Chapitre 5
Bien que la matinée fut déjà bien commencé, Tenak se sentait toujours aussi endormi. S'étant réveillé une heure plus tôt, il était tout autant engourdie, l'esprit brumeux et confus. Le repas l'ayant plus que rassasié hier, il préféra négliger son petit-déjeuner, mais la vrai raison était qu'il voulait économiser le contenu de sa bourse le plus possible. La conversation avec le dénommé Apolïncer lui était définitivement sorti de la tête, il ne se rappelait que vaguement avoir parlé à quelqu'un et avait entièrement oublié le déroulement du dialogue.
Sa chambre avait été payé au moment précis où il était entré dans la pièce principale de l'auberge, et il espérait de tout c½ur ne pas y passer une nuit de plus. Il ne savait pas pourquoi, mais l'atmosphère de la ville lui était désagréable, peut être dut au manque d'habitude.
Retenant un bâillement en plaquant la main sur sa bouche, il scruta l'entrée de la salle, attendant avec impatiente le moment où le vieux berger entrerait en triomphe, sans la moindre égratignure visible sur son vieux corps et le sourire généreux. Il aurait alors des tas de choses a raconter, comme la façon dont il avait mis les bêtes en déroute, et ce serait pareil pour Tenak, qui lui en avait tué un. Il lui montrerait alors son tatouage et Jonathan trouverait un moyen de l'enlever. Alors tout rentrerait dans l'ordre. Oui, cela se passerait exactement comme sa, il en était persuadé.
La jeune serveuse, Millie, passa à l'attaque pour la troisième fois de la matinée.
-L'appétit de messire ne s'est toujours pas réveillé ? Ou préférait il plutôt quelque chose à boire ?
-Sa ira, merci bien. Fit Tenak, dont la bonne humeur n'en fut aucunement froissée malgré les man½uvres répétitives et agaçante de cette intruse.
Alors qu'il recommença à fixer la porte, plusieurs buveurs se trouvant du coté droit de la salle et à l'allure peu commode se levèrent en même temps pour se diriger vers la table du jeune berger.
Se demandant avec une pointe d'inquiétude ce que ces homme lui voulaient, il les observa s'arrêter à quelques pas de lui alors que le plus grands vint s'asseoir en face de lui.
La moustache brune qu'il portait était la seule marque distincte où l'on pouvait trouver des poils sur son visage. Sa tête était chauve et son haleine empestait l'odeur de l'alcool. Apparemment il semblait saoul.
Etant particulièrement gêné face à ce groupe, Tenak essaya de parler de la façon la plus courtoise qu'il put, articulant du mieux qu'il pouvait sur chaque fois mots.
-Je peut vous aider à quelque chose messieurs ?
-Ouais peut être bien, fit il avec un sourire faux alors que ses trois autres comparses ricanaient méchamment. Alors comme sa tu connaît Jonathan ?
-Jonathan ? Oui...c'est mon oncle...je suis berger avec lui au Sud de Tanempa. Pourquoi cette question ?
L'homme fronça les sourcils mais essaya de paraître le moins étonné possible, ce qui lui donna un visage des plus grotesque, comme s'il tentait de paraître intelligent, bien qu'a première vue il fut complètement bête.
-Ouais voilà c'est sa. Le berger. Tu saurait pas par hasard s'il vas passer ici tout à l'heure ?
Une petite voix dans sa tête se mit aussitôt à l'avertir. C'était comme si on lui chuchotait un danger à l'oreille. Mais la voix était si faible et lointaine qu'il n'essaya pas de l'écouter, l'esprit encore ensommeillé.
-Oui, il ne devrait pas tarder à venir. Mais pourquoi ces question ? Repeta t'il.
L'alarme dans sa tête se fit soudain plus insistante encore, alors que les quatre hommes se regardaient tour à tour avec un sourire satisfait.
-Mes gars et moi on aimerait bien rencontrer le grand Jonathan, dit en se tournant de nouveau vers Tenak. Alors quand on t'a vue hier, on a bien que vue que c'était enfin le moment pour pouvoir le voir si tu vois ce que je veux dire.
Sa dernière phrase le fit glousser, suivit des trois autres qui s'esclaffèrent. Tenak se demanda comme une blague aussi stupide pouvait sortir de la bouche de quelqu'un, même d'un ivrogne.
-Tu viens mon gars ? On t'offre un pot.
Se relevant soudainement, Tenak se dirigea à grande enjambée vers l'escalier, espérant mettre le plus de distance possible entre lui et ces hommes.
-Excusez moi, je dois aller dans ma chambre vérifier quelque chose, je vous rejoindrait plus tard.
Il se précipita vers la porte de sa chambre et fit rapidement tourner la clef dans la serrure. Au moment où la porte s'ouvrait, une poigne de fer l'attrapa par le col et le souleva de terre. L'homme à la moustache cracha presque ses paroles.
-Je croit que tu n'a pas bien compris nabot ! Tu vas rester avec nous et peut être que si tu te tient bien le temps que ton berger arrive alors on ne t'arrachera pas les ongles, enfin peut être pas.
Ses acolytes approuvèrent de la tête, faisant bouger les muscles de leurs bras d'un air menaçant. Mort de peur, Tenak se mit à gesticuler inutilement, donnant des coups de poings sur le torse de cet homme imposant.
-Lâchez moi ! Lâchez moi tout de suite.
Alors qu'ils riaient en c½ur face aux efforts du jeune berger pour se dégager de l'étreinte de leur camarade, celui-ci donna, sans l'avoir vraiment voulut, un violent coup de pied dirigé vers l'entrejambe de son agresseur. Un grognement s'échappa de sa gorge tandis qu'il lâchait le jeune berger avant de se plier en deux au sol. Il tenta d'articuler entre deux halètements
-Ma parole...je vais le tuer ce gosse...le laissez pas sortir... !
Se rendant compte de ce qu'il avait fait, Tenak se précipita dans sa chambre mais n'eut pas le temps de la verrouiller, car si celle-ci sauta de ses gongs, laissant entrer un groupe d'hommes furibonds, et cette fois ils n'étaient pas prés de lui laisser une chance de s'en tirer si facilement.
Plusieurs secondes se passèrent ainsi, tandis qu'ils avançaient lentement vers lui, chacun ayant son propre sourire de fou ou d'ivrogne. Et pourtant Tenak n'était pas si apeuré qu'il ne l'aurait dut. En effet, ce qu'il avait vécut était bien pire que la situation présente, car cette fois, il avait affaire à des hommes.
Reculant par petits pas, il aperçut alors son paquetage au sol, et ce fut presque inconsciemment qu'il se jeta dessus pour dérouler le tissu, le déchirant presque, avant de brandir l'épée Navin.
Ecarquillant les yeux, les trois soudards s'arrêtèrent net, détaillant l'arme avec un mélange de respect et d'admiration. Puis le plus gros des trois éclata de rire.
-Hey, vous avez vue sa ? Et je suis sur que le vieux Jonathan doit en avoir plein d'autre au fond d'une cale. Allez petit, n'essaye pas de jouer au jeune bretteur, tu pourrai te blesser. Donne la nous et on ne te fera pas de mal.
-N'approchez pas ! Dit il, tout en agitant furieusement l'épée devant lui.
Bien que riant aux éclats, ils durent reculer sous la menace de l'arme, ne voulant pas se retrouver avec un bras tranché. Il pouvait ne pas savoir ce servir d'une telle arme, ce jeune homme restait pourtant très dangereux. Continuant toujours de reculer, il se retrouva adosser contre la fenêtre, avec aucun moyen de repli possible. Alors qu'il se sentait impuissants face à ces brutes, une voix, qu'il pensait avoir déjà entendus, cria de la rue, un étage plus bas, et cette vois lui ordonnait de sauter par la fenêtre.
Il l'ignora superbement et recommença a brandir son épée d'un geste menaçant et parfaitement inutile, alors que les trois ivrognes riaient de plus belle, rejoins ensuite par le quatrième, qui était de moins bonne humeur que ses camarades.
-Je te promet d'arracher cette magnifique lame de ton cadavre avant de laisser ton corps aux loups et aux charognards !
Au moment où il s'apprêtait à lancer une réplique cinglante, la personne qui l'appelait se mit brusquement à crier. Il entendit un violent choc derrière lui, tandis que la fenêtre se fissurait de part en part, quelqu'un avait jeté une pierre sur celle-ci, comme pour le faire enfin réagir.
-Saute Tenak, saute ! Mais bon sang, qu'attendus tu Ten !
Tenak sursauta, il venait de reconnaître la voix d'Aplïncer, le riche buveur de thé de la veil. Alors il sut enfin ce qu'il devait faire.
Faisant un bond sur le coté, il se suffisamment prés du lit pour arracher les draps de l'édredon. Faisant de nouveau face à ses assaillant . Le plus gros se jeta sur lui au moment où il lui jetait le drap au visage, l'aveuglant pendant un court instant avant de le repousser d'un violent coup de pied. Il perdit l'équilibre et s'affala en arrière de toute sa hauteur sur les autres hommes qui le suivirent dans la chute. Tenak s'empara alors de son sac et, mettant son épée à sa ceinture, plongea par le fenêtre, se protégeant le visage des fragments de verre à l'aide de ses bras.
Avec un fracas assourdissants, les parcelles de bois entourant la vitre explosèrent comme de vulgaires copeaux tandis que les bouts de verre aussi coupant que le fil d'une épée aiguisée se plantèrent un peu partout sur ses bras et sa tunique, mais peu vinrent se figer directement sur sa peau, vue l'épaisseur de son vêtement.
Il eut le souffle coupé en atterrissant, non sans douceur, sur un lit de paille et de vieilles herbes. Tenak, qui avait gardé les yeux fermés, les rouvrit pour constater qu'il était retombé sur le contenue d'une charrette de fermier. Il venait une fois de plus de faire preuve d'imbécillité : que se serait il passé si la charrette ne s'était pas trouvé la ? Ne préférant pas y penser, il releva la tête pour découvrir les l'une de brute se pencher à la fenêtre tout en beuglant de injures incohérentes, il allait sauter à son tour.
Une main se posa sur son bras, l'obligeant à se redresser et à s'écarter de ce qui lui avait certainement sauvé la vie. Apolïncer était bien devant lui, mais seul son célèbre sourire manquait. Désormais il paraissait surexcité, poussant le berger vers l'arrière de la charrette.
-Allez aide moi, il faut dégager sa d'ici avant que ce gros lard n'est réussit à passer par la fenêtre ! Allez remue toi ! Ordonna t'il.
Incapable de répondre, Tenak s'exécuta aussitôt, et avec la force des deux homme, la charrette se mit à bouger et à reculer, tandis que l'inconscient sauta du premier étage, un peu tard. L'on put voir son regard remplis d'effroi pendant qu'il s'écrasait au sol comme un simple sac de farine. Maintenant, il se trouvait à gémir sur le sol, tenant à deux mains sa jambes cassée, tandis que les autres s'écartaient de la fenêtre en criant des « Il ne faut pas le laisser s'échapper, on doit faire le tour de l'auberge. »
Redevenue tranquille, Apolïncer s'approcha de la brute mise hors d'état de nuire pour se pencher doucement sur son corps.
-Dis toi l'ami, que sa aurait put être pire. Quand tes amis repasseront par la, dis leur bien que le vieux Apo les salut dignement.
Avant de se redresser, il le lesta de sa bourse pour en regarder le contenue, mais cela ne lui plut apparemment guère, puisque il grogna d'indignement avant de l'accrocher à sa ceinture.
-Et après on se demande comment des pauvres gars comme vous se retrouvent dans ce type de situation. A mon humble avis, tu ferai mieux de changer de régime, l'alcool ne te réussit pas fort l'ami.
-J'aurai ta peau...je...je te jure que je l'aurai.
-Mais bien sur l'ami ! fit il avec un sourire. Mais il faudra déjà que tu réapprenne à marcher. Sur ce, je m'éclipse, bonne fin de journée.
Il se releva, fit une dernière révérence hypocrite et courut vers l'endroit où se trouvait Tenak qui n'en croyait pas ses yeux. Comment cet homme pouvait il garder un tel calme et agir d'une telle façon dans un moment pareil. Le jeune berger aurait du s'enfuir parmi le dédalle de ruelle tant qu'il en était encore temps, mais déjà l'étrange personnage était sur lui, le dépassant de quelques mètres avant de se retourner.
-Allez Ten, suis moi. Je vais te conduite à l'endroit le plus sur de la ville.
-Je m'appelle Tenak !
Apolïncer ne réagissa pas aux propos de Tenak et fit comme s'il n'avait rien entendu. Ainsi, le petit groupe traversa d'abords une ruelle sombre et odorante de long en large avant de débouler dans une grande place encombrée de passants. Apolïncer lui expliqua que la foule allait leur permettre de distancer leurs poursuivants pour pouvoir ensuite revenir sur leurs pas, car d'après lui la fameuse cachette se trouvait à l'opposé de la direction qu'ils prenaient. Tenak se faisait régulièrement bousculer sans qu'il ne reçoive d'excuses en compensation. L'épée qu'il portait à la ceinture n'arrangeait pas les choses car, sans fourreau, elle tapait contre ses jambes et menaçait soit de découper sa ceinture soit d'entailler sa peau. Plusieurs fois il tenta de la tenir, cachée sous sa tunique, mais les habitants de plus en plus nombreux l'obligeaient a changer aussitôt de tactique.
Ils leur fallut plusieurs minutes pour s'éloigner une bonne fois pour toutes de cette enfer. Certifié par Apolïncer qu'il ne risquait plus rien, Tenak se contenta de le suivre à travers des rues de moins en moins fréquentées. Les bâtiments, qui avaient été dans un état propre et particulièrement bien entretenus, parfois même luxueux, se trouvaient à présent dans une condition qui laissait à désirer. Les détritus s'entassaient sur les murs et parfois fouillé par des gamins en haillons. Les maisons avaient leur façade souvent fissuré et leur toit consolidé par des matériaux de toutes sortes. Il devait souvent faire de grands écarts pour éviter les flaques de boues.
Bientôt Apolïncer s'arrêta brusquement, contemplant une petit demeure dont la peinture des murs avaient presque entièrement disparut. Une pancarte au dessus de la porte se balançait doucement au rythme du vent, avec pour inscription « A la bonne table ». Tout laissait penser qu'il s'agissait d'une ancienne taverne.
-Nous voilà arrivé chez moi. S'exclama t'il avec force, le sourire aux lèvres.
-C'est une blague ? C'est ça votre endroit de le plus sur de toute la ville ?
-Tu a raison, cette magnifique et accueillante demeure appartient à une famille. Mais ne te fie jamais aux apparences. Fit il avec un clin d'½il.
Aussitôt, la porte s'ouvrit à la volée, laissant sortir une petite fille d'un age ne dépassant sûrement pas de dix ans. Ses cheveux étaient sales et mal coiffés et ses vêtements ressemblaient plus à des assemblement de plusieurs chiffons qu'a autre chose. Pourtant aussi pauvre qu'elle aurait put paraître, l'expression du visage de cette jeune fille reflétait un ravissement unique au monde. Ce fut presque en lui sautant au cou qu'elle accueillit Apolïncer.
-Apo ! Tu est enfin revenue ! Tu sais que tu m'a manqué ?
-Mais tu m'a manqué aussi ma petite Simone. J'espère que le gros Denmar ne pas embêté durant mon absence.
-Papa et maman ne l'aime pas trop mais moi je le trouve rigolo. Ho, tu a amené quelqu'un ? Fit elle en désignant Tenak. Qui c'est ? Un de tes nouveaux amis ?
-Simone je te présente Ten. Ten voici Simone.
-Je m'apelle Tenak ! Grogna t'il.
-Ravie te faire ta connaissance Ten, répondit il avec un sourire radieux.
-Dis moi Simone, j'ai trouvé une bourse par terre et je me demande bien ce qu'elle contient. Tu veux que l'on regard ensemble ? Avec un peu de chance peut être que se sera pour toi.
Avec un léger clin d'½il, il sorti la bourse de l'homme qui avait tenté de les rattraper par la fenêtre et la tendit à Simone qui l'ouvrit maladroitement. Avec des yeux écarquillés, elle fit tomber dans la paume de sa main quelques pièces de bronze, une bonne dizaine d'argent et une d'or.
-Woua Apo, tu a trouvé un trésor !
-On dirait bien oui, dit il en riant chaleureusement. Malheureusement j'ai un petit problème, je n'est plus de place à ma ceinture et dans mes poches. Sa ne t'ennuierai pas de la garder, sachant que tu pourra avoir tout son contenue ?
-Ho oui avec plaisir. Fit elle en embrassant sa joue.
Tenak se senti bouleversé face à cette scène. Il comprenait maintenant ce que Jonathan avait voulut dire quand il avait parlé de la misère humaine. Mais bon sang, comme une petite fille pouvait elle vivre dans un tel linceul de pauvreté ! Il s'en voulait à présent de s'être méfiait de l'homme qui l'avait sauvé. Bien sur il restait tout aussi étrange et peu commun, mais le point de vue du jeune berger à son propos en fut définitivement changé.
Il sortit de sa rêvasserie quand Simone lui pris le bras pour l'entraîner vers la taverne.
-Allez viens Ten, je vais te présenter à Papa et Maman.
Le petit groupe entra dans la demeure insalubre pour se retrouver dans une vas et pièce tout aussi sale et sombre que la façade extérieur. Malgré cela, les habitants de la maison avaient pourtant réussit à garder les trois lits qui se trouvaient au fond de la pièce dans un état de propreté presque passable. Le reste des rares meubles de la salle étaient presque tous recouverts de poussière, et il régnait une petite odeur de moisissure prés d'une commode au bois légèrement noirci.
Simone fit traverser l'ensemble de la salle à Tenak avant de franchir une nouvelle porte. La seconde pièce dans laquelle ils se trouvaient étaient bien plus petite et étroite. Une vieille femme était couchée dans un lit, le drap relevé jusqu'au menton et les yeux clos. Son mari, un homme tout aussi âgé et portant une barbe grisâtre et emmêlée tourna la tête vers les nouveaux arrivant. Avant qu'il n'est put dire le moindre mot, la petite Simone lui brandit la bourse pleine sous son nez, d'un air triomphant et rayonnant.
-Papa, papa ! Regarde ce que Apo nous à offert. Avec tout sa on aura de quoi manger pendant longtemps ! Regarde Maman !
La pauvre femme, qui montrait des signes d'une intense faiblesse, ouvrit les lentement les yeux pour les tourner avec un léger sourire vers sa fille, imité par son mari. Elle plissa les yeux, essayant de parler malgré la fatigue évidente qui la submergeait. Son front était pale et recouvert d'une très légère couche de sueur.
-Ho ma chérie, c'est merveilleux. Tu vas enfin pouvoir manger à ta faim et te vêtir de la même façon que les courtisanes du seigneur Kannan lui même.
-Et on vas aussi pouvoir te soigner, maman.
-Que s'est il passé ? Fit Apolïncer avec un sourire poli.
Ce fut au tour de l'homme de la famille de prendre la parole. Sa voix fatiguée et grave prouvait bien que ce pauvre homme ployait sous la faim et les problèmes de sa femme et de sa fille.
-Elle à fait une mauvaise chute en voulant en revenant du quartier de Lacner. La blessure n'était pas grave, mais avec le manque de soin elle a finit pas s'infecter. Depuis elle est souvent la proie de maux de tête et de vomissements. Nous avons utilisé tout le reste de nos économies pour des traitements et des consultations. Son état s'est amélioré mais elle peut à tout moment faire une rechute.
Tenak détourna la tête, ne voulant plus en écouter d'avantage et leur laissant le soin de bavarder entre eux. Ici il ne se sentait pas à sa place. Ce n'était pas sa ville, ils n'avaient pas leur coutumes, les m½urs et le même mode de pensée. Tout ici lui était étranger, il se rendait enfin compte que ses petites sorties pour refaire le matériel de Jonathan ne lui avait permis de voir que la face extérieur de la ville.
Il commençait lentement à comprendre et adopter les pensées du vieux berger. Comment pourrait il se plaindre à l'avenir sur ses petits problèmes personnels alors que cette famille vivaient comme des démunis ? Et cette petite fille, Simone, qui était à l'age de l'innocence de sa vie et qui s'enchantait de tout ce que celle-ci pouvait lui apporter. Mais encore une fois comment peut on vivre dans un telle misère, c'est inhumain !
Il sortit soudainement de sa méditation lorsque Apolïncer lui donna un léger coup de coude entre les cotes avant de le montrer de la main.
-Je vous présente Ten...ak. Dit il en voyant le regard noir que lui lançait le jeune berger. Il ne sera en ville que pour quelques temps aussi j'assure ses arrières, vous ne pouvez pas savoir les ennuis qu'il peut s'attirer même en gardant les yeux fermés.
-Bonjour...
Il sentait idiot de ne pas avoir quelque chose d'autre à dire. Son gène fut elle qu'il s'inclina maladroitement, faisant glousser Simone qui s'amusait à présent à défaire la lanière de cuir qui fermait la bourse.
-Bienvenue dans notre modeste demeure Tenak. Nous sommes vraiment désolé, si nous l'avions put, nous vous aurions offert quelque chose à manger.
-Ho mais ça ne sera pas la peine, de toute façon nous allons devoir y aller. Mais peut être repasserai je tout à l'heure, j'ai reçut une commande hier avec des herbes médicinales et tout un tas d'autre poudre sans importance. Peut être pourrai je t'en fournir quelques feuilles.
-Apo, fit la vieille femme avec un pauvre sourire, vous êtes vraiment un homme du monde. Nous ne vous remercierons jamais assez pour tout ce que vous faites pour nous.
-Oui, soyez bénnis.
-Ho c'est vraiment peu de chose, alors qu'il laissait apparaître un sourire de modestie. Quoiqu'il en soit remettez vous bien
Les bénédictions de la famille les suivirent pendant un cours instant tandis qu'Apolïncer entraînait Tenak vers l'arrière de l'auberge.
-Qui sont ses gens ? Demanda le jeune berger.
-Une pauvre petite famille qui a été délogé de son foyer pour manque d'argent. La situation n'est pas toujours facile voix tu, je les rencontrés par hasard, lorsque je n'était qu'une tout petit jeune homme. Ils m'ont aidé lorsque j'ai eut des ennuis assez...enfin voilà. A l'époque il n'avait pas encore d'enfant, cette petite fille a vécut dans la pauvreté. Depuis je les aide comme je peut sans pour autant lever le moindre soupçons sur eux.
-Si tu les aidaient vraiment, ils ne seraient pas aussi pauvre ! S'indigna Tenak
-Ten, la vie n'est pas comme ça. Et j'ai des raisons bien personnelles pour ne pas en faire plus. Mais ne te méprend pas, ces gens ne sont pas aussi malheureux que tu le prêtant.
Ils passèrent ensemble une cour recouverte de nombreux gravats puis ils descendirent un long escalier en pierre qui les entraînait dans les entrailles de la terre. Il ne fallut pas longtemps pour que le jeune berger se mette à confondre les minutes des heures, le temps de la descente devenant particulièrement long. Bientôt le passage se mit à rétrécir et ils durent passer en file indienne jusqu'à bientôt se pencher pour pouvoir avancer. Même la lumière se fit très bientôt manquante et ils durent avancer dans la pénombre. L'homme devant lui connaissant tout les trous dans le sol et les obstacles à éviter, il lui ordonnait souvent de s'écarter ou de s'abaisser, ce qui dans l'obscurité totale n'était pas un jeu d'enfant.
Ce ne fut qu'après un certain moment, une heure d'après Tenak, que le passage se mit à s'élargir de nouveau et à redevenir en pente plate, leur permettant enfin d'avancer le dos droit. Quelques minutes encore et ils aboutirent à une source de lumière aveuglante qui fit cligner les yeux de Tenak
C[/size]'étaient en faite de torches qui éclairaient un chemin creusé à même la pierre. En passant une main dessus, la pierre s'effrita doucement sur sa peau, laissant virevolter une poussière brune et suffocante. Il régnait une épouvantable odeur d'humidité et de renfermé, mais ce n'était rien comparé à l'odeur pestilentiel des créatures de la nuit. Cet endroit semblait très ancien, il était là bien avant que la ville fut construite.
-Je vois que tu te pose des questions, fit Apolïncer d'un coup expert vers Tenak. Cet endroit est un ancien abri. En cas de guerre et d'attaque, les habitants de la cité venait se réfugier ici. Il y avait de nombreux pièges, mais beaucoup ont été recouvert par les décombres ou ne fonctionnent plus. Ici, c'est mon repère, mon terrain de jeu, mon petit chez moi en plus clair.
-Comment se fait il que personne ne l'est découvert, alors qu'il facilement visible de l'extérieur ?
-On dit que cet endroit à été maudit par les esprits de la terre. Il a été rapidement utilisé par le l'armée adverse qui s'est approprié la ville. Il ont commencé à s'en servir comme armurerie et réserve, installant ici leur quartier général. Mais il n'y a pas eut que sa, c'est ici que des civils ont été interrogés...ou plutôt torturé. Un terrible séisme s'est déclenché, obstruant l'entrée et enfermant vivant tout les résidents. Ont croit que tout l'abri à été détruit mais c'est faux.
Il ne put s'empêcher de rire.
-Presque tout le réseau de l'abri à résisté, et le plus intéressant quand j'ai déblayé cet endroit, l'on a découvert toute l'armurerie en excellent état.
Le groupe s'arrêtèrent face une porte en bronze, mais cette porte n'avait rien avoir avec le reste du décors : Elle était polie, reflétant presque la silhouette des deux hommes, et sa surface ne comportait aucune égratignures comparé au murs griffés et effrités.
Apolïncer fit jouer une clef, également en bronze, dans la serrure avant d'ouvrir la porte d'un grand coup de pied.
-Bienvenue dans mon antre Ten...
Tenak s'obligea à retenir une exclamation de surprise en traversant le seuil de la porte en bronze. La salle était immense, comportant de nombreuses autre portes identiques à la première. Sur tous les murs s'alignaient un mélange de toutes les armes qui puissent exister. Le mur de gauche comprenait principalement toutes sortes d'épées, d'épées à deux mains, courtes, fine et longue, tandis que le mur possédait des haches, des gourdins, des masses d'armes, des lances, des marteaux de guerre et d'autre encore qui étaient inconnues aux yeux du jeune berger. Il y avait une table avec les arcs les plus longs et les plus magnifiques que Tenak eusse vue, ainsi que différentes arbalètes. L'ensemble de cette salle avait de quoi équiper plusieurs bataillons.
Les yeux ronds, il ne pouvait détacher son regard de tous ces objets meurtriers. Son comportement fit rire Apolïncer.
-Qui...qui est tu vraiment ? Balbutia Tenak
-Quoi ? Tu ne l'a pas encore deviné ? Je vend et j'achète toutes sortes de choses que je revend de façon plus...plus arrondie on vas dire. En plus simple je suis contrebandier. Ce qu'il y a dans cette salle n'est qu'une toute petite partie de l'ensemble de mes possessions.
Ainsi il ne s'était pas trompé, cet homme était vraiment puissant et dangereux. Si les gens savaient qu'une telle source de profit se trouvait dans ces catacombes, ce serait certainement l'émeute. Soudain une idée sauta aux yeux de Tenak
-Mais tu arnaque les gens ?
-Ho non je n'arnaque jamais, fit le contrebandier vexé. Je vend ce que des gens très haut placé juge comme illégale. J'achète à bas prix, j'améliore de façon illégale et je revend avec de gros profit. C'est sa la contrebande mon cher Ten.
-Je m'appelle..., commença Tenak
Mais il fut interrompu pas un bruit de bottes résonnant. Un homme imposant venait de faire son apparition par l'une des portes et se dirigeait vers Tenak et le contrebandier. Il devait sûrement faire deux têtes deux plus que le jeune berger. Ses vêtements laissaient apercevoir des muscles d'une taille impressionnante et son cou large cou de taureaux avait ses veines qui palpitait à travers sa peau. Il portait une imposante épée glissée dans un fourreau à sa ceinture et une dague mise en bandoulière. Le sommet de sa tête était recouvert à des endroits irréguliers d'une large touffe de cheveux bruns. Toute la silhouette de ce colosse laissait émaner une aura de puissance comme Tenak n'en avait jamais vue.
S'arrêtant à quelques pas des hommes, il observa Tenak d'un ½il curieux.
-C'est qui ce gosse Apo ? Une nouvelle recrut ?
-Si l'on veux mon grand. Tenak, je te présente Denmar.
-Enchanté, dit il avec un sourire forcé en lui tendant une main que Tenak serra.
C'était comme si on lui broyait la main entre deux pierre tant l'étreinte fut forte. Dés qu'il la dégagea, sa peau était devenue rouge par endroit et ses veines palpitait fortement. Ce Denmar semblait posséder une force que lui même ne contrôlait pas. Le contrebandier se mit à rire de nouveau en observant le spectacle avec attention.
-Bien, maintenant que les présentations sont faites, laisse moi te faire visiter.
**
-Maintenant, Apolïncer, pourra tu enfin répondre franchement à mes questions ?
-Maintenant que nous sommes en sécurité, oui.
Les deux hommes se trouvait dans une petite salle généreusement éclairée. Plusieurs tapisseries recouvraient les murs tandis que de somptueux tapis se trouvaient sur le sol. Un âtre centrale se trouvait au milieu de la pièce, agissant comme une cheminée mais répandant de façon plus efficace la chaleur indispensable aux deux hommes. La pièce était richement décorée et d'un tel luxe que Tenak en eut le vertige. Même le fauteuil dans lequel se trouvait le contrebandier, une accessoire de prince pour un homme aussi malhonnête, semblait fait dans une matière hors de prix avec de nombreux motifs brodés à même le cuir. . Malgré le siège que lui offrait le contrebandier, le jeune berger préféra rester debout, il ne lui était pas encore venue l'idée qu'il se trouvait parfaitement en sécurité, c'était même tout le contraire. Jonathan lui avait bien répété de se méfier de personne...où était il en ce moment ? L'attendais il encore à l'auberge ou bien était il parti à sa recherche, ne le trouvant pas ?
-Pour commencer, pourquoi m'a tu emmené ici ? Je ne doute pas un seul instant de ta bonne fois, mais je suis persuadé que tu attends quelque chose de moi.
-Les grands esprits se rencontrent mon cher Ten, mais peut être pas au sens que tu crois. Si tu pensais que je te réclamerai quelque chose en échange, sois sans crainte, je ne mange pas de ce pain la...enfin pas tout le temps en tout cas, crois moi. Dit il avec un petit rire de gorge.
-Alors que veux tu de moi ?
-De simple renseignements tout simplement.
-Comme avec les autres ivrognes de tout à l'heure qui ont voulut je ne sais quoi de moi à propos de Jonathan ?
-Voyons Ten, riant de nouveau, nous sommes entre gens civilisés...enfin civilisés en quelques sortes oui...
-Et c'est aussi à propos de Jonathan j'imagine ?
-Que sais tu de lui ?
Les deux individus se regardèrent longtemps fixement dans les yeux avant que le plus jeune ne détourne le regard. Tenak ne sentait pas plus à l'aise ici qu'a l'auberge, au moins la bas il aurait put s'enfuir, mais ici ce n'était plus une simple auberge mais une sorte de crypte enfoncée à dieu sais combien de kilomètres sous terre avec un homme qui à lui seul pouvait imposer le respect et la crainte. Devoir se confesser à cet Apo n'était certes pas encourageant, mais pire encore, il se sentait dans l'incapacité de lui mentir. C'était sois parler, sois se taire dans la crainte de représailles, rien de plus, rien de moins.
Le contrebandier croisa lentement les doigts et lui adressa un sourire, mais cette fois un vrai sourire : simple, classique et efficace, et bien sur non théâtrales comme ceux qu'il savait si bien faire. Ce geste pourtant si commun prouvait beaucoup de choses au jeune berger, il était réellement en sécurité et quoi qu'il se passerai, cet homme ne lui voudrait aucun mal. Mais peut être n'était ce qu'un ruse cruelle ! Que penser dans de telles circonstances, oui, il allait vraiment finir par devenir fou...
-Ecoute, je vais déjà te dire que je ne pourrai pas te laisser sortir tout de suite, pour ta propre sécurité mais aussi celle de mon entourage.
Avant que Tenak n'est eut le temps de protester, il leva sa main pour lui imposer le silence.
-Sache tout d'abords que je ne t'oblige pas à te confier à moi...prudence, prudence, prudence, soupira t'il, c'est quelque chose dans laquelle je dois vivre sans cesse. Certains disent que ce n'est pas une vie, vivre dans la crainte constante de finir avec une dague plongée jusqu'au plus profond de ta gorge, assassiné par ton ami le plus fidèle et le plus proche de toi, vérifier à chaque fois ce que tu mange ou bois. Mon ami, je sais très bien ce que sais.
Il marqua une pause pour se lever avec toute la grâce qui lui était propre. Attrapant une théière qui se trouvait proche de lui, il la posa sur la table et commença à faire bouillit de l'eau dans un étrange récipient de forme sphérique qu'il plaça directement dans l'âtre. Un léger sifflement s'éleva tandis que l'eau commençait rapidement à chauffer. Se réinstallant confortablement dans son fauteuil, Apolïncer repris, tandis que Tenak consenti enfin à s'asseoir.
-Un homme qu vit perpétuellement dans le danger finit rapidement par avoir l'½il. J'observe tout ce qui m'entoure, jusqu'au plus petit détail, même le plus insignifiant. Dis moi Ten, le sang que tu avais sur tes mains, c'était le tient où celui de quelqu'un d'autre ? Réfléchis bien, je ne te demande que sa, je ne te demande pas par exemple, si ce n'est pas le tient, quel personne tu aurait put tuer car sa aurait put être le sang de quelqu'un que tu aurait voulut aider.
Le jeune berger faillit râler de nouveau face à l'évocation de ce surnom qu'il lui avait imposé, mais préféra s'abstenir, se retenant à un sujet bien plus problématique.
-Pourquoi me dis tu sa ? Je ne comprend pas parfaitement...
-C'est pour te préciser que je ne te jugerai pour rien au monde sur ce que tu dira, car de toute façon je suis très mal placer pour le faire, dit il avec un sourire chaleureux. Et puis tout le monde à ses petits secrets.
Tout le monde à ses petits secrets, pensa t'il. Oui, et certains même plus que d'autre. Le monde entier était un mystère.
Il se mit à plier et à déplier ses doigts face à la nervosité grandissante qu'il le recouvrait presque entièrement de son voile. Il tourna plusieurs fois d'affolement la tête dans toutes les directement, espérant y découvrir une aide, n'importe laquelle. Le contrebandier, lui, ne bougeait pas, se contentant de le regarder d'un air impassible.
Finalement vaincu par son regard, Tenak ne lui rendit, essayant de ne pas ciller.
-C'était le mien.
Immédiatement, la bouilloire se mit a siffler fortement, laissant échapper des gerbes d'une épaisse fumet blanche. Après l'avoir sorti de l'atre, il transvasa l'eau dans la théière avant d'y faire infuser un petit sachet odorant. Enfin, il se réinstalla sur le fauteuil tandis que sa décoction se préparait lentement. Le regardant joindre de nouveau les doigts, Tenak se prépara à subir le reste de l'interrogatoire.
-Donc c'était bien ton sang, cela simplifie grandement les choses puisque tu est la victime, à première vue...je me trompe ?
Le jeune berger fit non de la tête.
-Qui ou quoi que ce soit, cela ne regarde que toi, ce que j'aimerai savoir à présent c'est où se trouve les blessures à l'origine de ce sang.
Tenak eut encore quelques mouvement d'hésitation avant de se fier une bonne fois pour toute à son interlocuteur. Il entreprit donc de retirer lentement son vêtement en peau de mouton pour laisser apercevoir son torse dont le haut des épaules était strié de marques rouge et à peine refermées.
Apolïncer laissa échapper un sifflement de surprise en apercevant la taille impressionnante de ces marques qui devaient mesurer plus d'un bon pouce chacune.
-Quoi qu'il c'est passé, c'est une bête qui ta fait ça non ? Plutôt impressionnant, je me demande comment tu à put survivre. Je ne t'oblige pas à répondre, mais est-ce que tu sais ce que c'était ?
Tenak hocha négativement derechef de la tête. D'un mouvement, le contrebandier lui fit signe de remettre son habit, mais soudain, son regard se porta sur le tatouage laissé par la pierre de cinq lois. Le jeune berger tenta de le cacher du bras et remis rapidement sa chemise, mais le mal était déjà fait. Pourtant, Apolïncer ne semblait pas connaître l'origine de ce tatouage, puisque aucune expression étrange n'avait marqué son visage en le voyant. Mais c'était encore a prouver...
Le contrebandier jeta un coup d'½il à la théière et jugea que le thé était enfin prêt. Retirant le sachet de celui ci, il fit couler le thé dans deux tasse, dont une qu'il tendit au jeune berger. D'un regard soupçonneux, il examina de plus prêt la tasse tout en reniflant les vapeurs qui en émanait, ce qui eut pour effet de faire rire Apolïncer.
-Tu n'a jamais but de thé ?
-Je suis berger...je ne bois donc que du lait. Donc pas d'alcool ni autre substance.
-Le thé n'est pas un alcool, bien au contraire, fit il tout en vidant la moitié de son récipient.
Tout en restant prudent, Tenak porta la tasse à ses lèvres et but une petite gorgée. Il claqua plusieurs fois la langue, comme pour essayer d'identifier le goût avant de replonger son regard sur le contenue de sa tasse.
-Mais...c'est que ce n'est pas mauvais du tout...
-Comme je te le disais mon ami. Bon revenons à nos moutons.
-Très drôle, fit Tenak, l'air maussade.
-Ho j'essayais juste de défendre l'atmosphère Ten. Depuis que nous sommes ensemble, je ne t'es vue sourire une seule fois. C'est une habitude ou bien une maladie ? Si c'est le cas, j'espère que ce n'est pas contagieux.
Mais Tenak n'était pas d'humeur à rire, tout ce qu'il voulait s'était d'en finir au plus vite avec cette conversation. La présence de cet homme lui était difficilement supportable, il se moquait vraiment de lui, en essayant de paraître le plus compatissant possible.
-C'est avec cette épée que tu à put repousser ton agresseur ?
-Quelle épée ?
Le ton neutre qu'il avait employé était faux, cela se voyait. Décidément, il ne pourrait rien lui cacher.
-Celle que tu porte encore à ta ceinture, cachée sous tes vêtements. Un conseil, il serait bon de lui trouver un fourreau, sans cela tu risque de blesser toi et ton entourage. Je peut la voir ?
Ce contrebandier était en train de le mettre à nue. Toute les recommandations faites par le vieux Jonathan étaient faussées par cet individu qui se croyait tout permis, au point de vouloir le retenir prisonnier ici.
Avec un geste de fureur et de résignation, Tenak écarta les pans de sa tunique pour pouvoir laisser lentement glisser la lame de son abri de fortune. Dans cet pénombre mélangée aux flammes du foyer, l'épée Navin semblait encore plus impressionnante, et cette fois, Apolïncer ne put le cacher. Même le ton de sa voix s'en fit ressentir. Le jeune berger le garda pourtant hors de la distance des doigts du contrebandier.
-Je n'est jamais vue quelque chose de semblable...même dans tout mon stock. Quelle arme superbe, la courbure de la lame est unique. Oui, il ne manque plus qu'un fourreau...
Il dut reprendre ses esprits pendant quelques minutes en buvant plusieurs gorgées de thé avant de pouvoir se retourner de nouveau vers Tenak, le sourire aux lèvres.
-Tu sais t'en servir au moins j'espère ?
-Et bien...je...euh...je suis berger...je n'est pas appris à me battre...
-Moui...sa paraît logique. Personnellement, j'aimerai bien savoir où tu t'est procuré cette arme, parce que ce n'est pas une simple babiole ce que tu a la, je suis sur que Kannan lui même en serait jaloux.
Kannan...Jonathan lui avait dit, non directement, de se méfier de cet homme. Laissant le contrebandier parler tout seul, il se remémora les paroles qui lui avait dit. Mais que voulait il dire par « empire » ? Ici, tout le monde respectait le seigneur Kannan, mais s'il était vraiment si important, comment pouvait il laisser une partie de son peuple dans la pauvreté et la violence ? Bien qu'il n'y connaissait rien à la politique, pour Tenak un bon seigneur était quelqu'un qui se souciait de son peuple et faisait en sorte que celui-ci vive dans une situation de vie stable et normale.
Mais peut être se trompait il, peut être un seigneur était il quelqu'un qui provoquait les guerres et entraînait les soldats vers la mort. Penser à tout ceci lui rendait l'esprit brumeux, c'était quelque chose de bien trop élevé pour lui, cela lui en donnait un mal de tête épouvantable.
-...mais une fois j'ai vue une personne m'offrir un sabre, je ne sais plus si je l'est d'ailleurs, quelque chose de magnifique, une belle pièce qui...
-Je ne doute pas que tout ceci soit très intéressant, mais quel rapport avec la situation présente ? Fit Tenak qui n'avait pas écouté un mot depuis le début.
-Aucun mon ami, strictement aucun. Je ne vois même pas d'autres raisons de t'ennuyer d'avantage...pour le moment.
-Puis je repartir à présent ?
-Comme je te l'est dit, c'est encore bien trop dangereux pour toi, Ten, tu vas loger ici. Ho ne t'en fait pas, c'est peut être parfois un peu humide mais on s'y habitue et c'est très spacieux tu verra. Il faudra juste que tu prenne un bon bain. Ce n'est pas que je critique aussi ta tenue vestimentaire mais...
-Venons en aux faits ! Je m'installe où ?
Apolïncer se leva, après s'être resservis une tasse de thé, et se dirigea vers la porte pour l'ouvrir, incitant ensuite Tenak à le suivre. Le jeune berger se retrouva de nouveau dans les couloirs sombres étouffants de l'abri souterrain. Ici, à part les pièces principales comme l'armurerie, tout se ressemblait, avec ces même chemins, ces même portes, ces même torches qui illuminaient faiblement les couloirs. On y voyait souvent des personnes armées les parcourir, un morceau de parchemin en main ou tenant différents ustensiles à bout de bras, sûrement pour la contrebande.
Tous saluaient les contrebandier sans accorder la moindre attention au jeune berger qui n'en fut gêné pour autant. Devoir regarder ce type de personnage lugubre ne lui plaisait aucunement, déjà qu'avec Apolïncer ce n'était pas facile.
Pendant le long trajet qu'ils parcouraient, celui-ci lui expliquait les différentes faces du métier. Il lui parlait de marchandises à commercer par bateaux, les différents moyens de faire des affaires au nez et à la barbe des gardes, et jura même avoir un jour vendu des herbes hallucinogène extrêmement puissantes à un des gardes personnelles du gouverneur de Tanempa, un certain Lucifer.
Tenak n'écoutait que d'une oreille distraite, ayant d'autres pensées en tête. Il eut une petite envie de fausser compagnie au contrebandier pour pouvoir retrouver Jonathan à leur point de rendez-vous, mais ça ne serait certainement par la meilleur idée. Il n'avait pas même retenue le chemin à suivre pour revenir à l'entrée principale du repère, tous ces couloirs qui se ressemblaient ne lui permettraient certainement pas de revenir sur ses pas.
Abandonnant son idée de fugue, essaya de réfléchir à d'autre tentatives pour entrer en contact avec le vieux berger. Peut être pourrait il demander de l'aide à Apolïncer...
Le jeune berger fut si absorbé par ses pensées, qu'il ne put éviter de percuter de plein fouet l'individus qui ne l'avait également par remarqué. Quelques feuilles volèrent dans les airs tandis que l'épée Navin tombait sur le sol avec un bruit métallique.
Les deux hommes tombèrent lourdement au sol tandis qu'Apolïncer se retournait pour voir ce qui s'était passé.
-Et bien Pavel, tu ne peut pas regarder devant toi quand tu marche ?
-Non, c'est de ma faute, j'ai été trop distrait, fit Tenak en se relevant. Sa vas ? tu n'a rien ?
Il tendit la main au jeune homme à terre pour l'aider à se relever. C'était sûrement la personne la plus jeune qu'il est put voir dans l'abri, il devait certainement avoir le même age que lui. Ses yeux étaient bruns foncés et ses cheveux roux et extrêmement court. Il avait quelques taches de rousseurs que le visage, qui lui était assez bien dessiné. Sa tenue vestimentaire était la même que les autres colocataires de l'abri, c'est à dire des vêtements principalement sombre accompagnés d'une cape de la même couleur
Pavel tendis les bras pour ramasser les feuilles qu'il avait lâché durant sa chute avant de se relever à l'aide de la main de Tenak
-Non...non sa vas aller merci.
Il se pencha pour ramasser sa dernière feuille avant de jeter un coup d'½il ébahis sur l'épée au sol, que le jeune berger s'empressa de ramasser.
-C'est la tienne ?
-Oui, dit aussitôt Apolïncer, le seul petit hic c'est qu'il ne sais pas encore s'en servir, mais avec un entraînement adéquat, ça ne serait tarder.
-Ho...c'est comme moi, fit Pavel avec un sourire timide, je ne suis pas particulièrement spécialisé au maniement des armes.
-Quel est ton rôle ici ?
Le jeune homme désigna sa pile de parchemins qu'il tenait dans les bras.
-Je m'occupe de la gestion, je classe principalement les archives du repère.
-Il y a également des archives ici ?S'étonna Tenak.
-Bien entendus...tu est nouveau par ici ? Je ne t'es jamais vue.
-Pas vraiment, j'ai...
-Il a eut des ennuis, coupa le contrebandier. Je l'es sorti d'affaires alors qu'il se frottait a une bande de soudards. Le pauvre n'est pas de la ville, je me charge de sa propre sécurité.
-Dans ce cas bienvenue à Tanempa, je me nomme Pavel.
Pavel lui tendit la main, tout en souriant, tenant ses paperasses d'une main. Tenak s'empressa de la sérer, lui rendant son sourire.
-Tenak...
-Enchanté de te rencontrer Tenak. Malheureusement je ne peut pas converser plus longtemps avec toi, j'ai une tonne d'archives qui m'attend. Viens me voir à l'occasion, si tu à le temps.
-Avec plaisir.
Pavel lui fit un dernier signe de la main avant de continuer son chemin. Le jeune berger le regarda s'éloigner avant de se retourner vers Apolïncer. Celui était occupé a compter le contenue d'une bourse de cuivre, calculant à voix haute.
-Alors, tu ne peut pas regarder devant toi quand tu marche ? Fit il sans lever les yeux.
Tenak haussa les épaules, étant reparti dans ses pensées. Tout en réfléchissant, il reprit la route, essayant cette fois de faire attention où il avançait, ne voulant pas renouveler un accident avec une personne beaucoup moins agréable que ce Pavel. Il ne savait pas quoi, mais il trouvait que ce jeune homme avait quelques points communs frappants avec lui, peut être l'age...Mais ils se différenciait également de quelque chose. Si ce Pavel archivait pour la contrebande, il était certain qu'il savait donc lire, ce qui n'était pas le cas pour le jeune berger. Dans sa vie, il n'avait jamais vraiment eut besoin d'apprendre à lire, et en y pensant, il se demandait si c'était également le vas pour Jonathan.
Cette pensée le fit doucement glousser, un homme aussi sage et intelligent qui ne saurait pas lire serait certainement quelque chose de très comique. Il se promit de le lui demander dés qu'il le retrouverait.
Le jeune berger faillit cette fois renverser le contrebandier qui s'était arrêté devant une porte, en bronze et identique comme toutes les autres. Vue le temps qu'ils avaient mis pour arriver jusqu'ici, comment pourrait il un jour pouvoir se repérer dans ce dédalles de couloir, aussi efficaces qu'un labyrinthe ?
Apolïncer fit jouer la clef dans la serrure avant de l'ouvrir, sans délicatesse, du pied.
-Voilà, voilà. Alors si sa ne te convient pas, sache que tous les résidents ont des chambres identiques à la tienne.
La chambre de Tenak était bien plus grande que le petit salon de Jonathan. Elle comportait une table avec les instruments à thé, une cheminée, identique à celle de la salle où il fut interrogé, des chaises et des tables, et également une baignoire qui semblait faites à s'y méprendre en verre, puisque sa surface était transparente.
Comment pouvait il se plaindre alors que même la bergerie du vieux berger n'aurait pas suffit pour s'offrir une nuit dans ce type de chambre ?
Tenak se retourna vers le contrebandier d'un ½il soupçonneux.
-Pourquoi n'a tu pas trouvé une chambre plus prés de l'entrée ? Voulez tu m'en éloigner ?
-Mon cher Ten, je ne te cacherai rien. C'est exactement pour cette raison. Il vaux mieux que tu reste loin de la surface pour le moment, pour ta propre sécurité.
-Je suis donc captif, c'est sa ?
-Un bien grand mot. Oui et non, on vas dire que tu est retenue contre ton grés pour t'éloigner d'affaires que sont trop...et bien trop sombres.
-Mais pourra tu enfin m'expliquer ce qui se passe à la fin ? dit il sous le coup de la colère
-Je n'en suis pas encore sur moi même. Ne t'en fait pas, je sais ce qui se préoccupe. Pour cela nous te tiendrons régulièrement au courant, car je vais tenter de mettre également ton Jonathan à l'abri.
-Mais pourquoi ? Que se passe t'il ? Tout le monde semble le connaître, et à l'auberge je me suis retrouvé en compagnie de quatre ivrognes qui avaient tous l'air de savoir qui il est. Il n'y a que moi qui ne sais rien de lui !
-Calme toi Ten, tu me donne la migraine. Une bonne nuit de sommeil te fera du bien tu verra. Et demain tu sera aussi frais qu'un gardon. Ecoute...au pire dans deux jours tu est sorti d'ici...deux jours seulement.
Il lui montra deux doigts de sa main, comme pour insister. Tenak soupira de lassitude, il n'avait jamais été aussi fatigué de sa vie.
-Bon très bien...deux jours pas plus, et tu me tient au courant de tout ce qui se passe à l'extérieur.
-Ha la bonne heure, s'exclama Apolïncer. Tu deviens raisonnable ma parole. Dans ce cas je ne te dérange pas plus, tu à le choix de venir te restaurer ou rester dans ta chambre, dehors il doit être pas loin de midi.
-Je vais me reposer...
Avant que le contrebandier n'est put ouvrir la bouche, Tenak avait déjà refermé la porte.