Bonne année

Bonne année
Arf...je joue de malchance depuis le début de cette semaine...problème d'IP et impossible de le régler! Heureusement que mon frère arrive, tel un sauveur tout droit sortit des cieux pour venir me pter le sien (d'ordinateur). Voila la vie trépidante et amusante qui est la mienne! Je crois que je devrais penser à mettre mon histoire sur écrit...elle se venderait pas millier...que dis-je...PAR MILLIONS
!

Ouf, ça me calme d'avoir dit ça tout d'un coup! Bon, aprés avoir jeté aux ordures quelques idées de projets que j'avais commencé, j'ai eut un nouvel éclair! Ce n'est encore qu'une simple idée, mais je pense que cette fois-ci, elle pourra tenir la route. D'un autre coté, je continue trés doucement la rédaction de la pierre des cinq lois dont je ne pense pas voir le bout avant un petit moment. J'en profite pour vous dire que s'il y a quelque chose que vous n'avez pas compris dans mes deux histoires, n'hésitez surtout pas à m'en faire part sur cet article. Ce sera avec plaisir que je vous répondrai. Allez, je ne mords pas! Enfin...presque pas...


Mais j'y pense, nous sommes le mercredi 2! Je vous souhaite à tous une bonne année...avec un jour de retard. Vous me direz que c'est l'intention qui compte et peu importe le retard...et bien je suis tout à fait d'accords avec vous! Et si vous me parlez de vos bonne solution que s'annonce riche en...en...en beaucoup de choses? Pour ma part, je promets de finir "la pierre des cinq lois" avant la fin de l'année scolaire! ah si si, c'est promis! Bon c'est deja pas mal pour moi...alors maintenant à vos claviers
!

# Posté le mercredi 02 janvier 2008 14:51

Modifié le mercredi 02 janvier 2008 16:40

Chapitre 8 Pierre des cinq lois

Chapitre 8

À cette distance, la glorieuse ville de Shihab faisait bien pale figure. Au dessus de hautes murailles, presque hors de vue, seul le toit des plus hauts bâtiments était visible pour laisser deviner une cité d'une certain importance.
La forêt des esprits était étrangement animée par un vent soudain qui provoquait le bruissement des arbres et par les galops des gros animaux qui couraient se réfugier en quête d'un abri. Un buisson se balança rapidement de droite à gauche, provoquant la chute d'une multitude de petites feuilles mortes. Un bruit sourd se fit entendre puis Apolïncer émergea de la végétation, roulant sur le sol avant de se redresser pour pouvoir s'éloigner rapidement de la foret.
Il respira à pleins poumons un air qui lui semblait très frais tandis que le jeune berger sortait de l'orée du bois à son tour d'un pas beaucoup plus assuré. Il se campa au coté du contrebandier qui faisait de grands mouvements circulaires avec les bras comme pour irriguer le sang de ses membres supérieurs.
-Et bien, pas fâché d'être sorti d'ici. Je pensais que ça mettrait beaucoup moins de temps que prévu. Cette forêt est décidément très louche, je ne suis pas prêt d'y retourner.
-Si tu le dis. Mais ça n'était pas si terrible que ça, dit Tenak d'un ton neutre. Qu'est ce qui t'effraye à ce point par ici.
-Un souvenir d'enfance...répondit il, le regard rêveur et lointain. On fera la causette sur le chemin. Regarde, Shihab est déjà visible et il doit nous rester quelques heures de marche encore. De plus, le temps semble se lever.
Tenak avança de quelques pas et mit ses mains en visière pour pouvoir mieux observer les contours de la cité.
-Il est étrange que nous soyons sortis si prés de Shihab alors que les cartes disent que cette ville est à une centaine de kilomètres en partant de Tanempa.
-Tu nous as fait prendre un sacré raccourci il faut dire. Ne soyons pas négatif, Ten, c'est plutôt une bonne chose après tout, non ? Bon, ne perdons pas de temps. J'ai moi même quelques petites choses à régler là-bas, je profite ainsi du peu de temps que je resterai de façon rentable et efficace.
Tenak ne lui demanda pas quelles étaient ses « petites choses à régler », ayant lui même une petite idée sur la question. Une affaire de contrebande, c'est certain. Comment pouvait-il pratiquer son marché aussi près du grand seigneur ? Cet homme était vraiment une ombre s'il le voulait, aussi invisible que la nuit et impalpable comme le vent.
Tout en réfléchissant, il tâtait son épaule du bout des doigts d'un air distrait. Hier soir, il se sentait encore malheureux par la perte d'un être qui lui était cher, et le lendemain, il se sentait aussi frais et dispos que s'il s'était reposé deux jours durant. Mais la grande vérité était ce contrebandier. Loin d'être une parfaite crapule comme l'aurait pensé le jeune berger, il avait finalement pu se rendre compte que c'était en fait un homme comme tous les autres. Il lui avait raconté quelques unes de ses « meilleurs affaires ». C'était fou comme il possédait un tel esprit logique. Il était également particulièrement espiègle et amusant et connaissait de nombreuses fables et histoires, parfois depuis longtemps oubliées.
En plus simple, et sans qu'il puisse le vouloir ou non, Tenak se mettait lentement à apprécier Apolïncer.
Quand à Guïndèmielle, elle avait juste eu le temps de lui faire un petit signe d'adieu vers la sortie de la forêt, le guettant au sommet d'une haute branche. Il pouvait presque encore entendre son doux murmure avant qu'elle disparaisse à sa manière : « Sois prudent mon compère et fais en sorte d'accomplir ton destin. Et dès que tu l'auras fait, passe me voir à l'occasion. Je serai ravie de t'accueillir chez moi. »
Une petite fille qui se sentait terriblement seule et qui ne demandait qu'à être en bonne compagnie. Tenak n'était pas si différent d'elle, quoique un peu moins farceur qu'elle.
Souriant et à présent d'excellente humeur, le jeune berger courut pour rejoindre Apolïncer qui avait avancé, bien décidé à arriver le plus rapidement possible à Shihab. Pendant une heure, le trajet fut pénible, étant donné les fortes bourrasques qui faisaient soulever les capes et vêtements des deux compagnons. Bien que le mauvais temps fut particulièrement agaçant et gênant, il ne persista pas pour autant et les nuages s'écartèrent bientôt pour laisser passer les rayons lumineux d'un soleil discret. Ce fut encore après un certain temps qu'ils purent enfin rejoindre la grande route qui menait tout droit vers la grande ville de Shihab, mais ce n'était peut être pas pour autant le meilleur passage pour y entrer.
En effet, quelques kilomètres plus loin, Apolïncer força le jeune berger à quitter la route et à s'en éloigner le plus possible. Sous le regard interrogateur de celui-ci, il lui montra le début d'un barrage qui se trouvait encore à un kilomètre.
-Ca, vois tu, n'était pas la avant. C'est un barrage routier, et les soldats qui y sont postés ont sûrement pour ordres d'arrêter toutes personnes correspondant à ton signalement.
-Quoi ? s'étrangla t-il en réponse. Je suis recherché même de ce coté ? Mais je...
-Oui je sais et tu me l'as déjà dit. Mais ce n'est pas cela qui va nous aider. Il vas donc falloir que nous les contournions.
-Et comment vais je pouvoir me promener en ville sachant que mon visage s'est retrouvé sur des morceaux de parchemin et placardé sur tous les murs?
-Franchement, je ne sais pas ce que tu as fais, mais tu as sérieusement du lui taper dans l'½il à ce fameux Kannan, un grand honneur, ajouta t-il ironiquement. Alors, que comptes tu faire avant que nous allions plus loin ?

Un entendant cette question, Tenak se tourna instinctivement vers la forêt des esprits, qui était déjà si loin à présent. Il n'avait qu'une idée en tête, celle de se débarrasser de ce fameux destin qui lui était promis. Elle lui avait demandé d'aller voir la race des temps oubliés. Mais comment s'y rendre avec si peu d'indications. Quoiqu'il en soit, il était clair que cette fameuse race était celle des Navins, il avait pu remarquer que Gluïndèmielle n'avait pas toujours le même vocabulaire que lui.
-Je dois me rendre auprès des Navins. Je...c'est important pour moi.
-Les Navins ? cracha le contrebandier. Et pourquoi veux tu te rendre chez ces bêtes de foires ?
Ignorant la remarque, le jeune berger essaya de parler avec calme.
-C'est très important, répéta t-il. Je...disons que je suis poursuivi par une sorte de malédiction, pour moi.
-Une malédiction ? Tiens donc, à ce point là ?
-Appelle cela comme tu veux, mais sache que la mort de Jonathan est liée à moi et que je suis en partie responsable. Et il y en aura sûrement d'autres si ça continue comme cela.
-Tu te fais des idées, Ten. Enfin bon, on se sent souvent coupable de choses qui arrivent et que l'on n'a pas pu éviter.
-Si tu savais ce qui nous poursuis...murmura Tenak
-Une bande de traqueurs ? Allons Ten, ne me fais pas rire. Ils sont peut etre doués et craints, mais je le suis encore plus. Tu veux toujours te rendre chez les Navins ?
-Tu sais comment faire ? s'exclama t'il aussitôt.
-Pas le moindre. Mais on finira bien par trouver.
Alors qu'ils se remettaient en route, s'éloignant de plus en plus de la route pour arriver dans une plaine peuplée d'arbres dénudés, Apolïncer continua de parler, grognant presque à présent.
-Je n'aime pas les Navins. Ils sont vils et mauvais, tout le monde le sait. Et ils n'ont aucun sens du commerce !
-Et aucun sens de la contrebande, ajouta Tenak avec un clin d'½il. Il paraît que c'est principalement à cause de ça que tu les détestes.
-Principalement...mais j'ai également eu une...altercation avec l'un d'eux étant petit. C'est pour ça que tout ce qui se trouve être en rapport avec la magie m'effraye.
-Comment est partie cette altercation ?
-Et bien, c'est cette fille, je ne sais pas son nom mais je me rappelle de ses yeux jaunes et malsains. Je ne sais plus trop ce qui s'est passé par la suite, mais elle a chanté ou dansé, je ne sais plus. Je me suis senti attiré par elle et elle m'a laissé désabusé...en fait, je crois qu'elle m'avait rendu amoureux et...
Le contrebandier se tut aussitôt, certain d'en avoir trop dit et se mit à rougir violemment sous les yeux ébahis de Tenak qui éclata de rire. Une histoire toute bête pour une haine qui n'était pas si pure. Le jeune berger était persuadé que cette fausse haine était un moyen pour lui rappeler le mauvais tour qu'on lui avait joué. Il savait ce que cela avait dut lui faire puisque lui même avait été envoûté par la musique qu'avait jouée son oncle avec la flûte de charme. Aussitôt, le souvenir de la jeune femme dans le feu lui revint à l'esprit, encore plus net et précis que d'habitude. Comme Tenak l'avait trouvé belle...
Il se désintéressa rapidement de ses pensées, bientôt occupé à esquiver toutes les patrouilles de soldats qui circulaient régulièrement dans la plaine. Ils passaient parfois si près des deux jeunes gens que Tenak pouvait presque voir distinctement le symbole de la triple feuille de vigne sur leur plastron, l'écusson de Shihab.
Ce fut aux environs de midi qu'ils atteignirent enfin les murs de la ville. La porte, majestueuse et synonyme de puissance, n'était qu'en partie ouverte, car ce n'était pas la période des grands marchés à Shihab, période où de nombreuses charrettes pleines de marchandises venaient faire la queue avant de pouvoir s'installer en ville . Comme prévu, cette porte était sévèrement gardée. Une colonne de trois soldats lourdement armés se trouvait de chaque coté des battants tandis que quatre autres vérifiaient régulièrement les personnes qui tentaient de sortir où d'entrer dans la ville.
Apolïncer et Tenak avançaient le plus lentement possible pour éviter d'éveiller les soupçons. Le jeune berger avait du mal à garder son sang froid, passant toutes les minutes une main moite dans ses cheveux.
-Comment va t-on faire pour passer ? Ils vont me reconnaître sur le champ ! Pourquoi ne s'est on pas cachés ?
-D'autant plus, fit le contrebandier en utilisant son regard d'aigle, qu'il faut apparemment un laissez passez.
-On ne passera jamais...on ne passera jamais, répéta plusieurs fois le jeune berger.
Apolïncer lui fit un sourire, passant rapidement la main dans sa bourse pour en caresser le contenu en pièces.
-Mais mon cher ami, ne savais donc tu pas que le c½ur des hommes est si aisément corruptible ? Nous passerons.
Puis il mit la main à son chapeau pour le déposer avec élégance sur la tête de Tenak. Bien entendu, le chapeau était bien trop grand pour son crâne et s'enfonça littéralement, lui cachant les yeux, les cheveux et une grande partie du visage.
-C'est ça ton idée ? Mais ils me reconnaîtront !
-Chut et laisse moi faire. Surtout ne fais rien et ne dis rien.
Tenak était bien trop affolé pour le contredire. Il se demanda comment il pourrait faire en sorte de cacher son malaise apparent sur son visage. Ce qu'il ne voyait pas, c'est que le chapeau du contrebandier lui recouvrait une bonne partie du visage, bien trop grand pour lui et le faisait passer pour...un idiot.
Son champ de vision étant limité, il devait se contenter de baisser la tête pour pouvoir suivre les pieds d'Apolïncer qui s'arrêta bientôt, interpellé par un garde.
-Stop ! Vos papiers s'il vous plait.
-Papiers ? Mais quels papiers ? Je n'étais pas au courant qu'il fallait des papiers. Depuis quand faut il des papiers ?
-Depuis que notre seigneur recherche le fugitif de Tanempa. Il y aura contrôle jusqu'à sa capture prochaine.
-Ah...c'est donc ça...très bien. Alors dès que je le vois, je vous en informerai aussitôt.
Le jeune berger devina qu'il allait avancer lorsqu'on entendit un cliquetis singulier, suivit d'un bruit de bottes. Tenak devait se retenir de ne pas se mordre la main pour s'empêcher de bouger.
-Messieurs, vous ne pouvez pas avancer sans les papiers réglementaires. Nous allons également devoir vous fouiller, alors évitez toute réticence et vous pourrez repartir sans le moindre problème.
-Simplement parce qu'il fallait des papiers ? Au fond, il faut les acheter, alors je peux toujours vous payer la même somme, ça reviendra au même. Vous ne pensez pas.
-Etes vous en train de nous acheter ? gronda une grosse voix. Que venez vous faire à Shihab ?
-Les affaires, mon brave, tout ce qu'il y a de plus naturel. Je dois ensuite être rentré à Tanempa d'ici la semaine prochaine.
-Et qui est ce petit gars derrière vous ? On a l'impression que vous essayez de le cacher.
-Vous parlez de mon neveu ? Je vous présente Gengis et c'est un parfait idiot, vous pouvez me croire.
-Hein ? s'exclama fortement le jeune berger
-Vous voyez ? Mais mon principal problème et que cet imbécile est atteint de dermite péri orale.
Il y eut un grand silence accompagné de quelques toussotements tandis que le jeune berger faisait rouler une pierre sous son pied.
-Vous ne connaissez pas la dermite péri orale ? Et bien c'est une affection de la peau se traduisant par un anneau rouge, accompagné éventuellement de pustules, qui apparaît autour de la bouche. C'est pour ça que j'ai dissimulé son visage...pas très beau à voir. Certains disent que c'est contagieux, mais ce sont sans doute des calomnies.
Il partit dans un grand éclat de rire tandis que les gardes sautaient aussitôt en arrière. Une dermite péri orale...mais où avait-il pu trouver ça ?
-Excusez nous messieurs...je crois que nous allons vous laisser passer...
-Ha bon ? Et les papiers ?
-C'est...c'est pour que vous puissiez rapidement envoyer votre neveu chez un guérisseur...dépêchez vous vite ou je change d'avis, dit il en hurlant presque de peur.
-Vous êtes bien aimables, je parlerai partout de vous, les gardiens de Shihab et...
-Circulez !
Dés qu'ils eurent franchis la porte, Tenak attendit plusieurs minutes avant de jeter le chapeau au contrebandier vers celui.
-Un parfait idiot hein ? Une dermite péri orale hein ?
-De quoi te plains tu, Ten ? On est passé après tout. De plus, cette maladie existe vraiment, bien que je n'en ai jamais eut la preuve.
Le jeune berger soupira intérieurement. Au fond il était ravi d'avoir pu passer sans encombre. A présent, il laissait libre cours à sa joie.
Depuis combien de temps avait il quitté Shihab ? Depuis sa plus tendre enfance, et cela se comptait en années bien au dessus des doigts de la main. Il reconnaissait vaguement les allées, les rues, les maisons et les magasin de la ville de son enfance. Il pouvait voir le château s'élever très haut au dessus des plus hauts bâtiments. Et il pourrait enfin voir sa mère, après tout ce temps. Même les feuilles de recherche ne parvinrent pas à assombrir sa bonne humeur, seule l'idée de retrouver sa mère restait plantée dans son esprit. Il en ignora même le picotement désagréable qu'il ressentait au niveau de l'épaule.
Ils s'enfoncèrent un peu plus dans la grande rue, permettant au jeune berger de redécouvrir petit à petit la cité. A mesure qu'il avançait, Tenak avait l'impression de n'avoir jamais vraiment quitté sa ville natale. Il se demanda si le vieil armurier le reconnaîtrait s'il allait lui rendre visite. C'était un homme fatigué et malade, mais jamais inactif, généreux avec tout le monde et ayant une très bonne réputation.
À l'embranchement de deux croisements de rues, Apolïncer s'arrêta, jaugeant avec sérieux la route de droite. Il se retourna ensuite aussitôt vers Tenak, réajustant correctement son chapeau sur sa tête.
-Ten, je vais devoir aller régler mes propres affaires. Ça ne durera que la journée mais j'ai tout mon temps. Occupe toi des tiennes et dès que tu auras fint, rejoins moi au port. Là on trouvera bien un itinéraire rapide pour la cité Navins.
-D'accord...mais une dernière chose, pourquoi m'aides tu ?
-Je n'eai pas spécialement envie d'en parler...mais disons que j'ai...une dette. Je dois moi même retrouver quelqu'un.
-Une fille aux yeux jaunes et malsains ? fit il avec un clin d'½il.
Le contrebandier lui répondit par un sourire avant de serrer fortement un pan de sa cape pour qu'elle le recouvre en partie.
-Sois prudent et ne te fais par remarquer.

Après un dernier geste, le contrebandier s'en fut sans se retourner vers une destination inconnue tandis que Tenak avançait lui même vers son propre chemin.
La ville de Shihab était décidément magnifique, encore plus belle que dans ses souvenirs pensa-t-il. Mais peut être était ce simplement la joie de la retrouver. L'astre du jour approchait de son zénith et il régnait une atmosphère chaude et agréable. Le jeune berger saluait tous les passants qui croisaient son chemin, accompagnant ses paroles d'un sourire chaleureux, et peu importe si ces gens le reconnaissaient ou pas.
Lorsqu'il arriva enfin à l'armurerie, il constata, déçt, que le propriétaire était maintenant un homme à l'allure peu commode et munit d'une imposante moustache qui lui donnait un air des plus mauvais. Jugeant utile de ne pas croiser son regard, Tenak dut donc continuer son chemin, massant régulièrement son épaule qui continuait de le picoter avec insistance. Une pensée lui vint à l'esprit, et aussitôt, il fit passer le fourreau de son épée sur le coté pour pouvoir le cacher parmi les pans de sa cape de voyage. Il était inutile de provoquer les inquiétudes de sa mère, qui ne devait sans doute plus être toute jeune. Le reconnaîtrait elle seulement ? Evidemment puisqu'il était son fils.
Son excitation atteint son comble lorsqu'il aperçut, près de la boutique d'un herboriste, les murs de la demeure familiale. Il ne put s'empêcher de courir, un grand sourire venant flotter sur ses lèvres. L'enfant rentrait enfin chez lui.
Il s'arrêta en haletant devant la porte et essaya de contrôler son souffle avant de frapper à celle-ci de trois coups réguliers. Ce serait peut être comme un signe pour sa mère, car elle avait toujours eu l'habitude qu'il vienne cogner à la porte de cette façon pour pouvoir entrer.
Seulement, ce fut un homme qui vint lui ouvrir, un homme de taille moyenne, les cheveux bruns coupés court et doté d'une musculature plus ou moins suffisante. Son sourire s'effaça alors aussitôt, tandis qu'il le toisait avec étonnement.
-Oui, c'est pour quoi ?
-Ma mère est elle là ? dit il, se demandant ce que cet homme faisait chez lui.
-Ta mère ? Qui es tu ?
-Je m'appelle Tenak...j'habitais ici il y a quelques années...Est elle ici alors ?
-Qui est ce ? demanda une voix faible et aigue.
-Une personne qui dit s'appelait Tenak.
-Tenak ?
Cette voix...elle lui était très familière. Son visage s'illumina alors lorsque la porte s'ouvrit plus grande pour le laisser apercevoir une femme d'un age avancé et les cheveux grisonnants à certains endroits. Ses yeux, son nez et son menton étaient exactement les mêmes que ceux du jeune berger. Son visage, qui refléta d'abord l'étonnement, devint presque identique à celui de Tenak, tandis que celui-ci se jetait dans les bras de sa mère, sous le regard incrédule de l'inconnu. Leur étreinte ne dura qu'un court instant tandis la vieille femme reculait pour mieux contempler son fils en souriant.
-Comme tu as grandi, j'ai eu du mal à te reconnaître sur le coup. Et tu sembles en pleine forme.
-Toi, tu n'as pas changé. Même pas une seule ride, fit il en souriant.
Elle se mit à rire joyeusement, tandis que l'homme avait croisé les bras, pas ému une seule seconde par la scène a laquelle il avait assisté, il semblait même quelque peu agacé.
-Tenak, je te présente Jeulin. Jeulin, voici mon fils, Tenak.
-Enchanté de faire ta connaissance, répondit Jeulin en tendant une main que Tenak serra.
Le sourire de Tenak disparut lentement, car cet homme essayait de lui serrer la main le plus fort possible, faisant blanchir ses phalanges. Il ne parvenait pas à savoir pourquoi, mais il émanait de lui une sorte de profonde antipathie. Les regards qu'ils se lancèrent auraient presque pu faire assombrir le ciel. La vieille femme, qui n'avait absolument rien remarqué, mit fin à leur animosité et entraîna le jeune berger à l'intérieur de la bâtisse.
-Maintenant que les présentations sont faites, tu vas pouvoir te reposer un moment. Tu dois être épuisé, ce n'est pas la porte à côté de la bergerie, ici. Tu me raconteras ce que tu as fait durant toutes ces années. Comment se porte ton oncle Jonathan ?
Tenak se pinça les lèvres, dissimulant sa gêne. Il ne pouvait tout de même pas lui faire part de la mort de Jonathan, comment réagirait elle. Essayant de sourire du mieux qu'il pu, il lui tenta de parler d'un ton calme.
-A merveille...le vieux n'a pas voulu se déplacer car il ne voulait pas s'éloigner du troupeau.
-Il aurait tout même pu se déplacer pour moi quant même, s'indigna sa mère. Après toutes ces années, ces moments de solitude doivent maintenant lui faire voir des loups et des brigands à tout va.
Elle se mit à rire gaiement de sa propre plaisanterie tandis qu'elle installait son fils sur une chaise. Le vieux salon n'avait pas changé : les mêmes odeurs, les mêmes objets. Seul ce Jeulin était nouveau pour Tenak, à son grand déplaisir. Mais que faisait il ici au juste ? Il n'arrêtait pas de lui jeter des regards sombres qui mettaient le jeune berger mal à l'aise.
Sa mère disparut pour revenir presque aussitôt avec un plat en bois chargé de nombreux petits gâteaux au miel et au sucre, la confiserie préférée de Tenak. Cela faisait depuis bien plus de sept ans qu'il n'en avait pas mangé, et ce goût éveillait de nouveaux souvenirs cachés au plus profond de sa mémoire.
Jeulin lui lança un regard noir avant de se servir à son tour de la plus petite pâtisserie qui se trouvait sur le plateau. La vielle femme, elle, se contentait de boire une infusion de feuilles qui laissait échapper une odeur forte. Inquiet et quelque peu curieux, Tenak vit la décoction passer du vert clair au jaune avant de redevenir transparente.
-Qu'est ce que c'est ?
-Un médicament. Ces jours-ci, j'en prends de plus en plus à cause de mon âge. Je songe à me retirer dans une ville plus paisible...ces jours ci, la ville est agitée, surtout avec cette histoire de recherche. Ca m'a fait une de ces peurs, comment peut on laisser une pareille crapule vagabonder ? Le plus effrayant c'est qu'il se fait passer avec le même nom que ton oncle.
Tenak s'étrangla presque avec son gâteau puis toussa discrètement pour essayer de faire passer la surprise qu'il venait d'avoir. Ainsi, même sa propre mère était au courant ? Encore heureux qu'elle ne e soit pas aperçu que la description correspondait trait pour trait à son fils. Tenak essaya d'ignorer sa remarque en passant à un autre sujet de conversation, d'autant plus qu'il s'inquiétait réellement pour sa mère.
-Tu devrais faire attention, qui sait ce que ce médicament en trop grande quantité peut te faire.
-Oh, Tenak, tu es comme ton oncle, tu t'inquiètes pour rien. C'est Jeulin qui me l'a procuré, n'est ce pas Jeulin ?
-Bien sûr...je tiens à ta sécurité après tout...
Une parole à double sens. Ce n'était pas à la vielle femme que Jeulin s'adressait, mais à Tenak. A présent, il le regardait méchamment, les poings si serrés que l'on pouvait voir sa peau blanchir sous la pression. La réalité lui sauta alors aux yeux : Cet homme savait. Il avait reconnu le jeune berger dés le premier coup d'½il. La question, maintenant, était : allait il le dénoncer ? Mais ne serait-il donc jamais libre de pouvoir mener sa vie sans la crainte d'être accusé injustement ?
Il ne devrait pas s'attarder plus longtemps. Il ne faisait aucun doute que dès qu'il le pourrait, Jeulin préviendrait les autorités. Pourtant Tenak ne se serait rendu compte de rien, si ce n'était cette petite voix alarmante qui ne cessait de l'avertir dés qu'il croisait le regard sombre de l'homme. Cet avertissement était exactement le même que durant sa conversation avec le chef des quatre soudards à Tanempa. C'était comme si le jeune berger était devenu sourd. Tout était sombre autour de lui, tandis que sa mère continuait de parler tranquillement toute seule. Seul Jeulin semblait déterminé en regardant Tenak.
Tous les bruits autour de lui l'agressèrent en même temps quand Jeulin détourna le regard pour pouvoir regarder la vieille femme avec un léger sourire. Tenak, lui, était encore confus, se remettant difficilement de ce qui s'était passé. Mais que s'était il passé au juste ?
-...Et donc, ce fut de cette façon que je pus racheter ce vieux livre que j'avais vendu. Une véritable affaire je peux vous l'assurer. Mais à l'époque, j'avais un besoin fou d'argent.
-Bénédicte, s'exclama soudainement Jeulin, je pense que Tenak a du avoir une longue route pour venir jusqu'ici. Le mieux serait qu'il reste...un jour ou deux avant de repartir, tu ne penses pas ?
La petite voix se mit à crier de plus en plus fort, faisant tourner la tête du jeune berger qui sentait un danger presque imminent.
-Mais oui, Jeulin, tu as tout à fait raison. Et puis cela fait presque plus de sept ans que je ne t'avais plus revu. Sans Jeulin, je serais sans doute morte de solitude.

C'était comme si le piège se refermait doucement sur lui, l'empêchant presque de respirer. Si Apo avait été là, il aurait pu le sortir d'ici. Mais il devait arrêter de compter sur les autres, il devait s'échapper lui même, puis tenter de trouver un moyen de rejoindre le port. Une idée lui vint à l'esprit. C'était le comportement d'Apolïncer qui lui évitait les ennuis, alors autant se comporter comme Apolïncer. Feignant la stupidité, il fit un grand sourire, se frottant les jambes avec lassitude.
-Oui, le chemin a été très long pour venir jusqu'ici. J'ai même dû traverser la forêt des esprits pour pouvoir venir jusqu'ici. Un peu de repos ne serait pas de refus avant que je ne reparte. De toute façon j'ai tout mon temps.
-Tu es allé dans la forêt des esprits ? s'affola Bénédicte. Je t'ai toujours interdit d'entrer dans cette forêt maudite. Tu sais pourtant très bien ce que l'on raconte dessus quand même.
-La forêt des esprit ? demanda Jeulin.
-Ho, c'est principalement l'oncle de Tenak, Jonathan qui l'appelait comme ça. Son vrai nom est...
-Gluïndèmielle ?
-Comment le sais tu Tenak ? Jonathan te l'a dit ?
-Non, je l'ai appris tout seul.
-Tu es passé par Gluïdèmielle ! s'affola l'homme à son tour.
-Bien sûr, répondit il d'un air béat. Où est le problème ?
-Je crois que je vais aller faire un tour au marché. Je dois renouveler nos réserves.
-Parfait, je t'accompagne, dit aussitôt Tenak. J'aimerais bien voir les nouveautés de ma belle ville natale
Jeulin s'apprêtait à protester lorsque Bénédicte passa un bras autour du cou de son fils.
-Excellente idée, cela te fera certainement beaucoup de bien.
Les deux hommes sortirent donc ensemble de la maison, au grand déplaisir de Jeulin
**



Pendant les deux jours qui suivirent, le jeune berger ne laissa pas une seule fois Jeulin seul. Les deux hommes avaient couramment des disputes concernant n'importe quel sujet. Seule Bénédicte, la mère de Tenak, parvenait à les séparer, trouvant leurs querelles purement infantiles. Mais ces disputes étaient un moyen pour Tenak de cerner la personnalité de cet homme. De son coté, Jeulin en faisait de même, empêchant le jeune berger de se balader librement en ville, et donc de pouvoir contacter le contrebandier.
La nuit, Tenak dormait devant la porte d'entrée, empêchant toutes tentatives de sortie par cette voie. Il installait également chaque soir un mécanisme devant chaque fenêtre, accompagné d'un des grelots du défunt Jonathan. Ainsi, quiconque ouvrait une fenêtre pour s'échapper par celle ci réveillait aussitôt Tenak. Jeulin le comprit bien vite et abandonna ses tentatives de sortie du soir. En revanche, il n'arrêtait pas une seule seconde de harceler le jeune berger, le critiquant et se moquant souvent de ses rares maladresses. Il tenta même de le faire trébucher au sol plusieurs fois, et Tenak dut rester constamment sur ses gardes pour empêcher Jeulin de trouver une autre occasion de le ridiculiser.
Mais les petites jérémiades de cet homme n'étaient rien comparé à la découverte que fit le jeune berger. S'étant déshabillé le soir après ses retrouvailles avec sa mère pour pouvoir se laver le corps, il constata, paniqué, que la partie bleue de son tatouage ne brillait plus, au contraire, c'était la partie jaune qui se trouvait dans le quart de cercle de droite qui, à présent, s'illuminait fortement, dégageant une puissante lumière dans toute la pièce. Il s'était rappelé des paroles de l'esprit Guïndèmielle. Il ne manquait plus que les trois autres lois...pour en arriver où en fin de compte ? Comme c'était de la joie qu'il ressentait à ce moment-là, il décida bien vite de se désintéresser une bonne fois pour toutes de ce maudit tatouage avant de repartir voir sa mère et Jeulin pour le dîner du soir.
Maintenant la marque ne brillait plus, sa joie depuis longtemps calmée, sa principale préoccupation était de garder un ½il sur cet homme. Il devait également toujours garder son épée cachée sur lui, de peur que sa mère ne la retrouve quelque part dans la maison, là, Jeulin pourrait facilement appeler les gardes pour que Tenak soit arrêté.
A part l'épée Navin, les clochettes du bâton à musique étaient la seule chose que Tenak gardait sur lui. Dès qu'il sentait la tristesse l'envahir de nouveau à la simple pensée du vieux berger, il passait une main sur elles, les agitant doucement et écoutant avec attention leurs petites musiques. Jeulin le lui reprochait souvent, mais Tenak n'y accordait aucune attention, agitant ses clochettes plus pour lui même que dans le simple but de l'énerver.
Ce fut lors du troisième jour depuis son arrivé à Shihab que les choses tournèrent mal. Tenak et Jeulin se trouvait au marché, cherchant du regard parmi les différents marchands de quoi refaire la réserve nourriture de la maison. La santé de Bénédicte n'étant pas bonne, elle n'avait que rarement le courage de sortir de chez elle pour se rendre en ville.
Le marché était particulièrement bondé aujourd'hui, et ne pas perdre Jeulin de vue était un défi que le jeune berger se serait épargné. Il devait parfois jouer des coudes pour pouvoir le rattraper, au grand déplaisir des passants qui protestaient aussitôt.
Après avoir failli être distancé une nouvelle fois, Tenak agrippa le manche du jeune homme, essayant de le ralentir et devant crier pour que celui-ci l'entende.
-Hey, va moins vite. J'ai du mal à suivre. Ralentis je te dis !
Tenak avait du mal à contenir sa fureur, d'autant plus que cet idiot semblait sourire de son énervement. Mais le jeune berger comprit trop tard qu'il ne souriait pas à cause de ça.
Jeulin lui donna un violent coup de coude qui lui coupa le souffle tandis que Tenak se retrouvait au sol, faisant tomber plusieurs personnes dans sa chute.
-Espèce d'imbécile ! Tu pourrais faire attention au lieu de bousculer les honnêtes gens !
Tenak ne prit pas la peine de s'excuser. Se redressant aussitôt, il se mit sur la pointe des pieds pour sonder la foule, mais il dut se rendre à l'évidence : Jeulin avait disparu. Il jura fortement et tenta de sortir le plus vite possible du marché, criant de excuses à tout va. Ce qu'il craignait le plus était arrivé, Jeulin l'avait effectivement trahi comme il l'avait prédit dés le début. Il ne pouvait pas rester plus longtemps à Shihab.
Il réussit à grande peine à sortir du marché et commença à courir dans le dédale de rues, jusqu'au moment où il atterrit dans un cul de sac. Jurant une seconde fois, il fit aussitôt demi-tour, se rendant compte qu'il venait d'atterrir dans une partie de la ville qui lui était inconnue.
Respirant fortement, il accéléra l'allure lorsqu'il entendit le cri des soldats qui hurlaient des ordres. Mais comment avait il pu se faire avoir aussi facilement par ce traître, après toutes ces précautions ?
-Le voilà ! Le fugitif est ici ! Il faut le cerner !
C'était comme un cri d'alarme, alors qu'il courait déjà bien plus qu'il n'avait couru de toute sa vie. Mais ne s'arrêterait il donc jamais ? Fallait il toujours qu'il coure ?
Il s'arrêta après être encore une fois arrivé dans un cul de sac. Il allait en sortir lorsqu'une dizaine de soldats armés de lances surgirent en même temps, lui bloquant la voie d'un air menaçant. Un des soldats portant un long casque d'argent muni de pointes qui le différenciait des autres s'avança, un rouleau de parchemin en main. Il s'arrêta à quelques mètres et le déroula, se mettant à lire d'une voix forte et gutturale.
-Le présumé suivant est recherché pour divers crimes et vols variés envers
les représentants de la haute société. Se faisant passer pour le dénommé Jonathan, le présumé serait berger et aurait été dernièrement aperçu à la ville de Tanempa. Nous réclamons toutes les informations possibles au sujet de cet individu et demandons à ce qu'il soit capturé vivant, pour interrogation. Le présumé posséderait des informations vitales que je, soussigné seigneur Kannan, estime d'une importance capitale... Après avoir reçu les informations d'un honnête citoyen dont nous ne citerons pas le nom, nous constatons que vous êtes le présumé. Nous vous demandons de vous rendre, sinon nous emploierons la force nécessaire.
-Ceci est une épouvantable méprise, tenta d'expliquer le jeune berger au bord de la panique. Je n'ai jamais fait ça, je suis un berger qui...
-Notez greffier. Le présumé nie les faits qui lui sont reprochés.
-Mais je vous jure que...
-Suffit ! le coupa t-il. Rendez vous ou nous utiliserons la force.
Il soutint ses paroles en dégainant son épée, menaçant Tenak du bout de la lame. Pris aussitôt de folie, il fit un bon en arrière et fit tourner son fourreau, le mettant dans l'angle de sa main droite. Quand il le sortit au quart, une note métallique se fit entendre. L'épée Navin sortit alors très lentement de son fourreau, tandis que Tenak se mettait en garde, l'½il menaçant. Il le sentait à présent, il n'était plus question de penser ni de réfléchir, il devrait se battre pour sa propre survie. Un sourire de fou apparut sur ses lèvres.
-Allez, venez. Je vous attends un par un.
-Notez vite greffier ! Le présumé à décidé d'engager les hostilités !
A ses mots, l'officier s'avança, l'arme brandie au dessus de sa tête.
-Dernier avertissement ! Le seigneur Kannan nous a dit de vous ramener vivant mais il n'a pas précisé de vous ramener en un seul morceau. Encore une fois...
-Garde ta salive, ce ne sont que des mots...
Aussitôt dit, il s'élança, faisant tournoyer la lame Navin dans les airs d'un grand mouvement du poignet. C'est de justesse que le soldat bloqua l'attaque de Tenak avant de riposter immédiatement. Le jeune berger était beaucoup moins bien entraîné que lui. Mais ce qui faisait principalement la différence était que l'officier portait des coups nets et précis tandis que Tenak s'efforçait de mettre toute sa force et sa rage dans ses attaques. Il frappait avec tellement de violence que le soldat dut bientôt reculer.
Pourtant Tenak ne le tua pas. Après avoir esquivé une attaque en hauteur en se baissant, il frappa aux jambes de l'officier, tranchant net le muscle et les tendons, le forçant ainsi à s'agenouiller. Alors que le soldat hurlait de douleur, Tenak se releva et, vif comme l'éclair, donna un puissant coup de genou au menton de son adversaire, l'assommant pour de bon. Celui-ci s'étala sur le sol boueux, lâchant son épée qui rebondit avec un tintement métallique sonore.

Le sourire sur le visage de Tenak n'avait toujours pas disparu. A présent, il menaçait de la pointe de son épée les autres soldats qui étaient restés en retrait et qui s'interrogeaient du regard sur les dispositions à prendre. Ils ne furent pas longs à se décider, et tous se jetèrent en même sur le jeune berger qui essaya de repousser à grand peine la marée humaine. Il fut très vite désarmé puis jeté au sol, les mains attachées dans le dos avant d'être relevé sans douceur. Le souffle coupé et du sang coulant le long de ses joues, Tenak se sentait vidé, épuisé, ses muscles réagissant comme si une multitude de petites aiguilles s'étaient plantées dans ses bras et ses jambes. Ce n'était pourtant pas son court combat qui l'avait anéanti tout de même...
Le jeune berger avait encore du mal à réaliser ce qui lui arrivait, il ne se rendait pas compte que tous ses espoirs étaient à présent réduits à néant. L'un des soldats tata le cou de son officier supérieur encore assommé au sol. Il fit un grimace avant de se relever, désignant Tenak d'un doigt rageur.
-J'espère bien que tu n'as pas peur du noir. Parce qu'une fois que notre seigneur t'aura interrogé, et s'il ne t'a pas exécuté, je compte bien faire en sorte que tu croupisses le restant de tes jours dans le plus sombre de nos cachots.
Incapable de répondre et déglutissant péniblement, le jeune berger constata que les yeux de cet homme avait la même couleur profonde que ses propres yeux.
-Pourquoi ? Il l'a tué ? dit un autre garde en désignant le corps.
-Non, à part quelques dents en moins, il n'a rien eu d'autre. Encore heureux. Ce type est un fou furieux ! Un danger pour la population ! Hein, espèce de voleur !
De la salive coula doucement sur le menton du jeune berger alors qu'il essayait d'articuler.
-Mon...nom est...Tenak.
-On se moque de ton nom ! Très bientôt tu ne seras plus rien, je te le promets !
-Personnellement je préfère Ten. Tenak te vieillit beaucoup, mon ami.
-Qui a dit ça ? s'exclama le soldat.
Relevant lentement la tête, le jeune berger, le regard flou, put apercevoir, à l'entrée du cul de sac, la silhouette haute d'une personne. Cette personne était dans l'ombre, aussi ses traits ne lui apparurent pas. Pourtant Tenak avait deviné qui venait s'opposer à sa capture.
Le dernier garde qui venait de parler s'avança vers l'intrus, l'épée à la main et l'air menaçant.
-Qui es tu pour venir te mêler des affaires des hauts représentants de...
L'homme n'acheva jamais sa phrase. Un mouvement du bras presque imperceptible, un bruit très léger suivit d'un éclaboussement, et il gisait sur le sol, la gorge ouverte et commençant à se noyer dans son propre sang. Et pourtant, on avait l'impression que l'étrange individu n'avait qu'à peine levé un sourcil pour mettre à mort son assaillant.
-Ne jamais se laisser impressionner ni menacer, première règle de la contrebande.
Les soldats restant, quatre au total, lâchèrent Tenak qui tomba lourdement, la tête heurtant le sol sans qu'il puisse se retenir avec ses bras. Incapable également de retirer le sang qui maculait son visage, il eut bientôt un goût de cuir dans la bouche quand son fluide vital vint couler dans le creux de ses lèvres. Malgré sa situation peu enviable, Tenak souriait. Oui, il souriait d'avoir trouvé de véritables amis sur qui compter.
**



-Ne t'interpose pas entre le seigneur Kannan et ce voleur. Rends toi, et peut être pourrons nous t'accorder un procès le moins sévère possible.
-Tu vas bien Ten ? dit le contrebandier, ignorant superbement les gardes qui s'empourprèrent.
Le jeune berger ne put émettre qu'un son incompréhensible, la tête dans la poussière. Cette fois, le contrebandier commença à s'intéresser à ses interlocuteurs. Il les salua à sa façon, faisant un geste du bras tout en tenant son chapeau.
-Toutes mes excuses, messires gardiens de Shihab pour cette épouvantable méprise. Elle était pourtant inévitable pour bien vous démontrer que je ne plaisante jamais. Relâchez votre prisonnier et j'épargnerai vos vies.
Le plus grand des soldats éclata d'un rire gras et sonore, imité par ses congénères. Hilarant, pensa Apolïncer, tout simplement hilarant. Ces hommes sont déjà morts. Mais se rendaient ils simplement compte que le sang coulait toujours de la dague qui avait servi à tuer l'un de leurs camarades, à présent rangée dans son baudrier.
-Qui es tu, vieil inconscient, pour oser faire le fier face à quatre soldats de Shihab entraînés et largement armés ?
La réponse fut immédiate : le contrebandier fit un mouvement circulaire du bras pour frapper le malheureux au cou du plat de sa main. Le souffle coupé, il fut incapable de contrer le coup de genou qu'il reçut au ventre puis le coup de tête qui eut le même effet qu'un marteau de guerre. Les trois derniers soldats regardèrent leur ami cracher le sang au sol, se tenant le ventre de ses deux bras. Le contrebandier, lui, souriait de toutes ses dents.
-C'est simple, je suis Apolïncer, retiens bien ce nom car tu seras peut être encore en vie pour le répéter à ton seigneur.
-Que veux-tu, vieil homme ? demande un soldat avec une broche en forme de papillon accrochée à son casque, sûrement un père de famille pensa le contrebandier. Dis le nous et nous accéderons peut être à ta requête. Ce n'est pas la peine d'engager les hostilités entre gens civilisés.
Le lâche...
-Ce que je veux ? Mais il me semble vous avoir déjà dit ce que je voulais. Par contre, je n'attendrai pas que vous m'en donniez l'autorisation, dit il en s'avançant.
Le « père de famille » commit la maladresse de mettre sa lance en travers du chemin du contrebandier. Il n'avait pas encore compris ce qui lui arrivait lorsqu'il vint rejoindre le jeune berger au sol, qui tentait d'observer la scène du mieux qu'il pouvait.
-Et de trois, murmura le contrebandier, plus que deux.
Aussitôt, les soldats restants s'élancèrent, lance baissée et poussant des cris à faire tourner le lait. Il ne se passa que quelques minutes avant qu'Apolïncer ne plaque le dernier soldat sur le mur, le soulevant presque du sol en le tenant par les trous de son plastron.
-Soyez bénis mes amis mes propres règles me demandent d'épargner vos vies.
Avant que l'ami en question puisse répondre, Apolïncer le jeta au sol et l'assomma d'un coup de talon à la tête. Les quelques soldats qui n'étaient pas évanouis pleurnichaient au sol, enserrant leur membres ou leur ventre blessé. Satisfait, le contrebandier se retourna vers l'individu ayant provoqué cette bagarre. Le relevant sans douceur, il trancha net les liens qui lui retenaient les bras et le força à le regarder.
-Bon sang, Ten qu'est ce qui t'a pris ? Tu cherches vraiment les ennuis ou quoi ?
-Je n'ai rien fait, répondit Tenak, la tête encore sonnée C'est...on m'a trahi.
-Trahi ou pas, tu as pris des risques, espèce d'idiot ! Ne m'oblige plus à devoir risquer encore une fois ma vie pour toi pour réparer tes bêtises ! A cause de ton imbécillité, on s'est sûrement fait le pire ennemi qui soit, surtout moi !
-Kannan...murmura t-il. Pourquoi veut t-il me mettre la main dessus ?
-Tu veux vraiment le savoir ? dit Apolïncer, au bord de la colère ! Et bien reste ici, avec le raffut qui s'est passé, il ne devrait pas tarder à être ici même, en personne d'une minute à l'autre ! Fais ce que tu veux, mais je ne risquerai pas un seul de mes beaux cheveux blonds dans ce trou !
Sans ajouter un mot de plus, il détourna les talons, prêt à partir de cette ruelle hideuse et malodorante. C'était rare de le voir énervé. Il n'avait jamais vu un gosse capable de se mettre dans la mouise avec une telle rapidité. Oui, c'était du jamais vu.
Malgré sa fureur, il put voir juste à temps la lance qui était jetée vers lui. Ou peut être fut-ce le cri de Tenak pour l'avertir qui le fit réagir. Quoiqu'il en soit, il put facilement l'intercepter au vol, et se jeta sur le malheureux qui avait encore eu le courage et la stupidité de le défier. Ce fut un jeu d'enfant de lui trancher la gorge tandis qu'il se relevait après avoir essuyé la lame sur la tunique du défunt.
-Désolé l'ami. J'ai un code, mais je suis quand même très rancunier...Allez Ten, on bouge !






Chapitre 8 Pierre des cinq lois

# Posté le samedi 05 janvier 2008 11:10

Modifié le samedi 05 juillet 2008 04:25

Chapitre 9 Projet Alpha Zero

La chance sourit enfin


-Quelles sont les nouvelles, soldat Macgrégor ?
-Nous avons enfin pu remettre en place la situation satellite, Général. Et l'explosion de la navette des passagers n'est pas due à une erreur de maintenance. Notre équipe penche plutôt pour un piratage de l'intérieur.
-Un piratage informatique ? Vous vous moquez de moi j'espère, Macgrégor !
-Je suis au regret de vous avouer que non. Nous avons d'abord commencé à perdre tous les signaux, avant que notre système de maintenance ne devienne défaillant. Enfin, cela s'est terminé par une auto destruction des systèmes piratés.
-Cela me déplait fortement...Informez en tout de suite les autres chefs de la Horde, je ne peux permettre une attaque de l'intérieur de Callisto, c'est le déshonneur pour moi !
-A vos ordres !
Macgrégor claqua des talons avant de sortir de la pièce, raide et discipliné. Le général se prit la tête à deux mains pour essayer de calmer ses maux de tête. C'était vraiment la dernière chose dont il avait besoin...Sa prestation ratée de tout à l'heure l'avait ridiculisé. Et maintenant, plus rien ne fonctionnait, c'était à croire s'ils étaient vraiment aussi organisés que ça...
Rien ne se passait comme il le voulait...si cela continuait, il allait devoir déclencher une guerre qui était bien la dernière chose dont il avait besoin. Tous ses hommes étaient d'excellents soldats qui étaient prêts à mourir pour lui et la Horde...mourir dignement. Non, il n'avait vraiment pas besoin d'une guerre sur les bras, les autres chefs de la Horde n'apprécieraient sans doute pas cet échec venant de sa part !
Retirant sa fidèle épée hors de son fourreau qui se trouvait sur la table, le général en observa tous les contours. La lame polie reflétait son visage fatigué avec encore plus de précisions qu'un miroir. Ses doigts se refermèrent sur le manche si agréable au toucher. Porter cette arme était un véritable honneur dans la Horde. Au nombre de cinq, elles étaient attribués à chaque chef de cette organisation et changeaient de propriétaire régulièrement.
Cela faisait depuis maintenant plusieurs mois qu'elle était passée entre ses mains...Juste après qu'on lui ait attribué un cinquième de la Horde, comme tout bon chef qui se respectait. Ses hommes le vénéraient et le prenaient pour bien plus qu'un simple chef, un véritable mentor. Le simple fait de les décevoir était insupportable.
Reposant délicatement la lame sur sa table de travail, John Macgallan se leva de sa chaise, croisant les mains dans son dos et se mettant à faire les cent pas. La déposition n'allait pas tarder à arriver, lui annonçant le bilan des morts qu'il redoutait. Il était persuadé que pas moins d'une dizaine de frères venaient de perdre la vie en ce sombre jour de deuil.
La pièce semblait vraiment vide...un unique bureau, une unique chaise, une liasse de paperasses posée en tas d'un coté...c'est tout. Il n'aimait pas traîner habituellement dans son bureau, c'était malsain pour lui. Il devait penser à bouger s'il ne voulait pas que la déprime s'installe en lui.
Trois « tocs » réguliers résonnèrent contre la porte. C'était sûrement la déposition...Le moment tant redouté.
-Entrez...dit il d'une voix harassée.
La porte s'ouvrit très lentement sur une jeune recrue. Il le reconnaissait, c'était un soldat plein d'ardeur et de force qui venait juste de recevoir son béret rouge, un fier soldat comme il aimait en voir. Son nom lui était pourtant inconnu.
-Général, j'espère que je ne vous dérange pas.
-Non, au contraire, je vous attendais...bon, venons en directement au fait : quel est le bilan.
-Le bilan des morts est moins lourd que nous le pensions. Deux mécaniciens ayant été atteints d'une crise cardiaque...je pense que vous étiez la...quatorze camarades dont quatre ne sont pas identifiables...
-Que vous voulez vous dire par là ?
-C'est que...ils se trouvaient dans la navette lors de...
-Je vois...continuez s'il vous plait.
Le pauvre soldat déglutit péniblement, trouvant de plus en plus difficile de s'exprimer calmement. John Macgallan le comprenait, c'était une tâche que personne n'aimait.
-Nous avons également fait le décompte des otages...et deux des passagers ont disparu.
-Morts ? dit il avec un regard vide de toute expression.
-Non, nous n'avons même pas retrouvé les corps et...
-De qui s'agit il ?
-D'une gamine de...nous n'avons pas son nom sur les fichiers...et il y a aussi un certain...Erik Von Dumm.
-Von Dumm ? Il est mort ! J'étais avec lui lorsque la première explosion a eu lieu. Il a été tué sur place.
-Je...je ne veux en aucun cas vous contredire Général mais...Même s'il est mort, son corps n'est plus là...nous avons trouvé la salle vide, si on ne compte pas les mécaniciens...
Le général sursauta, regardant le pauvre soldat apeuré avec des yeux agrandis. C'était une nouvelle fort étonnante...qui aurait pu bouger son corps sans lui en faire part ? Cela voulait dire que...
Alors que son visage virait au rouge sous l'effet de la colère, il se mit à hurler, pointant le jeune homme du doigt qui risquait de tourner de l'½il.
-Envoyez plusieurs unités dans la foret ! Je veux que l'on retrouve le corps de Von Dumm, mort ou vif ! Et s'il était encore en vie, je veux qu'il le reste jusqu'à nouvel ordre ! Pour la gamine, nous verrons plus tard, la capture de Von Dumm passe avant toute chose !
L'homme s'inclina avant de partir précipitamment. Mais le général ne faisait déjà plus attention à lui, à nouveau plongé dans ses pensées. Ce Von Dumm était quelqu'un de vraiment étonnant...c'était un malin...un véritable petit singe...et s'il y avait bien un animal que John détestait, c'était bien les singes !


L'atterrissage avait été un peu brutal, mais mis à part quelques bleus aux bras, je m'en sortais très bien. Aussi, quelle idée de vouloir descendre le mur de cette façon ! Si seulement j'avais pu utiliser une corde...
Quand l'une de mes mains avait lâché la prise alors qu'il ne me restait que trois mètres à parcourir, j'avais chuté dans le vide. Emporté par ma vitesse, je fus pris dans d'interminables roulés boulés qui m'entraînèrent vers le bas de la pente avant que je ne finisse ma course dans un tas de branchages et de feuilles mortes.
C'était quelque chose que je ne voudrais pas répéter une nouvelle fois, ma pauvre tête ne le supporterait sans doute pas. Le fait d'être enfin libre me permit de repenser plus précisément à ma condition. J'étais dehors...mais cela n'arrangeait pas du tout la situation.
Par contre, peut être que je pourrais enfin utiliser la radio. Où était elle d'ailleurs ? Une seconde, je crus qu'elle était dispersée en morceaux tout autour de moi. Je me mis à fouiller fébrilement par terre avant de pousser un soupir de soulagement.
La boite de maquillage qui composait la coque de la radio était sale et un peu cabossée, mais elle n'avait pas beaucoup souffert du choc...et bien, c'était solide ce que l'on construisait à présent ! Tant mieux pour moi, ça allait peut être me sauver la mise, sauf si l'antenne était tordue, auquel cas elle ne me serait d'aucune utilité. Et bien, Hervé était un professionnel ! C'était du solide ce qu'il venait de construire.
Saisissant la radio à deux mains, je levais la tête vers le ciel, ou plutôt vers la voûte des arbres. Avec une telle épaisseur de branches et de feuilles, la liaison était elle possible ? Je préférais essayer de trouver une brèche dans ce ciel vert, marchant et levant les yeux régulièrement jusqu'à trouver ce que je cherchais. De plus, il y avait une vielle souche recouverte de lierre, un endroit parfait.
Je m'asseyai sur ce siège improvisé avant d'appuyer sur le bouton de la radio de fortune, m'attendant comme d'habitude à cet affreux sifflement aigu. Et pourtant j'entendis comme une sorte de faible gargouillis, comme lorsque je tentais de téléphoner alors que je passais sous un tunnel. Cela voulait dire que la radio marchait ?

Ce fut de justesse que je ne saute de joie, car rien ne prouvait que je pouvais contacter quelqu'un et recevoir de l'aide. Je réglais le bouton de la fréquence, essayant à tout prix d'avoir une connectivité avec le récepteur de musique d'Eddie. J'avais beau tourner le bouton dans tous les sens, cela ne changea pas, l'étrange bruit était toujours présent.
Enfin, ce fut jusqu'au moment où une forte musique sortit de l'appareil, me faisant lâcher la radio qui tomba sur le sol mou. Je la regardais stupéfait, alors que l'air vibrait sous l'effet de la musique rock qui sortait de mon seul moyen d'avoir du secours.
Ce phénomène était assez imprévu, puisque je m'attendais à recevoir un signal du même genre que les téléphones. Pourtant, cette musique me disait quelque chose, je l'avais déjà entendu de très nombreuses fois.
Prudemment, je m'approchais de la radio et la reprenais entre mes mains, m'apprêtant à faire quelque chose de sûrement idiot.
-Eddie ? Eddie tu m'entends ?
Rien ne se passa, la musique était toujours présente. Mais peut être n'avait il pas entendu...Je renouvellais mon message une seconde fois.
-Eddie, c'est Erick ! Eddie est ce que tu m'entends ?
Pourquoi ne répondait il pas ? M'entendait il seulement ? Mais j'y pense, sa boucle d'oreille était un récepteur et non un émetteur...Je tentais autre chose.
-Eddie, si tu m'entends, change de musique !
Aussitôt, la chanson changea pour laisser la place à quelque chose de plus doux. Hervé, tu es un véritable génie ! A ce moment, je faillis bien être pris d'une violence crise de folie. Savoir que j'avais en partie repris contact avec mon vieil ami m'emplissait d'allégresse.
Evitons de perdre du temps, pensais-je à voix haute. La batterie de la radio ne tiendrait que peu de temps, déjà la petite lumière rouge se mettait à clignoter, signe que je n'avais sûrement que quelques minutes.
-Eddie, je ne peux pas te parler plus longtemps. Je vais essayer de te rappeler dans pas longtemps sur ton portable, si je peux. Laisse le ouvert, c'est très important ! Change à nouveau si tu as compris.
Cette fois ce fut la météo que je reçus. Inutile de m'attarder plus longtemps, je coupais net la communication alors que le voyant s'éteignit aussitôt. Bien, j'avais pu établir un premier contact avec Eddie...c'était déjà bien. Maintenant, mon second but était de pouvoir avoir une discussion complète avec lui, ce qui n'était pas encore gagné.
De plus, je ne devais surtout pas m'attarder ici, je me trouvais bien trop près des terroristes à mon goût. Je devais donc bouger, mais pour aller où ? M'enfoncer dans cette jungle ? Ce n'était pas prudent, si je me perdais, je n'arriverais sans doute pas à retourner en arrière.
Me diriger vers la base était également impensable. Et rester sur place...n'y pensons même pas. Mais le moins dangereux était sûrement de m'éloigner le plus possible de mes agresseurs. Si seulement j'avais pu avoir une carte...Je n'étais pas à l'aise pour jouer les apprentis aventuriers, je ne m'étais jamais senti l'âme d'une personne particulièrement courageuse.
Je me levais donc, reprenant la radio en mains après avoir épousseté mes vêtements par souci de propreté. Je regardais autour de moi, me demandant quelle direction prendre sans me douter un seul instant que des soldats de la Horde s'étaient lancés à mes trousses presque derrière moi. Enfin je n'allais pas tarder à le savoir dans la minute qui venait...

La porte grinça, comme si elle hésitait que le contenue de la salle ne soit révélée à la jeune fille. Elle se bloqua d'ailleurs à la moitié, après avoir coulissé sur le coté pendant une dizaine de secondes. Mais l'ouverture était assez grande pour que la jeune fille agonisante puisse se faufiler. Mais ce qu'elle y vit la laissa de marbre.
Elle ne s'était pas attendue à ce que le sol de cette mystérieuse pièce soit jonché de cadavres. Les blouses grises et blanches trahissaient leur fonction dans la station, mais il n'y avait pas que ça. Il y avait pas que ça. De nombreux hommes en tenue bleue avec le logo « P.A.Z » imprimé sur leurs vêtements reposaient grotesquement par terre. Il était facile de deviner que ces hommes n'étaient ni plus ni moins que les soldats protecteurs de la station.
Apparemment, il n'y avait eu aucune distinction, toutes les personnes qui se trouvaient dans la station étaient neutralisées, elle sûrement comprise dans le lot. Mais voir tout ces morts ne lui faisait pas plus d'effet que cela. Cet acte profondément inhumain aurait pourtant révolté une personne normalement constituée.
Titubant vers des placards en acier, elle les ouvrit précipitamment. Mais ceux-ci étaient vides. Même les corbeilles en bois qui se trouvaient prés de nombreuses tables renversées. La seule chose qu'elle vit fut des bouts de verres brisés, appartenant à d'étranges seringues aux aiguilles tordues. Mais il y avait également quelque chose d'autre.
Leur contenu était un étrange liquide d'un bleu transparent, recouvrant le sol de petites taches colorées. C'était le même liquide qui l'avait maintenue dans un état proche de l'hibernation. Enduisant un doigt de cet étrange liqueur, elle le porta à ses lèvres avant de tirer la langue d'un air dégoûté. Il fallait absolument qu'elle trouve une seringue en bonne état et contenant ce fameux liquide. Autrement...


Voilà depuis un moment que je courais à en perdre haleine dans cette maudite jungle. Le bas de mon pantalon était sale alors que mon visage avait été plusieurs fois égratigné par des branches se trouvant devant mon chemin. Et ce point de côté devenait véritablement insupportable. A ce rythme là, je n'allais plus pouvoir faire ne serait ce qu'un pas.
Mais on dit que la peur ou la menace donne des ailes. Je crois bien que c'était le cas en ce moment. J'avais commencé à courir après avoir entendu « Le voila ! Chopez le ! ». Cela eut le même effet pour moi qu'un tir de pistolet annonçant le début d'une course contre la montre. Si j'avais été un bon acrobate, j'aurais pu les semer en me servant du décor. Mais malheureusement, ce n'était pas le cas.
Finalement, ils n'avaient pas mis si longtemps que ça à se rendre compte de mon absence. Quoiqu'il en soit, ils étaient tous bien décidés à me mettre la main dessus, quels que soient les risques. Et cette radio qui m'alourdissait terriblement...si seulement j'avais pu la jeter au sol.
Depuis le début de la poursuite, mes terroristes n'avaient pas tiré un seul coup de feu, bien qu'armés jusqu'aux dents. Cela voulait donc dire qu'ils me voulaient vivant. Ordre de Macgallan ? Cela ne m'aurait pas étonné.
Si jamais il m'arrivait le moindre pépin...trop tard, ma jambe buta contre une racine noueuse, alors que je m'étalais de tout mon long sur le sol boueux. C'était fini, je sentais bien que j'avais perdu. Je me rendais donc en bon perdant, les mains sur la tête comme un pauvre homme s'attendant au pire des cataclysmes. Déjà je les entendais s'arrêter tout autour de moi, alors qu'ils hurlaient tout en se donnant des ordres.
-Tu bouges pas ou je te brise les jambes, pigé ? Hubert, amène moi les bracelets !
Les yeux fermés et me mordant fortement la lèvre supérieure, je ne voulais même pas savoir ce qui risquait de se passer par la suite. Macgallan, qui n'avait pas eu le temps d'achever son...exécution et avait été ridiculisé devant un capitaine inconnu qui ne le prenait pas au sérieux, allait sûrement vouloir se venger ! Bon, je parlais de vengeance mais il s'agit en fait d'achever un travail à moitié fait. Ou bien peut être que j'avais déjà été remplacé par une autre petite victime et...
-Tu croyais te tirer où comme ça, hein ? Si cela ne tenait qu'à moi, je t'aurais déjà écorché depuis longtemps !
-Arrête de faire l'idiot...Macgallan le veut vivant et en bonne santé. Tu te souviens de ce qu'il a dit à propos de...
-Je ne vais pas lui de mal, imbécile ! Et toi regarde moi dans les yeux quand je te parle !
L'homme qui me hurlait dessus m'attrapa les cheveux avant de me relever la tête en arrière. Quelle brute ! C'est que cela faisait mal ! La douleur était telle que je crus pendant un instant qu'il m'avait arraché le cuir chevelu.
Son visage était mal rasé, alors qu'une horrible cicatrice commençait de sa joue droite pour finir au début de son sourcil. Mon Dieu ! Comment avait il pu se faire une chose pareille ! Il cria de nouvelles injures que je ne compris pas, recevant plusieurs postillons sur le visage. Il allait vraiment finir par m'arracher les cheveux...
-Arrêtez...vous me faites mal...
-Tu crois que j'en ai quelque chose à faire ? Alors Hubert, ils viennent ces bracelets où je dois venir les chercher moi-même ?
-Arrête ça tout de suite ! C'est peut être un otage mais c'est également un être humain et...
-Et quoi ? Tu commences à avoir du c½ur maintenant, Mérel ? Si tu veux on règle ça tout de suite, ici et maintenant !
Vu la tension qui s'installait entre ces deux hommes, il n'était pas difficile de savoir qu'ils étaient rivaux. Alors comme ça il y avait même des conflits dans une telle organisation ? C'était...intéressant.
Le soldat à la cicatrice me lâcha les cheveux alors que je tombais face contre terre, la tête dans la boue. Me retournant sur le dos avec une grimace, je vis cinq...non six hommes en armes. Cela faisait peur car ils étaient tous là pour moi.
L'homme à la cicatrice était en train de s'en prendre à un terroriste noir avec des lunettes sur le nez. Les bras croisés, il regardait son ennemi qui tempêtait contre lui. Même les quatre autres soldats étaient absorbés par la discussion assez mouvementée. Il n'y en avait plus un seul pour faire attention à moi.
Laissant la radio qui gisait à un mètre de moi, je me mis à reculer très lentement sur les coudes, essayant de faire le moins de bruit possible. Si jamais je parvenais à sortir de leur champ de vision et à trouver une cachette improvisée, j'aurais peut être une chance.
Je n'avais vraiment pas de chance aujourd'hui ! Un de ses soldats s'était retourné vers moi avant de me montrer du doigt. Aussitôt toutes les têtes se tournèrent vers moi.
-Hubert, je t'avais demandé de le menotter !
-Mais non tu m'as demandé de te passer les bracelets !
-Il faut tout faire soi même ! Et toi, je t'avais demandé de ne pas bouger ! Je crois qu'il va falloir que je te fasse comprendre qu'il est interdit de plaisanter avec moi !
-Jordan, tu fais ça et je parle de ton attitude irresponsable en tant que soldat du clan de la Horde à Macgallan !
-Et il dira que j'ai bien fait ! dit il alors qu'il mettait son fusil en bandoulière autour de son torse avant de sortir une arme de poing d'un étui sur sa cuisse gauche. Avec un sourire effrayant, il leva lentement l'arme vers ma jambe, personne ne prenant la peine d'arrêter son geste bien que l'indignation se lisait sur tous les visages. Il voulait faire quoi là ? Me tirer dans la jambe ?
Mes yeux s'agrandirent très lentement alors qu'il s'approchait lentement de moi, souriant comme s'il défiait quelqu'un de l'empêcher à faire cela. Un coup de feu retentit, tel le tonnerre grondant lors d'un orage. Au dessus de ma tête, plusieurs oiseaux s'envolèrent de leurs branches, effrayés par ce bruit.
Jordan s'effondra sans un mot sur le sol, alors que tous les soldats présents se regardaient tour à tour, s'interrogeant du regard pour savoir qui avait tiré. Même le grand noir semblait perplexe.
Un autre coup de feu résonna dans la forêt, tandis que c'était cette fois l'homme le plus près de moi qui se tenait la poitrine à deux mains, un liquide pourpre et gluant coulant entre ses doigts. Tout le monde se coucha sur le sol, hurlant à tue tête pour savoir ce qu'il se passait.
-Unité Trente trois Bis, en formation carrée ! C'est une attaque ! C'est une attaque !
Dés que l'ordre fut passé, tous les hommes se relevèrent, chacun d'eux balayant une zone de paysage avec une rafale de balles. A nouveau ce « Tac, tac, tac » que je commençais à détester. Toute la jungle fut animée par un vent mystérieux, des copeaux de bois volant un peu partout lorsque les tirs traversaient les troncs sinueux des arbres. Des centaines de feuilles tombaient sur le sol, alors que les terroristes continuaient leur « nettoyage. »

Cela était il réellement efficace ? Un troisième s'écroula par terre, touché en plein visage par le mystérieux ennemi. L'homme aux lunettes leva les yeux vers la voûte des arbres, reculant de quelques pas.
-En haut ! Ils sont en haut ! Descendez les !
C'était la première fois que je t'étais témoin d'une fusillade et, croyez moi, c'est une expérience déplaisante. Une seule de ces balles aurait pu me traverser le corps comme s'il s'était agi d'un simple chiffon. En voyant les corps sans vie des trois hommes à terre, je sus tout de suite que je ne voulais surtout pas finir comme ça. Me relevant rapidement malgré mes douleurs j'attrapais la radio laissée au sol à deux mains et me précipitais hors de la zone de tir.
Un bruissement sur ma droite et j'eus le réflexe de me coucher sur le sol. Je crois bien que cela me sauva la vie car une dizaine de balles meurtrières sifflèrent au dessus de ma tête, détruisant tout ce qu'elles rencontraient.
Quelques secondes après, je me remettais de bout, courant aussi vite que je le pouvais. Je courais, encore et encore, ne m'arrêtant pas même si je sentais une affreuse douleur entre mes côtes, continuant de courir même si mes chevilles commençaient à protester.
Je courais d'ailleurs si vite que je n'aperçus pas la pente un peu plus loin devant moi, me concentrant sur un unique point devant mes yeux. Et dès que je l'aperçus, je ne pus m'arrêter à temps.
Comme tout à l'heure, je me mis à rouler sur moi-même, descendant la pente raide à toute vitesse alors que je m'écorchais bras et jambes. Ce fut un autre réflexe, celui de me mettre sur le dos et de stopper ma descente avec les pieds qui me sauva encore une fois.
Je n'avais jamais eu aussi mal au ventre. Plié en deux, la nausée sur le point de faire brusquement surface, je m'appuyais contre un immense chêne, respirant par saccades. Avais je enfin quitté la zone dangereuse ? Etais je en sécurité ?
Je n'entendais plus que de loin les sons familiers de la jungle : les piaillements des oiseaux, alors que ceux-ci se penchaient de leur perchoir pour observer curieusement le nouvel arrivant que j'étais, les bruissements familiers des petits animaux et je crois même avoir entendu le bruit lointain d'une cascade...enfin je crois.
Ce fut difficile de faire en sorte que ma respiration redevienne normale et les quelques minutes durant lesquelles je m'efforçais d'inspirer profondément furent une véritable torture. Et qu'est ce que j'avais mal au bras ! Pas étonnant, celui-ci était profondément entaillé, plusieurs petits cailloux incrustés sous la peau. C'était vraiment le moment ! Et sans eau, je ne pourrais pas nettoyer la blessure ! Je verrai ça plus tard !
La seule chose qui comptait pour le moment était de savoir si j'étais enfin en sécurité. Je prêtais l'oreille, n'entendant plus rien qui aurait pu être une nouvelle alerte pour moi. Que s'était il passé ?
Cela ne devait pas m'être étranger, il était évident que ceux qui avaient organisé l'attaque étaient également les instigateurs de la destruction de la navette spatiale. Mais quelque chose clochait : pourquoi travaillaient ils dans l'ombre ? Et puis...bah, cela ne devait pas me préoccuper, je n'étais pas concerné par cela.
Pensant être enfin tranquille, je ramassais la radio qui, décidément, avait connu des jours meilleurs. Alors que je m'apprêtais à l'allumer, une main se posa sur mon épaule.
On vous a déjà fait ce genre de blague, n'est ce pas ? Celle où quelqu'un s'approche discrètement de vous avant de hurler comme un possédé dans l'espoir de vous faire dresser les cheveux sur la tête ?
Cela eut le même effet sur moi, alors que je poussais un cri de surprise juste avant de me retourner. La personne que j'avais en face de moi était bien la dernière que je m'attendais à voir ici.
-Lé...Léïtia ? Mais qu'est ce que tu fais là ?
-Je pourrais te demander la même chose...
Elle n'avait pas changé d'un pouce...Ses cheveux étaient toujours aussi bien coiffés, bien qu'ils soient resserrés en une longue tresse, ses habits ainsi que mon gilet qu'elle gardait toujours sur elle étaient d'une extrême propreté . Elle n'avait pas la moindre marque ou trace de coup sur elle, comme si elle s'était toujours trouvée ici dans un camp de vacances.
D'un seul coup, je la trouvais vraiment effrayante. Elle était d'un calme froid et me regardait comme si j'étais le dernier des idiots. Mais enfin, que faisait elle ici bon sang ?
-Ecoute, je suis sérieux, comment es tu arrivée jusque là ?
-Sans doute de la même façon que toi...
-Ah oui ? Et c'est-à-dire ?
-Ca tombe mal, je n'ai ni l'envie ni l'humeur de t'expliquer comment.
Je restais stupéfait devant cette remarque. C'était vraiment impoli de sa part de dire une telle chose à un adulte, vous ne trouvez pas ? Et pourtant, cela ne me mit pas en colère bien que je fus tout de même très surpris. Après m'avoir regardé un moment, elle me dépassa, marchant droit devant elle comme si de rien n'était.
-Et attends ! Où vas-tu comme ça ? C'est dangereux par ici, tu vas te perdre !
-Je sais où je vais.
-Et tu vas où comme ça ? Reste avec moi, j'ai peut être le moyen de nous sortir de là !
Elle s'arrêta avant de se retourner vers moi, un sourcil levé comme si je venais de lui promettre la lune, ce qui était peut être vrai. Je lui montrais la radio...elle se contenta de hausser les épaules ce qui eut pour effet de me mettre le rouge aux joues. Je me sentais vraiment ridicule.
-Elle n'a presque plus de batterie. Tu ne vas pas aller loin avec. Un conseil, laisse là.
-Mais non, je sais comment contacter un ami ! J'ai déjà réussi une première fois, alors je peux très bien recommencer !

Elle haussa une nouvelle fois les épaules avant de continuer sa marche. Quelle gamine ! Si je ne restais pas à coté d'elle, il pouvait lui arriver de très nombreux malheurs ! Enfin...j'osais penser cela alors que j'avais déjà beaucoup de mal à me protéger tout seul. J'aurais dû la laisser partir ! Et pourtant, je ne sais pourquoi mais je décidais de la suivre, alors que j'essayais de refaire marcher le poste de radio.
Cette fois, il me fallait me connecter au téléphone numérique d'Eddie, ce qui n'était pas gagné. Alors que je marchais, je réglais à chaque fois la fréquence, changeant couramment les coordonnées initiales de l'appareil. N'y arrivant finalement pas, je décidais cette fois de me reconnecter à la boucle d'oreille réceptive de mon ami.
Le grésillement familier se fit entendre mais cette fois il ne fut suivi d'aucune musique mais d'un puissant « Allo ? ». Même Léïtia en fut surprise, alors qu'elle tournait la tête vers moi pour savoir ce que je mijotais. Je reconnaissais parfaitement cette voix, malgré ne plus l'avoir entendu depuis une semaine.
-Eddie c'est toi ?
-E.V.D ! Mince je pensais ne jamais plus pouvoir t'entendre ! Tu vas bien ?
-Oui, oui ! Comment ça se fait que tu puisses me répondre ? Je suis connecté à ta boucle d'oreille !
-J'ai demandé à un pote de la bidouiller pour la brancher à mon numérique. Mais qu'est ce que tu fous ? Je dois à chaque fois aller voir ta mère qui pleure toutes les larmes de son corps !
-C'est quoi cette histoire ?
-Tu es passé sur les écrans dans le monde entier, mec ! Ici, on croit tous que tu es mort ! Qu'est ce qui se passe ? Tu es où là ?
Je sentis mon c½ur se contracter dans le creux de ma poitrine alors que je ravalais ma salive. Mort ? Moi ? Oui cela collait...la transmission avait été coupée au moment même où j'allais être exécuté. Mais ce que je venais d'apprendre, c'était que la vidéo avait été transmise sur les écrans de la population. Franchement, il y avait de quoi recevoir un coup de froid.
-Et bien non, je ne suis pas mort ! Mais j'ai pas le temps de te résumer la galère dans laquelle je me trouve. En fait tu es la première personne de l'extérieur à qui je m'adresse et ma situation est très critique.
-Il se passe quoi, là ? Et c'est qui ces types qui ont voulu te...enfin tu vois ?
-Des fous ! Mais je te dis que je n'ai pas le temps de t'expliquer. Tu connais Callisto ?
-Non, c'est un système ?
-Oui, voila. C'est une planète volcanique. Mais là n'est pas le problème, c'est surtout un énorme repère de loups ! Je ne suis pas le seul à être retenu, il y a également plus de huit cents otages détenus.
-Mais tu veux que je fasse quoi ?
-Les chefs d'état ! Il faut que tu les mettes au courant de tout ce que je viens de te dire. C'est une organisation qui se fait appeler la Horde
-La Horde ?
-Oui c'est...
Cela ne servait plus à rien de compléter ma phrase, la petite lumière s'éteignit définitivement. Je restais sur place, à regarder la radio à présent inutile comme un objet sacrilège. J'avais finalement eu moins de temps que prévu et je n'avais presque pu rien dire à Eddie.
Le simple fait de lui avoir parlé m'avait redonné de l'espoir pendant un moment, mais à présent j'avais la réelle impression que tout cela avait été inutile. Peut être que si j'arrivais à recharger la batterie...mais avec quoi ?

Relevant la tête et regardant autour de moi, je me mis à paniquer. Je ne voyais plus du tout Léïtia, celle-ci avait complètement disparu de mon champ de vision.
-Léïtia ? Léïtia où es tu ?
Aucune réponse...je renouvelais mon appel qui fut autant inutile que le premier. Mais où était elle passée ? Ce n'était qu'une enfant, elle ne pouvait pas avoir disparu comme cela tout de même ! Gardant la radio sous le bras, je courus dans une direction au hasard. Maintenant que j'avais retrouvé quelqu'un qui ne voulait pas attenter à ma vie, il était hors de question pour moi que je la sème une nouvelle fois.
-Léïtia ? Réponds moi s'il te plait !
-Chut !
Je sursautais : elle n'était qu'à quelques pas devant moi, accroupie devant un grand buisson, l'air de quelqu'un qui espionnait un groupe, un couple d'amoureux. Je fus soulagé mais tout de même assez perplexe, elle avait l'air d'être parfaitement à l'aise dans cette jungle.
-Léïtia ? Qu'est ce que tu...
-Chut ! Répéta telle !
Lui obéissant, je m'agenouillais prés d'elle, essayant de voir ce qu'elle observait. Je faillis m'enfuir en courant en apercevant les hommes au béret rouge en train de discuter à voix basse à seulement quelques mètres de nous.
La jeune fille me tapota le bras, me faisant signe de la suivre tout en restant accroupi le plus possible. Je ne sais pourquoi, mais je lui faisais totalement confiance, elle s'y connaissait bien mieux que moi, cela se voyait tout de suite. Comment et pourquoi, ça je ne le savais pas.
Régulièrement, elle s'éloignait de moi, jetant des coups d'oeil aux groupes de tueurs avant de revenir vers moi. Je mis longtemps avant de me rendre compte qu'elle parvenait à se déplacer sans un bruit. Pas un craquement de branches, pas même un bruissement de feuilles, rien !
Lorsque nous fûmes assez loin, je pris le risque de parler, de plus en plus perplexe face à la jeune fille.
-Léïtia. Tu sais qui sont ces types, n'est ce pas ?
-Des fanatiques, tout simplement.
-Et tu as appris où a...enfin, tu as l'air de te repérer parfaitement dans cette jungle...bref, tu es assez...épatante on va dire pour une fille de ton age.
-Tu es trop curieux et peu malin. Il ne faut jamais se fier à une impression ou une apparence.
-Ah oui ? Et pourquoi ?
-Tu es trop curieux...répéta telle encore...
Un peu agacé par ses propos, je me tus pour de bon. Elle n'avait pas l'air des agressive, mais elle était tout de même très agaçante, sans compter son arrogance. Cela me fit presque rire, car mon attitude était infantile.

-Au moins, est ce que tu savais ce qu'ils faisaient ?
-C'étaient des rabatteurs.
-Des rabatteurs ?
-Ils vont sûrement truffer la zone de pièges et de détecteurs. Ils vont fouiller la zone sur plusieurs kilomètres. A la nuit tombée, ils changeront de méthode.
-Comment sais tu tout ça ?
-C'est de la logique...apprends à réfléchir par toi-même, Erik.
On aurait dit ma mère. Mine de rien, cette fille était très mature. Elle devait sûrement avoir eu un père militaire ou bien quelque chose comme ça. Mais ce qui me gênait, c'était qu'elle n'était pas très bavarde.
La forêt de Callisto se faisait maintenant de plus en plus dense, de plus en plus sauvage. Le lierre s'enroulait autour des larges troncs des arbres, s'élevant en tournoyant vers le ciel dans l'espoir de recevoir un peu de lumière.
Les buissons et autres petites plantes étaient par contre presque inexistants, en raison au manque de soleil. Bientôt une étrange humidité se mit à régner dans les bois, attirant toutes sortes de petites bêtes volant comme...les moustiques.
Cela me gênait énormément, mais la pauvre Léïtia semblait être encore plus gênée par ces minuscules bestioles, se flanquant régulièrement des claques sur les bras ou le visage.
-Et bien, fis je avec humour, les moustiques semblent te trouver à leur goût.
Elle hocha la tête, pensive. Finalement la jeune fille s'arrêta avant de se tourner vers moi, me regardant fixement. J'étais un peu mal à l'aise lorsqu'elle m'observait de cette façon.
-Comment s'appelle ta maman ?
-Hein ? Euh, je...pourquoi cette question si soudaine ?
-Comment s'appelle t'elle ?
-Hélène...Hélène Von Dumm.
-Et ton papa ?
-Je n'ai pas envie d'en parler !
Elle me regarda curieusement, un sourcil levé. J'en conclus qu'elle devait constamment réagir comme cela dès qu'elle était surprise ou bien qu'elle avait envie de savoir quelque chose.
-Pourquoi ?
-Parce que, tout simplement ! Je n'aime pas mon père, voila !
-Pourquoi ?
Cette fois, elle devenait vraiment agaçante avec ses questions indiscrètes ! Si je lui donnais ce qu'elle voulait, peut être allait elle enfin arrêter de me questionner sur ma vie privée.
-Parce qu'il a abandonné ma mère pour la première femme venue, alors qu'elle était enceinte de moi ! Voila pourquoi ! Satisfaite ?
-Pardon...
Malgré s'être excusée, elle ne semblait pas aussi gênée que ça. C'était comme si elle portait un masque, un peu comme certains comédiens de théâtre. Aucune expression ne filtrait sur son visage aussi impassible et tranquille qu'un pantin, ces créatures de bois qui ne ressentent rien.
-C'est pas grave. Et tes parents ? Comment s'appellent ils ?
-Je ne sais pas.
-Comment ça tu ne sais pas ? Tu te moques de moi, là ? Allez j'ai joué le jeu, tu peux bien le faire toi aussi, non ?
-Je ne sais pas.
-Tu es orpheline, c'est ça ? Tu n'as pas envie de le dire ? Tu sais, ça ne me gène pas.
-Oui et non, je ne sais pas du tout.
-Tu es bizarre comme fille...ne le prends pas mal.
-Ca je sais. Dit-elle avant de se retourner et de continuer sa marche, me laissant sans voix. Sa dernière phrase approuvait parfaitement la mienne, il est rare qu'une personne confirme être...bizarre, vous ne trouvez pas ?
Au dessus des arbres, haut dans le ciel, on pouvait voir le soleil se coucher lentement, s'apprêtant à plonger Callisto dans la noirceur d'une nuit inattendue...




Chapitre 9 Projet Alpha Zero

# Posté le lundi 07 janvier 2008 05:46

Modifié le mardi 08 janvier 2008 16:40

Remerciements

Remerciements
Aujourd'hui, ça je ne parlerais que d'écrits...comme pour changer? Je plaisante^^ Bon j'aimerais d'abords remercier quelques personnes pour leur soutient, alors commençons tout de suite. Je ne citerais pas de nom, mais je pense quelle se reconnaîtrons

-
Tout d'abords, j'aimerais parler d'une femme, artiste peintre de métier et qui m'a écouté avec beaucoup d'attention alors que je lui faisais part d'un Projet futur que je pense...étrange. Elle ma redonné le courage, peut être sans le vouloir, d'aller au bout de mes idées. Bon courage avec ton petit protégée, j'espère que ta petite fille au lapin naitre bientôt
-Ensuite, c'est le tour d'une jeune personne pleine de talents et d'idées qui a été victime d'un piratage innaceptable. Merci pour tes conseils et tes paroles qui me réchauffent le coeur. Je suis également de tout coeur avec toi, vas jusqu'au bout de ce que tu entreprends.
-Et e
nfin, c'est l'arrivée d'une nouvelle qui n'a pas tardé à dévorer rapidement ma première oeuvre. Savoir que mon histoire, celle de Tenak, a été trés apréciée ma veritablement fait plaisir. J'espère que les pitreries du Professeur Von Dumm et le comportement étrange de léïtia te plairont tout autant.

On m
a deja demandé quel était le livre qui m'aura fait découvrir le fantastique...Je ne peux pas vous en dire le titre, c'est un auteur qui n'aura jamais tenté de le publier et qui été d'une de mes proches connaissance. Cela me désole de savoir que vous ne pourrez sans doute jamais voir son talent...Enfin bon, je vais tout de même apporter une touche de fin en vous proposant les histoires qui ont été, pour moi, un véritable bonheur à l'état pur. Les voici

1er : La guilde des magiciens
Chaque années, la guilde réunit ces meilleurs magiciens pour venir chasser les pauvre et les miséreux des nobles quartiers durant, ce que l'on apelle, la Purge. Protégé par leurs boucliers magiques, ils se rient des pierres lancées par les enfants pauvres qui les haïssent. Seulement, l'impensalbe se produit: une pierre traverse le bouclier et assomme l'un des mages. Une jeune fille regarde ses mains, stupéfaites par ce qu'il s'est passé, avant de prendre la fuite. Il y a une magicienne inexperimentée dans les rues!

2: La novice
Sonea, la magicienne récupérée dans les taudis, continue doucement ses cours pour devenir magicienne de la guilde. Ses amis et parents lui manquent, mais elle est prête à aller jusqu'au bout...si ce n'était tout ces autres enfants mages qui n'ont pas oubliés ses origines de pauvresses et se sont mit en tête de la harceler. Savent ils seulement que cette fille possède des capacités qui égalent presque le haut seigneur de la guilde lui même? Dans l'ombre, une menace prend forme...

3: Druss la legende
C'est un homme comme les autres, quoique un plus fort, plus grand et plus...instable, vivant dans un village reculé. Il est craint et peu respecté par ses manières brutes, mais il redevient presque comme un agneau en compagnie de la femme de sa vie avec qui il va bientôt se marier. Pourtant, des traqueurs d'esclaves mettront fin à cette vie de bonheur, capturant toutes les femmes et massacrant les villageois. Armé de Snaga, une hache ayant appartenu à son grand père, Druss parcoura mer et terre, affrontant pirate, soldat, seigneur. Il va se retrouver dans de nombreuses batailles et se rendra même en enfer pour sauver celle qu'il aime.

D'autre livres en retenu mon attention, mais cela sont, pour moi, les meilleurs de la serie fantastique. Ne passez pas près du tome 1 et 2 de la trilogie de la guilde des magiciens, c'est un vrai bonheur! Et vous? Quels sont vos livres préférés? Ah, j'allais oublier. Voici l'adresse d'un site qui vous menera à la découverte de l'histoire de Princess, une jeune fille qui semble compexée par la célébrité de sa mère actrice. Humour et rebondissement sont au rendez-vous: http://i-am-so-famous.c.la/

Pour finir, voici quelqus conseils personnels qui vous permettront, si vous vous en sentez le courage et surtout le désir, de créer votre propre histoire. Ne vous lancez pas à corps perdut dans l'historie sansme avoir quelques bases pour commencer. Prenez d'abords des notes, mettez en place une structur simple mais solide et compliquez là si vous le voulez. Inspirez vous de ce qui vous entoure et modifiez le à souhait. Creez votre propre monde avec ses moeurs, ses structures, ses habitants. Determinez le caractère de vos personnages et donnez leur un le trés précis: Tout doit servir. Ce ne sont bienr que des conseils personnels, mais j'espères sinrement qu'ils vous aideront.

# Posté le mardi 08 janvier 2008 16:09

Modifié le mercredi 09 janvier 2008 05:52

Chapitre 9 Pierre des cinq lois

Chapitre 9



Le port était immense, et pourtant peu de personnes y circulaient. Les rares promeneurs s'occupaient principalement de soulever des caisses, parfois à plusieurs pour se diriger ensuite vers les cales d'un immense et puissant navire. Le jeune berger qui n'avait jamais vue de bateau de sa vue fut comme éblouie par cette apparition qui semblait tout droit sortit des flots. La coque, faite dans du bois noire, s'élevait largement au dessus de la mer et les voiles semblait avoir été fabriqué dans un tissu transparent. Apolïncer, le sourire aux lèvres, se posta à coté de lui.
-Ten, je te présent la Rose Noire.
La Rose Noire...il portait bien son nom. Ce navire semblait avoir été taillé pour la vitesse tant sa taille était impressionnante. Mais chose étrange, c'était justement le seul navire de tout le port. Avant que Tenak ne puisse poser la question, le contrebandier lui répondit aussitôt, comme si celui-ci parvenait à lire dans les pensées du jeune homme.
-Ceci, vois tu, est un bateau de contrebande. Oh s'il te plait, épargne moi tout de suite tes remarques. Normalement, après que ta capture ait été dans chaque ville, le commerce maritime a été interdit jusqu'à nouvelle ordre. Hors, tu me connaît, la loi n'est pas vraiment mon fort. La Rose Noire appareille à Shihab très rarement, et je m'entend très bien avec son capitaine. Nous allons traverser la grande mer et rejoindre Célenistie, notre prochaine escale.
-Célenistie ? Je n'en ait jamais entendu parler et je ne pense pas qu'elle apparaisse sur les cartes...
-Ce n'est qu'un avant-port, ce n'est pas une ville importante et renommée. Pendant le trajet je te ferai part avec plus de détailles sur notre route.
-Mais tu disais ne pas connaître le trajet menant à la ville Navïn. Comment allons nous faire ?
Le regard du contrebandier s'illumina, tandis qu'il se tournait vers Tenak. Le jeune berger n'aimait pas cette lueur. On aurait crut qu'il venait de réaliser un véritable miracle, pourtant cela le gênait terriblement. Il se pencha vers lui, comme pour faire en sorte que seul Tenak ne puisse l'étendre et éveiller les curiosités autour d'eux.
-Ten...j'en ait trouvé une. Une véritable, en chair et en os.
Le jeune berger en resta ébahis, les yeux grand ouverts.
-Que...quoi ? Ne me dis pas que...
-Si, si, je t'assure. Ho je ne l'es pas encore acheté, je préférai t'attendre car de toute façon elle ne risquait pas de partir, les gens se méfie des Navïns comme je t'es dit.
Le regard soudain soupçonneux, Tenak le regarda gravement.
-Comment ça tu ne l'a pas encore acheté ? Qu'est ce que c'est que cette histoire ?
-Oh, je pense que le vendeur ne me la laissera pas sans que je n'y mette un peu du mien, mais il faut reconnaître que c'est une sacré aubaine, tu ne trouve pas ?
-Apo, répond moi s'il te plait. Que veux tu dire pas « tu ne l'a pas encore acheté » ?
-Une esclave, très cher, une esclave. Je ne te dis pas la surprise que j'ai eut en la voyant. Attraper une Navïn...je me demande encore comme ils ont fait.
-Une esclave ? Tu veux dire que le commerce d'esclave existe à Shihab ? Et par dessus tout, ils vendent les Navïns en esclavage ?

Le jeune berger était profondément indigné. Mais comment pouvait on faire des choses pareilles ? Vendre la vie des gens comme si ce n'était que de simple fruits ou légumes ? Il ne pourrait jamais faire cela, traiter une personne, même une Navïn en esclave. Sans s'en rendre tout de suite compte, Tenak s'était mis à présent à crier.
-Calme toi Ten, bon sang ! Tu veux te faire remarquer une nouvelle fois ?
-Je ne pourrait jamais la regarder en face si je la considère en esclave ! Ni elle, ni moi même d'ailleurs !
Essayant de reprendre son calme, Tenak tenta d'analyser la situation. Il faut dire, comme le disait Apolïncer, que c'était un sacré aubaine. Toutes les questions qui avaient torturées son jeune esprit refaisaient de nouveau surface. Il avait tant de choses à savoir, tant de réponses à connaître. Et puis, rien ne l'obligerait à la considérer comme une esclave après tout. A présent, c'était de la curiosité qu'il ressentait, une curiosité telle qu'il n'en avait jamais connut mais qui était naturelle chez lui. La situation allait peut être enfin s'arranger, enfin !
-Où se trouve t'elle ?
-Tu vois, tu dois prendre les choses du bon coté, fit le contrebandier en souriant. Viens suis moi, après je te présenterai au capitaine de la Rose noire. Logiquement, nous ne devrions plus tarder à appareiller.
Ils longèrent un moment le port, se cachant parfois pour éviter certaines patrouilles qui devenaient de plus en plus fréquente à mesure qu'ils s'éloignaient du port d'amarrage de la perle noire. Finalement, ils entrèrent dans un long bâtiment possédant un toit de forme conique. L'air changé de tout au tout, cela sentait terriblement le renfermé, comme si la pièce n'avait pas connut l'air libre depuis des années et des années. Une autre particularité gênante de cette endroit était que la lumière était bien trop présente et désagréable. Des feuilles avaient étés allumés à même le sol et partout des torches brûlaient sur les murs.
Mais Tenak s'habitua bien vite, assez curieux qu'un endroit aussi immense et inégale passait inaperçu aux yeux des gardes de Shihab. Apolïncer, qui marchait à coté du jeune berger, semblait être particulièrement à son aise. Tenak se pinça les lèvres, le gène se lisant dans ses yeux bleu.

-Dis, Apo, tu...tu fais aussi de la contrebande sur le...les esclaves...enfin je veux dire, tu fais également des...affaires dans ce domaine ?
Le contrebandier le regarda du coin de l'½il, avant de se concentrer sur un point au loin. Soupirant, il s'arrêta brusquement, forçant son compagnon à faire de même. Il ferma les yeux et dégaina une des dagues de son baudrier, celle qui lui avait servit à tuer tout à l'heure.
-Ecoute, Ten, ne me juge pas par ce que je dit et sur mon commerce. Juge moi par mes actes en général.
Tout en parlant, il commença la lame dans les airs, la faisant tourner avec une étonnante adresse. Puis il la rattrapa aisément par la lame et recommença ensuite son petit manège.
-Pour te répondre, je ne travaille pas dans ce commerce. Mon métier est de fournir aux gens ce qu'ils ne peuvent se procurer sur le marché local. Le marché de l'esclavage est un tout autre commerce qui repose sur d'autres bases. Personnellement j'applique une sorte de code. Ce des lois bien personnelles que j'ai moi même mis en place. De cette façon, je n'est jamais eut mauvaise conscience.
-Je ne le nie pas, bien au contraire. Désolé de douter de toi.
Cela aurait put lui être absurde de dire cela quelques jours plus tôt, mais au fur et à mesure que le temps passé, Tenak commençait à comprendre Apolïncer de mieux en mieux. Apolïncer arrêta ses mouvements répétitifs et regarda le jeune berger avec un sourire satisfait.
-Voilà, ça c'est le Ten que j'aime. Il n'est pas question pour toi de toujours douter, et surtout pas de douter pour les autres. Prends ta vie en main et fais ce que tu à faire. C'est ça liberté, mon ami.
-Tu parle de liberté, mais et cette Navïn alors ?
-Si elle tient à sa liberté, elle tentera de s'enfuir, sois en certain. Si elle à fait ce qu'il fallait faire et n'attend plus rien de la vie, alors on ne pourra rien y faire.
-Je comprend...

Comment protester alors qu'il savait pertinemment que le contrebandier avait raison ? Il allait reprendre la parole lorsqu'un petit homme accourut vers eux, respirant fortement. Son crâne chauve laissait apercevoir bon nombres de gouttes de sueur qui coulaient lentement le long de son front, créant de petits ruisseaux artificiels. D'apparence plutôt chétif, il était vécut de vêtements de luxe un peu trop grand pour lui. Son pantalon était solidement ceinturé autour de sa taille à l'aide d'une corde. Un couteau pendait, accrochée sur cette ceinture, mais savait il seulement s'en servir avec des bras aussi courts.
Le petit homme essayait de parler, mais sa voix cassée ne laissait échapper que de petits grognements et des sifflements silencieux. Incapable de s'exprimer correctement, il désigna le fond de la salle avec un doigt boudiné, provoquant une nouvelles vagues de sifflements suivit de deux quintes de toux. Amusé par la scène, Apolïncer tapa plusieurs fois dans le dos du petit être, le faisant presque tomber au sol.
-Reprend toi mon vieux, tu sais que l'on ne comprend pas un traître mot de ce que tu dit ?
Il recommença à frapper avec force le dos de l'infortuné qui tenta, tant bien que mal, de se dégager.
-Voulait vous bien...arrêter ! Cracha t'il entre deux halètements. Vous me faites...mal !
-Et bien vous voyez, ça vas déjà beaucoup mieux. Maintenant on réessaie en ar-ti-cu-lant.
Le contrebandier insista avec amusement sur chaque syllabes. Cela n'eut pour effet que de faire virer le visage du petit homme, déjà fort écarlate, au rouge foncé. Celui-ci le pointa d'un indexe rageur, crachotant un peu de salive tandis qu'il tentait de s'exprimer convenablement avec toute la fureur qui semblait l'habiter.
-Vous vous prenez pour qui, vous le contrebandier ? Hein ? Vous passez une commande, vous partez et vous oser revenir pour me donner des leçons ?
Quelques postillons volèrent vers le visage d'Apolïncer qui tenta de les esquiver.
-Sachez que votre commande est devenue insupportable ! C'est à peine si on peut l'approcher ! Vous allez vous même vous en occuper, vous qui êtes si malin ! De toute façon, même votre taille ne vous aidera à la soumettre !
-La taille n'a rien à voir la dedans, petit bonhomme ridicule, fit il avec une expression las. Même mon cher Ten pourra s'en occuper. Pas vrai Ten ?
-Co...comment ? Répondit le jeune berger désabusé.
-Lui ? Ne me faites pas rire, le contrebandier ! C'est limite s'il a du muscle dans les bras.
-Tu veux parier, le nain ?
« Le nain » s'empourpra encore plus qu'il ne l'était déjà, avant d'éclater de rire, agitant furieusement sa tête et envoyant voler plusieurs gouttes de sueur dans toutes les directions.
-Tope la, le grand. S'il y arrive, je vous la donne gratis parce que je n'arriverai pas à m'en débarrasser sinon. Et s'il échoue, vous repartez sans elle et sans cette jolie bourse qui pend à votre ceinture.

Ce fut au tour d'Apolïncer de rire, sous le regard averti de Tenak. Mais comment pouvait il le mettre dans une telle situation ? Comment pouvait il parier sur lui sans même lui demander son avis. C'était à se demander s'il valait vraiment quelque chose aux yeux du contrebandier...ou peut être lui faisait il tout simplement confiance. Confiance ou pas, le jeune berger ne s'avait pas du tout à quoi s'attendre dans ce pari.
-Vous les marchands d'esclaves, vous êtes particulièrement redoutable en affaire. C'est entendu, il est bien dommage que vous pour vous de devoir vous en séparer aussi difficilement sans rien n'en tirer.
-Tu me fais rire, le contrebandier. Mais finis de parler, viens voir ce qui t'attend, petit.
Petit ? Comment cet homme si minuscule pouvait il le qualifier de petit alors que lui même n'arrivait pas à sa ceinture ? Il le prenait pour un débutant, un inexpert, ce qui n'était pas faux pour autant. Cette sombre réalité eut pour effet de le rembrunir. Il ne savait pas ce qu'il avait à faire précisément, mais savait pertinemment qu'il n'allait pas du tout aimer.
Le petit esclavagiste leur montra le chemin , se dandinant d'un pied sur l'autre avec l'agilité d'un oiseau qui se serait cassé une patte. Tout en marchand, il ne cessait de faire des commentaires sur le marché, auquel s'empressait de répondre Apolïncer avec beaucoup d'attention. Le jeune berger se sentit déprimé, car il était en train de parler d'un monde qui lui était totalement inconnue, ayant presque oubliés sa présence. Il n'arrivait toujours pas à se convaincre qu'il était impossible pour des hommes de considérer d'autre homme comme de la marchandise...ou bien peut être était ce cette peur qu'ils avaient Navïns pour réagir d'une telle façon à leur égard.
Mais l'idée de revoir une Navïn commençait maintenant à attiser sa curiosité. Il ne savait pas pourquoi, mais que ce soit des hommes ou des femmes, il trouvaient ces créatures fascinante et magnifique. Il sortit brutalement des ses rêvasseries lorsque le contrebandier lui donna un tape amicale sur les épaules.
-Je suis certain que tu t'en sortira très bien Ten. De plus, si tu m'épargne cette bourse, je te promet qu'elle te reviendra, puisque tu l'aura largement mérité.
Le jeune berger lui répondit par une pauvre sourire et acquiesça de la tête. Il n'avait pas du tout écouté leur conversation, mais savait très bien vers où elle s'était tournée. Encore une fois, que devrait il faire précisément ?
Arrivés au fond de la salle, ils s'arrêtèrent tous devant une grande porte en métal. Cette porte ne comprenait aucune serrure, et il semblait impossible de pouvoir l'ouvrir de l'extérieur. L'esclavagiste s'arrêta alors juste en face de celle-ci et tapa de son point dodus trois coups régulier, s'arrêta, plus la martela de cinq autres coups qui ne furent pas rythmées. Quelques secondes après, un bruit se fit entendre de l'autre coté et la porte en fer commença à s'ouvrir lentement, produisant un horrible grincement qui se répercuta dans toute la salle. Le nain se retourna vers lui et lui fit une horrible grimace, comme s'il esseyait de sourire alors qu'il ne le voulait pas lui meme.

-A toi de jouer, petit. Montre nous ce que tu sais faire.
Il le força alors à avancer en tirant sur sa chemise avant de le pousser d'un geste du bras. Ce qu'il vit le laissa sans voix tant la scène était d'une beauté et d'une violence incomparable.
La nouvelle pièce était de forme circulaire, sans fenêtre ou vitraux visibles. Le sol avait été fait dans du bois brut et salement travaillé. De nombreuses chaînes pendaient un peu partout sur les murs, donnant à cet endroit un air des plus lugubres. Mais tout ceci n'était rien comparé à ce qui se trouvait au centre de la pièce. Plusieurs hommes, armés de lances ou de bâtons, essayait vainement d'approcher une fine silhouette. Les chaînes étaient accrochées sur le sol par des anneaux métallique et offraient une grande rallonge, donnant à la jeune femme une bonne possibilité de mouvement. La plupart de ses vêtements étaient déchirés ou en lambeaux, même ses manches étaient complètement déchiquetées, laissant apercevoir des bras fins d'une pale couleur. Ses cheveux, en désordre, étaient d'une jolie couleur blonde, agrémentés de plusieurs mèches brunes qui donnaient un effet des plus magnifique. Cette femme auraient put être des plus normale, si ce n'était plusieurs détails bien caractériels et appartenant au Navins.
Ses doigts étaient plutôt petits et plats, et ce qui étaient censés être des ongles étaient en faites de longues griffes noires très acérés. Ses oreilles en pointes, recouvertes d'une fourrure blonde, étaient bien plus petites que chez le Navin qu'il avait vu dans la foret. Enfin, sa longue queue, de la même couleur que ses cheveux, dépassait du bas de son dos, s'agitant furieusement. Cette étrange femme, aussi dangereuse fut elle, était d'une beauté à couper le souffle, la perfection incarnée pensa le jeune berger.
Un des esclavagistes s'approcha un peu trop prés de la captive et le comprit trop tard à ses dépends. La Navin se jeta sur lui et le faucha au sol d'un revers de main avant de s'emparer de son bâton. Comme si elle avait tenu en main un fétu de paille, elle le brisa net, envoyant voler les deux morceaux vers un autre esclavagiste qui les esquiva de peu. Les hommes autour d'elle n'essayait pas de la blesser, juste de pouvoir la maintenir suffisamment longtemps au sol pour pouvoir l'assommer. Mais c'était peine perdu, à présent nul ne voulait risquer sa vie une nouvelle fois pour tenter de la maîtriser.

-Reculez tous, leur lança le nain. On arrivera jamais à l'avoir, ça ne sert à rien. Ce jeune homme, ici présent, vas tenter de réaliser ce que vous tous n'avez pas réussit à faire.
En entendant ces paroles, la Navin se retourna aussitôt vers eux, détaillant le petit groupe avec une telle haine dans le regard que le jeune berger sentit aussitôt une boule se former dans le creux de son estomac. Ses yeux étaient tellement magnifique...a la fois vers et noir, un curieux mélange, mais qui ne laissait que mieux ressortir l'expression de ses pupilles.
Les esclavagistes se mirent tous à rire, ravit de ce moment de répit et de la distraction qu'on leur offrait. Tenak n'avait absolument aucune chance.

-Par ma barbe, répondit un vieux barbu, je veux bien parier ma bourse que ce gringalet ne réussira même pas à rester plus de deux minutes dans la zone de danger.
-Pari tenu, lui répondit le contrebandier. Qui d'autre veux miser ?
Aussitôt, plusieurs voix s'élevèrent en même temps, cette fois ravit de pouvoir se faire de l'argent facile. Tenak, qui aurait dut être profondément offensé, ne les écoutait pourtant pas. Il ne pouvait détacher son regard de la jeune femme qui l'observait à son tour, les yeux remplit de fureur. Le jeune berger tenta de lui dire mentalement qu'il ne voulait en aucun cas lui faire du mal. Peine perdu, elle détourna aussitôt le regard tournant autour de sa chaîne comme une bête en cage et essayant de la faire céder en mordant dedans. Tenak se rendit compte que les dents de la jeunes femmes était, certes plus petites qu'al a normale, mais étonnamment pointus. Il n'était plus étonnant qu'elle est put résister face à tout ces hommes, si faiblement armés.
Lorsque les paris furent fait, Apolïncer lui fit une nouvelle tape à l'épaule, le poussant presque.
-Allez, c'est à toi maintenant. Bonne chance.
-Apo, pleurnicha presque le jeune berger, elle...je vais me faire tuer. Pourquoi tu me fais ça ?
-Réfléchis et pense à ce que tu sais faire. Tout se passera bien tu verra.
Avant qu'il est put en ajouter d'avantage, il le poussa une nouvelle fois, l'incitant à avancer. De plus en plus inquiet, Tenak fit un pas, puis deux...il avança ainsi, de plus en plus lentement, sentant son c½ur s'affoler dans le creux de sa poitrine.
La Navin s'était à nouveau intéressé à lui. Elle était maintenant à quatre pattes, se déplaçant avec une agilité presque féline. Elle lui tournait autour, comme si elle tentait de bien l'étudier avant de passer à l'attaque. Ses griffes sorties, elle le regardait en fronçant les sourcils, ne comprenant apparemment pas pourquoi il ne s'était pas encore jeté sur elle. C'était pourtant évident, le jeune berger était mort de peur. Il devait pourtant reconnaître que depuis son départ à la bergerie, il avait connut des situations bien pire. Pourtant, cette femme l'affolait, sans savoir pourquoi. Il était certain de l'avoir déjà vue quelque part, mais où ?
Alors, il senti comme un étrange picotement sur son épaule. Le même picotement qui l'avait envahit lorsqu'il s'était battu contre l'officier de Shihab, ainsi que cette sensation qui l'avait obligé à se battre. Non, il ne voulait pas se battre, il ne voulait pas lui faire du mal. Pourtant, ce fameux sourire qui lui était apparus, ce sourire de fou, s'étendit sur ses lèvres, tandis qu'il retirait le fourreau de son épée de sa ceinture. Puis il la lança sur le coté, hors de portée des mains de la Navin avant de se mettre en position de combat.

Sans même un avertissement, celle-ci s'élança avec une rapidité qui aurait dut prendre le jeune berger par surprise. Cependant, il parvint à éviter son attaque avec une agilité qu'il ne se connaissait pas. La jeune femme ne s'arrêta pas la et, toutes griffes dehors, tenta de sauter au cou de Tenak, leur regard meurtrier. Comme si cela avait été naturel, Tenak s'abaissa puis contre-attaqua pas un coup de pied qui la frappa à l'estomac. Celle-ci s'écroula au sol dans un choc sourd avant de se redresser, se tenant le ventre avec une grimace de dégoût et observant le jeune berger d'un regard haineux. Un léger filet de sang s'échappa d'entre ses lèvres, coulant doucement vers son menton et tombant par petites gouttes sur le sol.
Plusieurs sifflements s'élevèrent de toutes parts tandis que les esclavagistes, accompagnés du contrebandier, applaudissaient sa performance. Mais le jeune berger ne les entendait pas, il était comme devenus sourd. La seule chose qu'il voyait était cette Navin, et il savait ce qu'il avait à faire : la mettre au sol sans ménagement, la maîtriser comme si elle n'était qu'un taureau furieux qu'il fallait prendre par les cornes pour le calmer.
Révisant sa stratégie, la Navin recommença à lui tourner autour, essayant de pouvoir détecter un point faible chez cet adversaire qui venait de la frapper. Comme s'il n'avait affaire qu'à une proie facile, Tenak s'agenouilla sur le sol et ferma les yeux, le sourire de fou toujours aussi présent. La jeune femme profita aussitôt de cette opportunité pour lui sauter à la gorge, chose que le jeune berger ne put, cette fois, pas éviter.
Il s'écroula au sol, le poids de la Navin faisant la différence avec lui. Il essaya de se dégager, mais déjà elle lui asséna un furieux coup de griffe au visage qui zébra sa joue de sang. Si elle s'était trouvé à quelques centimètres de plus de son visage, elle lui aurait sans doute crevé un ½il. Alors que Tenak l'éloignait petit à petit d'elle, la Navin continuait de lui griffer cruellement le torse, déchirant sa tunique en plusieurs endroits. Mais ses forces commencèrent bientôt à faiblir et déjà il sentait qu'il avait perdu.

Alors qu'il allait relâcher ses muscles, la jeune femme poussa un cri de surprise et fit un bond en arrière, faisant claquer sa chaîne sur le sol. Le jeune berger ne comprit par sur le coup ce qu'il s'était passé. Sa lucidité comme retrouvé, il desserra ses lèvres pour pouvoir respirer convenablement une air qui lui était bienfaitrice. Sa tête lui faisait également horriblement mal, comme si elle s'était retrouvé plongée dans un sceau glacé pendant tout le temps qu'avait duré le combat.
Il redressa difficilement la tête pour voir la jeune Navin qui ne la regardait plus du tout de la même façon. C'était maintenant un regard curieux, toujours un peu froid, mais terriblement curieux. Alors, tout doucement et calme, elle s'approcha de Tenak. Elle se déplaça à nouveau à quatre pattes, se retrouvant ensuite juste au dessus du jeune berger qui était allongé sur le sol. Elle tendit un doigt et toucha l'épaule de Tenak du bout de celui-ci, à l'endroit où devait etre son tatouage.
Certain de savoir ce qu'elle venait de voir et incapable de subir une autre attaque, Tenak la laissa faire, admirant ses splendides cheveux qui cascadaient devant son visage. Avec délicatesse, elle écarta les pans déchirés de sa tunique à l'épaule et rapprocha sa tête pour contempler le tatouage de la pierre des cinq lois. Tenak tourna également la tête pour la voir à son tour et constata stupéfait que la griffure avait traversé le tatouage de part en part. Pourtant, la peau n'était qu'à peine déchirée, comme si le tatouage n'avait été qu'à peine éraflés par les griffes de la Navin.
La jeune femme tendis encore une fois se main pour la poser pleinement sur son épaule, recouvrant entièrement cette marque. Sa peau était étrangement chaude, chaude et douce à la fois...Aussi étonnant que cela puisse paraître, comme si elle connaissait la nature particulière de son tatouage, elle écarta sa main et posa le bout de son indexe tendu sue le centre, avant de décrire de lentes rotation. Tenak put constater que les terrible griffes venaient d'etre rétractées, étant maintenant de la forme d'ongle noire, tout ce qu'il pouvait y avoir de plus normaux.
Le jeune berger sentit alors d'horrible picotement lui engourdir toute l'épaule alors qu'il regardait stupéfait deux des parties de la marque briller chacune d'une couleur. La partie droite s'illumina d'un jaune clair tandis que celle du haut était d'une couleur bien plus sombre, un bleu presque noire. La jeune Navin ne pouvait apparemment pas retenir sa stupeur puisque ses yeux étaient braqués sur ces marques de couleur, la main devant la bouche.

Son regard se posa sur celui ce Tenak, comme-ci elle le voyait pour la première fois. Pourtant du sang perlait encore d'entre ses lèvres, mais elle n'y fit même pas attention. Ses yeux se posèrent rapidement de son tatouage vers son visage, alternant entre les deux. On aurait dit qu'elle voulait dire quelque chose, mais qu'elle en était incapable.
Le regard complètement absorbé par la Navin, le jeune berger avait perdu la notion du temps et avait déjà oublié où il se trouvait. Il ne se rendit compte que bien tard du gros homme qui venait d'apparaître derrière la jeune femme, un long bâton de bois en main.
-Attention ! Hurla Tenak.
Mais il était déjà trop tard. Avant que la Navin ne puisse se retourner à temps, l'arme s'abattit sur sa tête, l'assommant sur le coup. Son corps inerte tomba sur Tenak, sa tête sur le coté gauche de la sienne. Des mains rigoureuse la soulevèrent et lui lièrent jambes et bras avant de l'embarquer comme une vulgaire marchandise. Et pendant tout ce temps, le jeune berger était resté étendu sur le sol, incapable de réagir. Pourquoi avait il fallut que cela se passe ainsi ?
**



A cette heure ci de la journée, la grande place principale de Shihab était sombre et malodorante. Les différentes boutiques tavernes et autre s'alignaient les une à coté des autres, laissant couramment entrer ou sortir des voyageurs plus ou moins pressés. Au centre de cette place trônait une statue des plus magnifique, symbole de richesse de la cité. Elle représentait le sauveur de la ville, le seigneur Kannan, debout et les mains levées vers le ciel, comme si la silhouette de pierre voulait recouvrir toute la ville de sa bénédiction. Il n'était pas sur une monture car le seigneur Kannan n'avait jamais eut besoin de monture. C'était plus qu'une homme, plus qu'un seigneur, c'était un dieu.
Jeulin observa un long moment le sombre visage de la statue. même cet étrange masque, sûrement le signe de la coquetterie du seigneur, n'enlevait rien à sa beauté et à sa majestueuse stature.
Le jeune rajusta plus convenablement sa cagoule sur sa tête, de peur de laissait apercevoir son visage au grand jour. Il n'avait pas peur d'être reconnut, mais il ne fallait surtout pas que Bénédicte sache l'endroit qu'il allait fréquenter. La pauvre femme ne supporterai sans doute pas ce double poids.
C'était la faute de ce maudit Tenak ! Oui, maudit sois son nom, sa lignée future s'il en avait. Maudit sois sa vie et sa mort prochaine. Il cracherait sur sa tombe dés qu'il le pourrait, il piétinerait la terre fraîchement retournée. Mais pourquoi devait il avoir une sépulture au fond ? Un tel traître à ses origines ne méritait pas un tel honneur ! Pauvre Bénédicte, elle ne méritait pas d'avoir un tel fils.
Quand tout ceci serait finit, elle le remercierait. Oui, avec le regard en pleur, mais elle le remercierait, et Jeulin ferait tout pour lui faire oublier ce mauvais tournant de sa vie. Cela ne serait sans doute pas difficile de mettre la main sur Tenak, c'était un idiot, un parfait idiot ! Une seul question, pourtant, lui encombrait l'esprit : Comment avait il put se défaire de cinq gardiens de Shihab dont un officier du premier régiment ? C'était impensable, ou bien cet homme avait été tout simplement chanceux. Quoiqu'il en soit, avoir tuer ces deux soldats avait été une autre erreur de sa part. Savait il seulement que maintenant sa tête avait été mise à prix ? Et quel prix, la somme était si importante qu'elle aurait put permettre à plusieurs personnes de vivre dans la béatitude jusqu'à la fin de leur vie. Cela serait une parfaite consolation pour Bénédicte.

Jeulin regarda encore une fois autour de lui. Logiquement, ils ne devraient plus arriver, ils étaient même en retard, pensa t'il avec exaspération. Au même moment, une solide main se posant sur son épaule le fit sursauter. Ravi de sa petite blague, un rire fort s'éleva derrière lui.
-Par tous les esprits, Vlad tu m'a fait une de ces peurs...
-Et j'en suis satisfait. Tu est toujours aussi craintif Jeulin.
-Et toi tu est en retard, répondit Jeulin d'un ton neutre.
Agacé par ces propos, Vlad décida de sortir de l'ombre. Ses cheveux terriblement long commençait à grisonner à leur extrémités. De grande taille, les muscles de son torse apparaissaient à travers une tunique de couleur verte criarde. C'était d'assez mauvais goût, mais Vlad avait toujours aimé le vert. Ce qui était nouveau chez lui était cette horrible barbe poivre sel qui lui recouvrait le menton, la bouche et une bonne partie du cou. Aussi horrible fut elle, elle était pourtant bénéfique car elle recouvrait une légère cicatrice qui parcourait son menton dans le sens de la largeur.

Sa barbe s'ouvrit à un endroit bien trop prés en dessous de son nez, signe qu'il allait parler. Ses sourcils broussailleux s'étaient joint ensemble pour n'en former qu'un seul, ce qui rajouta de bizarrerie à son portrait.
-En retard, en retard, c'est vite dit tout ça. D'autant plus je ne savais même s'il fallait que l'on vienne armé en plus. Tu es toujours aussi imprévisible et ça m'énerve encore plus qu'une bière trop froide.
-La n'est pas le problème, souffla Jeulin. Où sont les autres ?
-Taral et Sérokine ne devraient plus tarder à nous rejoindre. Ils avaient leurs propres affaires à régler. Je peut enfin savoir pourquoi tu à décidé de nous réunir à nouveau ? On avait dit que l'on devait rester séparé.
-Je t'expliquerais, sois en sur, mais pas tant que Taral et Sérokine ne seront pas la. Mais tu est sur de leur avoir donné rendez-vous à la grande place principale ? Dit il en se tournant vers Vlad.
-Oui, a la taverne de Po'Merleau.
-Je ne connais pas cette taverne...
-Tu ne dois pas souvent sortir de chez toi alors. Cette taverne est la depuis un certain temps et est assez renommée. Elle est tellement encombrée la plus part du temps que l'on pourra y discuter en toute simplicité sans être gêné. Que fait tu depuis que l'on s'est perdus de vue ?
Un petit sourire apaisé apparut sur les lèvres de Jeulin. Cette Bénédicte lui prenait une grande partie de son temps à présent, tellement de temps d'ailleurs qu'il en avait perdu beaucoup de ses amis et anciens contacts. Mais cela ne le gênait aucunement, ses meilleurs amis, eux, lui étaient restés fidèles. Et puis, ce n'était pas un calvaire de s'occuper de la vieille femme. La pauvre, après que son propre fils l'ait lâchement abandonné, devait se sentir terriblement seule.
-Je m'occupe d'une personne qui m'es très cher.
Vlad se contenta d'hausser les épaules, faisant tressaillit sa barbe qui se balança machinalement de droite à gauche. Finalement il soupira fortement avant de poser une grosse main recouverte de cicatrices sur l'épaule de son ami.

-Tu a drôlement changé dis donc, il faudra que tu me dise où tu étais passé durant toutes ces années. Allez viens, j'ai hâte que tu m'explique. Tu nous a sûrement pas réunis pour nous offrir simplement de belles paroles.
Jeulin se contenta d'acquiescer de la tête. La simple pensée de ce traître suffisait à réveiller aussitôt sa colère, profondément encrée à l'intérieur de sa crâne. Oui, lui aussi avait hâte. Hâte de pouvoir livrer renégat au seigneur Kannan lui même. Il imaginait déjà l'expression de son visage décomposé par la peur. Et Jeulin recevrait un honneur des plus royal, un honneur qui retomberait bien sur Vlad, Taral, Sérokine et aussi Bénédicte. Après ce serait la belle vie, il l'aurait bien mérité.
Mais avant cela, il fallait déjà remettre la main sur Tenak. Pour cela, de l'aide lui serait sans aucun doute indispensable puisqu'il avait sut se défaire de plusieurs soldats à lui tout seul.
Il consentit donc, sous l'insistance de Vlad, de traverser la grande place principale pour se rendre à cette fameuse auberge si renommée. Il jeta au passage quelques rapides coups d'oeils sur les étales de plusieurs marchandes de fruits et légumes ainsi qu'a quelques brocanteurs. Depuis la mise à prix de Tenak, il s'était abstenus de manger quoi que se soit. Mais à présent, son estomac commençait à protester, signe caractéristique d'un jeun qui avait sûrement duré bien trop longtemps.
Malgré sa faim, Jeulin n'acheta rien qui puisse se manger sur place. Il avait en horreur les fruits et légumes cuits et devait les faire chauffer ou cuir pour le donner un goût acceptable. Résolut à devoir attendre un peu, il longea l'allée marchande, ignorant superbement les marchands qui tentaient de lui faire acheter n'importe quoi. Il dut également se faire menaçant pour qu'un mendiant décide de lui lâcher sa cape, de peur que sa cagoule ne bascule en arrière.

Le reste du temps, il se laissa guider par Vlad qui lui indiquait le chemin à prendre pour la taverne. Ce ne fut pas des plus faciles et Jeulin dut avancer à coups de coude pour se faire un passage. Vlad avançait par contre sans problème car les gens s'écartaient naturellement le plus possible de lui. Il faut dire qu'il dégageait une parfaite aura de puissance à ne pas négliger et sa carrure était des plus impressionnante.
Il faillit rater la taverne lorsque Vlad lui cria de s'arrêter. A leur droite se trouvait une porte de couleur rouge, une choppe de bière dessinée dessus. Juste au dessus, une ancienne se balançait doucement en grinçant au rythme du vent. On pouvait y lire : Chez Po'Merleau.
-Ce Po'Merleau, cria Jeulin pour se faire entendre de son ami, est il réputé ou c'est la taverne qui donne cette impression.
-Ce type est un malin. Il a racheté la taverne pour une bouchée de pain et la renommée à son nom. Il connaît les attentes de ses clients et à sut les exploiter à son maximum.
Jeulin l'interrogea du regard, ne comprenant pas où son ami voulait en venir. D'un geste, celui-ci poussa la porte de la taverne, s'écartant pour laisser passer Jeulin.
-Tu verra par toi même. Tu ne trouvera jamais la même ambiance ailleurs qu'ici, je te le promet.

Aussitôt à l'intérieur, le jeune homme découvrit une disposition des tables des plus étranges. Elles étaient toutes placées en cercles autour d'un grand cercle sur lequel se trouvait du sable. La seule lumière venait d'un feu qui brûlait au centre de ce cercle, provoquant des ombres un peu partout dans la salle. Mais ce n'était pas ça qui captivait l'attention des clients. Jeulin écarquilla les yeux en découvrant en spectacle unique au monde.
Autour de ce feu d'une hauteur impressionnante se trouvaient une jeune femme. Mais quelle jeune femme ! Les cheveux de couleur noire et la peau terriblement pale, elle dansait avec une élégance incomparable. Ses cheveux virevoltaient dans les airs et la lumière des flammes se reflétaient sur sa peau. Les rares vêtements qu'elle possédaient permettait de facilement distinguer une taille, des bras et des jambes très fines. Elle ne devait sans doute pas avoir plus de dix ans. Mais le plus étonnant était le reste de son physique. C'était bien la première fois que Jeulin voyez une Navin.
Devant l'air béat du jeune homme, Vlad ria joyeusement, lui donnant une grande tape dans le dos.
-Quant pense tu alors ? Efficace pour ameuter du monde tu ne pense pas ?
-On devrait interdire de permettre à ces créatures de pouvoir se balader librement ici et faire ce qu'elles veulent ! On devrait même les chasser ! Ce n'est pas pour rien si le seigneur Kannan le dit.
-Ne t'en fais pas. Celle-ci est spéciale. C'est le seigneur Kannan lui même qui l'a offert au propriétaire de la taverne.
-Comment ça ?

Avant qu'il ne puisse répondre, la petite Navin sembla dessiner comme des formes dans l'air à l'aide de ses mains, déplaçant les bras si vite que l'½il ne pouvait le suivre. Elle désigna alors brusquement le feu du doigt de sa main gauche, agitant frénétiquement ses oreilles d'avant en arrière. Sous les yeux ébahis de la foule, les flammes tourbillonnèrent, s'élevant vers le plafond avant de se disperser avec forces dans toutes les directions, provoquant un grondement assourdissant, avant que le feu ne redevienne normal. Un tonnerre d'applaudissements envahis la salle tandis que la Navin continuait sa danse. Jeulin qui n'en revenait toujours pas tenta de contrôler sa colère.
-Et on lui permet même de pratiquer ses petits tours de magie ici ? Que dirait le seigneur Kannan s'il apprenait que...
-Commence pas Jeulin, lui dit il d'un regard à faire pleurer un enfant mais auquel le jeune homme était habitué. Viens t'asseoir, je vais t'expliquer.
Ils s'installèrent à la table la plus reculée et surtout la plus a l'abris des bruits. Vlad s'appuya d'un coude sur la table, l'air impatient tandis que Jeulin passait la commande auprès d'une des serveuses. Une fois servit, Vlad but une très longue gorgée de sa bière mousseuse avant de la reposer d'un geste brusque.
-Comme je t'es dit, celle la a été offert par le seigneur Kannan pour service rendus. Cela fait depuis un an qu'elle est ici et elle a provoqué à elle seule la renommée de Po'Merleau. Je croit qu'elle s'appelle Davita...oui c'est bien Davita.

-Et comment peut on la laisser comme ça ? Elle pourrait facilement se sauver !
-Regarde ses poignets et ses chevilles.
Jeulin se retourna au moment où Davita faisait soulever une nouvelles gerbes de flammes. Il put distinguer, pendant qu'elle dansait avec rapidité, que ses poignets et ses chevilles étaient enserrées par des anneaux métallique en or. Sans que le jeune homme comprenne, il se retourna vers Vlad d'un air faussement convaincu.
-Je te le répète, c'est impossible qu'elle puisse s'enfuir. Si elle tente de passer la porte de la taverne, ses bracelets agiront comme des chaînes mais de façon plus efficace encore. Un autre présent du seigneur Kannan.
-Notre seigneur a également fais dont de sa magie. Et c'est efficace ?
-On essaiera tout à l'heure si tu veux, fit Vlad avec un clin d'½il des plus odieux. Histoire de te prouver que cette fille, cette sale Navïn, ne peut pas s'échapper d'ici sans que le propriétaire de Po'Merleau ne daigne lui permettre.
Jeulin ne prit pas la peine de répondre, il venait d'apercevoir la silhouette des deux retardataires auxquels il avait donné rendez-vous.
Taral était d'apparence très moyenne, son corps frère et aussi fin qu'une grosse branche d'arbre ne trompait pas sa musculature peu développée. Mais c'était surtout une personne très dangereuse à ne surtout pas sous-estimer. Il était capable, par quelques mots habilement utilisés, de provoquer une zizanie générale dans le lieu le plus saint qui puisse exister. Egalement habile pour se camoufler et tirer à l'arc, c'était l'un des rodeurs les plus adroits que Jeulin connaissait.
Sorokine, quant à lui, était bien mieux bâtit que son coéquipier. En puissant bretteur qu'il était, la seule personne que Jeulin connaissait et qui était capable de battre cet adversaire était Vlad en personne, si on ne comptait pas le seigneur Kannan que nul ne pouvait égaliser dans tous les domaines. Le grand point fort de cet homme était cet héritage qui leur permettait de se procurer le matériel nécessaire. Avec une équipe comme celle-ci, pensa Jeulin avec l'ombre d'un sourire, Tenak n'aurait absolument aucune chance de s'échapper...

Chapitre 9 Pierre des cinq lois

# Posté le mardi 08 janvier 2008 16:33

Modifié le mercredi 09 janvier 2008 16:51