler comme un animal blessé !
-Emeline ! Concentre toi sur la marque et éteint là avant qu'il ne soit trop tard.
Dans le fond, s'il mourait, il pourrait peut-être rejoindre l'esprit de Jonathan dans l'autre monde...et sa mère dans tout cela ? Avec son age, elle ne tarderait pas à les rejoindre également...oui, il serait réunit ! Il en était presque...en joie ?
Tenak senti alors une autre présence qui repoussa aussitôt cette émotion, plongeant son âme dans un tonneau d'eau gelée. Cela devait être cette autre main qui était posée contre son épaule...comment avait-il pu penser à mourir ? Il était vraiment devenu fou !
-Repousses-les ! Ils te veulent du mal !
-Va t-en !
Et l'entité s'en alla, sa présence chassée par la présence que le jeune berger percevait désormais. Il sentit ses émotions perdre en intensité...la peur, la tristesse, la colère...tout disparue ! C'est à ce moment-là qu'il plongea dans les ténèbres du sommeil, vaincu par la douleur. Son dernier souvenir était les voix autour de lui avant que tout ne devienne noir définitivement.






chapitre 12 Pierre des cinq lois TOME 2

# Posté le dimanche 28 septembre 2008 14:40

Préparation (finie)

Je prépare un buffet et une cérémonie...pourquoi? Chut, c'est un secret! Il ne faut pas dire que c'est pour le 1000 ème commentaire! Je me demande encore qui serait le malheureux élu...Restez accrochés derrière vos écrans, nous aurons bientôt un vainqueur!


Laissez de cô ces phrases indigestes et purement stressantes qui vous ont certainement laissé un moment dans l'incertitude. En effet, nous avons enfin un gagnant! Et je dirais même plus: c'est une gagnante! Et pas n'importe laquelle, ma foi! Félicitations pastrésloin, tu l'aura emporté haut la main!

Je disais donc: ce soir j'organise un buffet pour le 1000ème commentaire qui marque une étape importante du blog. 1000 commentaires dans lesquels ne figurent aucune publicités stupides et sans interet! C'est pas chouette cela? Non, sincèrement, cela me fait extremement plaisir. Cela va faire depuis un an, presque, que j'ai démarré ce blog. Un an passé en votre compagnie. Un an que cette grande aventure est commencée. Je parle sincèrement quand je dis que je n'aurai jamais été capable d'aller aussi loin, pour le moment, sans vos avis, vos encouragements et votre présence.

Notre gagnante n'est pas la seule que je voudrais remercier, il y a également de nombreuses personnes de la gente féminine (et oui...peu ou presque pas de mecs...c'est fort triste!) que je voudrais remercier! Donc ce soir, levons tous ensemble notre verre et nos vers en l'honneur du blog pastréloin.skyrock.com . Congratulations, encore et profite bien, aujourd'hui c'est toi qu la couronne!
Préparation (finie)

# Posté le mardi 30 septembre 2008 13:46

Modifié le mercredi 01 octobre 2008 12:24

chapitre 13 Pierre des cinq lois TOME 2

Chapitre 13



-Resserrez la battue, vite ! Avant qu'elle ne s'échappe !
-Le seigneur Kannan ne devrait pas tarder ! Ne lui faites pas de mal, il a insisté !
Ces soldats en armes et en armures qui n'arrêtaient pas de hurler des ordres, la menaçant de leur hallebarde...Elle était complètement acculée contre l'une des parois rocheuses du col de Jilimaro, les menaçants par ses grondements résonnants. Ces mâles humains...ils étaient si lâches qu'ils devaient s'en prendre à plusieurs sur une Navïn encore en age de faire ses dents sur des os de poulets ! Eux étaient en armure complète, la triple feuille de chêne se reflétant sur leur plastron. Elle n'avait que sa belle tunique noire, ainsi que sa courte cape rouge, qui représentait les jeunes enfants de son peuple.
Les griffes de Davita raclèrent sur la terre de Jilimaro, soulevant quelques poussières et petites mottes de terre. Si seulement Maman Navïn avait été là, ça aurait été un véritable massacre, pour sûr ! Ces lâches n'osaient s'approcher, la gardant aux abois avec leurs armes. Ils étaient à cinq, formant un demi cercle largement renforcé. Cinq soldats pour elle...c'était presque un honneur...s'ils avaient su !
-Que fait-il ? Je refuse de rester plus longtemps ici ! Si les autres rappliquent, nous allons tous nous faire égorger !
-Ne bougez pas, soldat ! Où se sera moi et personne d'autre qui vous égorgera !
Les menaces maintenant...ces humains étaient si peu disciplinés ! Il était peut-être temps pour Davita de s'imposer en tant que digne femelle du peuple Navïn ! Ses doigts appuyés sur le sol se refermèrent lentement, se saisissant de la première pierre qui leur était tombée sous la main. Le premier humain que son regard croisa fut celui qui reçut le projectile en pleine tête, son casque à corne le protégeant de la mort. Cela ne l'empêcha pas de basculer en arrière sous le propre poids de son armure, tombant lourdement sur le sol et perdant son arme dont la lame tinta sur les petits cailloux du col de Jilimaro.
Cette même arme que Davita s'empressa de ramasser, menaçant les soldats qui s'étaient aussitôt reculés. Pleutres ! Ignobles pleutres ! Sous le soleil de midi, ils devaient tous étouffer dans ces armures de métal, leurs mouvements se restreignant terriblement. Ainsi donc, ils étaient si peureux que ça ? Cela pouvait rudement servir !
L'homme qui avait été touché s'empressa de se relever avant de se cacher derrière ses camarades, hurlant des gargouillements incompréhensibles. Les autres ne viendraient pas, il fallait que Davita s'en sorte toute seule ! Après avoir planté la base de la hallebarde dans le sol, la jeune Navïn agita les bras, laissant sa Source couler le long de ses membres avant d'apposer aussitôt ses mains sur la terre recouverte des petits cailloux de Jilimaro. L'effet ne se fit pas attendre !
Comme attirés par un étrange aimant, tout ces petits cailloux roulèrent vers Davita, faisant de nouveau hurler ces courageux et féroces soldats. Ils vinrent très vite à s'empiler les uns sur les autres, formant une grosse boule dont chacun de ses minuscules morceaux était rattachés entre eux par la magie, s'étant solidifiée au contact de l'air. Gardant sa concentration du mieux qu'elle le pouvait, Davita s'aida toujours de sa magie pour soulever sa boule de pierre, la maintenant à hauteur du visage, lançant un regard haineux à tout ses ennemis.
Ceux-ci étaient pétrifiés, observant la boule de pierre que les bras tendus de la jeune fille maintenaient en suspension devant elle par la simple force de sa pensée.
-Replie ! hurla celui qui était sans doute le chef de l'équipe. On se replie, viiiite !
Trop tard ! La magie qui retenait les pierres entre elle se dissipa aussitôt, tandis que Davita relâchait toute sa source pour projeter sa boule de pierre. Les cailloux sifflèrent en tournant sur eux-mêmes, rebondissant sur les plastrons, les casques, les bras des soldats. Aucune partie du corps n'était épargnée, tout leur membre subissait le courroux de la jeune fille, cette pluie plus douloureuse que les rayons ardents du soleil.
La jeune Navïn s'essuya le front, respirant difficilement face à l'effort qu'elle venait d'accomplir. Il était rare pour une enfant de son age d'utiliser ainsi sa Source en si grande quantité...et tout ces hommes qui étaient à terre et qui gémissait...Maman Navïn serait fière...oui, très fière !
Un léger applaudissement vint mettre fin à son soulagement. Davita cligna des yeux, essayant de bien distinguer la nouvelle silhouette qui était apparue. Son sang se glaça face à cette apparence...une voix sifflante vibra à ses oreilles, comme celle d'un serpent au venin mortel.
-Je te félicite. Même si jeunes, vous êtes capables d'accomplir des prouesses ! Seulement, la simple idée que l'on puisse traiter mes fiers soldats de la façon dont tu viens de faire me laisse...je dois dire...perplexe.
Il avait beau être de taille très moyenne, sa personnalité physique était effrayante ! Ce n'était pas spécialement à cause de sa grande cape rouge, ni de ses pièces d'armure aux genoux, aux bras et aux torses. C'était plutôt cet espèce de masque d'argile qui cachait presque la moitié de son visage...un visage au sourire démoniaque !

L'horrible personnage salua la prestation de Davita, comme pour la narguer ou l'insulter. Son sang ne fit qu'un tour ! La jeune Navïn se saisit de la hallebarde plantée dans le sol avant de la lancée de toutes les forces qui lui restaient vers l'homme au masque. Que se passa t-il ? Elle n'en savait rien...
Toujours est-il que sa cible eut juste le temps d'écarter les bras avant de les placer devant lui. Un choc puissant, une grande rafale qui secoua sa grande cape rouge ainsi qu'un bruit sonore, et il ne resta plus rien de l'arme de bois et de métal, sinon un tas de morceaux brisés ou tordus qui retombèrent mollement sur le sol de Jilimaro. Davita poussa une exclamation étouffée, sa main griffue devant sa bouche.
Avant qu'elle n'est eut le temps de comprendre ce qu'il venait de se passer, l'homme s'approcha, menaçant et souriant. D'instinct, Davita recula contre la falaise de Jilimaro, les yeux exorbités par la peur. Jamais elle n'avait eut peur d'un humain...et celui la n'avait presque rien d'humain !
-Tu dois me comprendre, il me faut quelqu'un pour servir de monnaie d'échange ! Si je ne puis arriver à mes fins de cette façon, je serais contraint de...oh, mais tu le saura bien assez tôt.
Tout en disant cela, il avait imposé sa lourde main sur le front de la jeune Navïn qui tremblait comme une feuille. Elle sentie alors quelque chose...comme une flèche qui perçait son crâne...ou plutôt à couteau qui l'ouvrait largement pour mettre ses chairs à vifs ! S'ensuivit alors une horrible douleur, alors que Davita hurlait, le corps secouait de spasmes. Heureusement que son corps ne pu tenir cette douleur très longtemps, lui faisant perdre connaissance...autrement, elle en serait devenue folle !
**



Le visage de Davita disparut, tandis que les flammes reprenaient leur tranquillité, achevant les restes de bois secs qui leur restaient. Suivit du regard par le jeune berger, Jonathan prit son temps pour nourrir le feu avant de se rassoire, reformant le cercle du camp. Seule la pauvre Davita n'y assistait pas, se reposant à part contre une souche propre, la cape de Tenak sur son corps. Le jeune berger était si désolé de ce qu'il avait fait qu'il faillit fondre en larme...mais il ne pouvait le faire devant Jonathan...le défunt Jonathan qui, en fait, allait très bien finalement ! C'était presque un rêve, un très beau rêve qui dissipait enfin les ténèbres !
-Alors je...je n'étais pas vraiment dans le faux ? Tu connaissais vraiment la petite ? demanda Tenak après s'être tournée vers Alisha qui rayonnait, heureuse, sans doute, de le savoir en bonne santé.
Son visage ne tarda pourtant pas à s'assombrir en entendant la question du jeune berger. Jonathan, quand à lui, restait silencieux, occupé à contempler Emeline qui rechargeait la Source naturelle de la flûte de charme. Apolïncer, pour finir, était mal à l'aise, certainement à cause de la magie dont il avait tant peur.
-Oui, je la connaissais...Le Seigneur Kannan nous as envoyé un ultimatum après sa capture. Il nous promit de nous la rendre si nous lui donnions la Pierre des cinq lois...
Bien évidemment, les Navïns n'avaient pu se résoudre à faire cela...ainsi durent-ils abandonner l'une des leurs aux griffes de ce serpent ! Mais tout semblait presque s'arranger ! Tenak retrouvait Jonathan et les Navïns retrouvaient Davita ! Que fallait-il de plus pour que le bonheur soit presque parfait ? Pour Tenak, il ne manquait plus que ce qu'il restait de sa famille soit enfin recomposé : Lui, sa mère et son oncle !
-Bien ! s'exclama joyeusement Jonathan. Qui veut essayer de nous faire partager ses souvenirs ?
Car c'est ce qu'ils avaient tous décidé à faire pour retirer quelques zones d'ombre sur de nombreux évènements. Ce fut Jonathan lui-même qui joua pour Davita, après avoir avoué que les souvenirs de la petite lui avait déjà été confiés.
-Je vais le faire...murmura Apolïncer qui réclamait la flûte de sa main à la chevalière.
Emeline se tourna vers lui, surprise, tandis que Tenak se demandait ce qu'il se passait. Quels souvenirs ? Quelque chose à faire partager dont il n'était pas au courant ? Cela faisait depuis si longtemps qu'il n'avait pas conversé avec le contrebandier !
-Tu ne te rappelles pas, Mimine ? Que je répondrais à tes questions le jour où nous retrouverions Ten ? Et bien, maintenant que c'est chose faite, je vais honorer ma promesse...
D'un geste lent et malhabile, le contrebandier s'empara de la flûte de charme, la tournant et la retournant entre ses doigts comme s'il s'était s'agit d'un objet diabolique. Après une longue hésitation où seul le crépitement des flammes se faisait entendre, il se décida finalement à introduire l'embout de la flûte entre ses lèvres tremblantes, ses doigts bouchant quelques trous de l'instrument. Un son grave et faux emplit aussitôt l'atmosphère tendue de la petite clairières et les flammes ne tardèrent pas à arrêter leur danse répétitive pour former un visage, celui d'Apolïncer...un visage jeune...un visage d'enfant...un visage inquiet !
**



-Cinquante pièces ! Cinquante pièces d'argent ! Tu ose revenir avec cinquante pièces en poche ?
-Je vous jure, père que...que c'est...ce n'est pas de ma faute...
-Bien sûr que si ! C'est parce que tu es médiocre ! Un piètre vendeur ! Tu tiens bien de ta sotte de mère, petit misérable ! Mais je te jure, Malïncer, je te jure que je parviendrai à tirer quelque chose de toi, d'une façon ou d'une autre !
Malïncer...il détestait ce nom ! Le jeune garçon savait pertinemment que c'était son père qui le lui avait choisi, sa défunte mère n'ayant pas pu nommer l'enfant de sa propre chaire. Malïncer balaya ce qui lui servait de maison du regard : la paillasse installée par terre et servant de lit, infestée de puces, l'unique meuble avec son unique chaise sur laquelle reposait l'unique lampe à huile et les beaux vêtements de son père que celui n'utilisait que lorsqu'il avait un conquête avec une femme de plaisir.
Le jeune garçon senti alors une douleur cuisante sur sa joue droite, alors qu'il était violement renversé sur le sol de la maisonnée. Il ne pleura pas...il avait l'habitude des corrections injustes de son père. L'homme ivre, car il empestait l'alcool comme à chaque fois, se frotta la main avant de craquer les jointures de ses doigts. Ce qui faisait le plus mal, c'était surtout la chevalière qui ornait son indexe...le métal qui percutait sa peau n'était jamais une sensation véritablement agréable ! Cette chevalière qui était la seule chose qui lui restait de sa femme...il ne considérait pas ce léger bijou comme un souvenir mais comme unique ressource si les conditions de vie de la famille venait à empirer.
-Alors ? Tu vas enfin te décider à m'avouer ce que tu trafiquais ? Ne le nie pas, tu as toujours su inventer des excuses pour te faire pardonner !
Il ne devait pas le savoir...non, surtout pas ! Cette fille qu'il lui avait souri la dernière fois...qui avait dansé devant lui et devant ses amies ...Elle n'était plus revenue depuis, mais il ne cessait de penser à elle, espérant le jour où elle reviendrait le voir...car elle ne pouvait pas être égoïste comme cela et l'abandonner, non, c'était impossible !
-Réponds moi tout de suite, Malïncer, ou je te promets que tu le regrettera amèrement !
-Je...mon c½ur a choisit quelqu'un, père...
Ça y est, c'était dit ! Maintenant, le jeune garçon attendait la sentence que, logiquement, il méritait. Mais il n'en fut rien...Néanmoins, le rire gras qui éclata dans la vieille maison fut pire que n'importe quelle correction qu'il avait reçu jusqu'à maintenant.
-Une femme ? Ton c½ur a choisi une femme ? Laisses-moi rire ! Tu n'a pas le charisme pour te faire apprécier des femmes !
Il s'attendait à une telle réplique...il avait également l'habitude des rabaissements et des moqueries qui étaient presque devenues son quotidien. L'homme força son fils à se relever avant de lui flanquer une grande tape dans le dos, ne pouvant s'empêcher de continuer de rire, crachant son horrible haleine sur son fils.
-Laisses-moi te dire quelque chose, fils ! Les femmes n'apportent que du bon lors des premiers moments. Après cela, elles t'empoisonnent la vie à jamais ! Elles te mènent à la carotte comme si tu étais une mule et se servent de toi ! Qui c'est, ta dulcinée ? Une grande ? Les yeux bleus ? Rousse ? Comment s'appelle t-elle ?
-C'est une Navïn !
Il avait dit cela pour le provoquer, car il en avait assez de toutes ces remarques méchantes et inutiles ! Le seul être pourrit ici, c'était bien lui ! Malïncer soutient le regard de son père, les lèvres serrées. Il vit la gifle venir mais se baissa à temps avant de reculer aussitôt, se précipitant vers le fond de la pièce sale.
Maintenant, l'homme était devenu comme enragé, les veines de son cou palpitant d'une manière horrible alors que la couleur de son visage virait au cramoisie. Il avait eu tort de le pousser à bout...il savait très bien de quoi cet ivrogne était capable...
-Une Navïn ! Une progéniture de Navïn ! Ces animaux sauvages sont perfides et sanguinaires ! Et mon fils ose me dire en face qu'il est amoureux de l'une d'entre elles ? Tu ose m'avouer que c'est à cause d'une femelle Navïn que tu n'a ramené que quarante pièce ! Tu ose me sortir ce...cette excuse qui n'est rien d'autre qu'un ramassis d'immondice provenant de ta bouche ?
-Père ! se mit-il à geindre. Père, ne me faites pas de mal, pitié ! Je ne le ferais plus, c'est promis !
-Oh non, tu ne le feras plus ! Et je vais personnellement m'arranger à te faire entrer le mot « obéissance » dans ce qui te sert de tête !
Et il s'approcha à pas pesant, l'alcool qu'il était en train de cuver l'empêchant de courir. Malïncer se recroquevilla sur lui-même, terrifiés et n'osant fermer les yeux. C'est sans difficulté que l'homme ivre souleva son fils par les épaules avant de le jeter au sol près de la commode, hurlant toute sa rage, toute la folie qui habitait son corps malade.
Le jeune garçon se redressa en tremblant, une main sur son nez qui laissait couler son fluide vital en grande quantité, recouvrant ses doigts meurtris. Déjà, le père s'approchait de nouveau, prêt à lui faire mal...très mal...pour lui apprendre la discipline mais également parce qu'il le pouvait...parce qu'il était son père...parce que cela l'amusait !
-Père...pitié...
Mais il était devenu sourd, ses pieds frappant le sol de la maisonnée comme un véritable coup de tonnerre. Epouvanté comme jamais il ne l'avait été, Malïncer recula, son dos rencontrant brutalement le rebord du petite meuble. Ses doigts tâtèrent derrière lui, essayant de se refermer sur le premier objet qui lui aurait permis de se défendre. La lampe à huile !
Il ne sais pas ce qui lui prit. Ou alors c'était l'instinct naturel de la survie ! Quoi qu'il en soit, c'est pas désespoir qu'il jeta la lampe sur son père, celle-ci rebondissant sur son crâne aux nombreuses rides, alors que la cloche de verre explosait. Ses morceaux entaillèrent l'ensemble de son visage, le défigurant horriblement. L'homme tomba à genoux et se prit le visage entre ses grosses mains de brute, hurlant sa douleur et sa colère. C'était tout simplement terrifiant !
-Aaaaaah ! J'ai mal ! J'ai mal ! Où te caches-tu, démon, que je te torde le cou !
Malïncer n'attendit pas que son propre père ne vienne le tuer et se jeta sur lui. Instinctivement, il s'empara de son couteau qui reposait dans une gaine en peau de sanglier avant de le lever, prêt à frapper. La lame aurait certainement scintillé au soleil avant de s'abattre sur sa victime...
L'enfant frappa, frappa, encore et encore. L'homme hurla, hurla, encore et encore jusqu'à se taire. Et pourtant, l'enfant continua de frapper, mue non pas par la colère mais par la peur. Il ne s'arrêta que lorsque son bras ressentit la fatigue et que le dos du père ne fut que tache sanglante et corps perforé. Alors seulement, Malïncer s'écroula au sol, pleurant toutes les larmes de son corps. Comme il détestait ce nom !
-Il avait raison...au fond, père avait raison ! Le simple fait d'être amoureux d'une Navïn m'a forcé à tuer un parent...mon propre père...
Cette fois encore, il ne s'arrêta de pleurer que lorsque ses larmes furent taries, l'obligeant à se relever. Des gens n'allaient pas tarder à arriver, se demandant ce qu'il s'était passé. Alors, il les verraient : un cadavre et son tueur, tout deux couvert du même sang. Alors, Malïncer serrait arrêté pour meurtre !
Il se dirigea vers les beaux habits de son père, regardant le chapeau qui se trouvait sur cette pile soignée. Il le prit, le déposant sur sa tête. Le chapeau était trop grand et cacha une partie de ses yeux. Ses pleurs recommencèrent.
-Je vais bannir ce nom...Je vais en choisir un autre qui sera le début de ma propre apocalypse...Je serais Apolïncer...Et je jure de ne plus jamais me laisser envoûter par une Navïn !
Il essuya son nez qui coulait encore puis ramassa les vêtements, prenant soin à ne surtout pas les tâcher. Enfin, il sorti de la maisonnée, laissant un corps sans vie dontla poignée de l'arme qui l'avait tué dépassait de son dos.
**



Apolïncer ôta l'embout de ses lèvres et déposa la flûte sur l'herbe verte avant de pousser un profond soupir. Son chapeau était posé sur ses genoux, bien soigné et propre, comme lors de ce jour fatidique. Emeline devait être celle qui était le plus gênée par cette révélation.
La tête baissée, ses griffes grattaient le sol pour l'obliger à faire quelque chose et à ne pas rester immobile. De la part du contrebandier, Tenak du admettre qu'il s'attendait à quelque chose comme cela le jour où il avait appris que son père était une personne violente, ayant tué sa femme de ses propres mains. Une famille au destin tragique !
Voulant avoir quelque chose à faire pour ne pas paraître intéressée, Alisha prit la flûte de charme entre ses doigts, fermant les yeux avant de recommencer à la charger de magie. Jonathan ne semblait pas véritablement attentif car un sourire neutre s'affichait sur son visage. Doucement, très doucement, il se pencha vers le jeune berger avant de lui souffler quelques mots à l'oreille.
-Tu t'en ais finalement bien tiré, gamin. Tu as su t'attirer la sympathie d'une personne qui ne te trahira sans doute jamais.
-Jonathan...que s'est il passé ? chuchota Tenak. Pourquoi t'être fait passer pour mort ?
-Il y a des choses qu'il n'est parfois pas utile d'entendre, crois-moi.
Il n'était pas étonné d'une telle réponse, mais elle lui suffisait amplement ! Le jeune berger se tourna ensuite vers Apolïncer, lui offrant un sourire timide. Il ne le lui rendit pas, le regard dans le vide et observant les flammes rougeoyantes du petit feu.
-Je suis désolée...Apo, je suis désolée...
Emeline avait les lèvres pincées et le regard vitreux, sans qu'aucune larme ne coule pourtant de ses yeux. Sincèrement, Tenak n'aurait pas aimé être à sa place et, dans un sens, il comprenait maintenant pourquoi le contrebandier détestait les Navïns autant que ça. Après toutes les péripéties qu'il avait passé, après ce qu'il lui avait raconté, en compagnie d'Alisha et d'Emeline, ça tenait du miracle qu'il n'ait pas fini pas craquer !
-Je ne te pardonnerai pas.
Emeline ferma les yeux, hochant de la tête pour dire qu'elle comprenait. Même Alisha n'avait pu s'empêcher de poser ses yeux verts sur Jonathan qui hocha les épaules avec un fin sourire.
-Je comprends...
-Non, tu ne comprends pas.
Apolïncer n'était pas un homme rancunier, habituellement. Il n'était pas étonnant qu'il ait enfin décidé de n'en faire qu'à sa tête ! Le principal concerné inspira longuement, posant sa main droite sur son épaule pour la masser avant de sourire. C'était un vrai sourire ! Pas l'un de ces faux sourires qu'il aimait à utiliser pour arriver à ses fins, mais bien un vrai sourire !
-Je ne te pardonnerai pas car je pense que tu n'as plus rien à te faire pardonner ! Tu n'es plus la petite fille rigolarde qui s'amusait à faire du tord ! Tu as changé et as appris à me connaître. C'est pour cela que je n'ai plus rien à te pardonner !
Ce fut plusieurs soupirs de soulagement en ch½ur qui retentirent dans la forêt, tandis que tout le monde se décontractait enfin. Ce n'était pas aujourd'hui qu'Apolïncer allait devenir rancunier ! Tenak tata son épaule meurtrie avant de caresser le bandage qui retenait son bras cassé en écharpe. Si un jour, on lui avait dit tout ce qui lui arriverait, il n'aurait pas crut cette histoire, même sous la menace d'une arme !
-Je suis soulagée de vous savoir saint et sauf, Jonathan ! Je ne vous l'ai pas dis au cimetière, vous m'en verrez navrée. Mais, à présent que le porteur est retrouvé, il serait tant de lui ôter la Pierre des cinq lois, n'est-ce pas ?
Jonathan sursauta en entendant Alisha parler. Le vieil homme prenait de mauvaises habitudes à sombrer dans ses pensées de cette façon ! Il allait finir par devenir comme son petit-fils !
-Après ce qui vient de se passer, je ne pense pas qu'il puisse en être autrement. Mais avant cela, il y a un dernier souvenir que j'aimerais vous montrer.
-Lequel, vieil homme ? demanda Apolïncer, intéressé.
Qu'Apolïncer soit intéressé par le vieux berger, cela n'avait rien d'étonnant non plus. Après tout, c'était en partie pour cela qu'il était venu voir Tenak le fameux soir de leur rencontre, à l'auberge du voyageur. Jonthan se contenta d'un clin d'½il énigmatique, tripotant sa longue barbe grise.
-Tu verras bien par toi-même.
**



La fenêtre s'ouvrit à la volée, laissant entrer l'air froid de la nuit. Le seigneur Kannan soupira à sa table de travail, déposant sa plume sur l'un de ses coins avant de se tourner vers cette ouverture dont les rideaux s'étaient soudain mis à danser. Deux yeux rouges inquiétant l'observaient, leur propriétaire couché sur le sol comme un animal apeuré. Même le timbre de sa voix reflétait sa peur. Cette créature craignait le courroux de son maître, cela ne faisait aucun doute !
-Qu'as-tu à me dire ? Mesure bien les mots que tu va prononcer !
-Maître ! Le berger ! Le vieux sénile ! Il est encore en vie !
Il aurait du sérieusement faire attention à ce qu'il allait dire...l'½il qui n'était pas caché par son masque ne laissa filtrer aucune information. Seul son poing fermé frappant sur la table prouvait sa colère. Jonathan vivant ? Même ses créatures noires n'avaient pu avoir raison de lui ! Comme il aurait aimé lui arracher le c½ur de ses propres mains pour ensuite le laisser pourrir dans un vase de granit !
-Tue le et apportes moi en personne son cadavre ! Je n'accepterai aucun échec de ta part !
-Maître, le porteur est avec lui !
Le porteur ? Le jeune garçon qui était également le neveu de vieux fou ? Il l'avait presque oublié...La dernière nouvelle qu'il avait reçue, c'était à propos de ce nouveau porteur traversant la forêt Arboricole. Mais alors...ces deux-là devaient se trouver tout près de Shihab, alors !
-Maître, nous pouvons nous occuper d'eux, tous ensemble ! Cela ne nous posera aucune difficulté, vous le verrez ! Nous vous prouverons que vous méritez amplement notre fidélité !
-Non...cette affaire n'a que trop duré...il est temps que je m'occupe moi-même de cette histoire sordide ! Restez cachés et ne vous interposez pas, je n'ai plus besoin de vous désormais !
La créature noire découvrit ses crocs, affichant une expression de stupeur. C'était la pire offense qu'on pouvait leur faire mais le haut seigneur s'en moquait éperdument. Il y avait d'abords eut les traqueurs qui avaient fini par le trahir et voilà que ses propres enfants n'étaient plus capables de tuer un seul homme, sans compter les nombreuses pertes qu'ils avaient finalement eut ! S'en était trop !
L'ombre revint de sa consternation avant de s'incliner de toute sa hauteur, humble. Le seigneur Kannan ne le regardait déjà plus, ses doigts pianotant furieusement sur le bois de son bureau de travail.
-Il en sera fait selon vos désirs, maître.
Sa silhouette se fit trouble et il ne tarda pas à disparaître. Au même moment, les carreaux de la fenêtre volèrent en éclats, répandant de minuscules morceaux de verre sur le sol de la chambre du seigneur. Il était en colère, mais Kannan n'en avait que faire, bien trop occupé à compter les battements de son c½ur contre sa poitrine. La réussite était près...si près...il fallait juste qu'il s'en donne les moyens !
-Sois patiente Gabrielle...Il ne te reste qu'un court instant à attendre...je te le promets !
Le seigneur Kannan sursauta, pivotant vers la porte où l'on venait de frapper. Il en devenait émotif...il ne fallait surtout pas oublier qu'il était seigneur ! Et en tant que seigneur, il devait bien se comporter, même si l'émotion lui démangeait horriblement les traits de son visage meurtri !
-Entrez !
La porte s'ouvrit lentement sur une très jeune femme en tenue de guerrière. Dans ses bras se trouvaient une pile de documents qu'elle peinait, apparemment, à tenir. Son visage exprimait à la fois respect et crainte, comme toutes personnes qui osaient franchir le seuil de cette chambre. Sa natte brune, la seule coiffure acceptée chez les femmes soldates, était tout simplement impeccable !
-Monseigneur...je suis désolée de vous importunez mais...que s'est-il passé ! Il y a eu un accident ici, monseigneur ?
-Peu importe, ne vous occupez pas de ça ! Nous avons retrouvé le fugitif de Tanempa ! Armez toute une unité d'élite dont vous prendrez le commandement sous mon nom !
La guerrière laissa tomber sa pile de feuilles qui s'étala sur le sol de la chambre. Kannan était retourné vers la fenêtre détruite pour regarder la ville de Shihab endormie. Quelque part, non loin de là, se trouvait peut-être la clef de toutes ses espérances...oui, c'était vraiment tout près ! D'un seul coup, il ne ressentait presque plus le poids de son masque d'argile, redevenant le bel et jeune homme plein de vie qu'il avait été il y a fort longtemps...dans un autre monde que celui-ci.
-Monseigneur...c'est si soudain...c'est vraiment un honneur pour moi de...
-Exécution, soldate ! Soyez prête à partir dès que je serai descendu !
-À vos ordres, monseigneur !
La soldate claqua des talons, s'inclina respectueusement puis pris congé en continuant, se préparant à respecter les ordres de son seigneur. Il avait déjà repéré cette petite...elle devait s'appeler Laura, s'il se souvenait bien...qu'importe, il aimait son tempérament qui lui faisait penser à celui de Gabrielle, bien qu'elle ne lui arrivait pas à la cheville.
-Il payera, Gabriel...avant toutes choses, je te jure sur ma vie qu'il payera !
**



Jonathan leva le visage vers le ciel en fermant les yeux, s'offrant à la pluie battante qui recouvrait la ville de Tanempa. Il aimait cette sensation de bien être sur son visage tiède, l'eau ruisselant sur son menton bien rasé. S'il devait un jour vieillir, il se laisserait pousser la barbe, pour avoir le plaisir de sentir les gouttes d'eau ruisseler dessus. S'il devait un jour vieillir, bien sûr !
Il en avait presque oublié toutes ces personnes et ces citadins qui avaient formé un cercle autour d'eux. Malgré tant de monde, il n'y en avait pas un qui osa commenter la scène, de peur d'attirer l'attention sur lui. Presque tous avait une capuche ou quelque chose en tissu pour se protéger de la pluie. Malgré la tempête, c'était une bien belle journée, aujourd'hui...
Jonathan porta la main à son c½ur, sentant la cicatrice qui ornait sa peau à travers ses vêtements trempés. La flèche était loin désormais...il devait se concentrer sur un tout autre problème maintenant ! Aussi baissa t-il les yeux vers la silhouette à qui il faisait face. Il sentait également la présence de sa partenaire, recouverte d'une longue pièce noire qui ne laissait apparaître que ses yeux. La femme à côté de lui inhala fortement l'air pluvieux de Tanempa avant de parler haut et fort, tendant un doigt muni d'une longue griffe noire vers la silhouette.
-Gabrielle, cesse cette folie ! La Pierre des cinq lois, mal utilisée, te mènera à ta propre perte !
Gabrielle ouvrit les yeux à travers sa chevelure qui cascadait devant son visage...des yeux aux pupilles noires, emplis d'une folie incontrôlée. La pluie plaquait complètement ses longs cheveux roux sur ses épaules et lui donnait une apparence effrayante. Ses bras en croix contre sa poitrine étaient nus, comme ses cuisses qui se terminaient par de longs pieds aux doigts tout aussi griffus que ceux des doigts de ses pieds.
Jonathan fixa intensément la Navïn folle, qui se tourna également vers lui. Le dégoût et la haine se lisaient dans son regard, ses lèvres se retroussant pour découvrir de longues canines blanches qui se reflétaient malgré la noirceur de la nuit mélangée à la tempête. Les gens chuchotèrent entre eux, mais ne tardèrent pas à se taire lorsqu'ils reçurent à leur tour le message que leur envoyait Gabrielle.
-Mon mâle...mon époux...murmura t-elle dans un souffle. Tu as arraché sa vie ainsi qu'une partie de mon âme, uniquement parce qu'il avait osé braver l'interdit...Et voilà que, lorsque je peux me reconstruire, tu décides de semer une nouvelle fois les graines de la discorde !
-Il n'est pas fait pour toi, Gabrielle ! Vous allez tout deux vous mener à votre propre perte !
Jonathan devinait aisément le frêle personnage qui se cachait derrière Gabrielle. Cet homme était apeuré par la situation, sa fine chevelure se dessinant par-dessus l'épaule de sa dulcinée et jetant régulièrement des coups d'½il inquiets à tout cet entourage autour de lui. Le jeune homme rabattit sa capuche sur sa tête, ayant besoin d'avoir la vue dégagée et pour être prêt à une éventuelle altercation.
Gabrielle ne réagit pas à la provocation et se tordit le cou pour observer son « nouveau mâle » du coin de l'½il. Jonathan pu presque y discerner de la tendresse et de l'amour avant que la folie ne revienne prendre sa place au moment où elle refaisait face à ses opposants.
-Que comptes-tu faire de la Pierre, Gabrielle ? demanda la femme encapuchonnée.
La Navïn folle se mordit la lèvre et regarda le sol humide. Les gouttes d'eau explosaient sur le sol en pierre de Tanempa en produisant de petits « flocs ». Jonathan pouvait presque entendre un écho...il aimait la pluie !
-J'avais pensé à le ramener près de moi, grâce à cette puissance qui est maintenant mienne...mais j'ai décidé de l'implanter sur mon nouvel aimé, pour qu'il soit à même de pouvoir se protéger face à la dureté de ce monde en perdition.
Folle...elle était complètement folle...Jonathan caressa instinctivement le pommeau de sa lame Navïn. Il sentait ces fils d'or et d'argent qui s'entremêlaient sur la garde. Il était prêt à dégainer...prêt à mettre sa vie en danger pour empêcher que des innocents ne meurent pas la faute de Gabrielle la folle !
Sa partenaire imita son geste et fut moins réticente à sortir son arme hors de son fourreau. Le cercle des spectateurs recula aussitôt, horrifié par la tournure que prenaient les évènements. Le jeune homme derrière la Navïn rousse hoqueta et referma sa main sur la jambe de celle-ci, attirant du même coup son attention.
-Gabrielle...tu n'es pas obligée d'endurer ça...partons...partons loin d'ici...Laissons les nous oublier...
Elle l'ignora superbement, ses lèvres formant un sourire amusé. Ses bras se détendirent et ses doigts écartèrent les mèches de ses cheveux, libérant ainsi son visage de tout gène. Jonathan n'avait jamais vu un regard aussi bestial !
-J'aurai pu te laisser une chance, ma reine Milénniam ! Car j'ai du respect pour ce que tu es ! Opposes-toi à moi...et tu mourra avec ton humain !
Milénniam laissa sa lame toucher le sol de Tanempa, produisant de petits crissements métalliques contre la pierre. Jonathan en fit de même, attendant patiemment que la folle fasse le premier pas. Le jeune bretteur n'aimait pas toute cette foule...de nombreux gens pouvaient être blessés ! Et puis, ce n'était pas un spectacle de cirque !
Gabrielle contracta les muscles de ses bras puis les écarta lentement. Elle les leva vers le ciel, désigna le sol, les écarta de nouveau, les tendit devant elle...ses mouvements se répétaient sans cesse, augmentant en rapidité et en précision, tandis qu'elle se préparait à lancer sa première attaque magique. Jonathan savait qu'il devait faire attention...c'était une Navïn folle utilisant la magie malade. Personne, pas même Milénniam, ne pouvait deviner à l'avance les effets qu'il pourrait se produire.
Un éclaire pourfendit le ciel. Gabrielle se décida enfin à passer à l'attaque ! L'indexe de sa main droite siffla dans l'air, créant une étrange forme invisible devant elle. Avec les gestes qu'elle produisait, on aurait presque pensé que c'était un symbole en forme de spirale. À peine cela fut-il finit que la Navïn tendit ses mains en avant. Une puissante détonation éclata
-Par les Reeyaks...murmura la reine avant de hurler. Écartez-vous tous ! Couchez-vous !
Jonathan obéit sans poser de question, imité par plusieurs dizaines de citadins ainsi que par la reine Navïn en personne. Quelque chose passa alors au-dessus de sa tête avant de s'écraser contre le mur de la première auberge venue. Le jeune homme se retourna aussitôt pour constater les dégâts.
Le mur n'avait subit que peu de dommages...néanmoins, la même spirale que Gabrielle avait dessinée dans l'air était encastrée dans ce mur. De couleur noire, une épaisse fumée grise s'échappait des zones brûlées. Bigre...l'effet que cela devait produire sur un être vivant devait être terrible !
La Navïn folle ne leur laissa pas le temps de respirer que déjà elle formait une nouvelle marque, la projetant avec encore plus de précisions. Les gens hurlaient, s'enfuyant de tout côté, tandis que la marque formait une nouvelle spirale sur le même mur, fissurant et fragilisant le bois dans lequel il était construit. À la prochaine attaque, des gens allaient mourir...non, décidément c'était à eux de l'obliger à sortir la lame du fourreau !
Dans un signe de tête commun, les deux bretteurs se jetèrent sur Gabrielle, leurs pieds soulevant de nombreuses gouttelettes qui venaient s'éparpiller parmi celles qui continuaient de tomber. On entendit un tintement de métal pur, alors que Gabriel sortait sa propre épée Navïn pour parer les attaques de ses ennemis. Les deux Navïns étaient souples et agiles. La reine frappait avec élégance et détermination, sa cape mouillée se soulevant et dansant en cadence avec ses mouvements. Gabrielle, qu'en à elle, se défendait avec toute la rage qui l'habitait, crachant et grognant à chaque fois que Milénniam ou Jonathan parvenait à éviter l'une de ses passes. Pour finir, Jonathan n'était pas un bretteur confirmé, sans compter qu'il ne possédait pas l'agilité de sa camarade. Il était uniquement là pour faire la différence...il espérait, après l'entraînement qu'il avait reçut de la part du peuple Navïn, ne pas devenir un poids mort pour la reine...

Gabrielle n'était pas à son avantage, ce qui ne l'empêchait pas d'être redoutable. Son front fut légèrement entaillé, quelques mèches de ses cheveux de sang tranchés nets par la même occasion, et sa jambe gauche subit le même sort, la blessure cette fois bien plus profonde. Mais la Navïn folle n'en avait que faire, attaquant avec toujours plus de violence. Sa queue rousse fouettait l'air dans son dos, projetant l'eau de sa fourrure dans toutes les directions possibles.
-Arrêtez ! Pitié, ne la tuez pas, laissez nous tranquille !
Hurlait l'homme que Gabrielle avait choisi, le seul innocent dans tout ça qui n'avait pas déserté les lieux. Mais les combattants étaient devenus sourds, tous bien décidés à mettre leur adversaire au pas !
Finalement, la jambe blessée de la Navïn faucha Jonathan, obligeant Milénniam à reculer. Gabrielle profita ainsi de ce moment de distraction...pas pour achever le jeune bretteur, mais bien pour s'enfuir...vers la plus proche maison ! Avec le peu de magie qu'il lui restait dans ses bras, Gabrielle enfonça la porte sans aucune difficulté avant de se faufiler par l'ouverture, disparaissant de leur vue.
-Tout va bien, Jonathan ?
L'intéressé grimaça après s'être relevé, une main massant son dos endolori par le choc. Il avait connu meilleure situation...mais Gabrielle était blessée ! Cela leur laissait une chance de la faire abdiquer et de la convaincre...autrement, elle mourrait ! Il n'était plus temps de réfléchir, désormais !
Ignorant une nouvelle fois le pauvre suppliant qui était tombé à genoux, au bord de la crise de larmes, Jonathan et la reine se jetèrent à la poursuite de la folle, s'engouffrant avant tout par la porte qui était sortie de ses gongs.
Il faisait sombre...sans compter qu'il régnait une épouvantable odeur de viande à l'intérieur de la masure. Ce n'était pas étonnant ! De la viande de cochon avait commencé à être découpé sur un établi au fond de la pièce tandis que le sang avait été récolté dans un petit seau posé juste à côté. La reine n'était pas gênée par cette odeur, étant habituée à la viande crue depuis sa plus tendre enfance comme tout Navïn qui se respecte ! Il y avait, en fait, des tables un peu partout qui contenait divers outillages comme des marteaux, des pinces, des lampes à huile, des couteaux et bien d'autre encore. À quoi ce bâtiment pouvait-il bien servir ?
Milénniam lui désigna le côté gauche de la pièce à l'aide de la pointe de son épée avant qu'elle n'avance très lentement vers le côté droit. Cette femelle pouvait être cachée partout...il lui fallait être vigilant, autrement c'était la mort assuré. Mais avaient-ils raison de se séparer ? Même de quelques mètres seulement ? Après tout, c'était peut-être ce que Gabrielle voulait pour entrer de nouveau en action !
Jonathan avisa le grand miroir située juste sous le grand escalier principal du mur de gauche, entre deux chaises. Malgré la pénombre, il vit son jeune corps se refléter parfaitement sur sa surface. S'il n'avait pas été autant sur ses gardes, il aurait bien souri...en tout cas, jusqu'à ce qu'il aperçoive enfin une autre forme qui se reflétait dans ce miroir. Une forme aux yeux noirs qui le regardait, la main levée dans laquelle se trouvait un gros marteau de bricolage.
Il se jeta sur le côté juste à temps ! L'imposant miroir vola en éclats lorsque l'outil le percuta de plein fouet, produisant un vacarme assourdissant qui alerta aussitôt la reine Navïn. Diantre, ce n'était pas passé loin, pensa t-il en se relevant face à celle qui avait lâchement tenté de l'abattre de dos ! La Navïn folle recula de quelques pas pour avoir ses deux adversaires dans son champ de vision, un sourire haineux défigurant ce qui était un beau et jeune visage.
-Pour un mâle humain, tu me donne du fil à retordre ! Il aurait été plus sage que tu tombe dès maintenant, pour t'éviter des souffrances inutiles !
-Ce ne sont que des mots ! répliqua la reine, bien décidée à défendre ce mâle. Je vois une belle bourse accrochée à ta tunique, Gabrielle ! Il est temps de nous la rendre, tu ne sais pas à quoi tu joues !
Gabrielle eut une sombre grimace et Jonathan remarqua alors la bourse dont Milénniam parlait. Il ne faisait aucun doute qu'elle contenait la Pierre des cinq lois, à la fois le trésor et le fardeau des Navïns. La rousse porta la main à sa bourse, son autre main tenant son arme. Son sourire s'élargit.
-Si vous la voulez, venez donc la chercher !
Et le combat reprit en intensité, chacun frappant maintenant pour tuer, et non pour blesser. Les trois personnages se battaient debout sur les tables, renversant les outils au sol sans une once de soucis pour celui qui les avait entreposé là. Gabrielle s'était affaiblie...combattre deux adversaire simultanément était véritablement difficile et ses quelques blessures gênaient ses mouvements !
Le combat se termina aussi vite qu'il avait commencé. L'épée de Gabrielle vola haut, allant jusqu'à se planter sur les poutres du plafond. La reine Navïn lâcha sa propre arme et frappa son adversaire à l'estomac qui encaissa le choc dans un grognement de douleur. Un nouveau coup, cette fois au visage, et l'ennemie fut projetée au sol, glissant dessus comme un vulgaire morceau de tunique mouillée, s'arrêtant précisant sur le pied de la table de découpage de viande, renversant le seau de sang par la même occasion dont l'écoeurant contenu se répandit par terre en une flaque visqueuse et odorante.
-C'est terminé, Gabrielle...murmura Milénniam.
Jonathan rengaina son arme dans un profond soupir, observant le triste spectacle qui s'offrait à lui. La joue gonflée et se tenant le ventre à deux mains, Gabrielle peinait pour respirer, un filet de sang s'écoulant de ses lèvres serrées. Le fluide vital du cochon s'en prenait aux vêtements de la vaincue, imbibant le tissu comme une plante grimpante sur un arbre. La reine Milénniam arracha presque la bourse au cordon qui la retenait à cette unique sale, la fermant férocement dans son poing tremblant.
-Maintenant rends-toi, Gabrielle et oublie cet humain ! Tu t'es fait trop de tort ! Nous pouvons soigner ta folie, mais il faut que tu l'acceptes de ton plein grès. Autrement, tu mourra...il ne peut en être autrement !
La reine était dure...mais elle était obligée de l'être ! Une Navïn folle était aussi dangereuse pour elle-même que pour les autres, car nul ne pouvait contrôler correctement la magie malade. Gabrielle toussa et Milénniam renouvela son offre.
-C'est inutile...murmura Jonathan, ému par ce spectacle choquant. Allons nous en, notre travail est finit ici...
-Non ! Elle est trop dangereuse ainsi ! Elle est capable de tout !
Peut-être qu'il aurait du l'écouter à ce moment là...oui peut-être...Leur conversation commencée, ils n'avaient pas remarqué que Gabrielle avait recommencé à canaliser sa Source. Ils s'en rendirent compte uniquement lorsqu'un bruit d'éclaboussure retentit à l'intérieur de la pièce.
-Par les Reeyaks...
-Vous allez mourir...tous autant que vous êtes !
La rousse avait apposé ses mains sur l'énorme flaque de sang, et déjà celle-ci commençait à virer au noir, corrompue par la magie malade. De petites bulles éclataient à sa surface tandis que la magie continuait de circulait et d'augmenter à l'intérieur. Jonathan savait que cette magie était instable...soumise à une certaine concentration, il n'était pas impossible que...
Il prit la fuite ! Il n'étant plus temps de se soucier d'autre chose qu'à la survie ! Il couru du mieux qu'il pu, traversant le seuil de ce qu'il restait de la porte, et cela juste à temps. Ce fut au moment précis où la pluie fouetta son visage qu'il fut projeté vers l'avant, une terrible explosion se déclenchant dans son dos.
Rien n'était épargné...les murs en pierre s'effritèrent comme de la craie, volant dans toutes les directions. Le fer se tordait, le bois se cassait, rien n'était épargné ! Et ce fut un véritable miracle que Jonathan ne fut pas touché par l'un des nombreux débris de la maisonnée. Il roula à terre, comme les divers débris de la maison, avant de s'immobiliser, son visage protégé entre ses mains.

Ce ne fut que lorsqu'il entendit un gémissement qu'il se décida à se relever, plus courbaturé que blessé. C'est là qu'il compris avoir commit la pire erreur possible, tandis qu'il observait le corps de la reine Navïn sous plusieurs poutres de bois détruites, sa cape déchirée de toute part et son beau visage ensanglantée.
-Qu'ai-je fait...murmura t-il...
Ce n'était pas lui...il ne s'était pas comporté en lâche...non, c'était impossible ! Jonathan se laissa tomber à genoux près du corps de Milénniam, retirant désespérément les poutres de bois qui recouvraient son corps brisés. Il n'y avait rien à faire...
-Qu'ai je fait...répéta t-il...laissant ses doigts parcourir la douce chevelure blonde de la reine, ses yeux bleus rencontrant les pupilles vert pomme de celle qui l'avait accepté en tant qu'humain.
Devant...peu loin devant...une autre personne pleurait...Ce jeune homme tenait le corps sans vie de Gabrielle entre ses bras, ignorant totalement le sang qui maculait maintenant son visage alors qu'il embrassait le visage froid de celle qu'il avait osé aimer malgré l'interdit.
Deux c½urs brisés en une nuit...Miléniam lui sourit avant que son regard ne se fasse lointain. Même dans la mort, elle continuait de sourire...
Tout autour, les gens sortirent enfin de leurs cachette, constatant avec stupeur ce qu'il venait de se produire jusqu'à ce qu'ils virent le cadavre de la Navïn folle. Le principe pour eux était simple : Gabrielle avait tué la femme à la cape noire, avait détruit cette maison puis avait été finalement vaincu par Jonathan...Oui, c'est ce qu'ils pensaient, tandis qu'ils scandaient en ch½ur le nom de Jonathan, le héros de Tanempa !
Dans sa main, le héros serrait la petite bourse. Elle était légère...si légère...il n'eu même pas envie d'en regarder le contenu ! À travers les beuglements de joie des citoyens, on entendait mille malédictions de ce jeune homme qui continuait de serrer sa dulcinée entre ses bras. La pluie s'arrêta, remplacée par les larmes de deux hommes malheureux. Ce fut la nuit d'un autre commencement !











chapitre 13 Pierre des cinq lois TOME 2

# Posté le vendredi 03 octobre 2008 15:33