Chapitre 5 Projet Alpha Zero


Chapitre Cinq
Une plainte dans la nuit


Cela faisait maintenant trois journées complètes. Les jours se succédaient aux jours sans qu'il n'y ait de véritable changement sur notre sort. Régulièrement, le terroriste qui venait nous rendre visite réclamait une personne pour que celle-ci soit questionnée sous l'½il attentif de Macgallan. C'était un des sous-officier qui nous apportait nos repas qui me l'avait dit. J'avais également appris qu'il existait cinq chefs dans leur organisation.
Chaque chef avait sa propre équipe de terroristes et sa propre fonction, mais tous cherchaient à atteindre le même but. Je ne savais pas qu'un groupe comme celui-ci pouvait être autant organisé. Pour ma part, j'avais pu obtenir ces informations très facilement car ils semblaient tenir les différentes branches de la médecine en grande estime, une chance pour moi.
Ces trois jours d'oubliettes m'ont tout de même permis de nouer quelques liens avec certains otages. C'était fou les personnalités que l'on pouvait découvrir de cette façon. Mais la plus curieuse restait Léïtia, bien qu'elle évitait généralement de me répondre. Mais je n'étais pas un cas à part, elle agissait ainsi avec tout le monde.

Nos journées se passaient avec une monotonie écrasante. Nous restions tout le temps dans notre salle qui était devenue, en quelque sorte, notre chez soi, et nous tentions d'occuper le temps du mieux que nous pouvions.
Plusieurs groupes se sont également créés. Il y avait un petit groupe de rebelles composés de Lénine, Jordan, Thierry, Alexandra et Carlos. À eux cinq, ils échafaudaient des plans d'évasion aussi saugrenus qu'impossibles et tentaient de recruter le plus de personnes possible pour que leurs plans soient réalisables. Mais c'était souvent des imbéciles qui ne se rendaient pas véritablement compte de l'endroit où ils se trouvaient.
Il y avait également plusieurs groupes de « potins ». Nous les appelions ainsi car ils étaient tous persuadés d'une chose à propos de notre avenir. Certains pensaient que nous étions tous condamnés tandis que d'autres croyaient que nous allions servir de monnaie d'échange et de marchandage. Mais tous étaient très loin de la vérité, vérité que je gardais pour moi, bien évidemment.
Aujourd'hui était un jour un peu différent pour nous car nous en avions tous plus qu'assez de cette attente. Notre première initiative fut de réunir en tas tous nos objets personnels...enfin ceux que nous avions toujours sur nous. Pour ma part, je plaçais mon cube holographique, ma carte journalière et mon lecteur de carte ainsi qu'un détecteur de tension artérielle. J'eu du mal à me séparer de ce dernier objet car il permettait de sentir les tensions autres que nerveuses et qui permettaient de découvrir les débuts d'anomalies du corps.
Mais ici, cela ne me serait certainement d'aucune utilité. Je fus surpris de voir ce que des personnes pouvaient mettre dans leur si petite poche : Plusieurs types de miroirs avec divers outils de maquillage pour la gent féminine, diverses oreillettes capteuses de musiques, une bouteille de Fanta vide, des téléphones numériques ultra perfectionnés, des clefs USB et je crois même avoir vu une dents à pivot dans tout ça.

Mais voir ce tas d'objets insolites en désordre ne m'aida pas à comprendre en quoi ils pourraient nous être utiles. Les téléphones auraient pu nous aider du coté de la bordure planétaire, mais ici, le réseau était sûrement inexistant.
Aussi découragées que moi, plusieurs personnes tombèrent au sol, répétant des « On ne s'en sortira jamais ! ». Moi je regardais Léïtia qui était restée en retrait. La plupart des gens ici ne l'appréciaient pas beaucoup pour son silence et l'avaient complètement rejetés lorsqu'elle avait refusé de mettre son bracelet avec le reste des objets. Moi je restais plutôt dans la catégorie des neutres.
-Une radio ! S'exclama soudain un homme en chemise courte et à la moustache proéminente.
Tout le monde le regarda, s'attendant à plus de détails venant de sa part.
-Une radio ? Si les téléphones ne marchent pas, je ne vois pas comment...
-Les téléphones oui ! Mais ils sont prévus pour avoir des limites de réseau ! En reprogrammant les fiches et en les mettant toutes ensemble, je suis persuadé que nous pourrons capter un signal comme une autre radio, un satellite ou quelque chose du même genre !
-Mais il y a un problème, il faut être sûr de pouvoir capter les bonnes ondes d'une planète et d'avoir un élément qui permettrait de recevoir...
L'homme qui avait proposé cette idée prit un air sombre avant de s'effondrer, tandis que tout le monde perdait courage. Moi je réfléchissais, essayant de trouver une solution à ce problème épineux.

-Ca pourrait se brancher au signal d'un récepteur de musique ?
-Sans problème oui...pourquoi ?
-J'ai un ami qui utilise une boucle d'oreille réceptive. Peut être que...
-Bon dieu ! Vous connaissez sa marque et le code de réception ?
L'homme à la moustache semblait surexcité tout d'un coup. En disant cela, il avait sauté sur place, faisant crier de surprise un petit garçon prés de lui.
-Oui, sans problème. C'est un Tokyo-Bagatelle et le signal est 3. Mais vous êtes sûr de pouvoir faire fonctionner une radio ?
-Je travaille dans les services réseaux. Et la mécanique n'a plus de secrets pour moi.
Il avait dit cela avec un grand sourire, redonnant de la couleur à tout le monde. C'était bizarre de voir un espoir renaître. Les gens avaient soudain une envie de chanter et de danser. Moi, je n'avais pas envie, je n'avais jamais appris de ma vie à faire quelques pas de danse, et ma voix risquait de percer des tympans si elle forçait un peu trop.
Mais nous cessâmes aussitôt notre petite fête surprise lorsque la porte métallique grinça pour la soixante troisième fois, laissant apparaître l'un des hommes au béret noir.

-Qu'est ce que vous mijotez ici, les passagers ?
C'était sa façon personnelle de nous appeler. Quand ses yeux se posèrent sur notre tas, toute la salle frémit. Moi aussi j'avais peur qu'il ne confisque notre dernière solution. Je tentais d'arranger la situation et m'avançais vers lui avec un regard plein d'espoir.
-C'est tout ce qui nous reste. Qu'est-il advenu de nos valises ? Macgallan va-t-il penser à nous les rendre ou bien nous laissera t-il croupir encore un moment avant de faire un geste dé bonté ?
-Oui, mon fils est asthmatique et nous n'avons presque plus de médicaments ! Quand pourrons-nous enfin récupérer nos bagages ?
C'était une vieille femme qui avait parlé, profitant de la situation pour « saler » ma tentative de persuasion.
-Holà, les passagers, c'est pas moi qui prend note pour les réclamations ! Vous allez sagement rester ici et vous la bouclez, vu ? On verra plus tard pour vos bagages.
-On verra plus tard, ça veut dire jamais ?
Après cette réflexion cinglante, je pus entendre plus de cinquante personnes protester contre cet homme que je commençais à plaindre. Mais loin d'être impressionnable, il retira le fusil qu'il avait mis en bandoulière autour de son torse pour nous menacer, nous faisant tous reculer en même temps.

-Suffit ! Je ne suis pas venu pour vous entendre, vous plaindre ! On vous a peut-être mené une vie un peu trop douce ! Continuez et c'est les égouts qui vous attendent comme nouveau logement !
Tout le monde se tut, ne voulant pas énerver davantage ce sombre personnage. Il ne semblait pas de bonne humeur, je l'entendais par sa respiration forte et saccadée. Peut-être avait-il eu également quelques problèmes avec les autres otages de la navette se trouvant dans d'autres cellules.
-Bon, qui est pas encore passé ? Dépêchez, j'ai pas que ça à faire.
Il était venu chercher une autre personne que son chef allait questionner. Plusieurs têtes se tournaient vers Léïtia, qui ne se sentait pas concernée par la situation et continuer à lisser ses longs cheveux bruns, tandis qu'un homme la pointait du doigt d'un geste négligent.
-Elle ! Au moins peut-être se rendra-t-elle utile !
Je trouvais cela injuste de rejeter la faute sur une gamine de quatorze ans. D'accord, elle ne voulait pas se séparer de son bracelet...et alors ? Où était la faute ? C'était sûrement un souvenir de famille et ne pas s'en séparer était son bon droit.
Mais elle ne fut pas marquée par cette preuve de rejet et se leva le plus simplement du monde, comme en provocation à toute la salle, l'homme armé compris. Avec grâce et lenteur, Léïtia se dirigea vers notre bourreau et lui emboîta le pas, tandis qu'il refermait la porte derrière lui avec un regard mauvais dans notre direction.

-Ouf...bon débarras...mais on ferait mieux de faire attention, elle serait bien capable de révéler nos intentions aux terroristes ! On ferait mieux de se méfier d'elle !
Cette fois Jordan allait trop loin ! Ce n'était pas dans mes habitudes de m'emporter, mais la tentation de le frapper pour le faire taire était extrêmement forte, comme incontrôlable.
-Vous êtes ridicule Jordan, cette fois vous dépassez les bornes ! Ce n'est qu'une enfant qui ne se rend pas compte de ce qu'il se passe ! Elle a sûrement quelques troubles psychologiques pour agir de la sorte ! Mais bon sang, d'où vient cet acharnement ? C'est sa tête qui ne vous revient pas ?
-Maintenant que vous le dites, elle a une tête de tueuse !
Plus personne ne parlait, à part moi et ce maudit fauteur de troubles. J'élevais encore plus la voix, me retenant d'en venir aux mains.
-Une tête de tueuse dites-vous ? Et bien moi, depuis le début, je trouve que vous avez une tête de bouledogue, et je me rends compte maintenant que vous en avez exactement le même caractère !
Sur ma remarque, le visage de Jordan passa du vert pâle au cramoisi, et je sentais bien que lui aussi rêvait d'en venir aux mains.
-Vous dîtes ça, le médecin, mais vous êtes le premier à être passé voir leur chef et vous êtes le seul à être resté avec lui aussi longtemps ! Je vous ai également souvent vu parler avec quelques uns! Au fond, vous êtes qui ? Leur complice ?
Cette fois, c'en était beaucoup trop pour moi. Je me ruai vers cet imbécile et lui décochai une violente droite vers sa joue, tandis qu'il volait vers le sol métallique, glissant sur plusieurs mètres. Plusieurs personnes se précipitèrent vers le pauvre homme tandis que je regardai mon poing fermé, vidé de toute mon énergie. Un léger liquide rouge coulait entre les creux de mes doigts...je crois bien lui avoir cassé le nez.

-Je...je...je suis désolé...je ne voulais pas, c'était...ce n'était pas du tout voulu et...
De toute ma vie, je n'avais jamais usé de violence pour faire taire quelqu'un...Mais ma colère avait été si forte, incontrôlable, tout ça parce que je voulais défendre une jeune fille qui n'en avait sans doute rien à faire de ce que je pensais.
Alexandra aida Jordan à se mettre à genoux, alors qu'il se prenait le nez entre ses deux mains. Je croyais que voir autant de sang couler d'un coup au visage n'était possible que dans les films...il cracha presque ses paroles comme un poison qui m'était destiné.
-C'est pas la peine, le médecin, j'ai fait mon avis sur vous ! Dorénavant, je resterai loin de vous, de peur que vous n'alertiez les terroristes de nos agissements !
C'est à partir de ce moment précis que le groupe des rebelles eut plus de vingt nouveaux adeptes, alors que je restai sur place, terrifié par ce que je venais de faire...

Un déclic sonore, mais rien ne vint. Elle ouvrit les yeux alors que l'homme regardait son arme avec agacement. Rien ne s'était passé...pourquoi ? Elle aurait dû être morte pourtant. Il mit la main à sa ceinture où se trouvaient diverses pochettes noires puis sortit un objet cylindrique au bout en cône : une balle de six coups ! Elle compris alors, cet homme avait tout simplement son arme déchargée et il s'apprêtait à remplir de munitions le ventre de cet objet de mort. Et il le faisait devant elle, comme s'il était persuadé qu'elle ne bougerait pas comme une gentille enfant sage.
Mais ce qu'il ignorait, c'est qu'elle était loin d'être ce type d'enfant. Il ouvrit le barillet de son arme, faisant glisser la balle dedans. Mais il ne put jamais le fermer ! La jeune fille lui sauta dessus, lui agrippant fermement le bras. Une petite sotte, pensa ce sinistre personnage. Il leva négligemment la main pour la gifler, mais elle lui bloqua son second bras. Elle ne savait comment elle pouvait bouger aussi vite, mais elle savait ce qui la poussait à faire cela : son instinct de survie.
Un horrible craquement retentit alors que l'homme hurlait à la mort, se dégageant de l'étreinte de l'inoffensive enfant tandis qu'il regardait son bras droit avec épouvante. Celui-ci pendait mollement le long de son corps. Elle se moquait de l'effroyable douleur que ressentait ce pauvre homme, pour elle il n'était plus qu'un ennemi. Elle s'approcha très lentement de lui, le regard neutre et le sachant aussi inoffensif qu'un chiot.
-Non, ne m'approche pas ! Ne m'approche pas !
C'était la première fois qu'elle entendait quelqu'un parler distinctement hors de sa cuve. Entendre ces sons de plaintes était quelque chose de sensuel et agréable pour elle, elle se sentait enfin en vie. La jeune fille voulut lui dire de continuer de la supplier, de se mettre à genoux pour l'implorer, mais aucun son ne sortit d'entre ses lèvres. Elle ne pouvait pas parler ? Tant pis...À présent, la seule chose qui comptait était de neutraliser son ennemi !


Ces ronflements et ces fortes respirations ! Cela devenait vraiment agaçant ! Je ne savais même pas depuis combien de temps, je tentais de dormir, me retournant sur le sol froid. Ah, ils avaient de la chance ces enfants d'avoir une mère pour leur raconter des histoires et les aider à s'endormir ! Qu'elle veine avaient ces jeunes mariés de pouvoir se serrer l'un contre l'autre et offrir leur chaleur corporelle à leur partenaire. Je ne sais pas pour vous, mais moi je me sentais un peu seul dans mon coin...
Je me tournais et me retournais sur ce sol métallique et inconfortable. Si seulement j'avais ma couverture chauffante...mais ces sans-c½ur n'avaient même pas pensé à nous les rendre. Je me plaignais beaucoup, mais j'avais encore en pensée le coup que j'avais décoché à Jordan. Je sais que je n'avais jamais voulut le blesser, mais il m'avait énervé ce type ! Résultat, plus de la moitié des otages ici présents me regardaient avec un ½il noir. Mais ils savaient qu'ils devraient coopérer avec moi, après tout je savais comment relier notre futur radio à la fréquence d'Eddie.
Mon meilleur ami me manquait, au fond pensait-il lui aussi à moi en ce moment ? Savait-il dans quelle situation embarrassante je me trouvais ? La déprime est quelque chose de mauvais quand tout va mal. Je n'avais jamais autant voulu avoir la compagnie d'une personne sympathique.
À quoi bon me ronger les sangs ? C'était inutile et il était évident que je ne parviendrai pas à trouver le sommeil. Je frottais ma nuque et me levais, entourant mon torse de mes bras comme si je voulais empêcher ma propre chaleur de s'échapper hors des différents pores de ma peau. À présent, que pouvais je faire pour passer le temps ? Je regardais le tas laissé à l'abandon pour le moment. Si je le fouillais par plaisir de regarder tous ces objets et quelqu'un se réveillait, mon statut de complice des terroristes serait définitivement adopté par les membres de cette salle.
Je soupirai de lassitude. Il était triste de voir peu de coopération. Moi qui pensais que des personnes qui étaient dans une situation comme la nôtre se serraient à chaque fois les coudes...Je me suis fait trop longtemps d'illusions, triste vie.

Un mouvement furtif sur ma droite suivi d'une petite lumière attira mon attention. Je ne fut pas surpris de voir Léïtia, assise sur le sol. Je crois que j'allais bientôt finir par croire Jordan à propos de cette fille ! Que faisait-elle au juste ?
J'eus un petit accès de colère, elle était en train de regarder le contenu de mon cube holographique. Quel touche-à-tout ! Et dire que je ne lui avais même pas donné la permission ! J'essayais quant même de me contrôler, je commençais vraiment à avoir une mauvaise manie de m'énerver pour un rien. Peut-être s'ennuyait elle et qu'elle avait fouillé notre tas pour trouver quelque chose d'intéressant.
Je m'approchais à petit pas d'elle, de peur de réveiller les autres, alors qu'elle tournait la tête vers moi. C'était fou comme ses yeux luisaient dans le noir, comme deux petites lumières venues de nulle part. Je pris un ton aimable, malgré l'agacement que cette fille pouvait me causer quand je la voyais.
-Tu ne dors pas ? Tu vas être fatiguée demain si tu restes comme ça toute la nuit.
-Pas sommeil...
C'était étrange, mais je sentais le son de sa voix comme harassée. Physiquement, elle semblait en pleine forme. Mais étant un spécialiste de tous les types de troubles qui puissent exister, je devinais qu'elle était traumatisée.
-Allons bon, tu as fait un cauchemar ? Ou bien tu n'es tout simplement pas fatiguée ?
Je m'en voulais intérieurement de lui parler de cette façon. Je promis de me rattraper aussitôt. Sauf si elle allait me rejeter comme elle le fait si souvent avec tout le monde.
-Un cauchemar...toujours le même...toutes les nuits...chaque fois que je m'endors...chaque fois que je veux me reposer...c'est comme une bête noire qui profite de ma fatigue pour parasiter mes rêves...

Léïtia, était-ce toi ? Je ne te reconnais plus. Toute cette détresse ne t'appartient pas, toi qui es toujours si sèche et confiante avec les autres. Elle garda mon cube holographique dans sa main ouverte, tandis que l'hologramme affichait un patient atteint d'une infection pulmonaire. Quelle curieuse façon de passer le temps que d'observer ce genre de...chose quand on a fait un cauchemar.
-Toujours le même ? Et depuis combien de temps maintenant ? Veux-tu m'en parler ?
-Je ne peux pas...
-Tu ne peux pas ou bien tu ne veux pas ?
-Je ne peux pas...
Il y a une grande différence entre ces deux phrases. Ne pas vouloir signifiait prendre les autres pour des incompétents et de tout garder pour soi même, étant persuadé de résoudre ses propres problèmes. Mais ne pas pourvoir montrait un certain gène dans la possibilité de confession. Je crois qu'elle aurait bien voulu m'en parler, mais qu'elle semblait gênée par quelque chose, ou bien même traumatisée.
-Ton cauchemar, l'as-tu déjà vécu avant ?
Elle hésita, regardant l'hologramme avant de répondre.
-Oui...
-Il y a combien de temps ?
-Je ne me souviens plus...il y a plus d'un mois je pense...mais c'est toujours aussi net...aussi précis...comme si ça s'était passé hier...

Je frottais ma nuque d'un air faussement convaincu, je faisais un piètre psychologue. Mais pour la première fois, j'éprouvais enfin de la sympathie pour cette fille qui avait enfin osé me parler naturellement. Je me rappelais, il y a trois jours lorsqu'elle m'avait dit « tu es trop curieux », peut-être avait elle raison en fin de compte...mais comme disait aussi grand mère : c'est ça qui fait ton charme.
-C'est sûrement cet endroit qui...le mieux serait de trouver un moyen pour que tu n'y penses plus.
-Comment ?
-Je vais réfléchir, mais avant j'aimerais savoir pourquoi tu as fait semblant d'être muette pendant un moment.
-Je n'ai pas fait semblant.
-Ne me dis pas que tu as retrouvé ta voix par miracle. Si tu avais vraiment été muette, tu ne pourrais pas parler aussi facilement que tu le fais maintenant. Tu devrais avoir beaucoup de difficulté.
-Je n'ai pas fait semblant, répéta-t'elle.
C'était encore un de ses jeux ? J'observais longtemps ses beaux yeux bleus, les courbes parfaites de son visage. Je ne m'étais jamais rendu compte qu'elle était extrêmement jolie pour une fille de son age. Je secouais la tête pour évacuer ces mauvaises pensées de mon esprit.
-Alors peut-être as-tu été aphone pendant un moment ?
-Peut-être...
-Bon...et tu es muette depuis combien de temps ?
-Un peu plus d'un mois...

Je réfléchissais, cela concordait avec la première date qu'elle m'avait dit à propos de son cauchemar. Je n'étais pas une personne douée d'une intelligence hors du commun, mais il était évident que ce qu'elle avait vécu avait laissé de profondes marques en elle. Cela avait sans doute agi sur sa façon de se comporter. Quoi qu'il en soit, elle en faisait des cauchemars et avait perdu sa voix pendant près d'un mois...vraiment effrayant !
-Bon, le mieux serait de penser à autre chose. Pourquoi regardais-tu mon cube holographique quand je t'ai aperçu ?
-Je ne sais pas. L'envie de voir et d'observer.
-Tu aimes observer les choses ?
Elle hocha de la tête. J'avais enfin trouvé une idée pour la calmer et l'occuper un peu. Je me dirigeai vers le tas en désordre sous l'½il attentif de Léïtia et me mis à le fouiller, étalant les objets par terre qui raclaient sur le sol métallique. Et tant pis si on me surprenait !
Une carte magnétique, une paire de lunettes de soleil, un biberon...rien de bien intéressant. Alors que je fouillais fébrilement, je discernais les contours d'un livre. Je le sortis et lis le titre « Harry Potter à l'école des sorciers ». C'était quoi ce livre ! Je n'en avais jamais entendu parler, et la couverture était...ancienne apparemment. Je le tournais et lus la marque d'édition. Houla ! Un livre datant des années 2000, datant de plus de 120 ans ! Qui se promenait avec quelque chose d'aussi ancien ?
Enfin, peu importe, cela semblait être un livre spécial jeunesse. Je me redressai et me dirigeai vers Léïtia avant de le lui tendre.
-Qu'est ce que c'est ?
-Un livre. Sais-tu lire ?
-Bien évidemment...
-Et tu n'as jamais lut de livre de toute ta vie ?
-Non...
-Alors prends le, la lecture aide à évacuer le stress et à penser à autre chose.

La jeune fille le prit avec hésitation et l'observa sous tous ses angles, caressant la couverture comme pour sentir le dessin à travers sa peau. Cela devait vraiment être la première fois qu'elle touchait un livre. Je comprenais en partie son air désabusé.
-Je dois faire quoi ?
-Ouvre le à la première page.
-Et maintenant ?
-Maintenant, tu te contentes simplement de lire.
-C'est tout ?
-C'est tout.
Elle leva un sourcil, ce qui donna un effet amusant au tableau qu'elle représentait. Je vis ses pupilles parcourir un moment la page avant qu'elle ne lève de nouveau son regard vers moi.
-C'est une histoire ? On m'a déjà raconté des histoires...
-Oui, les livres nous content des choses merveilleuses. J'espère que cette histoire te plaira.
Personnellement, je ne lisais pratiquement jamais, sauf les infos sur mes cartes journalières. Et encore, seulement quand je n'activais pas le son. Aujourd'hui, nous vivons dans une société où les gens s'attachent bien plus à la découverte qu'à l'écriture. C'est comme cela, les livres sont délaissés au profit de la recherche qui a fait un bond gigantesque ces vingt dernières années.
Mais je sais que cette évolution ralentira bientôt et que les livres reprendront leur place dans la société le jour où nous ne pourront plus avancer. Ainsi, alors que Léïtia tentait de lire le livre que je lui avais prêté, je pu discerner de la curiosité dans son regard. Elle avait enfin tout d'une petite fille curieuse et adorable et j'avais pitié d'elle en sachant ce qu'elle avait pus traverser.
Je m'éclipsais discrètement, la laissant dans sa lecture jusqu'au moment où elle m'interpella.
-Erik ?
-Oui, Léïtia ?
-Merci beaucoup...
Je me couchais sur le sol froid et inconfortable avec le sourire aux lèvres. Je savais que le sommeil allait maintenant venir et que j'allais passer une très bonne nuit.




Chapitre 5 Projet Alpha Zero

# Posté le lundi 10 décembre 2007 12:33

Modifié le vendredi 14 décembre 2007 12:40

Noël

Noël
Hum...on dirait bien que Noël approche à grand pas. Mais si! Vous savez bien! C'est les réveillon où un trés viel homme à la barbe couleur neige, tout de rouge et de blanc vétu et portant un gigantesque sac sur ses épaules, vient distribuer ses jouets par miliers! Evidemment que vous connaissez! Enfin je me perd...

Projet Alpha Zero étant le seul de mes manuscrits véritablement finit, l'idée de Noël m'est apparut comme une révélation, alors que j'imaginais une suite! Bon d'accords, je m'emballe! Il faudrait que je pense d'ailleurs à terminer le premier tome de la pierre des cinq lois, le Projet qui me tient le plus à coeur. De plus, j'ai terminé le tout premier chapitre d'une autre ie, comme test! Ce test s'est lé être ussit, aussi commençerais-je à le mettre définitivement en oeuvres dans plusieurs mois, le temps de finir La pierre des cinq lois.

Bon, je ne vais pas non plus vous ressasser toutes mes idées! Et vous alors dans tout ça? J'aimerais bien connaître votre avis sur les personnage rencontrés dans Projet Alpha Zero et La Pierre Des Cinq lois, juste par curiosité...quel est votre personnage que vous trouvez le plus interessant, par exemple? Cela me donnera une petite idée de ce qui vous trote dans la te au moment vous lisez mes lignes ^_^


Au passage, j'aimerais remercier quelqu'un d'autre pour m'avoir fait prendre conscience d'une chose que je croyais disparue: L'envie! Par envie, je ne parle pas l'envie de posséder quelque chose, mais plutôt de mener mes rêves jusqu'au bout. Ce n'est que lorsqu'une opportunité vous passe sous le nez que vous devez tenter de réaliser vos rêves!
Sur-ce, à plus tard pour un nouveau chapitre^^

# Posté le lundi 10 décembre 2007 15:55

Modifié le lundi 24 décembre 2007 04:23

Chapitre 5 Pierre des cinq lois

Chapitre 5


Bien que la matinée fut déjà bien commencé, Tenak se sentait toujours aussi endormi. S'étant réveillé une heure plus tôt, il était tout autant engourdie, l'esprit brumeux et confus. Le repas l'ayant plus que rassasié hier, il préféra négliger son petit-déjeuner, mais la vrai raison était qu'il voulait économiser le contenu de sa bourse le plus possible. La conversation avec le dénommé Apolïncer lui était définitivement sorti de la tête, il ne se rappelait que vaguement avoir parlé à quelqu'un et avait entièrement oublié le déroulement du dialogue.
Sa chambre avait été payé au moment précis où il était entré dans la pièce principale de l'auberge, et il espérait de tout c½ur ne pas y passer une nuit de plus. Il ne savait pas pourquoi, mais l'atmosphère de la ville lui était désagréable, peut être dut au manque d'habitude.
Retenant un bâillement en plaquant la main sur sa bouche, il scruta l'entrée de la salle, attendant avec impatiente le moment où le vieux berger entrerait en triomphe, sans la moindre égratignure visible sur son vieux corps et le sourire généreux. Il aurait alors des tas de choses a raconter, comme la façon dont il avait mis les bêtes en déroute, et ce serait pareil pour Tenak, qui lui en avait tué un. Il lui montrerait alors son tatouage et Jonathan trouverait un moyen de l'enlever. Alors tout rentrerait dans l'ordre. Oui, cela se passerait exactement comme sa, il en était persuadé.

La jeune serveuse, Millie, passa à l'attaque pour la troisième fois de la matinée.
-L'appétit de messire ne s'est toujours pas réveillé ? Ou préférait il plutôt quelque chose à boire ?
-Sa ira, merci bien. Fit Tenak, dont la bonne humeur n'en fut aucunement froissée malgré les man½uvres répétitives et agaçante de cette intruse.
Alors qu'il recommença à fixer la porte, plusieurs buveurs se trouvant du coté droit de la salle et à l'allure peu commode se levèrent en même temps pour se diriger vers la table du jeune berger.
Se demandant avec une pointe d'inquiétude ce que ces homme lui voulaient, il les observa s'arrêter à quelques pas de lui alors que le plus grands vint s'asseoir en face de lui.
La moustache brune qu'il portait était la seule marque distincte où l'on pouvait trouver des poils sur son visage. Sa tête était chauve et son haleine empestait l'odeur de l'alcool. Apparemment il semblait saoul.
Etant particulièrement gêné face à ce groupe, Tenak essaya de parler de la façon la plus courtoise qu'il put, articulant du mieux qu'il pouvait sur chaque fois mots.
-Je peut vous aider à quelque chose messieurs ?
-Ouais peut être bien, fit il avec un sourire faux alors que ses trois autres comparses ricanaient méchamment. Alors comme sa tu connaît Jonathan ?
-Jonathan ? Oui...c'est mon oncle...je suis berger avec lui au Sud de Tanempa. Pourquoi cette question ?
L'homme fronça les sourcils mais essaya de paraître le moins étonné possible, ce qui lui donna un visage des plus grotesque, comme s'il tentait de paraître intelligent, bien qu'a première vue il fut complètement bête.
-Ouais voilà c'est sa. Le berger. Tu saurait pas par hasard s'il vas passer ici tout à l'heure ?
Une petite voix dans sa tête se mit aussitôt à l'avertir. C'était comme si on lui chuchotait un danger à l'oreille. Mais la voix était si faible et lointaine qu'il n'essaya pas de l'écouter, l'esprit encore ensommeillé.
-Oui, il ne devrait pas tarder à venir. Mais pourquoi ces question ? Repeta t'il.
L'alarme dans sa tête se fit soudain plus insistante encore, alors que les quatre hommes se regardaient tour à tour avec un sourire satisfait.
-Mes gars et moi on aimerait bien rencontrer le grand Jonathan, dit en se tournant de nouveau vers Tenak. Alors quand on t'a vue hier, on a bien que vue que c'était enfin le moment pour pouvoir le voir si tu vois ce que je veux dire.

Sa dernière phrase le fit glousser, suivit des trois autres qui s'esclaffèrent. Tenak se demanda comme une blague aussi stupide pouvait sortir de la bouche de quelqu'un, même d'un ivrogne.
-Tu viens mon gars ? On t'offre un pot.
Se relevant soudainement, Tenak se dirigea à grande enjambée vers l'escalier, espérant mettre le plus de distance possible entre lui et ces hommes.
-Excusez moi, je dois aller dans ma chambre vérifier quelque chose, je vous rejoindrait plus tard.
Il se précipita vers la porte de sa chambre et fit rapidement tourner la clef dans la serrure. Au moment où la porte s'ouvrait, une poigne de fer l'attrapa par le col et le souleva de terre. L'homme à la moustache cracha presque ses paroles.
-Je croit que tu n'a pas bien compris nabot ! Tu vas rester avec nous et peut être que si tu te tient bien le temps que ton berger arrive alors on ne t'arrachera pas les ongles, enfin peut être pas.
Ses acolytes approuvèrent de la tête, faisant bouger les muscles de leurs bras d'un air menaçant. Mort de peur, Tenak se mit à gesticuler inutilement, donnant des coups de poings sur le torse de cet homme imposant.
-Lâchez moi ! Lâchez moi tout de suite.
Alors qu'ils riaient en c½ur face aux efforts du jeune berger pour se dégager de l'étreinte de leur camarade, celui-ci donna, sans l'avoir vraiment voulut, un violent coup de pied dirigé vers l'entrejambe de son agresseur. Un grognement s'échappa de sa gorge tandis qu'il lâchait le jeune berger avant de se plier en deux au sol. Il tenta d'articuler entre deux halètements
-Ma parole...je vais le tuer ce gosse...le laissez pas sortir... !

Se rendant compte de ce qu'il avait fait, Tenak se précipita dans sa chambre mais n'eut pas le temps de la verrouiller, car si celle-ci sauta de ses gongs, laissant entrer un groupe d'hommes furibonds, et cette fois ils n'étaient pas prés de lui laisser une chance de s'en tirer si facilement.
Plusieurs secondes se passèrent ainsi, tandis qu'ils avançaient lentement vers lui, chacun ayant son propre sourire de fou ou d'ivrogne. Et pourtant Tenak n'était pas si apeuré qu'il ne l'aurait dut. En effet, ce qu'il avait vécut était bien pire que la situation présente, car cette fois, il avait affaire à des hommes.
Reculant par petits pas, il aperçut alors son paquetage au sol, et ce fut presque inconsciemment qu'il se jeta dessus pour dérouler le tissu, le déchirant presque, avant de brandir l'épée Navin.
Ecarquillant les yeux, les trois soudards s'arrêtèrent net, détaillant l'arme avec un mélange de respect et d'admiration. Puis le plus gros des trois éclata de rire.
-Hey, vous avez vue sa ? Et je suis sur que le vieux Jonathan doit en avoir plein d'autre au fond d'une cale. Allez petit, n'essaye pas de jouer au jeune bretteur, tu pourrai te blesser. Donne la nous et on ne te fera pas de mal.
-N'approchez pas ! Dit il, tout en agitant furieusement l'épée devant lui.

Bien que riant aux éclats, ils durent reculer sous la menace de l'arme, ne voulant pas se retrouver avec un bras tranché. Il pouvait ne pas savoir ce servir d'une telle arme, ce jeune homme restait pourtant très dangereux. Continuant toujours de reculer, il se retrouva adosser contre la fenêtre, avec aucun moyen de repli possible. Alors qu'il se sentait impuissants face à ces brutes, une voix, qu'il pensait avoir déjà entendus, cria de la rue, un étage plus bas, et cette vois lui ordonnait de sauter par la fenêtre.
Il l'ignora superbement et recommença a brandir son épée d'un geste menaçant et parfaitement inutile, alors que les trois ivrognes riaient de plus belle, rejoins ensuite par le quatrième, qui était de moins bonne humeur que ses camarades.
-Je te promet d'arracher cette magnifique lame de ton cadavre avant de laisser ton corps aux loups et aux charognards !
Au moment où il s'apprêtait à lancer une réplique cinglante, la personne qui l'appelait se mit brusquement à crier. Il entendit un violent choc derrière lui, tandis que la fenêtre se fissurait de part en part, quelqu'un avait jeté une pierre sur celle-ci, comme pour le faire enfin réagir.
-Saute Tenak, saute ! Mais bon sang, qu'attendus tu Ten !
Tenak sursauta, il venait de reconnaître la voix d'Aplïncer, le riche buveur de thé de la veil. Alors il sut enfin ce qu'il devait faire.

Faisant un bond sur le coté, il se suffisamment prés du lit pour arracher les draps de l'édredon. Faisant de nouveau face à ses assaillant . Le plus gros se jeta sur lui au moment où il lui jetait le drap au visage, l'aveuglant pendant un court instant avant de le repousser d'un violent coup de pied. Il perdit l'équilibre et s'affala en arrière de toute sa hauteur sur les autres hommes qui le suivirent dans la chute. Tenak s'empara alors de son sac et, mettant son épée à sa ceinture, plongea par le fenêtre, se protégeant le visage des fragments de verre à l'aide de ses bras.
Avec un fracas assourdissants, les parcelles de bois entourant la vitre explosèrent comme de vulgaires copeaux tandis que les bouts de verre aussi coupant que le fil d'une épée aiguisée se plantèrent un peu partout sur ses bras et sa tunique, mais peu vinrent se figer directement sur sa peau, vue l'épaisseur de son vêtement.
Il eut le souffle coupé en atterrissant, non sans douceur, sur un lit de paille et de vieilles herbes. Tenak, qui avait gardé les yeux fermés, les rouvrit pour constater qu'il était retombé sur le contenue d'une charrette de fermier. Il venait une fois de plus de faire preuve d'imbécillité : que se serait il passé si la charrette ne s'était pas trouvé la ? Ne préférant pas y penser, il releva la tête pour découvrir les l'une de brute se pencher à la fenêtre tout en beuglant de injures incohérentes, il allait sauter à son tour.
Une main se posa sur son bras, l'obligeant à se redresser et à s'écarter de ce qui lui avait certainement sauvé la vie. Apolïncer était bien devant lui, mais seul son célèbre sourire manquait. Désormais il paraissait surexcité, poussant le berger vers l'arrière de la charrette.
-Allez aide moi, il faut dégager sa d'ici avant que ce gros lard n'est réussit à passer par la fenêtre ! Allez remue toi ! Ordonna t'il.

Incapable de répondre, Tenak s'exécuta aussitôt, et avec la force des deux homme, la charrette se mit à bouger et à reculer, tandis que l'inconscient sauta du premier étage, un peu tard. L'on put voir son regard remplis d'effroi pendant qu'il s'écrasait au sol comme un simple sac de farine. Maintenant, il se trouvait à gémir sur le sol, tenant à deux mains sa jambes cassée, tandis que les autres s'écartaient de la fenêtre en criant des « Il ne faut pas le laisser s'échapper, on doit faire le tour de l'auberge. »
Redevenue tranquille, Apolïncer s'approcha de la brute mise hors d'état de nuire pour se pencher doucement sur son corps.
-Dis toi l'ami, que sa aurait put être pire. Quand tes amis repasseront par la, dis leur bien que le vieux Apo les salut dignement.
Avant de se redresser, il le lesta de sa bourse pour en regarder le contenue, mais cela ne lui plut apparemment guère, puisque il grogna d'indignement avant de l'accrocher à sa ceinture.
-Et après on se demande comment des pauvres gars comme vous se retrouvent dans ce type de situation. A mon humble avis, tu ferai mieux de changer de régime, l'alcool ne te réussit pas fort l'ami.
-J'aurai ta peau...je...je te jure que je l'aurai.
-Mais bien sur l'ami ! fit il avec un sourire. Mais il faudra déjà que tu réapprenne à marcher. Sur ce, je m'éclipse, bonne fin de journée.

Il se releva, fit une dernière révérence hypocrite et courut vers l'endroit où se trouvait Tenak qui n'en croyait pas ses yeux. Comment cet homme pouvait il garder un tel calme et agir d'une telle façon dans un moment pareil. Le jeune berger aurait du s'enfuir parmi le dédalle de ruelle tant qu'il en était encore temps, mais déjà l'étrange personnage était sur lui, le dépassant de quelques mètres avant de se retourner.
-Allez Ten, suis moi. Je vais te conduite à l'endroit le plus sur de la ville.
-Je m'appelle Tenak !
Apolïncer ne réagissa pas aux propos de Tenak et fit comme s'il n'avait rien entendu. Ainsi, le petit groupe traversa d'abords une ruelle sombre et odorante de long en large avant de débouler dans une grande place encombrée de passants. Apolïncer lui expliqua que la foule allait leur permettre de distancer leurs poursuivants pour pouvoir ensuite revenir sur leurs pas, car d'après lui la fameuse cachette se trouvait à l'opposé de la direction qu'ils prenaient. Tenak se faisait régulièrement bousculer sans qu'il ne reçoive d'excuses en compensation. L'épée qu'il portait à la ceinture n'arrangeait pas les choses car, sans fourreau, elle tapait contre ses jambes et menaçait soit de découper sa ceinture soit d'entailler sa peau. Plusieurs fois il tenta de la tenir, cachée sous sa tunique, mais les habitants de plus en plus nombreux l'obligeaient a changer aussitôt de tactique.

Ils leur fallut plusieurs minutes pour s'éloigner une bonne fois pour toutes de cette enfer. Certifié par Apolïncer qu'il ne risquait plus rien, Tenak se contenta de le suivre à travers des rues de moins en moins fréquentées. Les bâtiments, qui avaient été dans un état propre et particulièrement bien entretenus, parfois même luxueux, se trouvaient à présent dans une condition qui laissait à désirer. Les détritus s'entassaient sur les murs et parfois fouillé par des gamins en haillons. Les maisons avaient leur façade souvent fissuré et leur toit consolidé par des matériaux de toutes sortes. Il devait souvent faire de grands écarts pour éviter les flaques de boues.
Bientôt Apolïncer s'arrêta brusquement, contemplant une petit demeure dont la peinture des murs avaient presque entièrement disparut. Une pancarte au dessus de la porte se balançait doucement au rythme du vent, avec pour inscription « A la bonne table ». Tout laissait penser qu'il s'agissait d'une ancienne taverne.
-Nous voilà arrivé chez moi. S'exclama t'il avec force, le sourire aux lèvres.
-C'est une blague ? C'est ça votre endroit de le plus sur de toute la ville ?
-Tu a raison, cette magnifique et accueillante demeure appartient à une famille. Mais ne te fie jamais aux apparences. Fit il avec un clin d'½il.

Aussitôt, la porte s'ouvrit à la volée, laissant sortir une petite fille d'un age ne dépassant sûrement pas de dix ans. Ses cheveux étaient sales et mal coiffés et ses vêtements ressemblaient plus à des assemblement de plusieurs chiffons qu'a autre chose. Pourtant aussi pauvre qu'elle aurait put paraître, l'expression du visage de cette jeune fille reflétait un ravissement unique au monde. Ce fut presque en lui sautant au cou qu'elle accueillit Apolïncer.
-Apo ! Tu est enfin revenue ! Tu sais que tu m'a manqué ?
-Mais tu m'a manqué aussi ma petite Simone. J'espère que le gros Denmar ne pas embêté durant mon absence.
-Papa et maman ne l'aime pas trop mais moi je le trouve rigolo. Ho, tu a amené quelqu'un ? Fit elle en désignant Tenak. Qui c'est ? Un de tes nouveaux amis ?
-Simone je te présente Ten. Ten voici Simone.
-Je m'apelle Tenak ! Grogna t'il.
-Ravie te faire ta connaissance Ten, répondit il avec un sourire radieux.
-Dis moi Simone, j'ai trouvé une bourse par terre et je me demande bien ce qu'elle contient. Tu veux que l'on regard ensemble ? Avec un peu de chance peut être que se sera pour toi.

Avec un léger clin d'½il, il sorti la bourse de l'homme qui avait tenté de les rattraper par la fenêtre et la tendit à Simone qui l'ouvrit maladroitement. Avec des yeux écarquillés, elle fit tomber dans la paume de sa main quelques pièces de bronze, une bonne dizaine d'argent et une d'or.
-Woua Apo, tu a trouvé un trésor !
-On dirait bien oui, dit il en riant chaleureusement. Malheureusement j'ai un petit problème, je n'est plus de place à ma ceinture et dans mes poches. Sa ne t'ennuierai pas de la garder, sachant que tu pourra avoir tout son contenue ?
-Ho oui avec plaisir. Fit elle en embrassant sa joue.
Tenak se senti bouleversé face à cette scène. Il comprenait maintenant ce que Jonathan avait voulut dire quand il avait parlé de la misère humaine. Mais bon sang, comme une petite fille pouvait elle vivre dans un tel linceul de pauvreté ! Il s'en voulait à présent de s'être méfiait de l'homme qui l'avait sauvé. Bien sur il restait tout aussi étrange et peu commun, mais le point de vue du jeune berger à son propos en fut définitivement changé.
Il sortit de sa rêvasserie quand Simone lui pris le bras pour l'entraîner vers la taverne.
-Allez viens Ten, je vais te présenter à Papa et Maman.

Le petit groupe entra dans la demeure insalubre pour se retrouver dans une vas et pièce tout aussi sale et sombre que la façade extérieur. Malgré cela, les habitants de la maison avaient pourtant réussit à garder les trois lits qui se trouvaient au fond de la pièce dans un état de propreté presque passable. Le reste des rares meubles de la salle étaient presque tous recouverts de poussière, et il régnait une petite odeur de moisissure prés d'une commode au bois légèrement noirci.
Simone fit traverser l'ensemble de la salle à Tenak avant de franchir une nouvelle porte. La seconde pièce dans laquelle ils se trouvaient étaient bien plus petite et étroite. Une vieille femme était couchée dans un lit, le drap relevé jusqu'au menton et les yeux clos. Son mari, un homme tout aussi âgé et portant une barbe grisâtre et emmêlée tourna la tête vers les nouveaux arrivant. Avant qu'il n'est put dire le moindre mot, la petite Simone lui brandit la bourse pleine sous son nez, d'un air triomphant et rayonnant.
-Papa, papa ! Regarde ce que Apo nous à offert. Avec tout sa on aura de quoi manger pendant longtemps ! Regarde Maman !

La pauvre femme, qui montrait des signes d'une intense faiblesse, ouvrit les lentement les yeux pour les tourner avec un léger sourire vers sa fille, imité par son mari. Elle plissa les yeux, essayant de parler malgré la fatigue évidente qui la submergeait. Son front était pale et recouvert d'une très légère couche de sueur.
-Ho ma chérie, c'est merveilleux. Tu vas enfin pouvoir manger à ta faim et te vêtir de la même façon que les courtisanes du seigneur Kannan lui même.
-Et on vas aussi pouvoir te soigner, maman.
-Que s'est il passé ? Fit Apolïncer avec un sourire poli.
Ce fut au tour de l'homme de la famille de prendre la parole. Sa voix fatiguée et grave prouvait bien que ce pauvre homme ployait sous la faim et les problèmes de sa femme et de sa fille.
-Elle à fait une mauvaise chute en voulant en revenant du quartier de Lacner. La blessure n'était pas grave, mais avec le manque de soin elle a finit pas s'infecter. Depuis elle est souvent la proie de maux de tête et de vomissements. Nous avons utilisé tout le reste de nos économies pour des traitements et des consultations. Son état s'est amélioré mais elle peut à tout moment faire une rechute.
Tenak détourna la tête, ne voulant plus en écouter d'avantage et leur laissant le soin de bavarder entre eux. Ici il ne se sentait pas à sa place. Ce n'était pas sa ville, ils n'avaient pas leur coutumes, les m½urs et le même mode de pensée. Tout ici lui était étranger, il se rendait enfin compte que ses petites sorties pour refaire le matériel de Jonathan ne lui avait permis de voir que la face extérieur de la ville.

Il commençait lentement à comprendre et adopter les pensées du vieux berger. Comment pourrait il se plaindre à l'avenir sur ses petits problèmes personnels alors que cette famille vivaient comme des démunis ? Et cette petite fille, Simone, qui était à l'age de l'innocence de sa vie et qui s'enchantait de tout ce que celle-ci pouvait lui apporter. Mais encore une fois comment peut on vivre dans un telle misère, c'est inhumain !
Il sortit soudainement de sa méditation lorsque Apolïncer lui donna un léger coup de coude entre les cotes avant de le montrer de la main.
-Je vous présente Ten...ak. Dit il en voyant le regard noir que lui lançait le jeune berger. Il ne sera en ville que pour quelques temps aussi j'assure ses arrières, vous ne pouvez pas savoir les ennuis qu'il peut s'attirer même en gardant les yeux fermés.
-Bonjour...
Il sentait idiot de ne pas avoir quelque chose d'autre à dire. Son gène fut elle qu'il s'inclina maladroitement, faisant glousser Simone qui s'amusait à présent à défaire la lanière de cuir qui fermait la bourse.
-Bienvenue dans notre modeste demeure Tenak. Nous sommes vraiment désolé, si nous l'avions put, nous vous aurions offert quelque chose à manger.

-Ho mais ça ne sera pas la peine, de toute façon nous allons devoir y aller. Mais peut être repasserai je tout à l'heure, j'ai reçut une commande hier avec des herbes médicinales et tout un tas d'autre poudre sans importance. Peut être pourrai je t'en fournir quelques feuilles.
-Apo, fit la vieille femme avec un pauvre sourire, vous êtes vraiment un homme du monde. Nous ne vous remercierons jamais assez pour tout ce que vous faites pour nous.
-Oui, soyez bénnis.
-Ho c'est vraiment peu de chose, alors qu'il laissait apparaître un sourire de modestie. Quoiqu'il en soit remettez vous bien
Les bénédictions de la famille les suivirent pendant un cours instant tandis qu'Apolïncer entraînait Tenak vers l'arrière de l'auberge.
-Qui sont ses gens ? Demanda le jeune berger.
-Une pauvre petite famille qui a été délogé de son foyer pour manque d'argent. La situation n'est pas toujours facile voix tu, je les rencontrés par hasard, lorsque je n'était qu'une tout petit jeune homme. Ils m'ont aidé lorsque j'ai eut des ennuis assez...enfin voilà. A l'époque il n'avait pas encore d'enfant, cette petite fille a vécut dans la pauvreté. Depuis je les aide comme je peut sans pour autant lever le moindre soupçons sur eux.
-Si tu les aidaient vraiment, ils ne seraient pas aussi pauvre ! S'indigna Tenak
-Ten, la vie n'est pas comme ça. Et j'ai des raisons bien personnelles pour ne pas en faire plus. Mais ne te méprend pas, ces gens ne sont pas aussi malheureux que tu le prêtant.
Ils passèrent ensemble une cour recouverte de nombreux gravats puis ils descendirent un long escalier en pierre qui les entraînait dans les entrailles de la terre. Il ne fallut pas longtemps pour que le jeune berger se mette à confondre les minutes des heures, le temps de la descente devenant particulièrement long. Bientôt le passage se mit à rétrécir et ils durent passer en file indienne jusqu'à bientôt se pencher pour pouvoir avancer. Même la lumière se fit très bientôt manquante et ils durent avancer dans la pénombre. L'homme devant lui connaissant tout les trous dans le sol et les obstacles à éviter, il lui ordonnait souvent de s'écarter ou de s'abaisser, ce qui dans l'obscurité totale n'était pas un jeu d'enfant.
Ce ne fut qu'après un certain moment, une heure d'après Tenak, que le passage se mit à s'élargir de nouveau et à redevenir en pente plate, leur permettant enfin d'avancer le dos droit. Quelques minutes encore et ils aboutirent à une source de lumière aveuglante qui fit cligner les yeux de Tenak

C[/size]'étaient en faite de torches qui éclairaient un chemin creusé à même la pierre. En passant une main dessus, la pierre s'effrita doucement sur sa peau, laissant virevolter une poussière brune et suffocante. Il régnait une épouvantable odeur d'humidité et de renfermé, mais ce n'était rien comparé à l'odeur pestilentiel des créatures de la nuit. Cet endroit semblait très ancien, il était là bien avant que la ville fut construite.
-Je vois que tu te pose des questions, fit Apolïncer d'un coup expert vers Tenak. Cet endroit est un ancien abri. En cas de guerre et d'attaque, les habitants de la cité venait se réfugier ici. Il y avait de nombreux pièges, mais beaucoup ont été recouvert par les décombres ou ne fonctionnent plus. Ici, c'est mon repère, mon terrain de jeu, mon petit chez moi en plus clair.
-Comment se fait il que personne ne l'est découvert, alors qu'il facilement visible de l'extérieur ?
-On dit que cet endroit à été maudit par les esprits de la terre. Il a été rapidement utilisé par le l'armée adverse qui s'est approprié la ville. Il ont commencé à s'en servir comme armurerie et réserve, installant ici leur quartier général. Mais il n'y a pas eut que sa, c'est ici que des civils ont été interrogés...ou plutôt torturé. Un terrible séisme s'est déclenché, obstruant l'entrée et enfermant vivant tout les résidents. Ont croit que tout l'abri à été détruit mais c'est faux.
Il ne put s'empêcher de rire.

-Presque tout le réseau de l'abri à résisté, et le plus intéressant quand j'ai déblayé cet endroit, l'on a découvert toute l'armurerie en excellent état.
Le groupe s'arrêtèrent face une porte en bronze, mais cette porte n'avait rien avoir avec le reste du décors : Elle était polie, reflétant presque la silhouette des deux hommes, et sa surface ne comportait aucune égratignures comparé au murs griffés et effrités.
Apolïncer fit jouer une clef, également en bronze, dans la serrure avant d'ouvrir la porte d'un grand coup de pied.
-Bienvenue dans mon antre Ten...
Tenak s'obligea à retenir une exclamation de surprise en traversant le seuil de la porte en bronze. La salle était immense, comportant de nombreuses autre portes identiques à la première. Sur tous les murs s'alignaient un mélange de toutes les armes qui puissent exister. Le mur de gauche comprenait principalement toutes sortes d'épées, d'épées à deux mains, courtes, fine et longue, tandis que le mur possédait des haches, des gourdins, des masses d'armes, des lances, des marteaux de guerre et d'autre encore qui étaient inconnues aux yeux du jeune berger. Il y avait une table avec les arcs les plus longs et les plus magnifiques que Tenak eusse vue, ainsi que différentes arbalètes. L'ensemble de cette salle avait de quoi équiper plusieurs bataillons.
Les yeux ronds, il ne pouvait détacher son regard de tous ces objets meurtriers. Son comportement fit rire Apolïncer.

-Qui...qui est tu vraiment ? Balbutia Tenak
-Quoi ? Tu ne l'a pas encore deviné ? Je vend et j'achète toutes sortes de choses que je revend de façon plus...plus arrondie on vas dire. En plus simple je suis contrebandier. Ce qu'il y a dans cette salle n'est qu'une toute petite partie de l'ensemble de mes possessions.
Ainsi il ne s'était pas trompé, cet homme était vraiment puissant et dangereux. Si les gens savaient qu'une telle source de profit se trouvait dans ces catacombes, ce serait certainement l'émeute. Soudain une idée sauta aux yeux de Tenak
-Mais tu arnaque les gens ?
-Ho non je n'arnaque jamais, fit le contrebandier vexé. Je vend ce que des gens très haut placé juge comme illégale. J'achète à bas prix, j'améliore de façon illégale et je revend avec de gros profit. C'est sa la contrebande mon cher Ten.
-Je m'appelle..., commença Tenak
Mais il fut interrompu pas un bruit de bottes résonnant. Un homme imposant venait de faire son apparition par l'une des portes et se dirigeait vers Tenak et le contrebandier. Il devait sûrement faire deux têtes deux plus que le jeune berger. Ses vêtements laissaient apercevoir des muscles d'une taille impressionnante et son cou large cou de taureaux avait ses veines qui palpitait à travers sa peau. Il portait une imposante épée glissée dans un fourreau à sa ceinture et une dague mise en bandoulière. Le sommet de sa tête était recouvert à des endroits irréguliers d'une large touffe de cheveux bruns. Toute la silhouette de ce colosse laissait émaner une aura de puissance comme Tenak n'en avait jamais vue.

S'arrêtant à quelques pas des hommes, il observa Tenak d'un ½il curieux.
-C'est qui ce gosse Apo ? Une nouvelle recrut ?
-Si l'on veux mon grand. Tenak, je te présente Denmar.
-Enchanté, dit il avec un sourire forcé en lui tendant une main que Tenak serra.
C'était comme si on lui broyait la main entre deux pierre tant l'étreinte fut forte. Dés qu'il la dégagea, sa peau était devenue rouge par endroit et ses veines palpitait fortement. Ce Denmar semblait posséder une force que lui même ne contrôlait pas. Le contrebandier se mit à rire de nouveau en observant le spectacle avec attention.
-Bien, maintenant que les présentations sont faites, laisse moi te faire visiter.
**



-Maintenant, Apolïncer, pourra tu enfin répondre franchement à mes questions ?
-Maintenant que nous sommes en sécurité, oui.
Les deux hommes se trouvait dans une petite salle généreusement éclairée. Plusieurs tapisseries recouvraient les murs tandis que de somptueux tapis se trouvaient sur le sol. Un âtre centrale se trouvait au milieu de la pièce, agissant comme une cheminée mais répandant de façon plus efficace la chaleur indispensable aux deux hommes. La pièce était richement décorée et d'un tel luxe que Tenak en eut le vertige. Même le fauteuil dans lequel se trouvait le contrebandier, une accessoire de prince pour un homme aussi malhonnête, semblait fait dans une matière hors de prix avec de nombreux motifs brodés à même le cuir. . Malgré le siège que lui offrait le contrebandier, le jeune berger préféra rester debout, il ne lui était pas encore venue l'idée qu'il se trouvait parfaitement en sécurité, c'était même tout le contraire. Jonathan lui avait bien répété de se méfier de personne...où était il en ce moment ? L'attendais il encore à l'auberge ou bien était il parti à sa recherche, ne le trouvant pas ?
-Pour commencer, pourquoi m'a tu emmené ici ? Je ne doute pas un seul instant de ta bonne fois, mais je suis persuadé que tu attends quelque chose de moi.
-Les grands esprits se rencontrent mon cher Ten, mais peut être pas au sens que tu crois. Si tu pensais que je te réclamerai quelque chose en échange, sois sans crainte, je ne mange pas de ce pain la...enfin pas tout le temps en tout cas, crois moi. Dit il avec un petit rire de gorge.
-Alors que veux tu de moi ?
-De simple renseignements tout simplement.
-Comme avec les autres ivrognes de tout à l'heure qui ont voulut je ne sais quoi de moi à propos de Jonathan ?
-Voyons Ten, riant de nouveau, nous sommes entre gens civilisés...enfin civilisés en quelques sortes oui...
-Et c'est aussi à propos de Jonathan j'imagine ?
-Que sais tu de lui ?

Les deux individus se regardèrent longtemps fixement dans les yeux avant que le plus jeune ne détourne le regard. Tenak ne sentait pas plus à l'aise ici qu'a l'auberge, au moins la bas il aurait put s'enfuir, mais ici ce n'était plus une simple auberge mais une sorte de crypte enfoncée à dieu sais combien de kilomètres sous terre avec un homme qui à lui seul pouvait imposer le respect et la crainte. Devoir se confesser à cet Apo n'était certes pas encourageant, mais pire encore, il se sentait dans l'incapacité de lui mentir. C'était sois parler, sois se taire dans la crainte de représailles, rien de plus, rien de moins.
Le contrebandier croisa lentement les doigts et lui adressa un sourire, mais cette fois un vrai sourire : simple, classique et efficace, et bien sur non théâtrales comme ceux qu'il savait si bien faire. Ce geste pourtant si commun prouvait beaucoup de choses au jeune berger, il était réellement en sécurité et quoi qu'il se passerai, cet homme ne lui voudrait aucun mal. Mais peut être n'était ce qu'un ruse cruelle ! Que penser dans de telles circonstances, oui, il allait vraiment finir par devenir fou...
-Ecoute, je vais déjà te dire que je ne pourrai pas te laisser sortir tout de suite, pour ta propre sécurité mais aussi celle de mon entourage.
Avant que Tenak n'est eut le temps de protester, il leva sa main pour lui imposer le silence.
-Sache tout d'abords que je ne t'oblige pas à te confier à moi...prudence, prudence, prudence, soupira t'il, c'est quelque chose dans laquelle je dois vivre sans cesse. Certains disent que ce n'est pas une vie, vivre dans la crainte constante de finir avec une dague plongée jusqu'au plus profond de ta gorge, assassiné par ton ami le plus fidèle et le plus proche de toi, vérifier à chaque fois ce que tu mange ou bois. Mon ami, je sais très bien ce que sais.
Il marqua une pause pour se lever avec toute la grâce qui lui était propre. Attrapant une théière qui se trouvait proche de lui, il la posa sur la table et commença à faire bouillit de l'eau dans un étrange récipient de forme sphérique qu'il plaça directement dans l'âtre. Un léger sifflement s'éleva tandis que l'eau commençait rapidement à chauffer. Se réinstallant confortablement dans son fauteuil, Apolïncer repris, tandis que Tenak consenti enfin à s'asseoir.

-Un homme qu vit perpétuellement dans le danger finit rapidement par avoir l'½il. J'observe tout ce qui m'entoure, jusqu'au plus petit détail, même le plus insignifiant. Dis moi Ten, le sang que tu avais sur tes mains, c'était le tient où celui de quelqu'un d'autre ? Réfléchis bien, je ne te demande que sa, je ne te demande pas par exemple, si ce n'est pas le tient, quel personne tu aurait put tuer car sa aurait put être le sang de quelqu'un que tu aurait voulut aider.
Le jeune berger faillit râler de nouveau face à l'évocation de ce surnom qu'il lui avait imposé, mais préféra s'abstenir, se retenant à un sujet bien plus problématique.
-Pourquoi me dis tu sa ? Je ne comprend pas parfaitement...
-C'est pour te préciser que je ne te jugerai pour rien au monde sur ce que tu dira, car de toute façon je suis très mal placer pour le faire, dit il avec un sourire chaleureux. Et puis tout le monde à ses petits secrets.
Tout le monde à ses petits secrets, pensa t'il. Oui, et certains même plus que d'autre. Le monde entier était un mystère.
Il se mit à plier et à déplier ses doigts face à la nervosité grandissante qu'il le recouvrait presque entièrement de son voile. Il tourna plusieurs fois d'affolement la tête dans toutes les directement, espérant y découvrir une aide, n'importe laquelle. Le contrebandier, lui, ne bougeait pas, se contentant de le regarder d'un air impassible.
Finalement vaincu par son regard, Tenak ne lui rendit, essayant de ne pas ciller.
-C'était le mien.

Immédiatement, la bouilloire se mit a siffler fortement, laissant échapper des gerbes d'une épaisse fumet blanche. Après l'avoir sorti de l'atre, il transvasa l'eau dans la théière avant d'y faire infuser un petit sachet odorant. Enfin, il se réinstalla sur le fauteuil tandis que sa décoction se préparait lentement. Le regardant joindre de nouveau les doigts, Tenak se prépara à subir le reste de l'interrogatoire.
-Donc c'était bien ton sang, cela simplifie grandement les choses puisque tu est la victime, à première vue...je me trompe ?
Le jeune berger fit non de la tête.
-Qui ou quoi que ce soit, cela ne regarde que toi, ce que j'aimerai savoir à présent c'est où se trouve les blessures à l'origine de ce sang.
Tenak eut encore quelques mouvement d'hésitation avant de se fier une bonne fois pour toute à son interlocuteur. Il entreprit donc de retirer lentement son vêtement en peau de mouton pour laisser apercevoir son torse dont le haut des épaules était strié de marques rouge et à peine refermées.
Apolïncer laissa échapper un sifflement de surprise en apercevant la taille impressionnante de ces marques qui devaient mesurer plus d'un bon pouce chacune.

-Quoi qu'il c'est passé, c'est une bête qui ta fait ça non ? Plutôt impressionnant, je me demande comment tu à put survivre. Je ne t'oblige pas à répondre, mais est-ce que tu sais ce que c'était ?
Tenak hocha négativement derechef de la tête. D'un mouvement, le contrebandier lui fit signe de remettre son habit, mais soudain, son regard se porta sur le tatouage laissé par la pierre de cinq lois. Le jeune berger tenta de le cacher du bras et remis rapidement sa chemise, mais le mal était déjà fait. Pourtant, Apolïncer ne semblait pas connaître l'origine de ce tatouage, puisque aucune expression étrange n'avait marqué son visage en le voyant. Mais c'était encore a prouver...
Le contrebandier jeta un coup d'½il à la théière et jugea que le thé était enfin prêt. Retirant le sachet de celui ci, il fit couler le thé dans deux tasse, dont une qu'il tendit au jeune berger. D'un regard soupçonneux, il examina de plus prêt la tasse tout en reniflant les vapeurs qui en émanait, ce qui eut pour effet de faire rire Apolïncer.
-Tu n'a jamais but de thé ?
-Je suis berger...je ne bois donc que du lait. Donc pas d'alcool ni autre substance.
-Le thé n'est pas un alcool, bien au contraire, fit il tout en vidant la moitié de son récipient.
Tout en restant prudent, Tenak porta la tasse à ses lèvres et but une petite gorgée. Il claqua plusieurs fois la langue, comme pour essayer d'identifier le goût avant de replonger son regard sur le contenue de sa tasse.
-Mais...c'est que ce n'est pas mauvais du tout...
-Comme je te le disais mon ami. Bon revenons à nos moutons.
-Très drôle, fit Tenak, l'air maussade.
-Ho j'essayais juste de défendre l'atmosphère Ten. Depuis que nous sommes ensemble, je ne t'es vue sourire une seule fois. C'est une habitude ou bien une maladie ? Si c'est le cas, j'espère que ce n'est pas contagieux.
Mais Tenak n'était pas d'humeur à rire, tout ce qu'il voulait s'était d'en finir au plus vite avec cette conversation. La présence de cet homme lui était difficilement supportable, il se moquait vraiment de lui, en essayant de paraître le plus compatissant possible.

-C'est avec cette épée que tu à put repousser ton agresseur ?
-Quelle épée ?
Le ton neutre qu'il avait employé était faux, cela se voyait. Décidément, il ne pourrait rien lui cacher.
-Celle que tu porte encore à ta ceinture, cachée sous tes vêtements. Un conseil, il serait bon de lui trouver un fourreau, sans cela tu risque de blesser toi et ton entourage. Je peut la voir ?
Ce contrebandier était en train de le mettre à nue. Toute les recommandations faites par le vieux Jonathan étaient faussées par cet individu qui se croyait tout permis, au point de vouloir le retenir prisonnier ici.
Avec un geste de fureur et de résignation, Tenak écarta les pans de sa tunique pour pouvoir laisser lentement glisser la lame de son abri de fortune. Dans cet pénombre mélangée aux flammes du foyer, l'épée Navin semblait encore plus impressionnante, et cette fois, Apolïncer ne put le cacher. Même le ton de sa voix s'en fit ressentir. Le jeune berger le garda pourtant hors de la distance des doigts du contrebandier.
-Je n'est jamais vue quelque chose de semblable...même dans tout mon stock. Quelle arme superbe, la courbure de la lame est unique. Oui, il ne manque plus qu'un fourreau...
Il dut reprendre ses esprits pendant quelques minutes en buvant plusieurs gorgées de thé avant de pouvoir se retourner de nouveau vers Tenak, le sourire aux lèvres.
-Tu sais t'en servir au moins j'espère ?
-Et bien...je...euh...je suis berger...je n'est pas appris à me battre...
-Moui...sa paraît logique. Personnellement, j'aimerai bien savoir où tu t'est procuré cette arme, parce que ce n'est pas une simple babiole ce que tu a la, je suis sur que Kannan lui même en serait jaloux.
Kannan...Jonathan lui avait dit, non directement, de se méfier de cet homme. Laissant le contrebandier parler tout seul, il se remémora les paroles qui lui avait dit. Mais que voulait il dire par « empire » ? Ici, tout le monde respectait le seigneur Kannan, mais s'il était vraiment si important, comment pouvait il laisser une partie de son peuple dans la pauvreté et la violence ? Bien qu'il n'y connaissait rien à la politique, pour Tenak un bon seigneur était quelqu'un qui se souciait de son peuple et faisait en sorte que celui-ci vive dans une situation de vie stable et normale.

Mais peut être se trompait il, peut être un seigneur était il quelqu'un qui provoquait les guerres et entraînait les soldats vers la mort. Penser à tout ceci lui rendait l'esprit brumeux, c'était quelque chose de bien trop élevé pour lui, cela lui en donnait un mal de tête épouvantable.
-...mais une fois j'ai vue une personne m'offrir un sabre, je ne sais plus si je l'est d'ailleurs, quelque chose de magnifique, une belle pièce qui...
-Je ne doute pas que tout ceci soit très intéressant, mais quel rapport avec la situation présente ? Fit Tenak qui n'avait pas écouté un mot depuis le début.
-Aucun mon ami, strictement aucun. Je ne vois même pas d'autres raisons de t'ennuyer d'avantage...pour le moment.
-Puis je repartir à présent ?
-Comme je te l'est dit, c'est encore bien trop dangereux pour toi, Ten, tu vas loger ici. Ho ne t'en fait pas, c'est peut être parfois un peu humide mais on s'y habitue et c'est très spacieux tu verra. Il faudra juste que tu prenne un bon bain. Ce n'est pas que je critique aussi ta tenue vestimentaire mais...
-Venons en aux faits ! Je m'installe où ?
Apolïncer se leva, après s'être resservis une tasse de thé, et se dirigea vers la porte pour l'ouvrir, incitant ensuite Tenak à le suivre. Le jeune berger se retrouva de nouveau dans les couloirs sombres étouffants de l'abri souterrain. Ici, à part les pièces principales comme l'armurerie, tout se ressemblait, avec ces même chemins, ces même portes, ces même torches qui illuminaient faiblement les couloirs. On y voyait souvent des personnes armées les parcourir, un morceau de parchemin en main ou tenant différents ustensiles à bout de bras, sûrement pour la contrebande.
Tous saluaient les contrebandier sans accorder la moindre attention au jeune berger qui n'en fut gêné pour autant. Devoir regarder ce type de personnage lugubre ne lui plaisait aucunement, déjà qu'avec Apolïncer ce n'était pas facile.

Pendant le long trajet qu'ils parcouraient, celui-ci lui expliquait les différentes faces du métier. Il lui parlait de marchandises à commercer par bateaux, les différents moyens de faire des affaires au nez et à la barbe des gardes, et jura même avoir un jour vendu des herbes hallucinogène extrêmement puissantes à un des gardes personnelles du gouverneur de Tanempa, un certain Lucifer.
Tenak n'écoutait que d'une oreille distraite, ayant d'autres pensées en tête. Il eut une petite envie de fausser compagnie au contrebandier pour pouvoir retrouver Jonathan à leur point de rendez-vous, mais ça ne serait certainement par la meilleur idée. Il n'avait pas même retenue le chemin à suivre pour revenir à l'entrée principale du repère, tous ces couloirs qui se ressemblaient ne lui permettraient certainement pas de revenir sur ses pas.
Abandonnant son idée de fugue, essaya de réfléchir à d'autre tentatives pour entrer en contact avec le vieux berger. Peut être pourrait il demander de l'aide à Apolïncer...
Le jeune berger fut si absorbé par ses pensées, qu'il ne put éviter de percuter de plein fouet l'individus qui ne l'avait également par remarqué. Quelques feuilles volèrent dans les airs tandis que l'épée Navin tombait sur le sol avec un bruit métallique.
Les deux hommes tombèrent lourdement au sol tandis qu'Apolïncer se retournait pour voir ce qui s'était passé.
-Et bien Pavel, tu ne peut pas regarder devant toi quand tu marche ?
-Non, c'est de ma faute, j'ai été trop distrait, fit Tenak en se relevant. Sa vas ? tu n'a rien ?
Il tendit la main au jeune homme à terre pour l'aider à se relever. C'était sûrement la personne la plus jeune qu'il est put voir dans l'abri, il devait certainement avoir le même age que lui. Ses yeux étaient bruns foncés et ses cheveux roux et extrêmement court. Il avait quelques taches de rousseurs que le visage, qui lui était assez bien dessiné. Sa tenue vestimentaire était la même que les autres colocataires de l'abri, c'est à dire des vêtements principalement sombre accompagnés d'une cape de la même couleur
Pavel tendis les bras pour ramasser les feuilles qu'il avait lâché durant sa chute avant de se relever à l'aide de la main de Tenak

-Non...non sa vas aller merci.
Il se pencha pour ramasser sa dernière feuille avant de jeter un coup d'½il ébahis sur l'épée au sol, que le jeune berger s'empressa de ramasser.
-C'est la tienne ?
-Oui, dit aussitôt Apolïncer, le seul petit hic c'est qu'il ne sais pas encore s'en servir, mais avec un entraînement adéquat, ça ne serait tarder.
-Ho...c'est comme moi, fit Pavel avec un sourire timide, je ne suis pas particulièrement spécialisé au maniement des armes.
-Quel est ton rôle ici ?
Le jeune homme désigna sa pile de parchemins qu'il tenait dans les bras.
-Je m'occupe de la gestion, je classe principalement les archives du repère.
-Il y a également des archives ici ?S'étonna Tenak.
-Bien entendus...tu est nouveau par ici ? Je ne t'es jamais vue.
-Pas vraiment, j'ai...
-Il a eut des ennuis, coupa le contrebandier. Je l'es sorti d'affaires alors qu'il se frottait a une bande de soudards. Le pauvre n'est pas de la ville, je me charge de sa propre sécurité.
-Dans ce cas bienvenue à Tanempa, je me nomme Pavel.
Pavel lui tendit la main, tout en souriant, tenant ses paperasses d'une main. Tenak s'empressa de la sérer, lui rendant son sourire.
-Tenak...
-Enchanté de te rencontrer Tenak. Malheureusement je ne peut pas converser plus longtemps avec toi, j'ai une tonne d'archives qui m'attend. Viens me voir à l'occasion, si tu à le temps.
-Avec plaisir.
Pavel lui fit un dernier signe de la main avant de continuer son chemin. Le jeune berger le regarda s'éloigner avant de se retourner vers Apolïncer. Celui était occupé a compter le contenue d'une bourse de cuivre, calculant à voix haute.
-Alors, tu ne peut pas regarder devant toi quand tu marche ? Fit il sans lever les yeux.

Tenak haussa les épaules, étant reparti dans ses pensées. Tout en réfléchissant, il reprit la route, essayant cette fois de faire attention où il avançait, ne voulant pas renouveler un accident avec une personne beaucoup moins agréable que ce Pavel. Il ne savait pas quoi, mais il trouvait que ce jeune homme avait quelques points communs frappants avec lui, peut être l'age...Mais ils se différenciait également de quelque chose. Si ce Pavel archivait pour la contrebande, il était certain qu'il savait donc lire, ce qui n'était pas le cas pour le jeune berger. Dans sa vie, il n'avait jamais vraiment eut besoin d'apprendre à lire, et en y pensant, il se demandait si c'était également le vas pour Jonathan.
Cette pensée le fit doucement glousser, un homme aussi sage et intelligent qui ne saurait pas lire serait certainement quelque chose de très comique. Il se promit de le lui demander dés qu'il le retrouverait.
Le jeune berger faillit cette fois renverser le contrebandier qui s'était arrêté devant une porte, en bronze et identique comme toutes les autres. Vue le temps qu'ils avaient mis pour arriver jusqu'ici, comment pourrait il un jour pouvoir se repérer dans ce dédalles de couloir, aussi efficaces qu'un labyrinthe ?
Apolïncer fit jouer la clef dans la serrure avant de l'ouvrir, sans délicatesse, du pied.
-Voilà, voilà. Alors si sa ne te convient pas, sache que tous les résidents ont des chambres identiques à la tienne.

La chambre de Tenak était bien plus grande que le petit salon de Jonathan. Elle comportait une table avec les instruments à thé, une cheminée, identique à celle de la salle où il fut interrogé, des chaises et des tables, et également une baignoire qui semblait faites à s'y méprendre en verre, puisque sa surface était transparente.
Comment pouvait il se plaindre alors que même la bergerie du vieux berger n'aurait pas suffit pour s'offrir une nuit dans ce type de chambre ?
Tenak se retourna vers le contrebandier d'un ½il soupçonneux.
-Pourquoi n'a tu pas trouvé une chambre plus prés de l'entrée ? Voulez tu m'en éloigner ?
-Mon cher Ten, je ne te cacherai rien. C'est exactement pour cette raison. Il vaux mieux que tu reste loin de la surface pour le moment, pour ta propre sécurité.
-Je suis donc captif, c'est sa ?
-Un bien grand mot. Oui et non, on vas dire que tu est retenue contre ton grés pour t'éloigner d'affaires que sont trop...et bien trop sombres.
-Mais pourra tu enfin m'expliquer ce qui se passe à la fin ? dit il sous le coup de la colère
-Je n'en suis pas encore sur moi même. Ne t'en fait pas, je sais ce qui se préoccupe. Pour cela nous te tiendrons régulièrement au courant, car je vais tenter de mettre également ton Jonathan à l'abri.
-Mais pourquoi ? Que se passe t'il ? Tout le monde semble le connaître, et à l'auberge je me suis retrouvé en compagnie de quatre ivrognes qui avaient tous l'air de savoir qui il est. Il n'y a que moi qui ne sais rien de lui !
-Calme toi Ten, tu me donne la migraine. Une bonne nuit de sommeil te fera du bien tu verra. Et demain tu sera aussi frais qu'un gardon. Ecoute...au pire dans deux jours tu est sorti d'ici...deux jours seulement.
Il lui montra deux doigts de sa main, comme pour insister. Tenak soupira de lassitude, il n'avait jamais été aussi fatigué de sa vie.
-Bon très bien...deux jours pas plus, et tu me tient au courant de tout ce qui se passe à l'extérieur.
-Ha la bonne heure, s'exclama Apolïncer. Tu deviens raisonnable ma parole. Dans ce cas je ne te dérange pas plus, tu à le choix de venir te restaurer ou rester dans ta chambre, dehors il doit être pas loin de midi.
-Je vais me reposer...
Avant que le contrebandier n'est put ouvrir la bouche, Tenak avait déjà refermé la porte.




Chapitre 5 Pierre des cinq lois

# Posté le mercredi 12 décembre 2007 13:20

Chapitre 6 Projet Alpha Zero

Chapitre Six
Compte à rebours !


Ce fut à l'aube du quatrième jour que nous décidâmes enfin de commencer la fabrication de notre radio. Celle-ci devait être divisée en plusieurs étapes : triage de nos objets pour pouvoir repérer ceux qui nous seraient utiles, décomposition de ces objets pour les mettre en pièces détachées, créer une structure intérieure, fournir les matériaux nécessaires pour la faire fonctionner, recréer un signal utilisable puis finir avec la structure extérieure. Autrement dit, beaucoup de travail nous attendait.
On accepta de mauvaise grâce mon aide, bien que ma présence fît fuir le groupe des rebelles à l'autre bout de la salle, comme s'il avait peur que je sois infecté d'une maladie virulente et contagieuse. Le tri fut sans doute la partie la plus aisée, les objets électroniques utilisables n'étant pas si courants dans notre tas. Tous les téléphones furent réquisitionnés, malgré les protestations de leur propriétaire.
Ce triage me permit de découvrir un premier allié : Hervé, l'homme à la moustache proéminente qui disait croire en mon innocence. Cela me jeta tout de même un léger froid car j'avais la nette impression de me trouver pris dans un manège infernal où je devais me trouver des amis si je ne voulais pas disparaître. Quant à Léïtia, elle avait repris du poil de la bête. Concentrée dans sa lecture, si la moindre personne avec de mauvaises intentions l'approchait, elle lui jetait un regard à faire froid dans le dos. Moi, son comportement me fit rire, comme si elle refusait qu'on la dérange. Cette attitude me fit presque penser à un chien qui grognait lorsqu'on s'approchait trop près de son os.
-Elle est amusante cette petite.
-Vous trouvez Erik ? Je ne veux pas vous contrarier...mais à moi, elle me fait un peu peur...Ne le prenez pas mal hein ?

Je ris de la remarque d'Hervé qui faisait tout pour m'éviter les commentaires détestables de nos camarades et était le plus agréable possible avec moi. De plus, ce technicien des services réseaux était une véritable source de renseignement pour tout ce qui concernait l'électronique. Il était sans doute notre seul appui pour mettre au point notre radio, l'avoir de mon coté était donc un sacré avantage.
-Vous savez, il suffit de la connaître pour savoir que ses airs agressifs sont justifiés. Elle a juste quelques problèmes pour dormir.
-Ah oui ? Comment le savez-vous ?
-J'ai parlé avec elle, elle fait quelques cauchemars qui la traumatisent beaucoup. C'est même moi qui lui ai conseillé de lire pour évacuer ses mauvaises pensées.
-Ca n'a pas l'air de marcher. Elle reste très...sauvage
-Détrompez vous, elle ne quitte plus son livre désormais.
-Pourquoi vous intéressez vous autant à elle ?
-Curiosité scientifique, de toute ma vie, j'ai rarement vue un esprit comme le sien. C'est une fille incroyable.
-Si vous le dites...Attention à ce que vous faites !
Je m'arrêtais sur place, gardant mes mains en suspensions et adoptant un air interdit. J'espérais ne pas avoir fait de bêtises avec le téléphone numérique que j'étais en train de désassembler de ses différents composants.
-Quoi ? Qui a-t-il ? J'ai fait quelque chose de mal ?
-Pas pour le moment. Répondit Hervé avec un petit sourire. Vous avez failli toucher une puce électronique.
-Et où est le problème ?
-Votre électricité statique va la faire griller. Ces petits bijoux sont extrêmement fragiles et se détruisent comme un rien si on ne fait pas attention. Attendez, je vous montre !

Hervé s'empara des sachets plastiques qui se trouvaient dans notre tas, on se demandait qui pouvait bien les avoir transportés avec lui, et s'en servit comme des gants, les appliquant sur sa peau tandis qu'il prenait délicatement le téléphone de mes mains. Un ongle situé de chaque coté de la fameuse puce, il commença à tirer le plus doucement possible, tirant les langues de la même façon que les peintres devant une toile de maître. Un déclic retentit, il me montra fièrement la minuscule puce qui ne devait pas être plus grande qu'un insecte.
-Je vois...Phénomène électrique, le plastique et le caoutchouc isolent l'électricité.
-Tout juste.
-Et en quoi est-t'elle si importante ?
-C'est un nouveau système utilisé sur les téléphones. Ce sont elles qui captent les signaux : elles sont très puissantes. Plus nous en aurons et plus nous aurons de chance de capter un signal extraordinairement lointain. C'est sa petite taille qui a pu entraîner la miniaturisation de nos téléphones.

A notre époque, les téléphones sont de simples petites plaquettes de l'épaisseur d'un carton. Mais une fois dépliés, ils possèdent un clavier numérique pour les numéros et un second pour les lettres. Les tout nouveaux modèles ont la possibilité de voir des options rajoutés comme une mini télévision, un lecteur de carte de crédit et un traducteur.
-Je vois...construire une radio m'a l'air plus délicat que prévus finalement.
-Ah mais rien n'est simple dans la vie.
J'acquiesçais en silence, regardant tous les autres détenus qui, fautes de pouvoir aider, vaquaient à leurs petites affaires. Généralement des discussions animées entre groupes. Mais je préférais ne pas trop poser mon regard sur eux, car je n'aimais pas les leur lorsqu'ils m'apercevaient. Je soupirais, comme le disait Hervé, rien n'est simple dans la vie...

Un dernier soupir, un dernier tressautement de poitrine et il s'immobilisa à jamais. Il était si facile de prendre une vie, de la sentir palpiter entre ses mains, juste avant qu'elle ne s'éteigne comme la flamme d'une bougie. Elle regarda le corps sans vie de l'homme qui avait tenté de la tuer quelques secondes auparavant. Oui, il avait tenté, mais il n'avait pas réussi, il n'aurait jamais pu réussir.
Elle regarda également ses mains couvertes de sang. Oui, cela avait été si facile...et tous ses ennemis connaîtraient exactement le même sort. Mais il était hors de question de s'attarder plus longtemps ici, même les bonnes choses avaient une fin.
Elle se baissa, ouvrant lentement les doigts du défunt soldat qui tenait son colt. Elle ne ferait pas la même erreur que lui, aussi ouvrit-elle les pochettes de sa ceinture. Une fois l'arme chargée, elle retira la ceinture pour ensuite la mettre autour de sa propre taille, le cuir sur sa peau nue la gênant terriblement. Il fallait vraiment qu'elle trouve de nouveaux vêtements, ce gilet ensanglanté, qui ne parvenait d'ailleurs à recouvrir qu'une partie de sa nudité, n'était pas du tout adapté.
Elle laissa le cadavre à l'abandon, qui finirait sans doute dévoré par les flammes de la station en péril, et poursuivit son exploration. Plus elle s'éloignait de la salle où se trouvait sa cuve, et plus elle arpentait des couloirs qui lui étaient inconnus. Il faut dire qu'elle ne connaissait vraiment rien de cet endroit. Sur sa droite, une porte attira son attention, portant une inscription sur toute sa surface : « Projet Alpha Zéro ».


-Que faites-vous les passagers ? Du bricolage ? Curieuse activité, et surtout assez louche !
La voix du soldat qui résonnait dans la pièce nous fit tous sursauter. Personne ne s'attendait à le voir débarquer car tout le monde était normalement passé à l'interrogatoire. Voir son regard se poser sur nos pièces détachées était quelque chose de réellement effrayant, comme si nous sentions que tout était fini pour nous.
-M'enfin, je me moque de ce que vous trafiquez, ça m'intéresse pas ! Où est l'autre gamine qui est la dernière à être passée ? Elle doit retourner voir le chef.
J'intervenais aussitôt, profitant de l'occasion pour nous débarrasser le plus rapidement possible de lui.
-Elle dort, ça ne peut pas attendre un peu ?
-Qui t'as dit qu'on pouvait négocier les ordres ? Soit tu la réveilles, soit c'est moi qui le fais, et elle ne va pas apprécier du tout !
Malgré toutes les choses qu'on reprochait à Léïtia, la plupart des personnes grognèrent d'indignation face à ce manque d'humanité. Ne pas laisser se reposer une jeune fille de quatorze ans ! Où va le monde ?
Je me levai, reposant mes pièces par terre, et me dirigeai vers Léïtia qui dormait profondément, serrant son livre contre son c½ur. Comment allai-je la réveiller ? Des murmures ? La pincer ? Je me contentais de la secouer doucement, alors qu'elle ouvrit presque aussitôt les yeux.
-Euh...excuse moi de te réveiller mais...tu sais...
Du charabia ! Et pourtant, après que ses yeux se soient posés sur le soldat qui attendait impatiemment, elle se leva, se dirigeant à petites enjambées vers celui-ci. C'était curieux comme elle comprenait vite...
Avant que l'homme armé n'ai fermé la porte, il se tourna une dernière fois vers nous.
-Et faites moins de bruit, les passagers ! Sinon, je vais vous dresser à coups de fouet comme des animaux ! Avec moi, je vous promets que ça ne va pas traîner, je vous le garantis !
-Monstre ! hurla une vielle femme qui serra son fils contre elle.

Le terroriste lui lança un regard assassin avant de claquer la porte métallique derrière lui. Aussitôt, des soupirs de soulagement résonnèrent un peu partout dans notre prison. Il faut dire que nous venions d'avoir une sacrée frousse. Jordan en profita même pour attaquer.
-C'est de votre faute ! Vous faites trop de bruit ! A travailler comme ça, nous allons finir par nous faire tuer par ces types ! En plus rien ne dit que votre radio marchera !
-C'est toujours ceux qui parlent le plus qui en font le moins...murmura Hervé.
-Et puis ils lui veulent quoi ? Elle est déjà passée je pense, non ? Je vous l'avais bien dit que c'était une de leur complice !
-C'est quoi votre but personnel, Jordan ? Vous voulez provoquer une zizanie générale ? Au fond, vous n'aimez pas les enfants, c'est cela ?
-Répète ça un peu pour voir, le médecin !
Je ricanais bêtement en entendant sa remarque. Je n'avais nullement envie de me battre, je pense que le nez de ce pauvre homme avait déjà bien trop souffert. Mais j'étais inquiet. Le terroriste nous avait bien vu en train de démonter les appareils électriques. Pourtant, à part nous critiquer et menacer, il n'avait fait aucun geste pour nous confisquer le matériel. Je fis part de mes remarques à l'assemblée.
-Peut-être qu'il est tout simplement bête, déclara un jeune adolescent.
-Ne dis pas ce genre de chose, Rémi ! répondit aussitôt sa mère.
-Je pense surtout qu'il nous croit incapables de fabriquer la moindre chose qui pourrait nous être utile. Remarquez, avec ce qu'on a et sans outils...
-Ça marchera, je vous promets que ça marchera !
-Nous vous faisons confiance, Hervé.

Oui, nous lui faisions tous confiance car nous n'avions tout simplement pas le choix. Il était le pilier central de notre espoir. Sans lui, nous nous serions déjà laissés aller vers notre destin. Mais peut-être que les terroristes avaient l'intention de nous relâcher une fois qu'ils n'auraient plus besoin de nous...Déjà quatre jours et cela représentait presque quatre mois pour tout le monde.
Nous mîmes plus de temps que prévu pour le désassemblage et beaucoup d'entre nous se retrouvèrent avec les mains abimées. Mais le résultat fut satisfaisant car Hervé nous annonça que nous avions tous les éléments nécessaires pour construire une radio rudimentaire. De plus, nous avions une vingtaine de puces électroniques, une bonne pêche en quelque sorte.
Ce qui m'inquiétait, c'était la raison pour laquelle Macgallan avait rappelé Léïtia à lui. Avait-elle fait quelque chose de mal ? Ou bien voulait-il se servir d'elle pour une raison bien personnelle ? Cette fille m'inquiétait. D'une façon ou d'une autre, elle attirait vers elle toutes les attentions, bonnes ou mauvaises. Mais je n'avais que peu de temps pour réfléchir à ça, bien trop absorbé par le travail.
La phase trois pouvait commencer, mais nous dûmes d'abord attendre les explications d'Hervé car nous nagions tous dans des eaux troubles. Ce fut lui qui assembla les quatre petits piliers centraux qui nous permettraient d'avoir la base de notre radio de secours. Sans lui, cela aurait été tout simplement impossible.
-Voilaaaaaaa...les tubes de rouge à lèvres, pour maintenir l'ensemble, sont parfaits, cela me paraît très solide. Et la boîte de maquillage permettra de faire tenir l'ensemble de la structure intérieure.
-Mon rouge à lèvres spéciale Séduction...
-Enfin Madame, c'est pour que nous puissions sortir de ce trou à rat !
-Je sais bien...mais quant même...
Ce n'est pas facile de consoler une femme qui vient de perdre son bien le plus précieux. C'était à croire qu'elle y tenait plus qu'à sa propre vie. Moi je fus tout de même satisfait d'apprendre que mon cube holographique ne pourrait pas servir. Ce n'était pas qu'il était indispensable, mais c'était un cadeau, pour mon travail. J'y tenais vraiment beaucoup.
-Et maintenant qu'on a la base, que fait on ?
-Il faut créer une carte mère qui permettra de recueillir tous les composants électriques nécessaires.
-De quoi parlez-vous ? Je m'y connais suffisamment pour savoir que même les ordinateurs n'utilisent plus de carte mère. Ca peut vraiment marcher ?
-En temps normal, cela reste une technologie datant de près de cent ans. Mais nous n'avons pas le matériel nécessaire pour pouvoir créer ce que nous utilisons dans l'unité centrale de nos ordinateurs.

Plusieurs personnes se regardèrent, dépitées. J'avais toujours eu des lacunes en technologie, et l'électronique était un élément qui m'était inconnu. Mais là, c'est une autre langue qu'Hervé parlait.
-Mais expliquez vous, enfin ! Que faire pour fabriquer cette carte mère dont vous parlez ?
-Il nous faut relier tous les composants inutilisables de tous nos appareils électriques. C'est sûrement le passage le plus délicat.
Sans m'en rendre compte, je me rongeai les ongles. Notre situation me fit penser aux hommes préhistoriques s'émerveillant de l'apparition du feu. J'avais presque l'impression que nous revenions à la préhistoire. Est ce qu'un pareil bidule pouvait vraiment fonctionner ?
Pour la troisième phase, je me laissais totalement guider par Hervé, qui me répétait que mon travail était très bon. Moi j'en doutais sérieusement, ne sachant pas si le résultat final devait vraiment ressembler à cela.
Si nous résumions, nous avons repris les protections métalliques des téléphones et les avons maintenus entre eux en les tordant. Le reste des composants électriques posés dessus permettrait de recueillir tout ce qui pourrait faire fonctionner notre radio.
Je ne sais pas si vous parvenez à suivre, car moi-même j'avais énormément de difficultés à comprendre ce que je faisais. Ah, que mon travail tranquille me manquait. Mes nuits blanches à regarder mes hologrammes, mon café du matin, les réprimandes de mon patron, et même la secrétaire aux lunettes de hibou. Comme quoi, c'était souvent les choses les plus ridicules qui faisaient qu'une vie était attrayante.
Le soldat nous avait bien surpris tout à l'heure. Pour éviter que cela ne se reproduise, une personne ou deux faisaient régulièrement la vigie, collant son oreille contre la paroi de la porte. Elle s'exclamait aussitôt dès que du bruit résonnait dans le couloir, faisant aussitôt cesser nos activités. Petit à petit, notre résistance face aux terroristes se faisait de plus en plus importante et je me demandai si les autres passagers enfermés faisaient également la même chose.

Notre travail sur cette maudite carte mère dura sûrement plus de deux heures, d'après moi. Mes courbatures commençaient à partir de mes épaules et finissaient vers le bout des doigts, s'attaquant en même temps à mon dos. Et je n'étais pas le seul à être endoloris. Presque toutes les personnes ayant participé à notre projet se trouvaient dans le même état.
-Pause pour tout le monde...s'exclama Hervé. Je crois que l'on en a assez fait pour le moment...
Une femme que je connaissais sous le nom d'Inès Clermont s'effondra à coté de moi, soufflant sur ses doigts meurtris.
-Le cuisinier devait bientôt arriver. Je crois que je n'aurai même pas le courage de prendre ma cuillère en main. En plus, je pense que je me suis coupée.
-Montrez-moi ça.
Je pris délicatement les mains tremblantes d'Inès, l'obligeant gentiment à les rouvrir. Ses paumes étaient rougies par l'effort et un filet de sang coulait le long de son annulaire gauche.
-C'est le métal, il faut faire attention ça peut être coupant.
-Ça va s'infecter ?
-Je ne pense pas. Désolé mais je n'ai pas de pansements sur moi. Humectez souvent votre doigt, cela aidera à cicatriser rapidement. Si cela s'infecte, j'improviserai.
-Merci...
-Ne me remerciez pas, je n'ai rien fait. Par contre, je vous déconseille de remanier le métal, vous risquez de vous faire très mal.
Elle acquiesça silencieusement, comme si elle hésitait encore à rester en ma compagnie. Manifestement, mon petit spectacle d'hier était encore suffisamment incrusté dans la mémoire de mes camarades de cellule.
Je frottais mes mains, soufflant dessus pour me faire oublier mes propres irritations. Je n'étais pas réputé pour avoir des doigts de fée, mais là c'était un comble.

Le grincement si familier à nos oreilles résonna dans toute la salle. Le repas ? Pas vraiment non. L'homme au caractère de fauve entra, suivi de deux autres de ses acolytes qui traînaient Léïtia. On aurait dit que plus rien ne bougeait, aucun son ne se faisait entendre. Seule cette scène était visible. Les deux hommes jetèrent la jeune fille dans notre cellule, alors qu'elle tombait mollement sur le sol, face contre terre et les yeux fermés. Mais que s'était il passé ?
-Que...que lui avez vous fait ?
Le soldat me regarda intensément et cracha au sol, rajustant correctement la lanière qui tenait son fusil sur son épaule.
-Rien qu'elle ne méritait pas ! Ca lui apprendra à montrer les crocs à cette lionne !
-Mais...c'est une enfant ! Vous n'avez pas le droit de faire ça !
-Tu te prends pour qui à faire ta grande gueule ? Ici, c'est nous qui faisons la loi, compris ? Si on le veut, on peut vous piétiner comme de misérables fourmis !
Mes cheveux se dressèrent sur ma tête. Au fond, il avait raison, s'il n'avait pas reçu des ordres de son supérieur pour nous garder en vie, dieu seul sait ce qu'il aurait pu faire de nous.
-Bon, la grande gueule, t'as fais le malin ! Alors c'est toi qui vas la remplacer !
-La remplacer ? La remplacer pourquoi ? Vous allez aussi me torturer ?
J'eus la nausée. Il était hors de question que je les suive pour cela. Déjà je me traînais sur le sol pour m'éloigner le plus possible de cet individu. Tous les passagers se réunirent, formant une masse noire comme pour me protéger. Les seules personnes visibles dans cette salle étaient l'homme et ses deux acolytes, ainsi que la pauvre Léïtia qui se trouvait toujours sur le sol. Petite silhouette féminine, mon gilet bleu glissait sur ses épaules, signe bien distinctif qu'elle venait d'être malmenée.
Vous connaissez le système de défense que les éléphants ont adopté pour protéger leurs petits et qui consistait à se mettre en cercle autour de leurs protégés ? Nous faisions un peu la même chose en ce moment. C'était étrange comme n'importe quels êtres peuvent s'allier pour faire face à une menace.
-On ne peut rien te faire si on en a pas reçu les ordres ! Donc t'es encore sous la protection de Macgallan tant que tu feras ce qu'il te dit. En plus t'as de la chance, il t'a réservé une place dans son c½ur !
Seigneur, c'était beaucoup trop d'honneur. Je regardai les différents visages autour de moi, essayant de trouver une aide quelconque. Que faire ? D'un simple signe de tête, tous me conseillent d'aller de l'avant, que rien ne m'arriverait. Mais ces simples signes de tête prouvaient qu'ils étaient tous...presque tous avec moi.
Je me levai avec difficulté, avant de me diriger d'un pas lourd vers nos bourreaux. Je passai à côté du corps de Léïtia et ne pus m'empêcher de m'agenouiller près d'elle. Mais aussitôt, l'un des gardes me rappela à l'ordre.

-Laisse la comme ça. Nous avons déjà assez perdu de temps.
-Mais sa vie n'est pas en danger, j'espère ?
-J'ai dit laisse la comme ça ! Tu te lèves et tu nous suis !
Que répondre face à une telle autorité ? Je me levai donc, accordant un dernier regard à la jeune fille avant de les suivre hors de la salle, tandis que la porte claquait derrière moi. Pour la première fois, l'atmosphère froide et étouffante à la fois de ma geôle me manquait atrocement. Qu'avait pu faire Léïtia pour mériter un tel traitement ? C'était inhumain !
Je traversai pour la seconde fois les longs couloirs sombres de cet endroit sans fenêtres, uniquement constitués uniquement de portes chiffrées. Je suivais l'homme menaçant devant moi alors que mes arrières étaient encadrés par les deux autres. Insupportable escorte, je dois dire. Je savais que ce n'était pas le moment de parler, mais je tentai quant même le coup.
-Que lui avez-vous fait ?
-De quoi ?
-La fille...Que s'est-il passé ? Que lui avez-vous fait ?
-Électrochoc dans les dents. Elle a dû le sentir passer cette garce ! Ça lui apprendra, tient !
-El...Électrochoc ? Mais...c'est une petite fille ! Pourquoi lui avoir fait ça ?
Le soldat ricana, remettant correctement son horrible béret sur la tête. Personnellement, je ne voyais vraiment pas ce qu'il y avait de drôle, ma question était on ne peut plus naturelle.
-Tiens, tu t'intéresses à elle maintenant ? C'est ta fille peut-être ?
-Même si c'était ma fille, vous ne me répondriez pas ! Je me trompe ?
-Mine de rien, il y en a dans cette petite tête velue. On sort la lionne de sa cage et elle montre les crocs ! Dans ces moments-là, un bon coup de fouet est parfois nécessaire. Présente lui une pièce de viande, et elle fera le gros dos.
-Et je risque pareil moi aussi ?
-Elle a voulu faire la rebelle, elle a récolté le résultat. Toi, t'es un privilégié. Tu as une place plus importante et tu peux être utile. Même si j'aime pas ta tête, je suis forcé de le reconnaître.
Il leva une main, nous forçant à nous arrêter alors qu'il se retournait vers moi. Un affreux sourire apparut sur le coin de ses lèvres, découvrant quelques une de ses dents jaunies.
-C'est simple, tu as le choix. Je sais ce que vous complotez et franchement je m'en fiche, tout est prévu pour palier n'importe qu'elle tentative d'évasion. En plus simple, vous êtes seuls.

Je frissonnais, ce personnage me fichait une trouille incomparable. Je le regardai sans ciller alors qu'il levait un sourcil, découvrant un peu plus ses longues canines.
-Comme je dis, t'as le choix, le médecin. Alors ? Dois je t'appeler le passager ou camarade ? Fais pencher la parole du bon coté, conseil d'expert.
-Nous verrons cela en temps voulu...Camarade !
Ma phrase était ironique, bien entendu, et il s'en rendit aussitôt compte. L'homme éclata d'un rire gras, faisant osciller ses épaules massives. J'étais un phénomène de foire pour qu'ils se moquent tous ainsi de moi ou quoi ? Un des hommes derrière moi s'exclama.
-Il avait raison Macgallan, ce type est vraiment très amusant.
-Oui, ça s'est sûr ! Mais fais le malin une fois de trop, et je te jure que je ne te raterai pas !
-Soit sûr que je m'en souviendrai...
Je lus l'insigne sur sa tunique noire. Un signe en forme de lion avec une inscription...
-...Officier Macgrégor !
Avec un dernier ricanement, Macgrégor pivota de nouveau et nous reprîmes notre marche incertaine dans ce couloir à sens unique. Macgrégor...moi je te jure de retenir ce nom car, le jour où j'en aurai l'occasion, si ce jour arrive, moi aussi je ne te raterai pas !
Nous débouchâmes devant la fameuse porte du chef. Quel accueil me réserverait-il cette fois ? Avec l'attitude que Léïtia semblait avoir eu, je m'attendais à ce que l'accueil soit froid. L'homme en face de moi ouvrit la porte et m'incita à rentrer. Pour la seconde fois, je découvrais le visage chauve et le regard d'aigle de Macgallan. Celui-ci était en train de prendre des notes sur une feuille de papier bleu.
Sans même accorder un regard à ma personne, il me désigna la chaise d'un simple signe de tête. Je voyais ses traits légèrement crispés, résultat d'une colère passagère. Je l'observais ainsi, n'ayant rien d'autre à faire, et lui, continuait à noter ses petites phrases. C'était...agaçant.

Après un temps qui me parut interminable, il releva la tête. Ses yeux s'agrandirent d'étonnement en me voyant et il se détendit enfin. S'était il douté que c'était moi que ses hommes allaient amener ? Apparemment non.
-Monsieur Von Dumm ! Quel véritable plaisir de vous revoir !
-Un plaisir qui est partagé.
Bien entendu, c'était un affreux mensonge.
-En vérité, je suis bien content de vous voir. Vous êtes un homme responsable dont j'ai véritablement besoin et...
-Sans vouloir être grossier en vous interrompant de la sorte, que s'est-il passé avec la fille qui est venue vous voir tout à l'heure ?
Son visage se rembrunit aussitôt. Avec cette expression de visage, je pus compter trois rides sur son front. Je pense que ce n'était ni la question à poser ni le bon moment.
-Vous vous êtes tous donné le mot, ma parole ! Enfin peu importe, les questions plus tard ! Suivez- moi !
Je me pinçais la lèvre. Notre « amitié » s'était-elle envolée en moins de trois millisecondes ? Au fond, cela me soulageait en partie. De plus, je n'avais pas envie qu'il renouvelle sa proposition de recrutement.
Je me levai en même temps que lui et me dirigeai vers le fond de la pièce. Ce n'est que maintenant que je remarquai la caméra, le micro, la chaise et l'écran tout au fond de la salle qui avaient été rajoutés depuis ma première visite. A quoi pouvait bien servir ce matériel assez rudimentaire ?
Trois autres hommes se trouvaient également dans le coin de cette pièce, pianotant sur des claviers électroniques transparents, des écouteurs sur les oreilles.

-Asseyez vous là !
Je m'exécutais, un peu inquiet.
-Maintenant regardez la caméra !
-Que...
-Souriez, vous êtes filmé !
J'avais déjà entendu cette phrase dans les films comiques. Le héros a qui on disait cela avait toujours un air assez bizarre, prouvant qu'il ne comprenait pas à ce qui lui arrivait. Il se passait la même chose avec moi.
S'approchant juste à côté de moi, Macgallan s'empara du micro et fit un signe de tête à l'un des opérateurs qui appuya sur un bouton. Alors, il parla d'une voix forte.
-Ici le Général Macgallan des forces spéciales rouges. Je constate avec un certain agacement que mes ordres n'ont pas été respectés à la lettre.
Aussitôt, une seconde voix, plus aigue et attaquée par des parasites lui répondit. Je ne me sentais pas du tout à l'aise dans mes chaussures. J'aurais voulu me faire tout petit et disparaître dans le coin le plus reculé de l'univers.
-Nous maintiendrons notre menace tant que vous n'aurez pas cessé toutes activités. Nous vous rappelons pour la cinquième fois que si vous ne vous êtes pas rendu d'ici une semaine, nous lancerons notre première attaque à midi pile.
-Vous mettez la vie des otages en jeu, capitaine ! Je vous rappelle à mon tour que cela représente plus de huit cents passagers, hotesses de l'air et pilotes compris. Nous n'hésiterons pas à notre tour à lancer un ultimatum si vous n'obéissez pas.
-Général Macgallan, vos otages ne sont sans doute que pure facétie ! Je veux la preuve imminente que ce que vous insinuez est vrai ! Chose que vous nous avez promis il a déjà un quart d'heure.

Le Général se tourna vers moi avec un mauvais sourire. C'était donc ça ! Léïtia avait refusé de dire quoi que ce soit pour prouver que nous étions bien présent. Cela ne m'étonnait pas d'elle, mais qu'elle folie de se comporter d'une telle façon face à des terroristes !
-A vous de jouer, Von Dumm. Et surtout...ne me décevez pas.
Que devais-je dire ? Ne me déçois pas...c'est vite dit ça, il me tendait le micro sans aucune explication.
La caméra s'activa, tandis que je voyais ma propre image apparaître sur l'écran géant. J'entendais facilement quelques chuchotements, brouillés en partie par les parasites. Bon...puisque je devais dire quelque chose, autant se lancer.
-Bonjour...
On avait vu mieux comme approche. Les chuchotements s'étaient tus, comme si tout le monde m'écoutait.
-Je m'appelle Erik Von Dumm...j'ai vingt deux ans et...je suis chercheur...enfin, médecin chercheur...Voilà...je suis détenu depuis maintenant quatre jours...et...
-Erik, est ce que vous allez bien ?
-Euh...oui très bien...
-Souffrez-vous de malnutrition ou de faiblesse ?
-Je...non pas du tout...
-Agissez vous sous la torture ? Avez vous été la cible d'acte de violence et de barbarie ?
C'était quoi ces questions ? Une goutte de sueur perla le long de mon front, alors que j'avais de plus en plus de mal à répondre à ces questions pourtant faciles.
-Non non...
-Les autres otages vont-ils bien ?

Aussitôt, le général s'empara du micro, redevenant en un clin d'½il le maître de la discussion. Moi je sentais que je transpirais fortement.
-Votre preuve vous convient t'elle, capitaine? Maintenant vous allez évacuer vos troupes spatiales hors du champ de Callisto et de la station Alpha Zéro, ou bien j'exécute l'otage ! Vous avez deux heures !
Aussitôt dit, le général coupa net la transmission avant de se tourner vers moi avec un petit sourire. Moi, je me contentais de lever la tête pour le regarder, sans vraiment lui rendre son sourire. Je ne sais pas pour vous, mais c'était la première fois que l'on menaçait de me mettre à mort, alors mes pensées étaient assez...vagues je dois dire.
-C'était parfait. Von Dumm, votre coopération nous fera beaucoup avancer. J'espère vraiment que vous aurez la possibilité de nous rejoindre.
-Alors...vous ne mettrez jamais votre menace à exécution, gé...gé...général ?
-Mais bien sûr que si ! Nous devons prouver à l'univers tout entier que nous oeuvrons pour le futur et que nous ne sommes pas de simples plaisantins ! Je suis au regret de vous dire que si mes menaces ne sont pas prises au sérieux, dans trois heures vous passerez au fil de l'épée. Mais reprenez confiance en vous, Von Dumm. Votre sacrifice ne sera pas vain, j'en suis sûr.
Son sourire était vraiment énervant...Toute cette comédie devenait véritablement agaçante. Ce n'était pas de la peur que je ressentais, mais de la colère. Pourquoi de la colère ? Bonne question, moi-même, je ne le savais pas puisque c'était, comme je vous l'avais déjà dit, la première fois que l'on me menaçait de me tuer.
-Vous...êtes...complètement fou...général !

J'articulais bien chaque mot pour bien lui faire comprendre que je ne partageais pas la même opinion que lui sur le sacrifice idéal. D'ailleurs je n'avais même pas envie de parler de sacrifice, plutôt de barbarie et de mort inutile. Mais enfin, nous ne sommes plus au temps des aztèques bon sang !
Le teint de Macgallan pâlit avant de passer au rouge foncé. Je crois bien avoir dit une bêtise, mais je m'en moquais complètement. Il leva la main droite et claqua des doigts. Aussitôt, les trois hommes restés en retrait se précipitèrent vers le chef et se mirent au garde-à-vous.
-Lieutenant Macgrégor ! Ramenez l'otage à sa cellule ! Si à 5h30 la menace est toujours présente au-dessus de nos têtes, ramenez-le-moi pour que nous puissions montrer au monde...QUE LA HORDE VAINCRA !
-LA HORDE VAINCRA ! scandèrent en choeur les terroristes.
Deux des trois hommes s'emparèrent chacun leur tour d'un de mes bras avant que le troisième ne mène la marche. La seule phrase qui sortit de sa bouche fut tout simplement pour me narguer
-On peut dire que tu auras été privilégié mon gars !
Silence complet. À quoi bon répondre ? Je me laissai presque traîner, ces brutes me soulevaient presque du sol avec leur bras épais aux muscles massifs. L'avantage de cette entrevue était que je savais à présent le nom du groupe qui était à l'origine de tous mes problèmes...la Horde.
Macgrégor ouvrit la porte d'un simple coup de pied après l'avoir déverrouillée à l'aide d'une carte magnétique d'accès. Ce fut sans ménagement qu'ils me jetèrent la tête la première dans la salle, alors que je mettais mes mains devant mon visage pour amortir le choc.
À peine eus-je le temps de me relever que ce maudit Jordan passa à l'attaque d'un ton narquois.
-Le médecin est revenu, on dirait. Alors cette entrevue ? Ils ne vous ont pas encore accepté parmi eux ?
Je me relevai péniblement et fis face à Jordan avant de m'approcher d'un pas lourd. Peut-être craignait-il pour son nez qui avait toujours une drôle de forme, mais je ne fis rien. Au contraire, je lui tendis la main avec un sourire faux.

-Bien joué, vous aviez vu juste depuis le début, mon grand. Mais comment avez-vous deviné ? Vous êtes un petit malin au fond, un vrai singe n'est-ce pas ?
-Qu'êtes-vous en train de nous chanter, là ?
Hervé s'approcha à son tour, inquiet. Il faut dire que je devais faire une drôle de tête. Plusieurs personnes me regardaient étrangement tandis que d'autre n'osaient même pas lever les yeux sur moi.
-Erik...que s'est il passé ? Ils vous ont aussi torturé ?
-Mais non, voyons. Tout va bien, je suis au mieux de ma forme. Ah si, j'oubliais. En fait, Macgallan m'aime tellement qu'il va même me sacrifier pour la bonne cause. Vous vous rendez compte ? Dans trois heures, je vais sûrement y passer, n'est-ce pas merveilleux ?
Je frappai dans mes mains comme un enfant en gardant toujours mon sourire de fou. Avec une grimace de dégoût, Jordan recula. Mais il était hors de question pour moi de m'arrêter en si bon chemin. Tous mes agacements, toutes mes pensées gardées en moi, tout cela mélangé ressortait enfin de mon cerveau avec une puissance décuplée. Je découvrais la colère et la haine pour de bon.
-Qu'est ce que je peux en avoir marre de tout ça ! Il s'en est fallu d'un simple petit moment de bonheur pour que tout bascule : ma mutation ratée, mon enlèvement etc...mais ça, tout le monde l'a vécut dans cette salle. Tout le monde n'a pas tout le monde sur le dos ! Ah mais j'ai une véritable tête de terroriste moi hein ? J'ai tout fait pour mériter ça n'est-ce pas ? Je ne suis pas croyant, mais peut être que toutes les divinités qui peuvent exister en ont après moi !
-Erik...il faut vous calmer.
Malgré les supplications de mon nouvel ami, je continuai de tempêter pendant plusieurs minutes. Quand je fus en sueur et fatigué, je me laissai tomber sur le sol, anéanti.
-Je vous ai gardé un bol de soupe...ça va vous calmer...vous verrez, ça se passera très bien...rien ne va vous arriver, ils ne mettront pas leur menace à exécution.
Je soupirai. Oui évidemment...c'était gentil de sa part en tout cas. Je bus une gorgée de mon breuvage avant de tirer la langue. Chic, de la soupe froide ! C'était parfait !

-Bon...nous allons finir la radio au plus vite. En attendant, reposez vous Erik. Il ne nous reste plus grand chose à faire.
-Ça ne servira à...
-Ça marchera, vous verrez.
Je soupirai fortement, buvant d'une traite ce qu'il restait de ma soupe. En relevant les yeux, j'aperçus Léïtia au fond de la salle, son livre ouvert sur ses genoux. Mais c'était moi qu'elle regardait. Elle m'observait ainsi longuement, comme si elle n'avait aucune séquelle. Son regard bleu était profond, compréhensif mais surtout gênant et envoûtant.
C'est à cet instant que je sus que cette fille n'était pas normale...




Chapitre 6 Projet Alpha Zero

# Posté le vendredi 14 décembre 2007 12:53

Ma vie : surnoms

Ma vie : surnoms
Aaaah, une bonne soupe, un bon bain chaud et ensuite je me remets à la rédaction de mon ouvrage! Je me souviens, lorsque j'étais encore petit...j'étais un enfant innocent, toujours le sourire aux lèvres et s'amusant de tout. C'était il y a peu, avant que le démon de l'écriture ne vienne poser ses griffes sur la pauvre personne que j'étais!

En plus, je ne vais pas passer mon temps à parler littérature! Cela va probablement vous ennuyer ^_^. De plus, ma vie ne se limite pas simplement à ça! Disons que l'écriture est un monde que je me suis créé. Un monde qui n'appartient qu'à moi mais que j'aimerais fairecouvrir aux autres: tel est le but de ce blog. Pour ma part, je ne suis pas aussi étrange que je pourrais le laisser croire. Et oui, je peux également avoir mes propres délires avec mes amis, comme ce pseudo par exemple, inventé par Apo lui même (cité dans un article précédent). Comment l'a t'il trouvé? Je ne sais pas...peut être parceque ça rimait!

Papy est également un autre surnom donné par une personne trés...spéciale on va dire. Je pense qu'il a été inventé pour une blague...mais quoiqu'il en soit, c'est un surnom qui est resté, au lycée. Vous trouvez vraiment que j'ai une tête de papy? Mes cousines pensent que non...enfin peu importe, je ne suis plus à ça près! Au fait, et si vous pouviez me parler de vous? Voyons voir comment vous vous débrouillé à l'écrit: En un seul commentaire, essayez de vous décrire sur un plan d'ensemble général, soit votre caractère, vos envies, vos bon et mauvais coté et même vos phobies s'il y en a.

Je ne sais que je n'aie dévoilé que peu de choses sur moi, mais c'est comme pour un livre: je déteste tout dévoiler en une seule fois ^_^

# Posté le dimanche 16 décembre 2007 15:02

Modifié le lundi 24 décembre 2007 04:31