chapitre 21 Pierre des cinq lois TOME 2

Chapitre 21



-Alors, c'est ici que tout se finira, d'une façon ou d'un autre ? Non, ne me répondez pas, je connais la réponse...
Les yeux du seigneur Kannan se posèrent sur le jeune berger qui ne cilla pas, lui rendant son regard, sans une once de peur. Ce n'était qu'un homme...un homme fou, un homme corrompu, un homme plein de haine, de colère et de tristesse, mais homme avant toute chose ! Le seigneur s'avança un peu plus dans cette salle circulaire, sa première erreur : les portes se refermèrent derrière lui, poussées par Pavel et un autre contrebandier tout aussi jeune et un peu plus petit que lui. Le seigneur Kannan ne sembla guère étonné...au contraire, il en ria comme en rirait un homme qui se sentait piégé et pourtant sûr de lui.
-Je vois ! Ceci était donc bien un piège ! Je vous applaudirais à deux mains si mes membres n'étaient pas aussi fatigués. Oser vous en prendre à l'étoile de Shihab...ne redoutez donc vous pas la colère de ses habitants ? La mort de leur Dieu pèsera longtemps sur leurs épaules et animera leur haine. Vous commettriez l'irréparable : la guerre !
-Sauf votre respect, mon bon seigneur au regard perçant, vous vous trompez. Shihab connaîtra de nouvelles mains, bien plus habiles et moins maladroites. Des mains sûres !
-Alors, c'est donc ainsi...ce cratère m'est réservé comme étant mon tombeau, je présume ?
Tenak jeta un rapide coup d'½il aux contrebandiers avant de se reconcentrer sur son ennemi juré, bien décidé à ne pas le perdre de vue. Il serait grossier de lui laisser prendre une seule initiative...
Cette salle circulaire possédait bien un gigantesque trou en son centre, dont les contours étaient irréguliers. C'était un éboulement qui l'avait creusé, alors que les hommes avaient beaucoup trop travaillé sa roche. L'accident avait été inévitable et de nombreux squelettes démembrés gisent, d'après ce qu'on dit, tout au fond de la fausse.
Apolïncer se trouvait devant le bord du fond, en face de la porte. Tenak se trouvait le plus près de la porte fermée, en face également. Un contrebandier en compagnie d'Alisha se trouvait au bord de droite tandis qu'un autre se trouvait au niveau du bord de gauche. Pour finir, Pavel et son camarade gardait la porte...une sacré petite réunion pour le seigneur Kannan qui devait se sentir ravi d'autant d'attention à son égard ! Il porta sa main vers son menton. Tenak remarqua alors les longues traînées de sang qui maculaient sa peau. Cet homme était en train de se détruire lui-même, de l'intérieur...la magie malade était vraiment terrible !
-Une chose m'échappe, seulement...admettons que vos piètres combattants ne remportent cette manche, et admettons que je disparaisse ici, dans cette salle, vous croyez vous suffisamment nombreux pour envahir ma cité, posée sur d'excellentes défenses ?
-Les Navïns se joindront aux humains ! déclara Alisha d'une voix grave et forte, la tête haute.
Le haut seigneur tourna son visage à demi masqué vers l'ancienne reine, un regard d'agacement se lisant sur son ½il unique. Si seulement tout avait été plus simple...mais rien n'était simple dans cette vie dévastée par la zizanie et les m½urs !
-Bien évidemment...les Navïns...Et pensez vous vraiment que les hommes accepteront l'aide des Navïns ?
Il se retourna vers les contrebandiers qui gardaient la porte et le jeune berger pu distinctement voir la boule que le rouquin ravalait, les lèvres pincées par ses dents de devant. Manifestement, il ne se sentait pas à l'aise en compagnie de l'homme le plus puissant de Shihab !
Celui-ci leva son doigt dans leur direction, un sourire se voulant bienveillant qui s'étirait sur ses lèvres. Les deux hommes ne bougèrent pas, mais la crainte se lisait dans les tremblements dans leurs jambes. Ils étaient terrifiés, cela se voyait clairement !
-Et vous ? Suivraient-vous le chemin que vous montrerait un aveugle ? Toi, avec les cheveux roux, que penses-tu de cette situation ?

Pavel écarquilla les yeux lorsqu'il se rendit compte que Kannan s'adressait directement à lui. Quelle ignoble lâcheté allait-il encore commettre pour arriver à retourner la situation en sa faveur ? Si seulement Tenak pouvait en finir là, maintenant...mais ce serait de la violence gratuite, et il ne voulait pas se réduire à un tueur de seigneur. Non, il était véritablement persuadé que le meurtre ne devait être que la dernière des solutions.
-Je pense...je pense que vous...que vous allez beaucoup trop loin...vous commettez folies sur folies...que les esprits puissent me pardonner, mon seigneur, c'est ce que je pense...
-Et toi ? demanda t-il à l'autre garde de la porte.
-C'est se mesurer à vous qui est folie ! Je me rangerais humblement auprès du vainqueur !
Kannan hocha de la tête, compréhensif, puis se retourna pour faire face à Tenak. Jadis, il aurait stupidement porté la main à la garde de son épée, essayant de cette façon de vouloir s'imposer face à son adversaire. Mais il savait désormais que ces futiles tentatives de provocations ne servaient strictement à rien.
Ainsi donc, le jeune homme berger, qui devait être de même taille que lui, le soutint sans une once de peur, certains de ce qu'il fallait faire si jamais la nécessité s'en faisait sentir. Il préféra ne pas imaginer les objets qui se trouvaient rangés dans son sac à dos réparé...des objets qu'il avait trouvé parmi tant d'autres dans la besace de Jonathan, le défunt berger. Tenak hocha doucement de la tête de droite à gauche, faisant batailler ses cheveux bruns qui n'avaient jamais connu l'harmonie.
-Je suis au courant de la mort de ton oncle, Tenak, porteur de la marque des cinq lois. J'ai vu les tombes de mes propres yeux. Je suis également au courant de celle de ta mère.
-Que dois-je en conclure ?
Il ne savait d'où venait une telle assurance dans sa voix...mais il se sentait fort, inébranlable, serein. Il ne s'était jamais senti bien de toute sa vie...peut-être à cause du fait de savoir qu'il était en vie, justement, et qu'il continuerait de croire en un monde meilleur où sa mère et son oncle seraient réunis, avec toute sa famille...c'était beau de rêver !
Les lèvres du seigneur Kannan semblèrent frémir, découvrant ses dents aussi blanches que celle de la lune. Avec un calme déconcertant, il posa la main sur son masque avant de le faire glisser le long de sa peau. Son visage défiguré par la magie apparut entièrement...et les dégâts étaient pires que ce que le jeune Tenak avait pensé !
La racine de ses cheveux était d'une blancheur de mort. Dans l'orbite vide de son ½il mort, la lumière rouge d'une folie incomparable brillait doucement. Le sang coulait de nombreuses nouvelles plaies, causées par la magie malade. Tenak aurait voulut garder son calme, mais la vue d'un spectacle aussi répugnant lui fit afficher une expression de dégoût. Dans son dos, il sentit plusieurs personnes se retourner, horrifiés par un tel visage. Il ne ressemblait à rien à l'homme des souvenirs de Jonathan !
-Vois ce qu'un mauvais contrôle de la magie peut faire, Tenak ! Ces cicatrices sont le résultat d'années de recherches ! C'est moi le créateur des bêtes de la nuit, aussi vivantes que toi et moi ! Mon pouvoir est grand mais limité dans sa durée. Seulement, avec la magie de la marque des cinq lois, qui est inépuisable, nous pourrions faire de grandes choses ! Nous pourrions créer la vie et ramener les morts parmi les vivants ! Oui, avec toi à mes côtés, l'impossible serait à notre portée !
Tenak se tourna vers Alisha qui hocha de la tête. Ramener les vivants du monde des morts ? C'était un fantasme, rien de plus...mais ceci expliquait pourquoi le seigneur lui avait arraché un fragment de la Source des cinq lois. Il vit sa bague scintiller dans ces semi-ténèbres. Les Sans-noms n'étaient pas des créatures vivantes à proprement parler...comment des créatures vivantes pouvaient souffrir de la lumière pure du soleil et de la lune ? Ce n'était pas du tout une vie !

Désireux de mettre fin à cette tentative grotesque de ralliement, Tenak jeta son sac à terre avant de s'agenouiller, fouillant dans ses affaires avant de finalement se redresser. Dans son unique bras valide se trouvait maintenant quatre anneaux dorées. Le seigneur Kannan semblait connaître leur origine puisqu'il fronça les sourcils. Un sourire mesquin apparut sur le visage du jeune berger.
-Je ne sais pourquoi j'ai retrouvé ça dans les affaires de mon oncle...mais Alisha m'a expliqué leur fonctionnement, et je pense que vous devez aussi le connaître. Je ne veux pas être votre tueur...je vous immobiliserai sur place, jusqu'à ce que votre vie s'éteigne.
-Ainsi donc, tu prendrais ma vie par la faim ? railla t-il, un soupçon d'inquiétude se lisant tout de même dans le timbre de sa voix.
-Oh non...la folie aura raison de vous bien assez tôt...regardez vous dans une glace ! Même votre corps n'en peut plus !
-Je vous conseille de le croire vivement, mon grand seigneur ! s'amusa à dire Apolïncer, pour ne pas rester silencieux. Je le connais désormais bien assez pour savoir qu'il en est capable !
Un seul mort...un seul homme avait goûté à la mort à cause de Tenak...et c'était un mort de trop ! Il ne tuerait plus jamais ! Les tueries étaient des moyens de faibles qui n'osaient trouver d'autres solutions...Tenak voulait se sentir au-dessus de tout cela !
Le visage de Kannan, qui n'avait absolument plus rien d'humain, n'affichait plus aucune sympathie. Son sourire ne ressemblait plus qu'à une sorte de grimace aux lèvres blessées et aux dents aussi blanches que la mort. Un peu partout dans la salle circulaire, on entendit le bruit de l'acier qui était extrait hors du fourreau. Seul Tenak ne s'arma pas, ses mains prises par les quatre anneaux dorés.
Alisha lui avait expliqué : Un anneau pour chaque membre, chaque membre pour un anneau...À l'endroit même où la victime porterait ces bijoux se tracerait un cercle de quatre mètres de rayon, la hauteur n'entrant pas en jeu. Il serait impossible pour lui de les retirer, seules d'autres mains pourraient les lui ôter. Les contrebandiers se chargeraient de maintenir la porte fermée. Quand au seigneur, il ne pourrait s'extraire du cercle magique sans subir les pires douleurs qui puissent exister.
-C'est magnifiquement orchestré...je dois moi-même l'admettre...Je crois n'avoir aucune chance de pouvoir m'échapper...
-Rendez-vous, maintenant ! déclara Alisha, son couteau en métal entre ses deux mains serrées.
-Dans quel but ? Je préfère en finir ici et maintenant.
Il semblait bien calme pour une personne qui désirait mettre fin lui-même à son existence. Tenak ne bougea pas lorsqu'il vit le seigneur porter la main à une besace qui pendait à ses côtés. Quoi qu'il puisse vouloir tenter, cela serait forcément un échec ! Le jeune berger se sentit fatigué par toute cette ridicule histoire. C'était, heureusement, une histoire qui arrivait enfin à son terme !
-Ne soyez pas ridicule, seigneur Kannan ! Votre vie n'est pas ruinée à jamais ! La magie malade est une maladie qui peut se guérir ! Cessez définitivement cette folie !
Seulement, Alisha parlait dans le vent. L'homme défiguré ouvrit lentement sa besace avant d'y porter la main. Avec une délicatesse qui paraissait étrange, il en extirpa une magnifique petite urne en cristal, qu'il regardait d'un air mélancolique et triste. Une alarme se déclencha dans l'esprit de Tenak, tandis qu'une voix, qu'il pensait avoir oublié, chuchota à son oreille.
-Méfit toi, seigneur...
-Je vais te prouver que ma proposition était réalisable et honnête, jeune porteur. Il est trop tard pour faire marche arrière, autant pour moi que pour toi...je suis ravi de vous avoir connu !
Puis il posa sa urne sur le sol de pierre de l'abri. Les bruits de bottes résonnèrent dans cette grotte, tandis que les cinq contrebandiers et Alisha venaient rejoindre le jeune berger pour contempler ce curieux spectacle. Quoi qu'il puisse se passer, personne n'osait réagir, à la fois intrigué et fasciné par le curieux décor que leur offrait le seigneur Kannan, les restes d'un homme désespéré.
Pour la seconde fois de sa vie, Tenak voyait ce à quoi ressemblait la magie malade, tandis que celle-ci semblait glisser dessous les ongles noirs de l'homme blessé. Instinctivement, tout le monde recula, de peur que cette magie mortelle ne se répande dans la salle. Mais le seigneur la garda sous son contrôle, lui donnant une forme sphérique.
La peau de son front s'ouvrit très légèrement à un endroit, laissant son fluide vital suinter par cette blessure. Ses mains se recouvraient d'horribles petites croûtes...il était en train de se tuer !
-Que se passe t-il ? demanda Pavel, horrifié par cette vision.
Mais on ne lui répondit pas, bien trop dégoutté par ce qui était en train de se passer. L'homme se baissa ensuite pour ramasser son urne. D'un mouvement de balancier, il jeta le contenu vers sa sphère...qui sembla être des cendre grises...les cendres d'une créature incinérée ! Et cette poudre blanche fut absorbée par la magie malade, comme une air aspirée par une créature maladive et mourante.
La bague produisit une sorte de claquement lorsque Kannan arracha la perle qui était fixée sur elle, avant de la jeter dans sa composition. Le mélange devint plus brun, plus liquide, comme si la vapeur qu'elle était s'était d'un seul coup liquéfié.

Les cheveux du seigneur avaient presque entièrement blanchi et son sang coulait par-dessus les pièces d'armure sur son corps. Tout le monde était horrifié, et c'est à cause de cette peur que deux des contrebandiers, deux frères jumeaux aux cheveux blonds, se jetèrent sur l'homme malade, hurlant des « malédictions » et des « horreurs ».
-Non, ne faites pas ça ! criait Alisha, en désespoir de cause. Restez à distance, ne vous approchez pas !
Mais c'était trop tard car les jumeaux se tenaient maintenant la gorge à deux mains, devenus la proie de tremblements incontrôlables. Tenak devinait la magie malade qu'ils venaient d'inhaler, celle-ci dévastant l'intérieur de leur jeune corps. Pavel, les yeux exorbités, s'était pris la tête à deux mains. Même Apolïncer ne parvenait plus à garder son impassibilité.
-Que fait-il ! répétaient-ils sans cesse. Pourquoi fait-il cela ? Par les esprits, c'est horrible !
Même le jeune berger retenait son unique bras valide pour ne pas mettre un terme à ses jours. Alisha était certainement la seule qui parvenait à garder en partie son calme, la queue hérissée et les oreilles plaquées sur sa tête.
-Contrôlez-vous ! C'est la vision de la magie malade qui provoque cet effet ! Par les Reeyaks, contrôlez-vous !
Le seigneur Kannan mourrait à petit feu, sa source de vie coulant en abondance de ses lèvres entrouvertes, ses bras tendus et couverts de blessures. Sa boule magique s'était étirée et quatre membres étaient apparus, lui donnant une vague forme humaine.
-Gabrielle...murmura t-il.
Et c'est ici que le seigneur Kannan mourut !
La lumière de son ½il mort s'éteignit doucement, tandis que son autre ½il devenait vitreux avant que sa paupière ne se ferme. Ses jambes fléchirent et il tomba à la renverse dans un dernier souffle. Il était mort après avoir prononcé le nom de sa bien-aimée...mais c'était trop tard, le mal était fait !
La chose tomba également à terre, sa silhouette devenant plus fine, plus précise. Sa peau, recouverte de longs poils noirs, était similaire à celle des Sans-Noms. Mais ce n'était pas un Sans-Noms.
Ses cheveux étaient aussi rouges que le feu d'une forge et ses yeux étaient semblables à ceux des créatures de la nuit. Sa longue queue noire fouetta l'air, animée d'un désir de vengeance. La créature sombre céda de ses bras pour se relever, tenant très mal sur ses jambes. Ses yeux clignèrent et un grognement sonore sorti de sa gorge, tandis que sa bouche s'ouvrait pour laisser apercevoir une rangée de dents blanches et pointus. On aurait dit...le mélange entre un Sans-Nom et une Navïn...c'était un horrible mélange ! Seule l'odeur de pourriture n'était pas présente. Encore heureux, sinon la raison de Tenak aurait définitivement flanchée !
-Prépare toi, seigneur...souffla Lilya.
-Par les esprits...commença Alisha. C'est...
Un étrange sourire apparut sur le visage de Gabrielle, son bras gauche se contractant sous l'effet d'une curieuse envie de bouger. C'était exactement le même sourire que celui de la défunte vraie Gabrielle, la folle. Les morts pouvaient donc vraiment revenir sur la terre des vivants ?
**


La créature noire recula maladroitement de quelques pas avant de chuter sur les fesses, ses cheveux rouge sang cascadant devant son visage. La présence d'un cadavre à ses côtés l'indifférait complètement, comme si elle ne reconnaissait en lui rien qui puisse être son ancien aimé. Elle se mit sur ses quatre pattes, s'ébrouant le poil comme un jeune animal qui était sorti de l'eau d'un lac.
-Qui est cette Gabrielle ? demanda le jeune Pavel qui ne s'était toujours pas remis de ses émotions, observant la créature d'un ½il pétrifié.
-D'après ce que je sais, répondit Apolïncer, c'est une Navïn folle qui est morte il y a longtemps de cela. Enfin, elle lui ressemble beaucoup, mais il y a quelques différences...elle n'avait pas le pelage aussi noir !
-Ne vous fiez pas à cette apparence !
Tenak tourna son regard vers Alisha qui était devenue grave, les sourcils froncés et la queue toujours aussi hérissée. Pourtant, si c'était bien Gabrielle, il y avait sans doute un moyen de lui faire entendre raison. Kannan avait beau être décédé, sa mort ne semblait pas la préoccuper plus que cela.
-Elle lui ressemble, oui...je comprends mieux...ses cendres pour lui redonner la même apparence, la magie malade pour la rendre vivante et la magie de la Marque des cinq lois pour mieux mélanger les deux...mais je suis certains que ce n'est pas la même Gabrielle !
La créature noire les observait de ses yeux rouges, sa langue pendant sur ses lèvres, haletante. Comme ses bras et ses jambes étaient maigres...le seigneur n'avait pu achever sa création du mieux qu'il le voulait, ce qui expliquerait peut-être cette sorte de primitivité de la part de Gabrielle. Mais alors, se pourrait-il que sa personnalité soit complètement animale ?
-Gabrielle, est-ce toi ?
La Navïn noire pencha la tête sur le côté sans comprendre. Puis elle se dressa sur ses jambes, sa chevelure en désordre cachant une bonne partie de son visage. Ce fut à cet instant que le jeune homme, qui avait aidé Pavel à fermer la porte de la salle au cratère, perdit son sang-froid et se jeta en avant, sa lame courte entre ses mains.
-Arrêtes, pauvre fou !
Apolïncer voulut s'élancer également pour arrêter ainsi l'infortuné. Cependant, Alisha l'en empêcha, le retenant contre elle à l'aide de ses deux bras pour le maintenir tranquille. Qu'allait-il se passer ? Est-ce que Gabrielle pouvait sentir le tranchant d'une lame ? Où est bien est-ce que son organisme correspondait trait pour trait à celui des créatures de la nuit ? Dans quelques instants, il allait le savoir.
La Navïn noire ne bougea ni ne tenta d'esquiver cette attaque, certainement trop surprise pour faire le moindre geste. Néanmoins, elle leva son bras devant elle pour se protéger, les lèvres figées en une expression d'étonnement. Et l'épée courte frappa. Et tous regardaient, encore effrayés par ce qu'il se passait en ce moment même.

Ce bras était tranché, en effet, et il tombait déjà...mais aucune goutes de sang, aucun fluide quelconque ne coula de cette plaie qui ne ressemblait en rien à une plaie. Tenak n'en vit pas plus car de longs filaments s'extrairent de la « blessure », agrippant l'autre partie de ce bras coupé. Ils gigotaient comme de petits et longs serpents vivants, produisant d'étranges bruits de sucions...avant de venir replacer le fragment du membre à sa place. Ils continuèrent de tourner autour de la blessure avant de se dissiper, s'évaporant comme un bac d'eau dans la plus terrible des fournaises.
Gabrielle regarda sa main et écarta ses doigts, s'assurant que tout était en place. Puis, avec une lenteur dérangeante, ses yeux rouges se tournèrent vers l'homme qui avait osé porter son arme sur elle. Le jeune contrebandier lâcha son épée, mort de peur. La lame rebondit une première fois sur le sol de pierre avant de s'immobiliser en un long tintement qui résonna plusieurs fois dans la grande pièce. Cet homme, le jeune berger en était persuadé, venait de signer son arrêt de mort...et lui-même était bien trop apeuré pour faire le moindre mouvement...même Apolïncer avait cessé de se débattre.
Les jambes de Gabrielle tremblèrent, ses doigts se serrèrent, sa queue noire se hérissa et ses petites oreilles en triangle se plaquèrent sur sa tête. Lorsque ses babines se retroussèrent et que la vue de ses canines leur fut offerte, un profond grognement retentit. Ses jambes fléchirent avant de se détendre. Tout le monde, par groupe de deux, recula vers la droite ou vers la gauche...sauf celui qui avait provoqué la colère de la créature.
Gabrielle fut sur lui, ses mains griffues agrippées à ses épaules et lui entaillant la peau et ses cuisses refermées autour de sa taille. Quand ses dents se mirent à mordre et à déchirer la chaire de son cou, le jeune homme hurla à plein poumon, tentant de repousser vainement le monstre, tandis qu'il reculait lentement mais sûrement vers la crevasse au centre de la pièce. Ce ne fut que lorsque son corps bascula dans le vide que Gabrielle fit un bond en arrière, s'épargnant ainsi la même chute que sa proie. Le cri du pauvre homme résonna un moment dans l'abîme avant qu'un choc sourd ne se fasse entendre. Alors seulement, les hurlements cessèrent !
Jamais Tenak n'avait vu un tel spectacle. Même les enfants du seigneur Kannan n'étaient aussi affreux. C'était comme voir un joli petit enfant tuer sauvagement un animal avec un couteau...la façon dont Gabrielle passait de la tranquillité à la colère pure était...il n'y avait aucun mot pour décrire ce que ressentait le jeune berger, Pavel tremblant autant que lui à ses côtés.
-Tenak...elle l'a tué...elle aurait du avoir le bras tranché mais...elle l'a tué ! Qu'est-ce que c'est !
-Mes soupçons se confirment, Tenak...vous vous souvenez ?

Oui, Sophitia lui avait déjà parlé de ses craintes à propos de ce que le seigneur Kannan pouvait avoir en tête. Jamais il n'aurait pensé qu'il puisse créer une telle chose avant de mourir. Mais ce n'était ni une Navïn, ni un Sans-Nom...ce n'était rien de ce qu'il connaissait. Mais c'était dangereux et incroyablement agressif !
Le sang de sa victime coulait en abondance sur les lèvres de Gabrielle. Son poil était toujours aussi hérissé et elle ne cessait de jeter des coups d'½il aux personnes restantes dans la salle. Ses yeux rouges affichaient une colère non contenue. La Navïn sombre était devenue comme enragée ! Son regard se posa sur Alisha et Tenak devina aussitôt ses intentions. L'épée Navïn fut extraite hors du fourreau, tandis qu'il criait son avertissement.
-Alisha, prends garde ! Elle va s'en prendre à toi !
Et ce fut malheureusement vrai. Elle se jeta à corps perdu, galopant à quatre pattes comme une louve devenue enragée. La Navïn blonde eut juste le temps de pousser Apolïncer sur le côté et de se jeter dans une autre direction. Gabrielle, en effet, venait de sauter. Et aussi étrange que cela puisse paraître, elle ne s'écrasa pas contre le mur...au contraire, toutes ses griffes se plantèrent aisément dans la paroi rocheuse, de telle sorte qu'elle se trouvait maintenant fixée à lui sans aucun problème.
Alisha tenta de fuir, sa courte dague de métal à la main. Les Navïns n'étaient apparemment pas capables de faire cela, autrement, elle ne serait pas aussi stupéfaite. Gabrielle se déplaça de quelques mètres de cette façon, s'approchant de plus en plus près de sa proie qui recula, apeurée elle aussi. Si Alisha avait peur, c'est que la situation était vraiment très critique. La Gabrielle qu'il avait vu grâce aux souvenirs de Jonathan avait été comme une démone, mais celle-ci paraissait plus terrible encore, abreuvée à la fois par la magie malade et celle de la Pierre des cinq lois. Le pire dans tout ça était que, ne possédant pas un corps véritablement vivant, elle ne pouvait pas subir la même dégradation néfaste que le seigneur Kannan. C'était un vrai cauchemar ambulant, il n'y avait pas de doute !
Gabrielle se jeta sur Alisha, toute griffes dehors. Debout sur ses pieds, elle tentait de griffer sa proie du mieux qu'elle le pouvait, agitant furieusement ses bras et poussant des cris sauvages. La Navïn blonde ne pouvait que reculer, tentant de frapper également sans trop d'espoir. Après tout, si ses membres pouvaient se recoller...Mais alors, peut-être que seule la lumière du soleil ou de la lune pouvait la vaincre ?
Gabrielle poussa un hurlement et recula, se tenant la joue à deux mains et crachant sa colère sur ses ennemis. L'entaille qu'Alisha venait de lui faire ne tarda pas à se soigner. C'était inutile ! Seule l'épée Navïn pouvait la tuer...mais cela voulait également dire qu'ils avaient une chance !

Tenak allait jeter son arme en direction d'Alisha, pour lui venir en aide, mais il s'abstint lorsque Gabrielle fut quelque chose d'incroyable...L'indexe de ses deux mains sifflèrent dans l'air, dessinant chacune la forme d'une spirale. Non seulement elle savait comment réutiliser cette attaque, mais en plus elle doublait sa dangerosité en la dédoublant ?
-Alisha ! Ne restes pas là !
-C'est bon, j'ai vue ! hurla t-elle avant de courir.
La Navïn blonde sauta pour éviter la première spirale qui s'écrasa contre le sol, reproduisant sa forme sur la pierre. La seconde fois, elle du rouler à terre, l'attaque sifflant au-dessus d'elle.
-Tiens bon, je vais t'aider !
Apolïncer aussi était devenu fou...le voilà qu'il se précipitait à son tour dans le combat, l'épée à la main et avers la certitude de pouvoir défaire son ennemi. Il tenta de planter son arme au travers l'épaule de la créature, mais celle-ci se retourna à temps pour...se laisser transpercer la main ! La lame traversa sans aucun problème sa chaire qui ne semblait pas réelle, comme molle ou caoutchouteuse, de telle sorte que le monstre pu refermer sa main sur la garde de l'épée courte avant de projeter le contrebandier avec son pied. Le dos de l'homme rencontra le mur de la pièce avant qu'il ne tombe à terre, toussant et grognant sous le choc.
-C'est un cauchemar...un vrai cauchemar...nous allons tous nous faire manger par ce monstre...
Pour Tenak, il restait une chance...d'abords parce qu'il était armé d'une épée Navïn, redoutable contre les Sans-Nom, ensuite parce qu'il était immunisé contre le poison de la magie malade, et ensuite parce qu'il formait six personnes à lui tout seul, grâce à la marque des cinq lois !
-Mais qu'attends-tu, imbécile de seigneur ? Une invitation sans doute ? Jamais toi de corps et d'âme dans la bataille !
-Ceci prouva la haine de Kannan...mettons fin à son règne en détruisant cette chose.
-Tu as tout les atouts qu'il te faut...
-Par pitié, ne les laisses pas mourir !
Tant de voix qui résonnaient d'un coup dans sa tête, qui le poussait à se battre...c'était ce qu'il lui fallait ! Il était capable de vaincre ce monstre ! Sa mort ne pourrait peser sur sa conscience puisque cette Navïn n'avait de vivant que ses gestes ! Tenak entendit la cinquième voix soupirer. Celle de l'assassin qui avait voulu sa perte.
-Je serais avec toi...et par mon honneur, je ferais tout pour que tu puisse enfin vaincre !
-Merci vous tous.
Pavel se tourna vers lui, surpris que son ami ne parle tout seul. Le jeune berger rengaina son arme et étira son unique bras droit. Puis il vérifia que le bandage qui retenait son membre blessé tenait bien en place. C'était maintenant que tout allait se jouer ! C'était maintenant qu'il devrait vraiment se battre pour enfin obtenir la paix et la liberté ! C'était maintenant que cette histoire devrait peut-être se terminer !
-Qu'est-ce que tu as dit Tenak ?
-Pavel, rejoins Apolïncer. Et si tu peux, essaie de ramener également Alisha le plus loin possible de Gabrielle. Je vais faire taire cette chose...et je ne veux plus de morts inutiles !
La Navïn sombre retira d'un geste lent la lame qui s'était plantée dans sa main avant de la tenir par la garde, poussant un long hurlement qui se répercuta plusieurs fois dans la pièce. Cette Gabrielle était devenue enragée, incapable de contrôler le moindre de ces gestes. C'était une aberration de la nature...et Tenak se devait d'y mettre un terme !

Elle s'était rencontrée sur sa proie, prête à mettre un terme à sa vie une bonne fois pour toute. Seulement, elle se trompait de cible...le jeune berger, mine de rien, était peut-être le seul être ici à pouvoir la rivaliser en terme de pouvoir ! Cela ne poserait aucun problème s'il se concentrait suffisamment...le contrôle de ses émotions...c'était ça la clef ! Il prit une grande inspiration avant de pousser un cri de défi.
-Laisse là ! Elle ne te vaut pas ! C'est moi ta proie ! C'est moi que tu veux ! Viens prendre ma vie, si tu en es capable !
La créature mordit à l'hameçon ! Gabrielle se désintéressa aussitôt d'Alisha, tournant son visage noir vers le jeune berger qui senti une boule se former dans sa gorge. Son regard était terrifiant, sans âme...juste de la colère et de la haine à l'état pur. Les restes d'une âme damnée à tout jamais par la magie malade ! Une pauvre âme...
Gabrielle commença une nouvelle spirale noire avant de la projeter en avant. Tenak ne pouvait la voir, étant invisible à l'½il nu, mais il la senti. Il lui fallait l'agilité et la logique...vert et jaune...peur et joie à la fois ! Ce fut très dur, mais il arriva à ressentir ces deux émotions en même temps. Et l'épée Navïn fendit l'air, tranchant net la spirale qui éclata en une multitude d'étincelles fumantes. Il retint aussitôt sa respiration, de peur d'inhaler ce poison qui brûla légèrement le sol lorsqu'il se posa sur la pierre.
Personne, mis à part la Navïn sombre, n'avait vu ce spectacle. Alisha avait été trop occupée à rejoindre ses camarades, dont le jeune Pavel, qui aidait un contrebandier blond blessé, en faisait maintenant parti. Ainsi donc, seule la créature noire fut stupéfaite d'un tel revirement de situation. Mais c'était logique...grâce à Sophitia, il avait pu déduire que si l'épée Navïn pouvait tuer les Sans-Noms, imbibés de magie malade, cela voulait dire que cette magie en était elle même sensible...Al s'était contentée, grâce à ses réflexes de parer l'attaque...comme il aurait voulu leur dire merci en personne !
Folle de rage, Gabrielle hurla avant de projeter une nouvelle spirale noire, suivie d'une autre, et encore d'une autre. Et à chaque fois, ce fut inutile, le jeune Tenak les détruisant une à une tout en s'approchant d'un pas assuré. Un tel calme dans ses mouvements et de tels réflexes...ce fut suffisant pour la pousser à bout. Et le vrai combat commença !
Gabrielle se jeta littéralement sur lui, favorisant les frappes de taille. Elle n'était pas bête, étant donné qu'elle avait compris que cette arme pouvait réellement lui faire du mal. Aussi était-elle prudent dans ses gestes, alors que Tenak paraît avant de contrer aussitôt, faisant voler une pluie de petites étincelles colorées. Le porteur alternait entre le rouge et le vert, soit l'agilité de Al et la force de Lilya.
C'était un exercice éprouvant car il devait changer d'émotions aussi vite que l'on pouvait cligner de l'½il. Mais cela n'était pas suffisant, la créature était suffisamment maligne et véloce pour ne pas prendre trop de risque tout en tentant de s'imposer. Si cela continuait, Tenak allait finir par commettre une maladresse...il devait prendre davantage de risque encore !
-Attrape !
Et Tenak lui jeta son arme. Surprise, Gabrielle la rattrapa aisément. Alors elle recula de quelques pas lorsque le poing du jeune porteur s'écrasa contre l'une de ses joues. Puis l'un de ses pieds la faucha avant qu'il ne lui agrippe sa main pour récupérer l'arme Navïn. La lame produisit un léger son cristallin lorsqu'elle tenta de trancher la Navïn sombre. Seuls quelques un de ses cheveux volèrent avant de brûler aussitôt, tandis qu'elle faisait un bond arrière pour se mettre hors de danger. Alors seulement, la loi de la folie s'éteignit, le jeune berger reprenant sa respiration. L'assassin avait voulu utiliser la ruse...et ça avait faillit marcher ! Il n'était pas loin de gagner ! Même Gabrielle le ressentait car ses yeux roulaient dans leur orbite, effrayée...c'était une frayeur animale, sans aucune pensée vivante derrière !
L'impensable se produisit ! Tour se tournèrent vers la porte lorsque celle-ci s'ouvrit dans un terrible grincement. Une silhouette en sorti, étonné par ce spectacle qui s'offrait à lui. Tenak était stupéfait...c'était comme s'il revoyait un mort.
-Tenak ? Que se passe t-il...
-Jeulin ! Vas t-en ! Ne restes pas là !

C'était une erreur de hurler comme cela, Gabrielle compris très vite la situation. Avec un sourire haineux, elle abandonna son adversaire pour faire le tour de la pièce, son épée entre les dents, tandis qu'elle se déplaçait à quatre sur le mur. Sa nouvelle proie semblait évidente...elle allait s'en prendre à Jeulin avant de prendre la fuite par la porte !
-Fermez la porte ! hurlait Tenak qui courait par l'autre côté du cratère. Et Jeulin, va t-en tout de suite !
Mais le jeune homme ne compris qu'à moitié, aidant les trois autres personnes à fermer les deux battants de la porte. Alisha voulut s'interposer, mais elle fut projetée sans ménagement, comme pour Apolïncer qui s'effondra sans un bruit. Pavel, lui, s'était couché à terre, le visage entre les mains, de telle sorte que Gabrielle sauta au-dessus de lui. Elle fut face à Jeulin qui était trop abasourdi pour comprendre ce qu'il se passait.
-Laisses le, espèce de monstre !
Un seul mouvement. Jeulin baissa le regard sur la lame qui traversait son corps, sa pointe ressortant derrière son dos. Alors il tomba sans un mot, sans un cri, les yeux grands ouverts. La colère prit le dessus, Tenak ne la contrôlait plus. Ainsi, ce fut sans problème que Gabrielle le désarma avant de se jeter sur lui, la lame gorgée de sang prête à lui faire subit le même sorte.
Il retint ses deux bras à l'aide de son unique main, utilisant la force de Lilya pour pouvoir la repousser. Mais c'était difficile, cette créature étant elle aussi si...endurante ! Le jeune berger se sentait lentement reculer vers l'abîme derrière lui, poussé par Gabrielle qui voulait le faire tomber ! Plus d'espoir...il n'y avait plus aucun espoir !
Son pied rencontra quelque chose de lisse et de rond...les bracelets d'or. Il perdit son attention suffisamment longtemps pour que le genou de la créature ne rencontre sans ventre, le forçant à reculer encore plus.
-Je ne vais pas te tuer...haletait-il. Mais je vais t'enfermer ici, à tout jamais !
Et, dans un effort sur-humain, il le repoussa de toutes ses forces avant de lui agripper un bras. Son pied souleva l'un des bracelets avant qu'il ne l'attrape et l'imposa de lui même sur le poignet de la créature. Elle voulu lui mettre un coup de pied, mais ce fut une erreur !
Vert et violet ! Avec la rapidité de Al et la dextérité de l'assassin, Tenak lui attrapa sa cheville avant de la soulever dans les airs. Deux gestes et deux nouveaux bracelets...Il n'eut pas le courage de mettre le dernier et s'effondra à terre, hors d'haleine. Il allait mourir ici, avec tout ses amis...il allait échouer !
Après avoir compris qu'il était inutile de tenter de les enlever, la Navïn sombre poussa un nouveau hurlement et jeta son arme au loin, toutes griffes dehors. Elle allait le mettre en pièce de ses propres mains...déjà elle s'approchait du jeune berger qui attendait la mort, la sueur coulant sur son visage. Alors ce fut la dernière scène de ce spectacle...avec un rebondissement pour le moins étrange.
Tenak, qui n'avait plus porté sur les yeux sur le corps de Jeulin, ne compris pas tout de suite ce qu'il se passait lorsque l'épée Navïn traversa le dos de la créature avant de ressortir au travers de son ventre. Son regard affichait une expression de surprise la plus complète, tandis que Jeulin gémissait derrière elle, la bouche en sang.
-Je vais mourir...mais je vais mourir de façon à ce que Bénédicte soit fière de moi !
Et il poussa la Navïn sombre de toute ses forces, ramassant le dernier anneau dans son passage. Derrière lui, de nombreuses flaques de sang apparaissaient, s'élargissant sur le sol de pierre. Ils sautèrent ensemble...et le dernier bracelet vint trouver sa place sur le bras droite de la Navïn sombre, l'arme toujours plantée au travers de son corps. Ils tombèrent dans un silence complet.
Alors seulement, les larmes de Tenak coulèrent sur ses joues lorsque les ténèbres eurent achevés de les engloutir et qu'un choc se fit entendre en bas, tout en bas. Fin du spectacle et fin de l'histoire, pensa t-il...la lueur bleue de la marque des cinq lois brilla doucement au travers de ses vêtements.






chapitre 21 Pierre des cinq lois TOME 2

# Posté le jeudi 06 novembre 2008 15:46

roulement de tambour

roulement de tambour
Je vais parler de quelques petits détails qui serviront pour le futur de ce blog. Et oui, encore un truc vachement ennuyeux, comme dirait l'autre! Mais bon, faut bien passer par-là, pas vrai?

-Pour ceux et celles qui lisent mon TOME 2, vous avez du vous rendre compte que c'est bient la fin. En résumé, les changements que je vous ai promis ne devraient pas tarder à arriver. De plus, je vais changer et améliorer encore ma première page pour faire de ce blog comme une sorte de livre avec ses marques pages. Avec plus de 150 articles, il devient difficile de se repérer dans tout ce fatras d'idées incongrus. Je vais donc améliorer l'accessibilité.

-Aprés la fin du Tome 2 de la Pierre des cinq lois, il n'y aura plus d'histoires pendant quelques jours. A la place, et ce pendant quatre à cinq articles, vous aurez la description compte et tail de ce nouveau mouvement. Je vous invite donc et encore une fois à proposer une mascotte qui pourrait représenter ce mouvement. N'oubliez pas: il est peuttre el, immaginaire et me inventé de toute pièce!

-Je vais recommencer Rei...Je ne dirais pas qu'il est ra, mais je n'ai pas réussit à faire ce que je voulais. Je vais donc le recommencer mais en amélio. Et vous savez quoi? Je vais me mettre à la chanson! Enfin à lcriture de chansons...dissimulées ça et là, diverses chansons, plus ou moins en rapport avec les chapitres, viendront égailler votre lecture. Et pourquoi pas, à l'avenir, les interpréter pour de vraies? C'est encore une nouvelle possibilité

-Ca y est: ja deux prototypes de Et Dieu créa l'homme à son image! Je veux, avec l'aide de ce cher Gabi, faire un troisième prototype encore mieux avant de mettre mon plan en action. Je vais également tout faire pour devenir blog star. Si je cumule le fait que mon directeur s'intéresse à ma personne avec celui d'être vu par la France entière pendant une semaine, je ne pourrais en retirer que du bon. Pour finir, si je parvient à trouver quelqu'un d'intéressé et que l'on puisse sortir ma pce un jour de Noël, le coup de publicité serait à son paroxysme. Certes je ves sans doute trop...mais, je tente le plus d'attaques possibles sur l'échiquier!

-Je vous invite à continuer de voter pour ma prochaine oeuvre. Je pense que Dipti est bien parti...une nouvelle histoire qui va encore apporter des changements dans votre lecture! Avec ma nouvelle méthode de travail, il sera facile de rédiger Dipti et Rei en même temps.

Que d'ambitions...peut-être trop...mais peu importe, je m'en moque comme du jour où j'ai attrapé la varicelle! Quand j'ai débute ce blog, je voulais juste faire découvrir mes écrits et avoir quelques avis...et voila qu'aujourd'hui, je veux apporter un changement radical dans la littérature et de me faire connaître par tout les moyens. Tout ceci, ces envies, c'est grâce à vous que je les dois. Je n'en suis plus à me dire que "peut-être que j'ai un peu de talent" car je sais maintenant que je peux y arriver, que j'ai énormément de choses à offrir pour peu qu'on me laisse ma chance!

Un grand merci à vous, fidèles lectrices, qui me suivez dans cette aventure depuis le début!

# Posté le samedi 08 novembre 2008 14:04

Epilogue Pierre des cinq lois Tome 2

Épilogue


-Alors, c'est ici que nos chemins vont se séparer, jeune Tenak.
-J'espère que ce ne sera pas définitif !
-Tout n'était jamais définitif. Et j'ai beau ne pas croire au hasard, ce brigand en arrive toujours à nous jouer des mauvais tours.
Tenak jeta un ½il réjoui sur l'herbe de la prairie avec un sourire en coin tandis qu'Alisha regardait le contrebandier sans comprendre. Il faisait beau aujourd'hui...pour le moment, en tout cas. Au loin, de sombres nuages s'approchaient à la même lenteur qu'une tortue, menaçants. Malgré tout les actes qu'un homme pouvait accomplir, malgré les guerres et les joies, les larmes et la douleur, la nature restait la grande maîtresse de ces terres. Rien ni personne ne pourrait s'y opposer...et c'était cela qui plaisait au jeune berger.
Alisha avait commencé à discuter avec Apolïncer. C'était une discussion simple, calme, comme si elle était simplement banale. Tenak n'aurait jamais pensé que deux personnes, parfaitement opposés comme eux, puissent avoir une telle discussion dans la plus grande simplicité. De l'eau avait bien coulé sous les ponts !
-Que ferez-vous du corps du seigneur Kannan ?
-Nous l'enterrons dans l'abri, dans le respect et le secret. Si Shihab apprend sa mort, il y aura rébellion et désir de vengeance, et alors...
-Et alors les villes seraient à feu et à sang !
Oui, c'était certainement ce qui se passerait. Une bande de contrebandiers qui ont attenté à la vie du seigneur et qui ont frappé directement son armée...ce qu'il restait de l'élite était enfermé à l'intérieur de l'abri, dans des cachots confortables mais bien fermés et solides !
Les contrebandiers avaient prévu de lentement rallier toute la ville de Tanempa à leur cause et de mettre les politiciens en désarroi. Après cela, la ville de Shihab serait leur prochaine cible. Il faudrait agir vite, car sans maître, la belle cité serait très vite à la dérive. Avec beaucoup d'efforts, de maîtrises et de doigté, il serait possible de faire de la ville de Shihab une cité où paix rimerait avec harmonie
Apolïncer fit pencher son chapeau sur le côté droit de sa tête avant d'afficher un sourire ravi. Pour le départ, il avait insisté à pouvoir entièrement se laver et s'habiller proprement...et au moins c'était réussit ! On ne pouvait qu'à peine deviner que son dos l'élançait encore, après les chocs qu'il avait reçut dans la salle du cratère.
-Je vais te dire salut, et non pas adieu, mon petit Ten. J'ai déjà des projets en tête et je pense te rendre visiter pour te demander quelques avis et également pour te tenir compagnie.
Après une incroyable courbette, l'homme blond pivota pour reprendre le sentier dans l'autre sens, ses pas le menant vers Tanempa, sa maison. Le jeune berger inspira profondément et regretta aussitôt ce geste. Qu'est-ce que son épaule droite pouvait le démanger...au moins, il ne sentait presque plus les douleurs dût à son bras cassé.
Anxieuse, Alisha s'approcha de lui et le jeune homme la laissa repousser délicatement les plis de sa tunique, découvrant une longue trace noire en forme de cercle sur sa peau. De la marque des cinq lois, il ne restait qu'une brûlure qui aurait tôt-fait de guérir.
-Ça te fait mal ?
-Plus ou moins...Mais cette douleur me fait penser que tout est peut-être vraiment finit...J'aurai aimé que Jeulin soit là.
Le revoir vivant avait été incroyable, lui qui était persuadé l'avoir vu succomber sous la lame du traqueur Aida. Les contrebandiers qui étaient vivants leur avaient expliqué la curieuse apparition des traqueurs, qui mirent fin très rapidement aux querelles avant de partir discrètement aussi vite qu'ils étaient arrivés. Sans doute, maintenant, étaient-ils prêts à se retirer du monde...loin de tout !
-Dans un sens, il restera certaines zones d'ombre à cette histoire. Mais je préfère qu'il en soit ainsi.
Et Alisha approuva d'un signe de tête. Sur ses mots, il porta la main à la bourse accrochée à sa ceinture. Ses doigts déroulèrent la cordelette qui la retenait fermée puis il y plongea la main avant d'en sortir le magnifique artefact. Il ressemblait trait pour trait à la première pierre qu'il avait reçu, dans la forêt de Gluïndémielle. Ses quatre pierres précieuses brillaient au soleil, produisant diverses teintes colorées sur ses mains.
-Cette fois-ci, on la mettra en sécurité. Et plus personne n'y touchera. J'espère sincèrement que le rituel opposé n'aura pas été trop douloureux.
Douloureux ? Un peu tout de même...mais il se sentait encore déstabilisé de ne entendre toutes ces voix tonitruantes. De plus, il avait l'impression d'avoir un étau en moins. La mort de Kannan leur avait permis d'avoir quelques jours de calme...ces mêmes jours qui furent utilisés pour le rituel de « désincrustage », Alisha aimait à le dire. Tenak comprenait enfin pourquoi ce rituel n'avait pu être mit en application plus tôt.
-Cela me fait de la peine pour cette pauvre Almarine...je commençait à l'apprécier.
Et les deux amis rirent de bon c½ur, prenant la direction du cimetière de la bergerie. C'est là que leur chemin se séparerait...il pourrait dire un dernier au revoir à Emeline, la Navïn aux yeux jaunes...et aussi à Davita ! Ses yeux brillèrent lorsqu'il pensa à elle...et il marcha la tête haute, de nombreuses idées en tête pour recréer le troupeau...un deux fois plus grand, avec la petite Mathilde à leur tête ! Oui, il se sentait prêt à dévorer de nouveau la vie !
**


-Ce n'est pas possible ! Ah non, ce n'est pas possible ! Il devait mâter une bande de fuyards en peu de temps ! Pourquoi est-il si long ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Laura ne pouvait s'empêcher de faire les cents pas à l'intérieur de cette magnifique chambre. Par moment, elle regardait son visage au chignon serré dans le reflet que le grand miroir lui renvoyait. Si seulement elle n'avait pas perdu ses moyens dans la forêt des esprits. Si seulement elle ne s'était pas laissé avoir par quelques illusions stupides. Mais avec des si, on mettrait bien Shihab en bouteille !
-Seigneur Kannan, que faites-vous, bon sang de bonsoir de saleté ! Où est donc vous donc passé ?
C'était particulièrement frustrant de n'avoir aucune réponse à ses multiples questions. Elle aurait aimé que le grand seigneur puisse la conseiller en ce pénible moment. Mais il n'était pas là...et plus un seul soldat d'élite ne voulait repartir à Tanempa. Dans un sens, ils avaient raison, on ne pouvait pas laisser la capitale sans surveillance. Laura y avait pensé...oui, elle y avait pensé et était certaine d'avoir raison. C'est pour cela qu'elle avait accepté de revenir à Shihab sans la moindre réticence.
Laura porta la main à son front, le sentant brûlant. Elle était morte d'inquiétude, cela paraissait évident. Que se passerait-il se le seigneur ne revenait pas ? Que se passerait-il si leur dieu les abandonnait, à tout jamais ? Le Général se mordit un ongle avant de le sentir casser sous ses dents. Elle le cracha aussitôt pour ensuite s'essuyer les lèvres, hors d'elle.
Les esclaves avaient enfin pensé à remplacer cette maudite fenêtre. ! Elle s'en approcha, regardant le petit peuple de la belle cité à travers le verre des carreaux. Ce peuple ne se souciait de rien, vivant sa petite vie le plus tranquillement du monde. Si jamais ils apprenaient que leur seigneur avait disparu...ils se révolteraient sûrement. Oui, il était certain qu'ils se révolteraient pour le retour de leur Dieu, celui qui les avait amené vers une telle prospérité. Ils leur devaient tout. Et Laura pensait également la même chose.
Le Général tira les rideaux, une main posée sur son corps. Sans son lourd plastron, elle se sentait mieux dans ses mouvements. Et pourtant, elle aurait préféré affronter mille dangers plutôt que d'attendre impatiemment que le seigneur Kannan revienne...s'il devait revenir un jour !
-Par les esprits du feu, c'est insupportable ! Ma faute ! C'est de ma faute ! Il est peut-être en danger !
En danger, il l'avait déjà été au moment de partir pour Tanempa. Ses poumons étaient blessés et crachaient le sang, tandis son visage abhorrait les désastres d'un mal inconnu. Elle ne savait pourquoi, mais Laura doutait que la partie humaine du grand seigneur ne puisse tenir encore longtemps. Peut-être que son souffle avait déjà glissé hors de ses lèvres.
Laura se rendit à la penderie avant de l'ouvrir de sa bottine métallique. Le seigneur Kannan avait toujours vécut dans la plus grande simplicité. Il n'avait que très peu de costumes de soirée, ceux-là était surtout réservés lorsqu'il organisait des repas politiques et plus ou moins importants. Dans cette penderie se trouvait un coffre en bois qui était toujours verrouillé. Seulement, la hâte du seigneur l'avait certainement poussé à laisser la clef dessus. Le Général savait qu'elle ne devait pas, mais la curiosité, ajoutée à l'impatience, l'emporta sur la raison.
La clef, qui était en cuivre rouge, tourna à l'intérieur de la serrure de ce coffre. Le couvercle bloqua un peu avant de se décider à s'ouvrir. Laura se senti gênée de faire la découverte des objets très personnels du seigneur...Dans un tout petit coffret, sur un lit en mousse, se trouvait une dizaine de bague à perle noire, les même que le seigneur Kannan portait au majeur. Il y avait également trois masques d'argile, dont l'un d'eux était cassé sur une la partie qui cachait l'½il gauche. Pour finir, il y avait un grand livre relié en cuire. C'était les mémoires du seigneur !
Laura le savait très bien puisqu'elle l'avait déjà vu écrire dedans. Seulement, il restait très secret concernant ces notes, et ce très certainement pour une bonne raison. Considérant que son impolitesse et son indiscrétion devait s'arrêter là, le Général reposa le grand livre, referma délicatement le coffre après l'avoir de nouveau verrouillé puis reposa la clef sur son couvercle avant de fermer la penderie.
Alors elle recommença à faire les cents pas, se demandant encore que faire pour pouvoir servir à quelque chose. Elle était l'une des rares soldates de son armée...mais également une conseillère et maintenant une Générale ! Elle était la plus fidèle personne sur qui il pouvait conter ! Et cela, le simple fait de le savoir offrit un goût sucré sur la langue de Laura qui poussa un profond soupir, une main sur sa natte serrée.
-Réfléchis ! Réfléchis ! Réfléchis !
Le seigneur Kannan lui avait donné son rang pour une bonne raison, n'est-ce pas ? Il avait confiance en elle, il avait besoin d'elle. Il lui avait même mis à son commandement une unité de cinquante des meilleurs hommes de Shihab. Maintenant, elle savait qu'ils la respectaient et la craignaient...était-ce parce qu'elle savait se faire entendre ? Parce qu'elle savait se faire respecter ? Et si le grand seigneur lui avait décidé un rôle autrement plus important encore ?
La capitale, encore une fois, était sans gouverneur, sans soutien, prête à partir dans la débauche et la misère. Cela ne devait pas se passer comme ça !
-J'assurerai le contrôle de Shihab, en attendant votre retour...je ferais en sorte que tout aille bien...oui, tout ira bien !
Comme Laura aurait aimé avoir un père comme le seigneur Kannan...c'était par respect pour lui qu'elle assurerait bien son rôle. Et il serait fier. Oh oui, il serait fier ! Le Général se regarda dans le miroir et se sourit à elle-même. À travers la fenêtre, elle entendait l'orage gronder. Heureusement qu'elle était à l'abri, sous un bon toit !
**


La lame s'extirpa avec lenteur de son corps, meurtrissant ses chairs et lui donnant l'impression qu'un puissant brasier brûlait au c½ur de sa blessure. Celle-ci brillait intensément d'une lumière blanche, s'étirant et s'étalant, la tuant progressivement. Gabrielle y posa la main, la mâchoire crispée et les griffes sorties. Du bout de son pied tremblant, elle repoussa le corps sans vie du jeune homme couvert de sang, avant de reculer à l'aide de ses coudes. Elle laissa enfin son dos reposer contre la paroi rocheuse, hors d'haleine, la langue pendante.
Gabrielle parvint finalement à arracher l'arme dont le tranchant était enduit d'un horrible poison. Son bras droit était déjà inutilisable, ses doigts se transformant en fumée comme de l'eau qu'on faisait bouillir. Saleté ! Elle s'était faite surprendre comme un jeune chaton ! Et maintenant ? La Navïn ferma les paupières, se remémorant son curieux réveil. Mais avant cela, rien ne lui revenait en tête, rien du tout ! C'était comme si ces bipèdes à peau blanche avaient volé ses souvenirs...ça devait être ça !
-Que fait-on ? La laisser dépérir serait une grande lâcheté de notre part, n'est-il pas ?
-Peut-il seulement en être autrement ? Dans tout les cas, je peine à comprendre ce qui peut la maintenir en vie. N'importe lequel d'entre nous périt à la minute où ces tranchants mortels les frappent !
La Navïn sombre gronda après avoir rouvert les yeux, jetant des coups d'½il furieux aux sombres créatures qui l'observaient depuis un moment. Ces gros chiens noirs devaient être une dizaine, voir plus...tous de tailles différentes mais globalement avec la même forme. Par contre, ils dégageaient tous une sorte d'odeur corporelle assez...Si seulement elle avait pu se lever et les déchiqueter entre ses dents !
L'un des plus gros chiens noirs s'approcha, ses yeux de bêtes, rouge comme la braise, se posant sur la blessure lumineuse de son ventre. Son bras s'était presque entièrement évaporé. Après cela...
-Tu vis tes derniers instants ! C'est en partie par ta faute que le maître est décédé ! Mais nous ne t'en voulons pas ! D'abords parce qu'il devenait gênant et ensuite parce que tu disparaîtras très vite, tout comme lui !
Un sourire aux canines incroyablement grandes s'afficha sur sa gueule, et plusieurs chiens noirs s'assirent sur leur arrière train. L'un d'entre eux s'approcha de l'un des cadavres, le renifla puis plongea sa mâchoire dans sa poitrine avant d'en ressortir le c½ur qu'il mâcha longuement. Le sang ne coulait qu'à peine, celui-ci ne circulant plus dans les veines depuis un moment.
-C'est dégoûtant ! Les muscles sont froids et elle a directement infecté l'artère du cou !
Le goinfre ne tarda pas à recracher la chose avant de pousser une sorte de bruit qui ressemblait à la fois à un grognement et à un raclement de gorge. Une odeur salée emplit l'atmosphère. La créature sombre se plaignit encore un moment, tandis que ses camarades ricanaient. C'était des rustres ! Ils se croyaient forts et imposants alors que ce n'était que des animaux de compagnie !
Le chien qui se trouvait le plus près d'elle s'approcha encore et lécha longuement sa blessure. Gabrielle n'y tint plus et poussa un rugissement sonore avant de s'agiter, le corps en feu ! C'était une torture ! Une véritable torture ! Et cette bête qui la contemplait de ses yeux rouges, les babines retroussées en une sorte de dégoût !
-Je comprends mieux ! Cette femelle a un petit quelque chose en plus ! Le maître a du y mettre tout son c½ur ! Je sens un c½ur palpiter dans sa poitrine !
-Un c½ur ? s'exclamèrent-ils ?
-Je ne sais si c'est un c½ur...mais il me tarde d'y plonger mes crocs pour connaître son goût !
Sauf si c'est moi qui te dévore la première ! Pensa t-elle avec une colère accrue. Il était suffisamment prêt maintenant...Avec une étonnante rapidité, la Navïn sombre se redressa sur ses genoux et attrapa la créature par la gorge. Celui-ci produisit un gémissement étouffé lorsqu'il fut plaqué sans ménagement contre le sol.
Tout ses compagnons s'étaient remis debout, en cercle autour d'eux pour deviner ce qui lui prenait. Gabrielle leur lança un regard haineux pour mordit la nuque de sa proie. Elle était assise sur elle, l'empêchant de se dégager à l'aide de ses cuisses. C'était trop tard ! Le chien noir était à elle maintenant !
Ses griffes commencèrent le carnage, arrachant plusieurs touffes de poils et retirant de nombreux morceaux de peau noire. La magie sombre commença à s'élever des plaies. Quelle odeur délicieusement alléchante...
-Regardez ! Regardez ! Elle peut endommager notre chaire comme le ferait la lumière !
-Aidez-moi ! hurlait la pauvre créature, des grognements étouffés sortant régulièrement de sa gorge.
C'était trop tentant ! Gabrielle posa sa bouche sur la plaie la plus béante et aspira...aspira...aspira ! L'animal hurlait désormais, se contorsionnant, s'agitant comme une bête enragée. Mais la Navïn sombre avait raffermi sa prise pour ne lui laisser aucune chance de s'échapper ! Elle senti la magie sombre couler dans sa gorge, nourrissant son être et chassant la douleur.
Une vapeur noire s'enroula autour du moignon de son bras à moitié disparu, s'étirant et redonnant l'aspect originel de ce membre atrophié. Lorsqu'elle pu plier de nouveau les bras, elle agrippa fermement les mâchoires de sa proie et les ouvrit en grand, sa bouche ne lâchant pas une seule seconde cette délicieuse fontaine. Comme elle aimait entendre les gémissements de douleur du chien noir...c'était tout aussi revigorant !
Elle ne s'arrêta enfin que lorsque la créature cessa de bouger et prit feu avant de disparaître, le brouillard sombre s'élevant doucement avant de se disperser. Il ne restait plus rien de lui...et Gabrielle se sentait dans une forme monstrueuse ! Elle écarta quelques mèches de ses cheveux couleurs de sang avant de se pourlécher les lèvres, rassasiée.
Aussitôt cela fait, les compagnons du défunt, effrayés par cette vision, disparurent tous en même temps, ne laissant derrière eux que leur odeur très caractéristique. Mais Gabrielle n'en avait que faire ! Elle se sentait mieux ! Beaucoup mieux ! Et c'était sans compter ce regain de puissance et cette volonté qui animait soudainement ses membres ! Si elle mangeait les autres, les sensations seraient d'autant plus agréables, d'autant plus jouissif ! Tant pis, elle préférait se faire plaisir que se venger stupidement ! Et puis l'un n'empêchait pas l'autre ! Elle leva la tête vers le haut de ce cratère, devinant les rebords dans le lointain. D'abords sortir de ce puit...enfin, elle partirait à la chasse ! La Navïn sombre se réjouissait déjà du festin qui l'attendait !



FIN DU TOME N°2
Epilogue Pierre des cinq lois Tome 2

# Posté le lundi 10 novembre 2008 13:11

Souvenir, souvenir

Souvenir, souvenir
Deux articles en deux jours? Wahou! J'ai cassé le rythme des deux jours! Mais bon, comme le Tome 2 de la Pierre des cinq lois est finit, je peux me le permettre, n'est-ce pas? Profitez-en pour balancer ici toutes les critiques que vous avez sur le coeur! Moi, de mon té, je m'en vais vous annoncer comment les suites se dérouleront. Le Tome 2 est finit...certes...mais le Tome 3 ne se passera pas comme vous le pensez. EEeeeeh oui, cres lectrices! Il se passera une bonne paire d'années plus tard. La situation aura bien changé, des personnages vont dispartre, d'autres vont réapparaître. Je vous annonce que vous serez maintenant derrière un autre personnage principal...mais je ne vous en dis pas plus, autrement vous ne serez pas surpris comme je le souhaite ;).

S
i je fais un article en avance, c'est pour vous parler des souvenirs...aaaaah, les souvenirs...vestiges anciens d'un passé enfoui. Cette photo que vous voyez au-dessus fait parti de mon enfance, alors que je croyais avoir oubl tout ces visages. C'était lors d'unete pour l'école, chaque classe faisait une représentation. Nous avons "dansé" et peint en compagnie d'un artiste, et ce tableau était notre petit chef d'oeuvre. Quellete, je faisais! J'ai bien grandit, mais je pense être resté le même mentalement.

Y a t-il des souvenirs qui ont déja refait surface pour vous?

# Posté le mardi 11 novembre 2008 13:24

le grand 1

le grand 1
I) Le mouvement Cin

Appelons-le comme ça, bien que son nom subira certainement une légère modification. Donc, le mouvement Cin, qu'est-ce que c'est? Si je devais donner une définition simple et radicale, ça serait : le mouvement Cin est tout ce que ne sont pas les autres mouvements tout en reprenant quelques principes de ces lesdits mouvements. C'était donc la définition radicale.
N'avez-vous jamais voulut faire quelque chose de nouveau dans vos histoires? Quelque chose qui n'a certainement jamais été fait, voir peut-être très légèrement exploité? Mais pour cela, il vous faut une structure sur laquelle vous appuyer, une base...Le mouvement Cin, qu'est-ce que c'est? C'est le squelette d'un corps. Toujours le même squelette. Seulement, ce squelette est tel que l'anatomie qui s'y attachera ne ressemblera en rien à ceux que l'on connaît déjà. Un peu comme un hybride en quelque sorte. Pourquoi le mot hybride? Un hybride, au début, ça fait toujours peur!


Le mouvement Cin se concentrera les procédés de l'écriture qui ont été le moins exploités:
-Le toucher, le goût, l'ouïe et l'odorat. Si on laisse la vue de, ces combinaisons de sens, utilisées intelligemment, peuvent donner des résultats intéressant.
-L'utilisation de tout les autres arts dans l'écriture. Que ce soit de la peinture à la chanson.
-Le mélange de trois à six thèmes différents. Le mouvement Cin se différencie des autres mouvements grâce à ses expériences. Pourquoi ne pas avoir une histoire drôlement effrayante et d'une violence triste? Faites des combinaisons diverses et variées!
-Le mouvement Cin propose également de mélanger chanson, nouvelle, poésie, roman, polar...ect, ensemble pour former de nouveaux genres tout aussi intéressants.


Et j'en passe et des meilleurs. Qu'est-ce que le mouvement Cin? C'est une experience a essayer puis à adopter. Reprenez le principe du tête-tronc-queue. Ces trois mots remplaceront chacun un objectif que vous vous fixerez. Au final, vous aurez des résultats absolument étonnant et délirant, qui vous seront propres et dont vous serez fier! N'oubliez pas: Trois objectifs! Bien sur, votre squelette peut comporter plus d'élèments que ces trois là...mais gardez en tête le chiffre trois, le plus important de tous!

Sur ce, bonne soirée.

# Posté le jeudi 13 novembre 2008 16:28

Modifié le vendredi 14 novembre 2008 11:37